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CHAPITRE PREMIER

Les espèces microbiennes, agents de pyosepticémie

médicale

Maladies spécifiques et non spécifiques.

LA NOTION D2 SPÉS-FICOITE, SON HISTOIRE. — Elle a suivi les fluctuations de toutes les doctrines médicales. SES BASES. Elle repose d’abord sur les notions étiologiques vulgairement connues ; puis plus tard sur la pathogénie.

LES PYOSEPTICÉMIES NON SPÉCIFIQUES. — Leurs microbes.

LE STREPTOCOQUE.— Morphologie et cultures. Sa virulence inconstante. Ses espèces. Cadre des infections streptococciennes.

LES STAPHYLICOQUES. — Leur morphologie. — Cultures. — Le staphylococcus pyogenes aureus, albus et citreus. — Variétés ou espèces. — Cadre des infections staphylococciennes.

LE COLI-BACILLE. — Sa synonymie ; morphologie et cultures. N'est-il qu’une forme du B. d’'Eberth-Gaffky ? Ses réactions propres ; ses variétés. — Sa virulence.

Cadre des infections coliennes.

LE BACGILLE PYOGYANIQUE. — Morphologie et cultures, pouvoir chromogène. — La maladie pyocyanique. — Infection chez l’homme, forme de pyosepticémie à prédominance cutanée.

BAGILLUS SEPTICUS. — Morphologie et cultures. Maladie des chiffonniers.

BAGILLE LIQUÉFIANT. — Morphologieet cultures. — Virulence. — Observations.

roue

Maladies spécifiques et non spécifiques

Les maladies infectieuses peuvent être elasséesen deux catégories :

les infections spécifiques (1), et les infections non spécifiques.

LA NOTION DE LA SPÉCIFICITÉ, SON HISTOIRE ET SES BASES. — La notion de spécificité a une histoire trés accidentée ; elle a subi l'influence de toutes les fluctuations des doctrines médicales. La médecine antique considérait toutes les maladies comme des entités indépendantes, des espêces morbides. L'expression de « génies morbides » était non seulement un mot, il résumait une école ; toute maladie était spécifique. Avec Broussais, au contraire, la spécificité disparaît ; il n’y a plus que manifestations locales d’un seul et même facteur, l'inflammation. C’est, dit M. Bouchard, l’émiettement complet des éléments constitutifs de l'espèce morbide.

Mais la réaction se fait bientôt, et Andral rétablit ces espèces morbides : « La spécificité d’une maladie, dit-il, est la cause qui, lui étant exclusive, l’a fait ce qu’elle est. » Mais ne soupçonnant pas alors la cause réellement officiente de la maladie, l'élément pathogénique, on établit la classification sur les seules notions étiologiques alors con-

(1) Les mots « spécilique, spécifité » devant revenir continuellement sous notre plume, il est bon de donner ici les diverses définitions de ces mots.

SPÉCIFIQUE. Pour les grammairiens.— Propre, spécial, appartenant particulièrement à quelque chose.

En médecine. — Qui détermine une affection spéciale.

En thérapeutique. — Qui a une eflicacité particulière dans une maladie déter-

minée.

En histoire naturelle. — Qui se rapporte à l’espèce.

SPÉGIFIQTÉ. Pour les grammairiens. — Caractère spécifique ; qualité de ce qui est spécifique.

En médecine. — Cause qui donne à une affection morbide son caractère spécial.

En thérapeutique. — Action spéciale d'un médicament qui le rend propre

à combattre certaines affections particulières. LiTTRÉ,

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nues, et c’est ainsi que la pneumonie fut rangée avec les bronchites dans les maladies non spécifiques, comme résultant de causes banales : le froid, la suppression d’une sécrétion, l’action des vapeurs irritantes, etc.

Avec la période contemporaine, l’idée de la spécificité devient de plus en plus inhérente à la connaissance des causes : c’est le mierobe qui fait la spécificité, et toute maladie dans laquelle on trouve un microbe, est une maladie spécifique ; maladie spécifique devient syno— nyme de maladie infectieuse ; c’est alors que les bactériologistes s’acharnent à trouver le microbe spécifique de toute maladie infectieuse. Puis le revirement se fait, on revient à de plus saines notions ; la maladie spécifique est très souvent une maladie infectieuse, mais la réciproque n’est pas vrai, toute maladie microbienne n’est pas spécifique.

On aessayé de baser une distinction entre les maladies infectieuses spécifiques et non spécifiques sur des caractères tels que la virulence, la lésion anatomique, la contagiosité, l’immunité ; mais tous ces caraetères sont contingents. D’après M. le professeur Bouchard, c’est le microbe surtout qui faitlamaladie infectieuse spécifique ; là, le microbe est presque tout, le terrain humain presque uniquement passif, c'est l’homme, au contraire, qui fait surtout les maladies non spécifiques ; si le microbe est indispensable, il cesse ici d’être tout-puissant : l’organisme même bien portant est sans défense contre les germes des premières, 1l n’a rien à redouter de ceux des autres, s’il est intact.

Jaccoud fait reposer la notion de spécificité sur cinq caracteres permanents : l° extériorité de cause pour chaque maladie ; 2° unité de cause pour chaque maladie; 3° unité de l'effet pour chaque cause; 4 immutabilité du rapport entre la cause et l'effet, subordonné au consentement de l'organisme ; 5° reproduction toujours sous la même espèce.

D'une façon générale on peut dire que les infections spécifiques sont celles qui sont dues à wn élément microbien spécifique. Parmi elles, il en est dont cet élément nous est bien connu : ce sont,

rod —

le charbon, la morve, la tuberculose, la lèpre, la fièvre typhoïde, la pneumonie, le choléra, la diphtérie, le tétanos ; la spécificité de l’agent pathogène entraîne la spécificité des réactions de l'organisme, de la maladie, des symptômes et souvent des lésions. Dans d’autres, l'élément pathogène à jusqu’à présent échappé à nos recherches : ce sont, la syphilis, les fièvres éruptives. l'influenza, la rage, la suette, le typhus, ete. ; mais ici Jes caractères de la maladie permettent d'affirmer à priori la spécificité de l’élément ignoré qui les fait naître.

Les infections non spécifiques sont celles qui, bien que déterminées dans leurs causes, leurs origines microbiennes, sont produites par un microbe pathogène vulgaire. Elles sont le résultat de l'intervention des diverses espèces de microbes non spécifiques, qui, à côté de cette forme d'infection, peuvent en produire d’autres. L'infection purulente chirurgicale, par exemple, peut être provoquée par le streptocoque, qui à côté pourra déterminer l’érysipèle, des angines, un phlegmon diffus, par le staphylocoque qui pourra ne produire ailleurs qu’un abcès, un furoncle, un phlegmon circonserit; par le coli-bacille, qui pourrait également provoquer une péritonite sans généralisation, une broncho-pneumonie, etc., même dans quelques cas rares, par le bacille pyocyanique. L'une des manifestations les plus fréquentes de ces infections est la broncho-pneumonie; M. Netter a démontré qu’elle peut ètre provoquée par le pneumocoque, par le streptocoque, le shaphylocoque, le bacille encapsulé de Friedländer ; M. Sevestre l’a vue produite par le coli-bacille lorsque le point de départ était d’origine intestinale.

Les microbes de ces infections ne sont pas spécifiques, non seulement parce qu’ils sont microbes à tout faire, causant diverses infections que d’autres espèces peuvent aussi produire, mais aussi parce que ces maladies sont cliniquement polymorphes, à évolution irrégulière, non cyclique, à manifestations Zrprévues, parce que leurs phases, leurs symptômes ne sont pas ordonnés selon un type connu d'avance, ainsi qu’il existe habituellement dans les maladies spécifiques

pures, comme la pneumonie, la fièvre typhoïde, etc.

nr te Les espèces microbiennes que nous avons à étudier ici sont :

Le streptocoque.

Le staphylocoque.

Le coli-bacille.

Le bacillus pyocyanique.

Le bacillus septicus.

Un bacille liquéfiant.

Le Streptocoque. — Parmi les microbes pouvant produire les infections médicales, l’un des premiers rôles appartient certainement au streptocoque.

Voici les caractères principaux du streptocoque étudié sur des

échantillons provenant d’érysipèle,

1) Morphologie. — Le streptocoque est un microcoque dont les dimensions varient de 0,3 à 0,4 y sur agar et gélatine et jusqu’à 0,6 w sur bouillon; il est caractérisé par sa tendance à se grouper en chaïnettes de 6 à 8 grains sur les milieux solides, quelquefois de 30 à 40 grains dans les milieux liquides ; il est animé de légers mouvements d’oscillations sur place. Ces chainettes dans des cultures jeunes sont parfaitement homogènes, ayant tous leurs grains égaux et également colorables ; dans les vieilles cultures elles le sont moins ; certains grains ont perdu de leurs propriétés de coloration. D’après Widal, sur pomme de terre ces grains resteraient indépendants, ou se grouperaient en petites grappes. Dans des cultures douées d’une très grande vitalité les chaînettes se bifurquent quelquefois en Y.

Le streptocoque est très avide de colorants. Il ne se décolore pas

par la méthode de Gram ni par celle de Weïgert.

9) Cuitures. — GÉLATINE. — En piqüre, dans l'épaisseur de la

: c 1 GAS ,. So QE DL gélatine, à 20°, les colonies ne deviennent visibles qu'après 36 ou 48 h. Elles apparaissent sous forme de petits points blancs, opaques, nette— ment sphériques, bien circonscrits, dont le volume s’accroit pendant

3 ou 4 jours, sans dépasser celui d’une petite tète d’épingle.

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En surface, colonies un peu plus volumineuses, légèrement bombées, mais non hémisphériques.

La gélatine n'est jamais liquifiée. Pas de modifications de sa transparence, ou de sa couleur.

AGAR OÙ SÉRUM. — À 35° le développement est plus rapide ; il est visible d’abord sous l’apparence d’un petit semis semblable à des grains de semoules, pouvant devenir confluents sous forme d’une bande plus ou moins polyeyclique, plus ou moins comparable à une feuille de fougère ou d’acacia.

POMME DE TERRE, CAROTTES. — Pas de culture apparente à l'œil nu. Cependant les microbes y poussent, et on les retrouve par raclage de la surface.

Lair. — Coagulation localisée en tache jaunâtre au fond du tube, après 4 ou 5 jours ; puis il se forme un coagulum volumineux, se rétractant au milieu du sérum qui reste absolument transparent.

Les cultures n’ont rien de bien particulier; celles sur le milieu suivant sont plus caractéristiques

BouiLLon. — Il peut se troubler très rapidement, aprés 12 heures parfois ; puis au bout de 3 ou 4 jours, il s’éclaircit et redevient absolument limpide. Les microorganismes se sédimentent sous forme d’un dépôt nuageux composé de petits grains isolés se développant et se répendant dans le liquide dès qu’on l’agite légèrement; puis il se sédimente de nouveau rapidement.

Le streptocoque est un anaerobte facultatif ; les cultures anaerobies conservent plus longtemps leur vitalité.

Le streptocoque se développe facilement à 20° ; l’optimum est entre 30° et 35°, la prolifération commence à s'arrêter à 4%, elle est nulle au-dessus de 4%. Gabriel Roux a indiqué comme un très bon milieu de culture l'eau de touraillon alcalinisée ; les plus volumineuses cultures s’observent sur bouillon de veau ; l'addition de blancs d'œufs au bouillon augmente encore la nutritivité des milieux, bien que le

streptocoque ne pousse pas sur le blanc d’œuf cuit. M. Roger a pu

pire

rendre de la virulence à ce microbe en le cultivant dans de la gélatine placée à l’étuve ; on voit alors rapidement se former dans le liquide des cultures d'aspect nuageux qui se sédimentent bientôt. On peut se servir comme procédé d'isolement de bouillon de bœuf additionné de 2 à 10 p. 100 de gélatine et placé à l’étuve ; il pousse alors avec une abondance et une rapidité extraordinaires et 12 heures après l’ensemencement, on peut l’isoler en le recueillant dans le liquide, où seul il s'est déjà multiplié.

Le streptocoque se développe très mal sur des milieux acides, bien qu'il soit un acidificateur énergique; par des repiquages successifs avant l'apparition de l’acidité dans le milieu, on augmente son pouvoir végétant ; si au contraire on repique lorsque l’acidification s’est montrée, la végétabilité décroît progressivement et l'acidité des milieux se produit de plus en plus vite. L’adjonction de glycérine aux milieux modère l’acidification et prolonge la vitalité du mierobe (Frankel).

La virulence du streptocoque est très irréguliere et en tous cas se perd très rapidement.

d) Inoculations. — Si l’on introduit dans le tissu cellulaire de l'oreille du lapin une culture virulente de streptocoques, elle produit un érysipèle, l'oreille devient chaude, lourde et tombante ; ce caractère est, d’après Achalme, une condition sine quä non du diagnostic de l’érysipèle expérimental.

Parfois, une septicémie suraiguë survient chez le lapin ou le cobaye après l’inoculation dans le tissu conjonctif; ce fait suppose le passage du microbe dans le sang et une virulence considérable. Dans ce cas, l'animal se pelotonne, le poil se hérisse, la respiration devient fréquente, la diarrhée apparaît, la mort arrive.

Quelquefois, tout se borne à un accident local au niveau du point d’inoculation ; parfois on voit se former une infiltration diffuse purulente avec gangrène du tissu conjonctif : c’est un véritable phlegmon diffus.

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En inoculant directement les cultures dans les veines, on produit plus sûrement la septicémie et la mort, et la virulence du streptocoque s'exalte.

Chez le cobaye, les streptocoques virulents agissent seuls, provoquant une septicémie sans accident local et une mort très rapide.

Une seule fois, avec des cultures de streptocoques provenant d’un cas de pyosepticémie (obs. n° 49), nous avons obtenu au point d’inoculation (tissu cellulaire du dos) un abcès avec du pus franc renfermant des streptocoques chez un cobaye qui succomba bientôt à la septicémie. La formation d’abcès chez le cobaye par le streptocoque est extrèmement rare.

On a essayé plusieurs procédés pour rendre la virulence au streptocoque : Roger conseille les culture sur gélatine à l’étuve ; Chantemesse et Widal ont tenté de produire la septicémie chez le lapin en inoculant à haute dose la culture dans ses veines, puis en inoculant ainsi en série à un autre lapin la culture provenant du précédent. Achalme a obtenu d’une façon assez constante le retour de la virulence par l'injection sous-cutanée du streptocoque et de produits putréfiés, filtrés : il y a là un fait de pathologie générale des plus intéressants, sur lequel nous aurons à revenir. Ajoutons encore que le streptocoque se montre #n vitro très sensible aux antiseptiques.

Les espèces de streptocoques. — On a beaucoup discuté la question des espèces de streptocoques. Parmi les séparalistes faisant deux espèces différentes du streptococcus (piogenes et eryripelatis) ; nous trouvons les noms de Rosenbach, Fehleisen, Hofer, Babés, Hajek, Triconis, Powlowski, Fluegger, Baumgarten, Fraenkel, von Lingelsheim ; M. Macé décrit à part ces deux microbes. — Panet, Biondi, Guttmann, Eiselberg, Noorden, Kirchner, Fraenkel de Hambourg, Roger, sont wnicistes.

En somme, les travaux de Winckel, Doyen, Widal, Cornil, ont établi sur des bases solides l'identité du streptocoque de l’érysipèle

avec celui du pus et de la fièvre puerpérale ; Verneuil, Clado et Garré

y ajoutent l’agent de la lymphangite ; Legrain et Janot, celui du phlegmon diffus.

M. Marot, dans sa thèse toute récente, a voulu baser une classification sur le mode de culture du streptocoque sur pomme de terre :

1° Streptocoques ne donnant pas de culiure apparente sur la pomme de terre : sont vérulents, à chaînettes généralement assez longues.

Ce sont: le séreptocoque de l'érysipèle, de l'infection puerpérale et le St. pyogene de Rosenbach ;

Le streplocoque murisepticus ;

St. diplostreplococcus « et 6 de H. Barbier ;

St. scarlatineux de D'Espine et Marignac ;

St. des angines phlemoneuses et de certaines angines à fausses membranes ;

St. des broncho-pneumonies, identique à celui de l’érysipèle, d'apres Mosny ;

St de Beck, dans les infections cholériformes ;

St. des pleurésies et péritonites de Vignalon ; assimilé au st. pyogène ;

Marot y ajoute le pneumocoque de Talomon Fraenkel, ou streptocoque de Pasteur.

2° Streptocoques donnant des cultures apparentes sur pomme de terre : non virulents, en chaînetles courtes.

C'est la classe du s{reptococcus brevis de Lingelsheim, ceux de la salive d'individus sains, d’angines simples,

Mme de Sieber-Schumoff a cherché des caractères différentiels dans

les propriétés biochimiques des différentes sortes de streptocoques.

4) Cadre des infections streptococciennes. — Le streptocoque peut produire des infections générales médicales (obs. n° 49) ; puerpérales (obs. n° 1, 2, 3) ; chirurgicales, soit primitives (obs. n° 49) ; soit secondaires dans le cours (obs. n° 6») ou le décours (obs. n° 66) d'une maladie infectieuse primitive; ou bien des affections pouvant rester localisées malgré leur tendance à l'envahissement :

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certaines ostéomyélites, érysipèle, phlegmasia alba dolens, bronchopreumonies. | |

Le staphylocoque. — On en a décrit trois sortes: siaphylococcus pyogenes aureus, albus et citreus.

1) Morphologie. — Les staphylocoques sont des coccus sphériques mesurant de 0.9 à 1.2 de diamètre, quelquefois isolés, ou en diplocoques, ou en très courtes chainettes, presque toujours groupés en amas, en grappes composées d’un nombre plus ou moins grand d'éléments. Ils sont parfois contenus à l’intérieur des globules du pus.

Les microbes se colorent facilement par la couleur d’aniline et ne

se décolorent pas par la méthode de Gram.

2) Cultures. — Staphylococcus aureus. — GÉLATINE. — Sur plaque, Après 48 heures, à 18 ou 20°, on voit de petites colonies grisâtres, en forme de petits disques brun jaune clair à la lumière transmise, d’un beau jaune d’or sur fond noir, s'étendant peu à peu en cocarde, puis la liquéfaction s'établit.

En piqüre, après 24 heures, le canal est rempli d’une masse granuleuse jaunâtre, sans rien à la surface ; après 48 heures formation d’une capsule de liquéfaction commençant par le haut, s’accroissant et atteignant les bords du tube, ayant une profondeur de 1 centimètre, au 7° ou &* jour, puis ne progressant plus que lentement ; si l’on touche seulement superficiellement avec l’aiguille de platine la surface de la gélatine, il se forme un sac le liquéfaction, irrégulier avec 1 ou 2 étranglements. À

GELOSE. — En stries, petites colonies blanchâtres, devenant confluentes puis se colorant en jaune d’or ; aspect de bande de couleurs à

l'huile.

POMME DE TERRE ET SERUM. — Couche épaisse jaune. Larr. — Coagulé.

BouizLon. — Très rapidement troublé ; dépôt peu abondant, blanc un peu jaunâtre ; le bouillon reste trouble. La substance colorante ne se forme qu’à l'air; en vieillissant, elle perd son pouvoir chromogène.

Les cultures gardent très longtemps leur vitalité et leur virulence.

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3) Inoculations. — En injections sous la peau, il ne se forme généralement qu’une inflammation locale; cependant il y a parfois généralisation avec formation d’abcès en certains points de prédilection (reins). On obtient surtout les suppurations par injections intraveineuses.

Staphylococcus pyogenes albus.— Mêmes caractères de culture que le précédent sauf que les cultures sont blanches ; les cultures sont moins abondantes, plus visqueuses ; sur pomme de terre, membrane

sèche très mince.

Staphylococcus pyogenes citreus (de Passet). — Mêmes caractères, mais colorations jaune citron foncé.

On n’est pas d'accord sur la nature des rapports qui réunissent ces 3 espèces de staphylocoques. M. le professeur Macé les décrit comme trois espèces spécifiquement distinctes ; au contraire, d’après Mollière, Gabriel Roux, Lannelongue et Achard, elles ne seraient que des formes d’une seule et même espèce, le staphylococcus pyogenes ; Rodet a démontré le passage de l’albus à l’aureus, Lépine et Roux l’évolution inverse : cliniquement le staphylococcus albus serait une forme atténuée du staphylococeus aureus, et, d’après MM. Lannelongue et Achard, le staphylococeus citreus serait l'intermédiaire entre les deux autres, participant des propriétés chromogènes et pathologiques de l’un et de l’autre.

4) Cadre nosologique. — Les staphylocoques sont les éléments pathogènes de la plupart des suppurations localisées : abcès, furoncles, phlegmon circonserit, du plus grand nombre des ostéomyélites, etc. Cependant on peut les retrouver dans des cas d'infection généralisée, notre obs. n° 28 en sera un bel exemple (ostéomyélite.)

Selon la forme de staphylococcus qui intervient, l’aspect clinique peut varier ; Les lésions déterminées par l’albus paraissent moins graves, affectent une marche plus torpide que celles déterminées par l’aureus. Quand au citreus, son étude clinique ne repose que sur quelques

très rares observations.

Le coli-bacille. — Le bacillus coli communis, baclerium coli commune, ou plus simplement coli-bacille fut découvert par Bouchard en 1879, et déterminé par Eschrich en 1880 ; cet auteur l'avait trouvé en 1886 dans les selles de nourrissons ; en 1887, Hüppe le constate dans les selles de malades atteints de cholérine. Il fut bien étudié par Laruelle, qui l’a vu provoquer la péritonite dans presque tous les cas de péritonite par perforation.

Ce bacilie fut successivement identifié avec celui retrouvé par MM. Cornil et Clado dans le liquide du sac herniaire, avec le bacille virgule de Büchner, le bacille des fœces de Brieger ; avec la bacterie septique de la vessie de Clado, la bacterie pyogene de la vessie d'Albaran et Hallé (1887-88) ; avec le cocco-bacillus ureæ pyogenes de Rovsing (1889), l’urobacillus non liquefaciens de Chabrié (1892) ; avec le bacillus urinæ mollis de Doyen.

L'école de Lyon, avec MM. Roux et Rodet, a voulu faire du coli-bacille une simple forme modifiée du bacille d’'Eberth. La résistance fut trés énergique ; mais actuellement la victoire paraît rester aux séparatistes représentés surtout par MM. Straus, Wurtz, Chantemesse. Aujourd’hui on peut dire que le coli-bacille et le bacille d'Eberth, revêtus de leurs caractères typiques, ne sont pas identiques ; ils constituent probablement avec le bacillus lactis aerogenes, trois espèces d’une même famille botanique ; mais il est difficile d'admettre avec l’école lyonnaise qu’ils ne constituent qu’une seule espèce pathogène ; ils diffèrent par certains caractères biologiques et ne produisent pas les mêmes toxines ; entin, argument très important, jamais lorsqu'il devient infectieux pour l’homme, le coli-bacille ne détermine ni l’aspect clinique, ni les lésions anatomiques de la fièvre typhoïde ; et dans ce cas le bacille conserve toujours son caractère, sans Jamais

prendre ceux du bacille d'Éberth.

)Morphologie. — Courts batonnets, mobiles, larges 0,4 à 0,6 », de longueur très variable, généralement de 2 à 3 y, quelquefois si

courts qu’on les prendrait pur des coccus ovoïdes; d’autres fois de

ire

forme longuement filamenteuse de 0,4 à 0,6 » de large, souvent réunis par deux ou en petits essaims. Se colore bien par les solutions habituelles ; décoloré par la méthode de Gram ; ne forme jamais de spore

sur Culture; sur les cultures âgées surtout, beaucoup de bâtonnets présentent un espace clair, séparant les deux poles plus fortement colo-

rés, qu'il ne faut pour confondre avec des spores. D’après M. Klemensieviez il serait muni de flagella comme lebacille d'Eberth, mais moins

nombreux.

2) Cultures. — GÉLATINE. Sur plaque, les colonies profondes se montrent sous forme de petit disques granuleux jaunâtres; celles de la surface grandissent plus, s’étalent et donnent des îlots à bords ondulés, la partie centrale surélevée, sombre et un peu jaunâtre, non transparente, et à partie périphérique plus mince hyaline, à reflets irrisés, présentant à la surface des ondulations.

En piqüres, développement dans le canal d’une culture blanche, formée de petites colonies s’accolant; à la surface une mince couche blanchâtre, laiteuse, et, presque transparente, à bords irréguliers. En strie, mince bande laiteuse, un peu bleuâtre.

La gélatine n'est jamais liquéfiee.

GELOSE OU SERUM : culture blanche plus opaque.

PomME DE TERRE: culture abondante en large placard jaune verdàtre, purée de pois.

Des tubes de gélatine ensemencé avec des parcelles de culture de pomme de terre peuvent donner une culture qui conserve son aspect jaunâire.

BouIzLox : se trouble, dépôt au fond du ballon.

Larr: coagulé lentement; le coagulum reste ferme, compact, comprenant presque toute la masse de la culture creusée de vacuoles et de sillons. Développement d’une petite quantité d’acide lactique.

Sauf ce dernier caractère tiré du lait, tous les autres, morpho-

logiques ou biologiques, sont communs au coli-bacille et au bacille d'Eberth-Gatïky.

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