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OBSERVATION XVII

Une femme enceinte, surmenée, a présenté pendant 4 mois des crises d'état infectieux grave avec hyperthermie, langue sèche, durant 3 à 4 jours ; puis détente et mieux relatif pendant 7 à 8 jours ; alors reparaissait un frisson, et en quelques heures l’état général grave se rétablissait.

Elle eut ainsi, sans localisation particulière, sans embolies dans le cerveau, le poumon, le foie, la rate, les reins, huit crises successives. Chacune des crises s’annonça par un frisson. La malade finit par guérir, en conservant une lésion cardiaque.

Il semble que, chaque fois, un torrent infectieux, parti des valvules cardiaques atteintes, inondât l’organisme.

D’après l’évolution de ce cas, nous pensons qu'on peut songer à

l’action du streptocoque.

ESQUISSE CLINIQUE. — Période d’invasion. — L'invasion de la maladie peut se faire suivant différents modes : ou bien le début est absolument brusque, brutal ; la fièvre apparaît d'emblée et est continue ; ou bien le début est moins aigu ; on voit les prodromes se succéder pendant 5 ou 6 jours, avec accès fébriles accompagnés de frissons, de chaleur, de sueur, de douleur vague, etc. Le diagnostic est alors fort difficile à poser.

Quelquefois les accès fébriles sont intermittents, sur-

venant par séries de 3 ou 4 jours, et cela pendant 5 ou 6 semaines.

Période d'état. — Une fois la maladie déclarée, on peut la voir se présenter sous différentes formes : ou bien l’hyperthermie est continue, c’est la forme classique ; ou bien elle est paroxystique, des accès plus ou moins longs venant se surajouter à la fièvre continue; ou bien elle est intermittente, les accès fébriles étant séparés par des accès d’apyrexie complète.

Mais à côté de cette hyperthermie, à côté des signes locaux, la scène est toujours dominée par la déchéance de l’état général. On voit s’accentuer le facies infectieux sur lequel nous avons déjà insisté, si bien qu’autrefois, quand on faisait de l’endocardite une entité morbide, on désignait cette maladie sous le nom « d’endocardite typhoïde ».

D'ailleurs, toutes les autres manifestations des pyosepticémies peuvent se montrer; d'autre part le processus embolique peut devenir l’origine de toutes sortes de complications. Quelquefois un seul accident vient apporter la signature indéniabie de l'infection : tel est le cas, rapporté par M. Huchard d’endocardite infectieuse avec phlegmasia alba dolens.

Il existe ainsi tous les degrés de l’échelle unissant les endocardites infectieuses à grand fracas aux endocardites qui paraissent isolées et dont nous avons parlé au commencement de ce chapitre.

L'aspect clinique général de la maladie ne change pas grandement suivant que la lésion siège à l'orifice mitral ou à l’orifice aortique.

Quand l’endocardite est mitrale, les signes sthétoscopiques, comme dans toute lésion mitrale, ont leur maximum à la pointe; si l’on à affaire à la forme végétante, les signes sthétoscopiques de l'insuffisance se combinent à ceux du rétrécissement. Parfois, il y a simultanément myocardite.

L'observation suivante est intéressante, non seulement comme type d’endocardite mitrale infectieuse, mais surtout parce qu’elle nous fait assister à l’évolution des accidents emboliques, des infarctus septiques vers l’estomac, l'intestin, vers la peau, vers le poumon.

OBsERvATION XVIII. — Endocardite mitrale infectieuse. — Embolies septiques et infarctus de l'estomac, de l'intestin, de la peau, du poumon. — Broncho-pneumonie. — Cachexie. — Collapsus. — Mort.

La malade est une femme entrée à l'hôpital lorsqu'elle souffrait déjà depuis une semaine de malaise et de courbature. Un vomissement de sang abondant, présentant les caractères d’une hématémèse, l'avait décidée à demander son admission. Mélœna les jours suivants.

À son entrée, la malade est pâle, d'aspect cachectique ; sur une partie de la face, éruption spéciale, groupée à la façon d’une variole confluente. Les ailes du nez, la lèvre supérieure et la joue gauche étaient occupées par des papules rouges, légèrement saillantes, mais dont la coloration ne s’effaçait pas sous le doigt ; quelques taches semblables aux membres inférieurs, à la partie postérieure des cuisses et sur les jambes.

Dès son entrée, la malade expectorait des crachats colorés par du sang rutilant ; ces crachats étaient collants, tenaces, peu aérés. Cette expectoration se compliqua d’un élément purulent lui donnant l'aspect pseudo-cavitaire.

A l’auscultation, on a d’abord constaté à la base droite une sub-

matité occupant le tiers inférieur du poumon, et plus haut, quelques râles fins. Depuis lors, les lésions ont fait tache d’huile, tout le lobe inférieur du poumon droit s’est induré et respire mal. À gauche, râle diffus de broncho-pneumonie ou de congestion.

Ni sang ni albumine dans l’urine.

L'état général est très mauvais et il l’a été dès le début. La fièvre n’a jamais dépassé 38° 5 à 39° et s’est abaissée à 37° 5.

Le pouls dépasse 120, est petit, inégal.

La matité précordiale n’est pas très étendue. La longueur de l'organe semble être de 11 cm. 1/2 et il y a 12 cm. de matité transversale ; sa dilatation est donc incertaine, et, s’il y a hypertrophie, elle est insignifiante. Absence relative d’impulsion cardiaque ; les bruits sont sourds, le 1‘ est mal frappé et s'accompagne à la pointe d’un léger souffle systolique, qui n’existait pas au moment de l’entrée de la malade.

Le collapsus s'établit. M. Rendu tenta l’emploi des injections de caféine, mais il dut y renoncer devant les infiltrations phlegmoneuses qui se formérent.

Quand un infarctus est produit par une embolie purement mécanique, l'accident atteint son apogée clinique dès le premier jour. Lei, rien de semblable: lors des premières embolies pulmonaires, les crachats étaient à peine sanglants ; à l’auscultation on n’entendait que de petits foyers de râles, la dyspnée était très peu prononcée ; mais les microbes de ces embolies bactériennes ont pullulé, ont déterminé la broncho-pneumonie, qui, devenue pseudo-lobaire, à fini par occuper tout le lobe inférieur du poumon droit.

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