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II. Inoculation. — Ce streptocoque est virulent

1) Un peu de culture sur gélose (rate) est délayée dans de l’eau distillée et injectée à 2 cobayes, le 26 janvier. L’un périt de septicémie le 7 février ; chez l’autre, il se forme une induration érysipélateuse du dos au niveau de l'injection ; guérison.

2) Le 29 janvier, un troisième cobaye reçoit un centimètre cube de bouillon (rate) dans la cavité péritonéale. Diarrhée très fétide. Le cobaye périt le 2 février. Ensemencements fertiles avec le foie sur gélose et

bouillon.

er

3) Un autre cobaye injecté avec le mème bouillon, dans le tissu cellulaire du dos, présente des signes de congestion pulmonaire ; streptocoque dans le bouillon ensemencé avec le poumon.

4) Un lapin recoit le 2 février 1 cmc de bouillon ensemencé avec le foie, dans le tissu cellulaire de l'oreille. L'animal succombe le 6 à la septicémie sans avoir présenté d'accident local.

5) Chez un cobaye qui recoit dans le tissu cellulairé du dos 1 cme. de 2° culture sur bouillon (foie), nous constatons au troisième Jour la formation au point d’inoculation d'un abcès dans le pus duquel nous trouvons la présence de très belles chaînettes. L'animal périt de septicémie quelques jours plus tard.

Nous signalons particulièrement lararetéde ce dernier fait; l’abcès au point d’inoculation streptococcique chez le cobaye est en effet une rareté qu’Achalme n’a jamais constatée.

Les cultures avec la végétation endocarditique, portées sous le microscope, ont bien fait voir quelques chaïnettes, mais les cultures étaient souillées.

À propos de l’observation suivante (n° 43), Thibierge fait remarquer la rareté des infections à décharges microbiennes aboutissant à la production de lésions; ce processus est cependant incontestable dans l'observation que nous venons (le rapporter, les phénomènes généraux avant précédé l'éruption.

OgsErvarioN XLIII.

Ouvrier raffineur, âgé de 22 ans ; son travail consiste la plus grande partie de la journée à soulever des charges de pains de sucre. Pour cela il porte en bandoulière sur l'épaule gauche une large courroie qui frotte, non seulement sur la partie culminante de cette épaule,

mais aussi sur la région antérieure et sur la région postérieure. Cette

courroie frotte également au niveau de l’épine iliaque antérieure et supérieure. Dans différents points le frottement, au bout d’un certain temps amena des excoriations; celles-ci s’enflammèrent et se couvrirent d’un pus concrété. Le 29, autour du point traumatisé, apparut une petite couronne de pustules; le 30 mai l’éruption pustuleuse s'était étendue sur le tronc et sur les membres. Le même jour, douleurs accompagnées de rougeur et de gonflement au niveau des jointures.

Entré le 4 juin dans le service de M. le professeur Jaccoud (7° jour). À ce moment le malade présentait sur tout le corps une éruption qui ressemblait à une éruption de variole à la période de suppuration ; les pustules les plus accusées étaient entourées d’une auréole rouge ; pas d’ombilication.

Epanchement dans le genou droit ; le genou gauche ne tarde pas à être atteint, et successivement les poignets et les coudes furent pris de la même façon.

Légère hypertrophie de la rate ; traces d’albumine dans les urines.

La maladie dura 24 jours, la température persistant pendant 22 jours entre 38° et 39°, du fait de la reprise incessante des arthrites ; puis le malade entra en convalescence.

M. Ménétrier isole le staphylocoque. 1ci le traumatisme doit certainement entrer en première ligne de compte dans la genèse du premier accident ; mais leur généralisation rentre certainement parmi les

symptômes spéciaux de la maladie.

Dans un 2° cas de Jaccoud, il n’existait aucun traumatisme à l’origine; M. Ménétrier isola le streptocoque. Nous avons déjà fait remarquer que, sur 6 cas d’infection générale par le bacille pyocyanique chez l'homme, dans quatre cas la maladie avait présenté une éruption bulleuse à tendance gangréneuse. Œttinger à rapporté une observation dans laquelle, au déclin d’une fièvre typhoïde,

une nouvelle infection survint, caractérisée par un élat général très mauvais, une température élevée, et par une éruption bulleuse localisée au scrotum, à la région pubienne, aux plis inguino-cruraux et à la face inférieure de la verge; ces bulles crevèrent en laissant des ulcérations gangréneuses profondes, très douloureuses. 48 heures après l’éruption, la fièvre très élevée tomba. Le liquide des bulles fournit des cultures pures de bacilles pyocyaniques. 11 en fut de même dans un cas d’ecthyma térébrant infantile mortel observé par Ehlers.

Il faut noter encore que les bulles peuvent s’observer en même temps que des papules analogues à celles de l’'érythème-polymorphe infectieux. Le cas suivant établit bien le passage entre ces deux formes cliniques.

OBSERVATION XLIV. — Erythème polymorphe bénin; éruption bulleuse ; guérison.

A. V..., 22 ans, élève en médecine.

Depuis les premiers jours de juillet 1887, ce jeune homme éprou-— vait de légers maux de tête et une lassitude générale.

11 juillet. — Malaise, courbature. Apparition sur la poitrine d'une bulle grosse comme un petit pois.

12 juillet. — Douleurs musculaires allant progressivement toute là journée. — Le soir, apparition dans le dos et sur la poitrine de petites bulles grosses comme un pois, remplies d’un liquide citrin.

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