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CHAPITRE IX

Pyosepticémies à prédominance sur le système nerveux

MANIFESTATIONS MÉNINGSES. — Elles sont dues le plus souvent à l’extension de lésions de voisinage plutôt qu’à des accidents de généralisation.

POLYNÉVRITE. — Le type aigu est généralement sousla dépendance d’uneinfection.

MYÉLITES AIGUES.

ORGANES DES SENS. — Oreille. — Œil.

Dans ce chapitre nous n'avons pas à faire entrer les phénomènes nerveux communs à toutes les formes d’infecton : advnamie, torpeur, somnolence ou au contraire agi: tation, ataxie, délire; nous auroas en vue seulement les accidents organiques, tels que les atrophies, les paralysies et les polynévrites.

Mais les documents relatifs à la question sont encore très rares ; aussi ne considérons-nous ce chapitre que comme chapitre d'attente.

Manifestations méningées

Les localisations méningées dans les infections générales par les microbes vulgaires de la suppuration sont rares relativement aux manifestations méningées de la

tuberculose. En mettant hors de cause les méningites produites par extension d’une suppuration de l'oreille, des fosses nasales, du pharynx, de phlébites des veines faciales ou du cuir chevelu etc., il ne nous reste plus que quelques observations de pyosepticémie avec méningite; celle de Krause dans une infection avec arthrite suppurée ; celle de Fraenkel dans une infection puerpérale; celle de Netter dans une pneumonie suppurée; celle de Neumann et Schæffer.

M. Gérard Marchand vient de rapporter un cas intéressant de méningite diffuse des deux lobes, liée à l’otite, ayant son origine dans une suppuration du conduit externe où l’autopsie a constaté l'intégrité absolue du trajet pétro-dure-mérien et où les bactéries sont arrivées aux méninges par l'intermédiaire d’une infection généralisée.

ESPÈCES MICROBIENNES. — Dans un cas de Roux, le bacille trouvé liquéfiait la gélatine ; ne serait-ce pas le même que nous avons déjàsignalé dans d’autres pyosepticémies, dans l’endocardite etc. Dans d'autres observations, MM. Roux, Netter, Adenot, ont trouvé un bacille que l’on peut rattacher au coli-bacille. Monti à rencontré le staphylocoque, une fois associé au pneumocoque de Talamon Ffraenkel.

La Polynévrite

La polynévrite revêt fréquemment le type aigu. Chez un individu en pleine santé, survient une poussée fébrile à 39, 40°: l’état général s’altère, il v a anorexie, lassitude,

Sueurs, frissons intermittents, céphalalgie, délire léger ; la rate est hypertrophiée, une albuminurie légère se montre.Des douleurs lancinantes, déchirantes, suivant les gros ironcs nerveux, apparaissent ; puis s'établit une paralysie parfois complète, les reflexes s’atténuent, les muscles s’atrophient et on trouve la réaction de dégénérescence. On constate toujours une hyperesthésie excessive de la peau et parfois des troubles trophiques. La polynévrite aiguë est parfois symptomatique, et l’on sait qu’elle constitue l’un des principaux symptomes des infections biliaires du type dit de Weill.

On l’a observée après une broncho-pneumonie et au cours de la fièvre typhoïde (Hanot), de la grippe ; dans les bronchites, dans la tuberculose (Pitres et Vaillard, Fiessinger) ; M. le Professeur Grasset l’a vue se produire au cours d'un érysipèle.

D’autres fois, la polynévrite est primitive et reste isolée ; dans le fait suivant, observé à la clinique de M. le Professeur Spillmann, les manifestations névritiques ont “accompagné un pseudo-rhumatisme avec purpura. Bien que l’on n'ait pas pratiqué de recherches bactériologiques, nous n'hésitons pas à reproduire ici cette observation.

OBSERVATION XXXV.— Pseudo-rhumatisme infectieux. — Purpura. — Polynévrite subaiguë généralisée. — Tuberculose pulmonaire aiguë. — Mort.

Henri Auguste, 43 ans, jardinier, entré le 22 avril 1887. Rhumatisme articulaire aigu il y a 6 ans. Pas d’antécédents

héréditaires. — A toujours vécu dans de bonnes conditions hygiéni-

ques.

oi

Cet homme est malade depuis 3 semaines ; il a commencé par avoir des douleurs et du gonflement des genoux, ayant persisté pendant 8 jours ; puis il a eu des douleurs dans les cuisses, des taches rouges du diamètre d’une pièce de 5 fr. — Dans ces derniers jours il a éprouvé quelques douleurs dans les coudes. Il a perdu ses forces et a

maigri beaucoup depuis ces 3 semaines.

23 avril. ETAT ACTUEL. — On se trouve en présence d’un homme très amaigri. T. se 122 7 Langue sèche. Inappétence. Selles régu-

lières. Urines rares, (300 gr.) sédimenteuses.

Pouls régulier égal. Artères un peu dures. La pointe du cœur n'est pas perceptible. Bruits du cœur normaux.

En avant, sonorité normale sous la clavicule gauche. Légère diminution de l’élasticité sous la clavicule droite. Diminution du bruit vésiculaire à gauche. Respiration soufflée à droite.

En arrière : matité dans la fosse sus-épineuse droite ; submatité dans tout le côté droit par rapport au côté gauche.

Bruit vésiculaire presque aboli dans la fosse sus-épineuse droite ; diminué dans le reste du poumon droit ; normal à gauche. Diminution des vibrations vocales à la base droite. Pas'd’égophonie, pas de souffle.

Articulations. — Pas de douleur dans les genoux, ni dans les articulations des pieds. Douleurs dans la partie postérieure des cuisses et des mollets, exagérées par l’extension des membres. Réflexe rotulien conservé, un peu affaibli.

Sur les mollets et les cuisses, petites taches de purpura du diamètre d’une tête d’épingle et d’une lentille.

3 mai. Tous les soirs, température variant de 38° à 39e. L'’amaigrissement continue ; le malade tend à prendre l’aspect cachectique.

9 mai. Depuis 5 jours, douleurs continuelles comparées à des piccotements, des arrachements dans les masses musculaires du bras et de l’avant-bras droit, et au dos de la main ; légères douleurs également dans le bras gauche ; le malade ne peut, avec son bras droit, porter un

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