‹ Les Pyosepticémies MédicalesChapitre 72 sur 92 · SAT · texte numérisé non relu

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poumon. Celui-ci présente plusieurs cavernes de dimensions variant du volume d’une noisette à celui d’un œuf de poule. Le reste du poumon est infiltré de tubercules aux divers degrés de leur évolution.

À gauche, le poumon ne contient pas de tubercules, mais on trouve à la partie moyenne et dans la base 4 infarctus dont l’un, resté au niveau du bord inférieur et externe, est déjà jaune et presque suppuré.

L'examen du cœur et des gros vaisseaux de sa base ne relève rien d’anormal.

À l'ouverture de l’abdomen on ne trouve ni ascite, ni adhérence intestinale, et l’on constate la présence d’un foyer purulent dans l’hypocondre gauche. Les parois de ce foyer sont formées en haut par le diaphragme, en dehors par la rate, en dedans par la grosse tubérosité de l’estomac.

La cavité ainsi déterminée est lisse, a le volume d’un poing d'enfant et contient environ 150 gr. d’un liquide peu épais, grisâtre, purulent, ayant l’odeur du liquide intestinal.

Foie augmenté de volume, farci de nombreux infarctus à divers stades de ramollissement et dont beaucoup sont abcédés.

Rate. — Ni infarctus, ni tubercules. Infarctus suppuré dans l'épaisseur de la région corticale.

L’articulation du genou est pleine de pus et la cuisse est le siège

d’une infiltration purulente assez étendue.

Parfois la suppuration reste localisée au poumon. MM. A. Charrin et Ducamp ea ont rapporté un exemple ; il existait des abcès multiples du poumon contenant un pus franc, liquide, dans lequel l'examen bactériologique a démontré la présence du coli-bacille et du streptocoque pyogène. Des fusées purulentes réunissaient ces foyers.

MM. Leloir et Lespine, de Lille, ont attiré laitention sur certaines complicalions générales du lupus encore

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mal connues. À certains moments, on voit survenir chez des malades atteints de cette affection, des phénomènes assez sérieux avec troubles gastriques intenses, quelquefois même avec l’endocardite. M. Lespine attribue ces accidents à la résorption des toxines secrétées par le bacille tuberculeux et les compare à ceux que produisent les inoculations de lymphe de Koch; ils seraient à rapprocher de la fièvre pré-tuberculeuse de Landouzy ; les phénomènes généraux tomberaient quand ces toxines sont éliminées. Mais le bacille des tuberculoses locales est généralement peu virulent et nous nous demandons si l’on ne doit pas faire intervenir plutôt des phénomènes d'infections secondaires légères dues aux microbes pyogènes vulgaires atténués, au staphylocoque en particulier, que nous avons vu fourmillant dans des coupes de lésions tuberculeuses cutanées ; peut-être pourrait-on 1ner1miner les toxines secrétées par le staphylocoque dans les ulcérations lupiques ; M. le professeur Leloir semble incliner vers cette hypothèse.

Etlernmorrhagie

La blennorrhagie fut pendant longtemps considérée comme une maladie exclusivement locale. Depuis quelques années, cette croyance traditionnelle perd du terrain, et l’on a publié des faits établissant qu'au cours de cette maladie on peut observer la plupart des symptômes des maladies générales infectieuses : endocardite, néphrite, erythèmes, arthrites. Mais alors se pose une question fondamentale: ces complications sont-elles

Sous la dépendance directe de la blennorrhagie (théorie uniciste) ou relèvent-elles d’une infection surajoutée à porte d'entrée uréthrale qui s’est établie à la faveur de la blennorrhagie? Et dans ce dernier cas la complication est-elle, dès le début, provoquée par le microbe de l’infection secondaire, ou bien y rencontre-t-on d’abord le gonocoque et plus tard seulement les microbes vulgaires ?

Dans cette dernière hypothèse, un premier degré serait constitué, par exemple, par une arthrite à gonocoque peu intense, puis à un deuxième degré, la suppuration banale s’établirait. Ces questions sont remplies encore de bien des obscurités, compliquées de bien des hypothèses que Souplet a mises au point dans sa thèse toute récente.

Sans insister sur l’altération parfois considérable de l’état général, nous nous bornerons à rechercher le rôle des infections secondaires vulgaires dans les arthrites blennorrhagiques, les endocardites, les phlébites, les néphrites, et les manifestations cutanées.

MANIFESTATIONS SUR LES SÉREUSES. — Les arthrites sont l’une des complications de la blennorrhagie qui ont depuis le plus longten.ps attiré l’attention. C’est généralement à une époque assez tardive de la blennorrhagie qu'elles apparaissent, e les présentent ce caractère particulier, d'intéresser beaucoup plus spécialement et bien plus fortement les synoviales que le rhumatisme ordinaire ; elles sont très variées comme expression morbide.

Pour certains auteurs, le rhumatisme blennorrhagique n’est pas spécifique.

D'autres, comme Julien, acceptent la dualité d’origine,

sinon la pluralité. Ils distinguent les arthropathies de la blennorrhagie suivant qu’elles sont blennorrhagiques, gonococcique, ou bien parablennorrhagiques, vulgaires, inflammatoires. C’est M. Fournier qui le premier, a démontré que ces arthrites étaient indépendantes du rhumatisme ; 1l à établi leur rapport de cause à effet avec la blennorrhagie, le parallélisme qui existe entre leurs récidives et celles de la blennorrhagie.

D'après Pidoux et Ferréol, les arthrites étaient une manifestation de la diathèse blennorrhagique; c'est à cette formule que reviennent ceux qui les attribuent à l’action directe du gonocoque de Neisser. La blennorrhagie serait une affection locale au début, due à la végétation dans l’urèthre du gonocoque, dont les déterminations habituelles se font généralement par propagation de voisinage : uréthrite, orchite, cystite, prostatite ; parfois cependant il pénètre dans le sang ; la maladie devient alors générale : il y a infection blennorrhagique.

Pour éclaircir là question on a recherché le gonocoque dans le liquide articulaire. Les uns ont eu des résultats négatifs (Hoslund (5 cas), Bornemann (3 cas), Widal, Guyon et Janet). D'autres ont obtenu des résultats positifs : Kammerer, Bergmann, Bumm, Holl et plus récemment Deutschemann (exsudat da genou), Lindermann, Jacquet (une fois sur 5 examens). Pétrone a mis en évidence le sgonococcus dans le sang et le liquide du genou de 2 malades ; Kahler et Bouchard, l’auraient également trouvé dans le sang des malades atteints d’arthrites ; M. Bousquet a constaté sa présence dans une arthrite sterno-clavicu-

lire.

Lorsque l’arthrite est suppurée, on a la pyohémie vulgaire, qui joue un rôle bien démontré. Talamon, Duplay et Brun ont montré que l’arthrite blennorrhagique pouvait suppurer sans que le gonocoque puisse être trouvé dans le pus ; Bumm de Wurtzbourg a trouvé les microbes pyogènes dans les articulations atteintes.

A côté de ces faits, on possède maintenant un certain nombre de cas de pyarthrites gonococciennes (Bauchet, Fournier, Lorey, Prichard, Winocouroff, L'andouzy).

La question est donc loin d’être tranchée.

Riccord soutenait que l’uréthrite seule pouvait donner naissance aux arthrites; Gosselin a établi le contraire ; le fait est d’ailleurs prouvé par deux cas très intéressants de Testelin et Poncet (de Cluny); ayant imaginé de pratiquer artificiellement l’inoculetion blennorrhagique dans la conjonctive pour traiter un pannus, ces auteurs virent deux fois se développer les lésions articulaires.

Chevalier cependant à soutenu que les écoulements chroniques pouvaient donner naissance à l’infection générale tout aussi bien que les écoulements jeunes, verts ou jaunes.

Les formes du rhumatisme blennorrhagique ne nous retiendront pas ; on peut assister à l'évolution des types que nous avons décrits : arthralgie, hydarthrose, arthrite aiguë ou suraiguë, plastique, ankylosante ou suppureée.

L’endocardite a été signalée au cours de la blennhorrhagie. D’après Chotier, Howard, cette complication serait due à « une petite infection purulente. » Derignac, Moussous, Lion, au contraire, l’attribuent au gonocoque. Comme

il arrive souvent, les deux opinions ont probablement chacune leur part de vérité. On peut en effet reconnaitre au cours de la blennorrhagie deux formes d'endocardite, l’une aiguë grave, présentant tous les signes de l’endocardite infectieuse telle que nous l’avons déjà étudiée ; l’autre, à évolution moins bruyante, sournoise, avec tendance à la chronicité. Les faits rentrant dans la première catégorie sont très probablement dus à une pyosepticémie vulgaire intercurrente ; c’est le cas des observations de Leyden et de His ; dans une autopsie célèbre, Weichselbaum à trouvé le streptocoque dans les végétations valvulaires. Ceux qui rentrent dans la deuxième forme, appartiennent vraisemblablement au propre de la blennorrhagie ; mais les observations sont encore bien rares, et avec Souplet, on ne peut guère admettre l'authenticité que dans les cas de Braudes, Hervieux, Lorain, Desnos et Lemaïître ; Desnos, Vidart et Morel (13° observation). À relever encore l'observation de His relative à un étudiant atteint d’une affection cardiaque préexistante aggravée du fait d’une blennorrhagie intercurrente.

Manifestations sur les vaisseaux. — Signalons quelques cas de phlébite sans y insister,aucune recherche bactériologique n’étant venue en démontrer la nature ; dans une observation de Martel (1887) Le Roy a constaté dans le sang l'existence de cocei qui n’ont pas été déterminés. La coexistence assez fréquente de cet accident avec les arthrites peut-elle faire pencher la balance en faveur d’une infection surajoutée ? on ne peut se prononcer.

Manifestations sur les reins. — Que dire aussi des manifestations rénales de la chaude-pisse ? On observe par-

fois l’albuminurie, mais la néphrite vraie serait rare, et d’après Berlioz eilene serait que très exceptionnellement due au gonocoque.

Elle peut se produire soit par voie ascendante et on peut alors invoquer souvent le mécanisme d’uneinfection secondaire. Souplet, dans les cas rapportés par lui, a éliminé ceux où il y avait soupçon de cystite ; il pense être mis ainsi à l’abri del’objection des infections secondaires. Il faut également se garder de prendre des néphrites médicamenteuses pour des néphrites infectieuses par les balsamiques.

Manifestations cutanées. — Nous ne sommes pas plus avancés à l’égard des manifestations cutanées étudiées par Lewin, Mesmet, &ille, Ballet, Raynaud.

Que conclure ? pouvons-nous attribuer toutes les manifestations générales à la blennorrhagie qui perd ainsi son caractère antique de maladie locale ; ou bien faut-il faire intervenir une pyosepticémie vulgaire greffée sur la chaude-pisse ? La seconde hypothèse paraît vérifiée dans bien des cas : des observations plus nombreuses, plus explicites achèveront d'éclairer la question.

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