TRAITS DU VISAGE
large et bombé, comme on peut le reconnaître quand il n'est pas couvert par la chevelure. Mais la racine du nez s'affaisse davantage; les narines s'élargissent et s'épatent; les lèvres s'épaississent, sans atteindre pourtant ce qui existe chez le Nègre, et leur commissure s'empâte parfois un peu, comme chez ce dernier. Enfin le menton recule, sans être aussi fuyant que chez le Négrito-Papou (fig. 16 et 17). Quand le métissage n'intervient pas, les Aëtas paraissent, en outre, être aussi glabres que les Andamaniens.
Les photographies de M. de Saint-Pol montrent que les Négritos de Malacca se rattachent par les traits du visage bien plutôt aux Aëtas qu'aux Mincopies. Voici du reste comment le voyageur résume lui-même les impressions que lui fit éprouver la vue d'une quarantaine de Sakays. «En examinant de près toutes ces physionomies généralement sympathiques, animées, rieuses, on distingue bien vite les caractères de deux races, dont l'une est la race nègre, très accentuée, malgré la couleur de la peau. La ligne du nez est droite, mais la narine est très élargie, l'aile très ouverte; quelques-uns ont les cheveux très frisés, crépus et même laineux, au contraire du plus grand nombre qui a les cheveux longs, droits ou ondulés. — Il n'y a pas chez eux de prognathisme i. Il en serait de même des
4 Sur la rivière Pluss ; intérieur de la presqu'île malaise (La Nouvelle Revue, juin, 1882, p. 566).
Négritos de l'Inde, si on plaçait dans ce groupe l'individu figuré par M. Rousselet. Mais il faudrait admettre en même temps que le type eût été fort abaissé par les déplorables conditions d'existence faites aux Djandâls de l'Amarkantak (fig. 10). Le front s'est déprimé, le nez a grossi, les lèvres se sont épaissies, mais non allongées commedansleNégrito- Papou;le menton est resté médiocrement fuyant. Malgré cette dégradation physique, ces malheureux Noirs n'ont pas pris la physionomie si connue du Nègre africain, encore moins celle d'un singe ou d'un animal quelconque. J'ai déjà dit qu'il semblerait plutôt tourner au type papoua dont il ne serait nullement étrange de trouver quelques représentants sur le continent. D'autre part, l'Oraone et les deux Santals en pied représentés par M. Dalton rappellent incontestablement le type négrito. Il en est de même pour quelques-uns des Mulchers figurés par M. Fryer.
Cette description serait incomplète si je ne disais quelques mots du squelette. Mais ici je serai bref et renverrai aux ouvrages techniques .
Chez les Mincopies, le squelette, malgré sa petitesse, ne présente aucun signe de dégénérescence ou de faiblesse. Les os sont relativement assez épais; leurs empreintes musculaires, toujours bien marquées, sont parfois remarquablement accusées
1 On pourra consulter mon Etude sur les Mincopies, et les Crania ethnica, p. 183, pl. XIII à XVIII.