TA TE
Mais depuis quelque temps, on a trouvé quelques caractères diffé-
rentiels d’une réelle valeur.
Caractères différentiels du coli-bacille et du bacille d’Eberth. — ]° PROPRIÉTÉ DE FAIRE FERMENTER LA LACTOSE. — D'où coagulation du lait. M. Wurtz met cette propriété en évidence par un procédé élégant: on cultive le bacille dans un tube de gelose additionnée d'une petite quantité de lactose et colorée en bleu par la teinture de tournesol ; au bout de quelques jours, la culture du coli-bacille 2 produit de l'acide lactique et la gélose a viré au rouge; même chose avec le bouillon ; les bulles de gaz dégagées forment à la surface une collerette caractéristique ; au contraire, le bouillon contenant du bacille d’Eberth reste indéfiniment bleu, et cette teinte s’accentue en vieillissant. |
2° PROPRIÉTÉ DE FORMER DE L'INDOL. — Si, à un bouillon ensemencé avec du coli-bacille et mis à l’étuve pendant 24 heures, on ajoute quelques gouttes d’une solution aqueuse d’azotate de potasse à 0 gr. 02 pour 100, puis quelques gouttes d’acide sulfurique, sous l’influence de l'acide nitreux ainsi dégagé, on voit le bouillon se colorer en rouge ; le coli-bacille a donc formé de l’indol, ce que ne fait pas le bacille d'Eberth.
3° MÉTHODE DES MILIEUX COLORÉS. — Nœggerath ajoute à une série de tubes de bouillon et de lait quelques gouttes d’une solution aqueuse saturée de violet de gentiane, de vert de méthyle, de bleu de méthylines, de chrysoïdine, de fuschsine. Le bacille d'Eberth a une tendance très marquée à décolorer ces bouillons et à absorber le colorant ; il se dépose alors au fond du tube, sous forme d’un sédiment fortement teinté. Il rend les autres milieux neutres ou faiblement acides.
MM. Grancher et Deschamps ont ajouté les mêmes colorants à des tubes de gélatine ; Gasser recommande l'addition de quelques gouttes de colorants à des plaques de géloses et prétend que ce procédé suffi rait à distinguer le bacille d'Eberth de tous les autres.
Ce procédé est en réalité fort inconstant.
FACTEU ES
4 CARACTÈRE DE CHANTEMESSE. — Si on racle la surface d’une vieille culture de bacille d’Eberth, de façon à enlever toutes les coloaies, puis on ensemence discrètement cette surface ainsi raclée avec une nouvelle culture d’Eberth, celle-ci ne pousse plus ; le milieu est vacciné ; mais, par contre, le coli-bacille y végète parfaitement.
Enfin, ajoutons que MM. Widal et Ferrati insistent sur l'odeur fétide très prononcée que répandent les cultures du coli-bacille et leur aptitude plus grande à provoquer des fermentations.
3) Inoculations et pouvoir pathogène expérimental du colibacille. — Il est variable selon les cas (Lesage et Macaigne). Si l’on . opère avec un coli-bacille normal, extrait par exemple de selles humaines, en dehors de tout état pathologique, et si on l’injecte à un lapin ou à un cobaye, d’une façon quelconque, il n’est presque jamais virulent à dose bactériologique (1 cmc de bouillon par exemple), mais il devient pathogène si on l’injecte à dose massive. Si, au contraire, la culture provient d’un malade atteint de diarrhée, elle est presque constamment (36 fois sur 49 expériences) virulente ; à la dose bactériologique, elle tue en quelques jours. Les faits négatifs ont tous été observés en hiver. Les symptômes constatés sont une forte diarrhée et une sorte d'état comateux. À l’autopsie, on trouve des lésions intestinales très accusées, de l’épanchement péritonéal ; le sang contient un
grand nombre de bacilles.
4) Variété du coli-bacille. — MM. Lion et Gilbert ont voulu créer parmi les coli-bacilles de différentes sortes qu'ils ont observés un nombre considérable de variétés rangées en 3 catégories :
1° C.-B. mobiles. Tous faisant fermenter le lait et donnant plus ou moins la réaction de ;’indol.
20 C.-B. peu mobiles. Les uns font fermenter le lait et coaguler le lait, d’autres ne le font pas.
30 C.-B. immobiles, varient de même.
Ces diverses variétés sont isolées ou associées dans le même
milieu.
EMNRES
Une classification basée sur un caractère aussi contingent que la mobilité du microbe peut paraitre ne devoir être acceptée qu'après de bien nombreuses recherches.
CADRES DES INFECTIONS COLIENNES. — Les infections causées par le coli-bacille sont primitives (obs. n° 44) ou secondaires, surtout à une affection intestinale (obs. n° 22). Elles déterminent par ordre d'importance, des péritonites, des accidents de pseudo-fièvre puerpérale, des accidents cholériformes, des suppurations intra-hépathiques ;
des suppurations circonscrites à localisations diverses, des ménin-
gites, des pleurésies, — et la majorité des accidents de l'infection urineuse.
Bacillus pyocyaneus. — /) Morphologie. — Courts bâtonnets
très mobiles, mesurant de 1 à 1,5 m. de long, sur 0,6 m. de large, réunis en chaines de deux à trois éléments, ou en petits amas.
Espèces aerobie, pouvant vivre en l'absence de l'oxygène, mais en modifiant ses propriétés.
2) Cultures. — BouiILLon. Se trouble en prenant, très rapide— ment, parfois dés le 1° jour, une teinte verdâtre, puis à sa surface se développe une membrane blanche, sèche, finement chagrinée, fragile, qui plus tard s’épaissit un peu et devient écailleuse, brunâtre, trés cassante ; le liquide se fonce, devient vert sale, sombre avec sédiment blanc ; sur bouillon incolore, la teinte est plus franchement bleue.
GÉLATINE. — Sur plaques, à 20°, après 24 heures, petites colonies rondes, jaunätres, granuleuses, d’aspect radié; la gelée prend une teinte verdätre, liquéfaction des colonies superficielles.
En piquüre, après 48 heures, très petites colonies développées dans le canal; liquéfaction superficielle, progressant lentement et parallèlement à la coloration de la gelée.
GÉrose. — Couches muqueuses, grisâtres, demi-transparentes,
Tee
mal délimitées, prenant un reflet nacré après quelques jours ; belle fluorescence verte de la partie supérieure de la gelée, s'étendant bientôt aux couches profondes.
POMME DE TERRE. — Couches muqueuses brunâtres, prenant en quelques jours des reflets nacrés; quand on racle la colonie, la substance sous-jacente de la pomme de terre alors exposée à l’air prend une teinte verte,
LaiT. — La caséine se coagule, puis se dissout; dégagement d’ammoniaque.
Toutes les cultures dégagent une odeur faiblement fécaloïde.
La propriété caractéristique du bacille pyocyanique est de pouvoir former au contact de l’air un pigment vert-bleu, la pyocyanine considérée par les uns comme un composé ferrugineux organique. (Dumas, Persez, Petrequin), comme de l’urée (Virchow), dérivé de la bile (Robin et Verneuil). Fordoz, le premier, a pu isoler ce pigment ; Lucke, Cadet de Gassicourt, Kremls, Sedillot, ont attribué sa formation à des vibrions du pus. Enfin Gérard a isolé le bacille pyocyanique en culture pure et a montré ces rapports le pyocyanine.
3) Cadre pathologique du bacille pyocyanique. — Pendant longtemps le bacille pyocyanique fut considéré comme absolument inoffensif ; sa propriété chromogène seule fut constatée. Cependant Zaufal, Grüber, Ernst, Ledderhose établirent ses propriétés pathogènes.
Mais c’est surtout en France qu’il fut étudié à ce point de vue par Bouchard, Babinsky, Capitan ; c’est sur son étude que Charrin basa ses recherches sur la variation de la morphologie des microbes, sur leur modification suivant les milieux. En faisant varier la composition du milieu de culture, il put observer toutes les formes intermé-— diaires du pyocyanique, entre le micrococcus et le spirille, et la variation de son pouvoir chromogène.
Puis il étudia son pouvoir pathogène chez le lapin, le cobaye, le
pigeon, la grenouille, créant ainsi une maladie expérimentale, /a maladie pyocyanique, modifiable à volonté suivant la virulence des cultures, la prédisposition de l’animal infecté, le mode d'entrée du virus qui peut être soit la culture microbienne elle-même, soit ses produits solubes.
Cette maladie, qui est un type de l’infection, peut être suraiguë, aiguë, subaiguë ou chronique, et a comme symptômes dominants l'abattement, le manque d’appétit, la somnolence, les convulsions, la fièvre, la diarrhée, l’albuminurie ; et, dans les cas chroniques, des” paralysies, la néphrite, des lésions cardiaques, des infarctus.
La suppuration bleue des plaies ne paraît pas avoir d'influence appréciable ni sur leur état local, ni sur l’état général du malade. Et cependant le bacille pyocyanique à été rencontré dans diverses affections humaines, dans des arthropathies, dans des broncho-pneumo-— nies, etc., toutes maladies que M. Charrin a pu provoquer expérimentalement avec son bacille. Chez ces malades on a retrouvé le bacille pyocyanique en cultures pures.
Teissier (de Lyon) et Kranhals (de Riga), ont retrouvé le pyocyanique dans le pharynx d’un malade atteint de grippe; dans ces deux derniers cas, il n’a pas paru pathogène. Chez ces malades, on a retrouvé le bacille pyocyanique en cultures pures. Bien plus, quelques faits, rares 1i est vrai, ont mis hors de doute la possibilité chez l'homme d'infections générales par le bacille pyocyanique. Deux cas ont été observés par Ehlers, deux par Neumann, un par Œttinger, un par Karlinski. è
Vu la rareté de ces observations que nous rapporterons ailleurs, nous pensons devoir synthétiser brièvement quelques-uns des renseignements qu’elles comportent. Sans vouloir d'aucune facon tirer de conclusion générale basée sur des cas trop peu nombreux, nous devons faire remarquer dès maintenant que dans 4 cas sur 6 la maladie s’est manifestée surtout par des accidents cutanés très remarquables, carac-
térisés par une éruption de papules qui se tranforment rapidement en
HO
pustules semblables à celles de l’ecthyma, lesquelles laissent à leurs places des ulcérations profondes à fond plus ou moins gangréneux et circonscrites par des rebords épaissis, infiltrés, de coloration hémorrhagique. Dans les deux autres cas qu’il a rapportés, Neumann a observé du purpura cutané. Aussi étudierons-nous ces observations avec les infections à prédominance cutanée.
Quant aux phénomènes généraux, ils sont absolument ceux des infections très graves : état général grave, fièvre, diarrhée progressive, ballonnement du ventre, tuméfaction de la rate, abatiement et prostration ; puis l’éruption paraît.
Le bacille pathogène a été retrouvé dans les lésions cutanées, dans le sang et dans le parenchyme des organes.
Ajoutons enfin que dans les cas de Ehlers et de Neumann, l’infection paraît avoir été primitive ; elle est vraisemblablement secondaire à une fiêvre typhoïde dans celui de Œttinger; et dans celui de Karlinsky, consécutive à un phlegmon de l’avant-bras, dans le pus duquel on tronve le staphylocoque et le pyocyanique.
Bacillus septicus. — Cette espèce a été isolée de la terre végétale par Pasteur qui le décrit sous le nom de vibrion septique. 1) Morphologie. — C'est un bacille assez semblable à celui du
charbon, mobile, mesurant en moyenne 3 & de long sur 1 de large,
isolé ou en chaînette. Il se forme fréquemment des spores. C’est un
anaérobie.
9) Cultures. — Les milieux doivent être privés d'oxygène. Bouizcon. — Le bouillon est rapidement troublé, avec dégage-
ment d'acide carbonique et d'hydrogène. Légère odeur fétide. Le bouillon s’éclaircit peu à peu et se dépose ; beaucoup de bâtonnets ont formé des spores.
GxLose. — Se développe dans l'épaisseur du milieu de culture. GÉLATINE. — Id.; elle est liquéfiée.
POoMME DE TERRE. — Se cultive quelquefois, en formant un
réseau serré au sein de la substance de la pomme.