CHAPITRE V
byosepticémies à prédominance sur l’appareîil urinaire.
La NÉPHRITE. — Origine descendante, produite par l'élimination des microbes ou de leurs produits; Origine descendante, par extension d’une infection locale sous-jacente.
LA CYSTITE.
La néphrite est l’une des complications les plus fréquentes des infections de tout ordre. Il n’est pour ainsi dire pas de maladie générale présentant une certaine gravité, qui ne puisse en être accompagnée. Cependant à part l’albuminurie, cette lésion reste le plus souvent silencieuse ; dans des cas exceptionnels seulement les accidents urémiques viennent imprimer leur cachet spécial à la maladie primitive.
Au point de vue pathogénique, la néphrite peut être d'origine ascendante où descendante. Dans le premier cas, les éléments microbiens qui ont envahi l'organisme tout entier arrivent au rein par la voie sanguine ; dans le second cas, l'infection, partie des organes urinaires inférieurs atteint le rein par extension de voisinage, y provoque une pyélonéphrite qui devient source de la généralisation pyosepticémique.
PATHOGÉNIE. — Néphrites descenaantes. — Nous avons déjà dit que le rein est l’une des voies d'élimination des microbes, et une simple affection locale, très limitée,
comme lanthrax, peut donner lieu à ces décharges microbiennes, accompagnées d’albuminurie avec cylindres. Bien plus fréquentes sont ces décharges au cours de l’érysipèle, de la fièvre puerpérale, de l’endocardite ulcéreuse, de l’ostéomyélite, du pseudo-rhumatisme infectieux, etc. Les recherches de Bouchard et de Kannenberg ont démontré que l’altération rénale produisant l’albuminurie est le fait du passage des microbes des voies sanguines et lymphatiques dans les voies urinaires.
La néphrite est fréquente dans les pyosepticémies médicales ; à ce propos, Enriquez a établi une classe qu'il désigne sous la nomination peu heureuse de néphrite à la fois primitive et secondaire ; la manifestation serait primitive en ce sens qu'elle est produite par le microbe mêmequiinfectel'organisme(rhumatismeinfectieux,ostéomyélite, endocardite ulcéreuse), mais secondaire parce que le microbe, qui n’est pas spécifique, estgénéralement celui des infections secondaires (staphylocoque, streptocoque).
Dans tous ces cas, la lésion rénale est bien une manifestation de l'infection générale antérieure. Mais le rem peut ne pas être le seul organe urinaire atteint ; dans l’intéressante observation de Bazy, que nous résumons cidessous, la cystite parait bien avoir été engendrée dans les mêmes conditions.