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Il parait, se ralliant aux doctrines de Panum, considérer ces produits septiques comme des corps fixes de nature moléculaire, condensés à la surface des albuminoïides de la sérosité putride, d’une toxité extrême, agissant peut-être comme un ferment, mais différent des ferments par sa résistance à la chaleur et à l’alcool.
Les toxiques seraient absorbés à la surface de la plaie, d’une facon secondaire par les lymphatiques ; mais, c'est surtout essentiellement par les veines que s'opère l’absorption, ainsi qu'il ressort des expériences de Bichat, Lortet, Recklinghausen, Cruveilhier; cette absorption serait favorisée par certains états ou certains phénomènes antérieurs, tels qu’une déplétion sanguine (expérience de Magendie), la pression.
Depuis le très bon travail de Blnm, l'étude de la question ne s’est pas arrêtée; elle est plusieurs fois portée à l’Académie de médecine, où M. Verneuil l’a faite sienne. « Malgré les travaux de Colin (d’Alfort), Recklinghausen, « Waldeyer, Hüter et Klebs démontrent la présence des « bacteries dans les plaies, dans le sang, dans les infarc- « tus et les abcès métastatiques des sujets morts de sep- « ticémies et de pyohémies. Lister, par son pansement « antiseptique, cherche à détruire la vitalité des orga- « nismes atmosphériques et la putréfaction du tissu à la « surface des solutions de continuité exposées.
€ M. Guérin imaginait le pansement à l’ouate, pour « préserver les plaies de l’action des germes de l'air. Rendu « n'hésite pas à attribuer l'infection purulente au dépôt sur « la plaie de corpuscules en suspension dans l’atmosphère; « Les globules blancs les fixent, s’en imprégnent, et les
€ transmettent dans l'organisme où ils se multiplient à la « façon des germes spécifiques amenant rapidement une « altération générale du sang »
Coze et Feltz sont partisans convaincus de la nature parasitaire de l'infection chirurgicale. En Allemagne, Waldeyer, Vogt, trouvent des bactéries dans le sang des pyohémiques et des septicémiques et rapprochent ces deux affections que Kleb regarde comme identiques. Mais Billroth, Lardan, Bastian, Béale, et en France, Ch. Robin, de Rance, Gosselin, Nepveu, n’admettent pas le pouvoir pathogène de ces microbes.
Cependant, peu à peu la question finit par sortir des ténèbres ; le rôle des microbes se précise : actuellement, il est universellement admis que toute infection traumatique est dûe à l'infection de la plaie par des microbes d’espèces déterminées, pyogènes, streptocoques ou straphylocoques le plus souvent, qui provoquent selon les circonstances, la pyohémie ou la septicémie.
Enfin, l’auteur du Traité de chirurgie étudie dans la septicémie chirurgicale, une forme suraigüe provoquée par le vibrion septique de Pasteur, et qui n’est autre que la gangrène gazeuse où septicémice gangréneuse ; elle n'existe pour ainsi dire plus actuellement dans les hôpitaux ; en tous cas, elle présente des caractères cliniques assez spéciaux pour devoir être envisagée à part. Mais, où nous sommes forcé de nous séparer absolument de M. Reclus, c’est lorsqu'il attribue également au bacillus septicus les autres formes de septicémie chirurgicale ; nous le répétons, l'intervention de cet élément microbien est actuellement une rareté, et ces pyosepticémies sont sous la dépen-
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dance du streptocoque et des straphylocoques, plus rarement du coli-bacille, du bacille pyocyanique. Ajoutons encore qu'il faut soigneusement distinguer de la septicémie gangréneuse due au bacille septique (et parfois appelé aussi panphlegmon), le phlegmon diffus qui n’est pas sans ressemblance clinique avec lui et dont la nature streptococcienne a été établie par Janot.
Caractères cliniques de la pyosepticémie chirurgicale
Là encore, dans la période ancienne, nous trouvons de grandes obscurités ; ainsi que le remarque M. Verneuil, tandis que les accoucheurs n’ont jamais voulu admettre de scissions dans la fièvre puerpérale, les chirurgiens ont décrit de nombreuses formes dans la septicémie chirurgicale, formes peu légitimes, qui s’effacent généralement au lit des malades. On admettait la fièvre traumatique primitive, la fièvre traumatique secondaire, la fièvre d’inflammation, la fièvre de suppuration.
Richelot, cependant réunissait la fièvre traumatique, l'infection purulente, l'infection putride ou septicémie chronique et la septicémie aiguë. Maisonneuve attribua la presque totalité des accidents chirurgicaux généralisés ou localisés, à des empoisonnements, phlegmon simple, phlegmon diftus, érysipéle, phlébite.
L'aspect clinique de l’infection chirurgicale aiguë est en tout point comparable à celui de l'infection puerpérale généralisée maligne. Nous ne répéterons donc pas sa description 1c1.
Le pronostic est toujours extrêmement grave quand l'infection est généralisée, ainsi que c'était la règle autrefois. Les dégâts osseux surtout avaient des résultats terribles ; une fracture compliquée de l'os, la plus insignifiante, était à peu près constamment mortelle. Notre maître, M. le professeur Heydenreich, répète souvent que pas un seul des nombreux blessés atteints de fracture compliquée pendant le siège de Strasbourg, n'avait survécu; sur 490 amputés dans la continuité, Gosselin en a vu mourir 192 d'infection purulente, soit 2? sur 5.
Il n'en est heureusement plus ainsi, maintenant; la large application des méthodes antiseptiques dans les services hospitaliers et dans la pratique privée, ont fait disparaître ces terribles accidents.
À côté de la pyosepticémie chirurgicale se placent tout naturellement les infections urinaires traumatiques, qui s’en rapprochent par bien des points de pathogénie et de clinique.
Infections urinaires traumatiques
C’est Velpeau qui signala le premier, dès 1840, l’une des manifestations de ces infections, les arthrites, qu'il a rapprochées déjà de l'infection purulente.
THÉOKIES PATHOGÉNIQUES. — Les théories anciennes, destinées à expliquer ces phénomènes, peuvent se ranger en deux catégories :
1° L’urémie ou accumulation dans le sang des princi-