‹ Les Pyosepticémies MédicalesChapitre 68 sur 92 · OBSERVATION L · texte numérisé non relu

OBSERVATION L

Oreillons ; orchite. — Pyosepticémie streptococcienne ; méningile cérébrale ; phlébites ; arthrites suppurées ; amélioration; rechute. — Mort.

R..., 22 ans, entre au Val-de-Grâce, le 29 mars 1891, pour oreillons : la température est modérée, le gonflement parotidien léger.

Dès le 3, la fièvre tombe et le 6 l’orchite à disparu ainsi que les oreillons.

Dans la nuit du 7 au 8 avril, R... est repris de fièvre, de malaises, d’insomnie, la température se maintient au-dessus de 40° ; la langue est sèche, tremt lotante, la soif vive ; on note quelques vomissements bilieux effectués sans douleur et une congestion assez modérée des deux poumons.

10 avril, T. m. 40° 8, s. 40° 8. Les vomissements bilieux persistent; douleurs dans le membre inférieur droit, surtout dans l'articulation coxo-fémorale et quelques douleurs dans la jambe gauche. Les mouvements sont libres, il n’y a ni gonflement, ni rougeur au niveau des articulations dont la pression n’est pas pénible.

13 avril, même état, la température se maintient entre 39° 5 et 41, souffle léger et râles muqueux aux deux bases, respiration gênée.

14 avril. Délire violent dans la nuit, les poumons se dégagent, mais les douleurs ont augmenté du côté des membres inférieurs. A gauche le gros orteil est tuméfié rouge ; le genou est distendu par un épanchement moyen, phlébite intense à la jambe.

16 avril. On incise l’orteil latéralement: il s'échappe 30 à 40 grammes de pus de l'articulation interphalangienne.

18 avril, aucune amélioration. Il semble qu’il existe un phlegmon profond dans la région postérieure du bras.

21 avril, la température s’est jusqu'alors toujours maintenue entre

39 et 41°. Le délire continue aujourd’hui, toujours intense ; ptosis, contraction des deux pupilles, contracture légère des muscles de la face et du tronc.

26 avril, T. m. 39° 2,s. 39°. Nuit calme; le délire s’atténue, les symptômes de méningite ont disparu, mais les pupilles sont inégales.

27 avril. T. m. 3897, s. 35°. L’agitation fait place à un certain degré de somnolence, toutefois R... répond nettement aux questions qu’on lui pose.

2 mai. T. m. 37°, s. 38. On retire du genou une demi-seringue de Pravaz d'un liquide légèrement jaune contenant de nombreux leucocytes et des microcoques isolés se colorant par le Gram.

6 mai. L'état général s'améliore ; on retire par ponction du genou gauche 160 gr. de sérosité louche et on lave l’articulation avec une solution d'acide phénique au vingtième.

13 mai. L.., a beaucoup maigri ; eschare au sacrum ; douleurs dans les deux jambes. À gauche se dessine sur le mollet œdématié une plaque rouge cuivrée de laquelle on retire 0,5 cent. c. de sérosité louche et sanguinolente, dans laquelle les ensemencements ne décèlent toujours que le streptocoque pyogène.

19 mai. T. m. 39°7, s. 398. Il sort de l'articulation un liquide rougeàtre contenant des caillots de sang et du pus à streptocoque. Lavage avec une solution phéniquée forte.

1% juin. La suppuration à envahi toute la jambe gauche. Par de nombreux pertuis, les veines enflammées laissent sourdre de larges caillots de sang noir strié de pus, puis du pus collecté dans le voisinage. De nombreuses incisions évacuent le pus contenu dans le genou

et les parties molles de la jambe.

3 Juin. La suppuration tend à envahir la cuisse gauche ; le malade ne parait pas souffrir, mais il ne s’alimente pas et est épuisé par la suppuration.

15 juin. Le genou droit est devenu à son tour le siège d’une arthrite purulente. Affaiblissement progressif. Le malade meurt dans le

marasme le 29 juin 1891, trois mois après le début des oreillons.

Le pus des deux genoux, examiné 24 h. après la mort, donne des colonies de streptocoques absolument caractéristiques. [l en est de même

avec le pus des articulations ouvertes pendant la vie.

Rougeole

Les infections secondaires généralisées paraissent très rares dans la rougeole, Pradel n'ayant pu en réunir que deux cas.

INFECTION A FORME GÉNÉRALE. — [l est probable que l’infection généralisée trouve son entrée par le poumon fréquemment atteint de bronchite rubéolique généralisée. C'est vraisemblablement le cas dans cette observation empruntée à Pradel et résumée :

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