‹ Les Pyosepticémies MédicalesChapitre 54 sur 92 · OST · texte numérisé non relu

OST

verre à sa bouche. Dyn. — c7. Pas de douleurs en ceinture, pas de

troubles de la miction. Atrophie considérable des masses musculaires des bras, des cuisses et des mollets.

15 mai. Par moments, le malade ne sent plus son bras dans son lit, il est obligé de le chercher avec l’autre bras. Même sensation aux mollets.

18 mai. Actuellement, plus de douleurs spontanées dans les jambes: il y a seulement encore des sensations de froid.

Dans le bras droit, sensations de lancées remontant jusqu’à l’épaule, quand le malade bouge le bras ; quand il le laisse au repos, il se produit au contraire la perte du sens musculaire. Dans le bras

gauche, pas de douleurs spontanées, douleurs à la pression dans les masses. La douleur existe surtout, dans les bras, sous le trajet

des nerfs. Dyn — d: à gauche, O à droite. Depuis environ 15

jours, on sent aux cuisses, sous la peau, le sciatique et le saphène interne, et aux jambes, le saphène externe, durs et augmentés de volume ; moins douloureux à la pression actuellement qu’au début. Persistance des réflexes. Les masses musculaires de la partie postérieure des cuisses et des jambes sont flasques.

20 mai. La sensibilité est assez bien conservée ; cependant elle est un peu obtuse aux mollets ; aux cuisses, au contraire, il y a de l’hyperesthésie : la piqûre, aux cuisses, provoque la sensation doloureuse exagérée de piqüre, tandis qu'aux mollets, elle ne provoque que la sensation de contact. À l’avant-bras droit, sensation de contact à la piqûre ; dans tout le reste du bras, et au bras gauche, sensation nette à la piqûre.

Depuis environ 15 jours, diminution considérable des forces dans les membres ; le malade se tient difficilement sur ses jambes. Actuellement, ilne peut faire aucun mouvement du bras droit ; le bras gauche est tellement faible qu’il peut à peine soulever uue cruche d’eau vide.

97 mai. Le malade n’a plus aucune douleur, ni spontanée, ni à la pression dans les cuisses ; mais la douleur persiste dans la partie

inférieure des jambes. Plus de douleurs dans le bras gauche, dont le

malade se sert maintenant aussi bien qu'avant. Le bras droit est encore très douloureux, mais le malade peut déjà exécuter quelques mouvements avec ce bras ; il peut soulever son verre pour boire.

Le malade s’est levé hier. l

31 mai. À eu hier et avant-hier des douleurs violentes sous forme d’élancement dans le mollet gauche.

Thorax. — On entend le murmure respiratoire jusqu’à la base de chaque côté. En avant, à gauche, inspiration un peu saccadée. Ne tousse pas, né crache pas.

16 juin. À de temps en temps des douleurs dans les mollets, mais elles sont limitées à la face interne des deux jambes. Marche facilement ; les forces reviennent, quoique lentement, dans le bras droit. Bains de Barèges

23 juin. Signes de tuberculose pulmonaire au début.

Les douleurs dans les mollets persistent. Céphalalgie.

Bras. — Circ. : 20 à droite, 22 à gauche ; les reliefs du deltoide et du biceps sont moins marqués à droite qu’à gauche.

Atrophie notable des mollets dont les chairs sont flasques, et les masses musculaires douloureuses à la pression. — Dyn. : 15 à droite, 25 à gauche.

16 novembre. Douleurs intermittentes durant ? ou 3 heures, apparaissant surtout le soir, et siégeant dans les mollets, les hras, les avantsbras ; douleur lancinantes, d’autres fois comparables à des morsures, des arrachements.

Marche assez facilement, mais se fatigue vite.

Les membres gauches ont une circonference un peu inférieure à celle des membres droits.

Ne tousse ni ne crache. Cependant on constate les symptômes sthétoscopiques d’une tuberculose pulmonaire au début. Teint cachec-

tique

La température oscille depuis 3 mois entre 37° et 37°5le matin,

38° et 3895 le soir.

27 janvier. Zona atteignant, en arrière, une surface de5 cent. carré et occupant le septième espace intercostal, jusqu’au sternum. La région épigastrique co:respondante est elle-même envahie. Température normale. Pouls normal.

29 février. Vive douleur dans le neuvième espace intercostal gauche, surtout dans l’aisselle.

b mars Le malade ressent des douleurs dans tous les espaces intercostaux.

L'état du malade reste stationnaire, en s’améliorant peut-être nn peu, jusqu’à la fin dejuillet ; alors apparaissent lessignes d’une tuberculose aiguë généralisée à tout le poumon.

Mort le 5 août.

AUTOPSIE. — Adhérences pleurales des deux côtés surtout à la base droite. La partie supérieure du poumon droit est transformée en un bloc caséeux, le sommet gauche également.

Un demi-verre de liquide citrin dans le péricarde. Le bord libre des valvules mitrales est un peu épaissi. Le cœur est vide.

A la face antérieure du foie on remarque une douzaine de petites taches blanche, du volume d’une lentille. Foie un peu gras. A la coupe, on voit des canalicules biliaires dilatées contenant un liquide jaunûtre.

Rein : volume normal. Substance corticale pâle, graisseuse. Décortication facile.

Cerveau: Les méninges sont injectées par place. On ne trouve rien de particulier à la coupe.

Nombreux ganglions mésentériques.

Myélites aiguës

Parfois, au cours d’une maladie aiguë, fièvre typhoïde (Rioblanc), pneumonie (Stephen). grippe, scarlatine, purpura (Martin de Gimard), et autres, on observe pendant la

convalescence la paralysie d’un ou plusieurs membres, due généralement à une myélite aiguë ascendante, que l'on a désignée sous le nom de maladie de Landry. Ce phénomène est-il dû à la maladie primitive et à l’action directe de son microbe spécifique ? ou bien faut-il voir l’action d’une infection secondaire surajoutée? seules les recherches bactériologiquespourraienttrancher la question; elles n’ont pas été faites. |

Très près de cette complication des maladies aigues, il faut placer la Poliomyélite antérieure aiguë de l'enfance, souvent accompagnée à ses débuts de phénomènes généraux. On l’a vue apparaître comme accident secondaire au cours de la rougeole, de la scarlatine, de la diphtérie, de la variole, de la coqueluche; P. Marie estime que quand elle paraît isolée, elle doit fréquemment relever d’ «n/fections innominées si fréquentes en cliniques ». Ces infections innominées ne sont-elles pas, le plus souvent des pyosepticémies atténuées. ? Actuellement, on connait un certain nombre de faits où il paraît bien y avoir eu contagion (Cordier, Liégard, Médin, Burgen, Holtz).

Les infections en général, les pyosepticémies en particulier, peuvent encore entraîner d’autres modifications importantes du côté du système nerveux, modifications anatomiques se traduisant par la sclérose en plaque, des atrophies musculaires... ; ce sont alors des suites de l’infection. Nous les retrouverons au chapitre du Pronostic.

Organes des sens

À côté des pyosepticémies atteignant le système nerveux, nous placerons celles dans lesquelles certains

organes des sens sont intéressés. Ce sont l'oreille et l'œil.

Pour l'oreille nous savons que les otites sont le plus souvent le point de départ de la généralisation. Dans quelques cas cependant cette généralisation est si rapide que lon peut se demander, comme dans l'observation de MM. Legendre et Beausenat (obs. n° 12), si l’otite n'était pas la première manifestation de l'infection.

Litten attire l'attention sur les phénomènes oculaires, qui se produisent surtout dans le puerpérisme avec endocardite aiguë maligne.

Un des symptômes les plus fréquents sont les hémorrhagies de la rétine ; elles se présentent généralement des deux côtés, tantôt sous forme de petites taches arrondies, véritables pétéchies, tantôt sous forme de taches irrégulières, de grandeur variable, parfois si étendues que Litten les désigne sous le nom de « mares de sang ; » dansles taches rondes, on constate parfois la décoloration du centre, décoloration qui semble avoir existée dès le début de lhémorrhagie. La présence de ces phénomènes, d'après Litten, assombrirait le pronostic.

Après avoir attiré l'attention sur ces accidents, cet auteur complète sa communication en produisant 35 cas, dont 23 sous la dépendance de l’état puerpéral ; dans 10 autres cas, l’origine de la pyosepticémie a pu être retrouvée ; mais elle resta totalement inconnue dansles 2 autres cas : ce sont de vraies pyosepticémies médicales

Souvent les milieux de l'œil sont altérés; sur les 35 cas de Litten, on trouva dans % observations des modifications pathologiques du fond de l’œil ; 7 fois seulement l'examen opthalmologique ne révéla aucune lésion.

Dans notre observation n°3 il s’agit d’une pyosepticemie puerpérale, avec suppuration du corps vitré; le streptocoque fourmillait dans ce liquide. |

L'observation de Raymond et Netter en est un autre exemple. |

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