‹ Les Pyrenées françaisesChapitre 10 sur 41 · IRISSARY, SAINT-ÉTIENNE DE BAÏGORRY, LES ALDUDES · texte numérisé non relu

IRISSARY, SAINT-ÉTIENNE DE BAÏGORRY, LES ALDUDES

se rétrécit subitement et ne laisse plus de place qu'à la route à pic sur la Nive. C'est là qu'est vraiment l'entrée de la gorge

des Âldudes.

Le pic le plus voisin est celui d' Arro, qui n'a pas trois mille pieds ; le mont Adarca en a près de quatre mille ; sa base, nous le savons, porte Saint-Étienne et Baïgorry, et, plus loin, renferme des mines pres(|iie abandonnées, qui auraient été exploitées par les dominateurs romains. La route monte vers les Aldudes à travers des escarpements boisés et si resserrés que les hautes branches se croisent en quelques endroits au-dessus de nos têtes. Cette gorge est plus étroite que celle même de Cauterets ; mais elle est moins célèbre, on la connaît à peine. Elle a pourtant une égalité rare dans la beauté pittoresque : tous les points en sont sauvages. Le torrent coule parfois profondément encaissé; ailleurs, son lit se relève par de si brusques ressauts que le flot court au niveau du chemin. Cette âpreté du paysage donne par le contraste un charme plus fort au tableau soudain de fertilité et de fraîcheur que présentent les Aldudes. La vallée tout à coup s'élargit, au sortir du défilé ; ce n'est plus même une vallée, c'est un bassin qui s'arrondit sur les deux rives du torrent. De toutes parts des prairies, des champs de maïs ; un peu plus loin, un cercle de collines aux courbures gracieuses et molles, couvertes de fougères et de taillis. Les Aldudes sont un village riche, très riche. On raconte que leur prospérité s'est tout fraîchement doublée par la guerre carliste; les habitants tenaient l'entrepôt des munitions et des vivres. Mais nous sommes en un temps où l'on n'est plus bien venu à dire que la guerre, cette terrible ouvrière de ruines, peut être aussi une voie d'enrichissement et un instrument même de civilisation. Cette vérité tient à des considérations et raisons commerciales ou historiques si subtiles, qu'elles ne sont bien comprises que par le négociant et le philosophe, — surtout par le négociant.

Les Aldudes, comme tous les cirques verdoyants, encadrés de

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, montagnea, ont l'aspect vivant et gai ; mais il y faut le secours du grand rieur, le soleil. De ce côté du pays, notre sol français s'enfonce en pointe dans la terre espagnole; une ligne de crêtes nous sert de frontière à l'occident ; la vallée du Bastan se couche de l'autre coté, l^e col est à Berdaritz, entre deux montages rouges, comme notre Rhune, et qu'une ancienne redoute domine. Là, il y

eut encore un combat, mais en 1794, alors que l'aile droite de noti-e armée cherchait cette entrée en Espagne. Dugommier venait de gagner la bataille du Boulou, dans les Pyrénées orientales, et allait occuper la Catalogne. Le col de Berdaritz fut emporté par nos soldats.

La vallée des Aldudes a pour limite le village d'Urepuel, dernier centre français d'habitation. Urepuel est assis au pied du pic d'Istzterbeguy, d'où descend la Nive, que nous avons constam-

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