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accompagnée de duretés personnelles ; il faut que l’on paraisse récompenser avec plaisir et punir avec peine, et que ces deux moyens marchent toujours également.”
Wellington a dit avec raison, que ‘“ les injustices amassentles mécontentements, et finissent par former les orage’, qui tôt ou tard, amènent les cataclysmes, à l’abri desquels ne se trouvent pas les trônes les mieux assis.
La meilleure et la plus sure manière de juger avec impartialité, c'est de se placer dans la position de ceux qu'on est appelé à punir ou à récompenser. La con:cience ne trompe jamais ; on est toujours sciemment injuste , quoiqu'il semble qu’un homme qui n’a pas des idées nettes de la justice, ne puisse pas avoir la conscience d’avoir fait une action injuste.
Accorder une récompense à qui en est indigne est plus qu’une injustice ; c’est une trahison envers le pzys qu’on prive des services qu’un militaire de mérite pourrait lui rendre, en ne l’élevant pas aux emplois dont il est digne. C'est ainsi qu'on jette le découragement dans les rangs de l’armée, que de tels actes désaffectionnent et qui, au moment du danger, se souvient toujours et répond par la force d'inertie, aux ordres, aux supplications des chefs sans influence, et qui ont perdu, aux yeux des soldats, toute considération.
On n’est donc réellement juste que lorsqu'on se laisse guider par son devoir, et non par son intérêt ou par ses affections personelles.
Un seul exemple suffira pour expliquer et justifier au
besoin, l'amour de ces braves pour le héros qui prit toujours la justice pour règle de sa conduite,
C'était le lendemain d’une victoire; la veille avait été une chaude journée ; les régiments avaient des pertes à réparer, et l'Empereur des récompenses à accorder.
Napoléon passait la revue d’une partie de son armée; rrivé à la droite d’un régiment d'infanterie de ligne : Combien de sous-lieutenants remplacer colonel ?-Quatre- Sire.—Présentez-moi quatre sous-officiers pour remplir ces vacances. Le colonel s’empresse de faire sortir du rang quatre jeunes gens sous-officiers qu’il avait eu soin de désigner à l’avance. L'empereur jette sur eux ce coup d'œil pénétrant qui ne le trompais jamais. Il fronça le soucil; ces figures juvénilles ne lui avaient pas plu. La revue commence ; Napoléon parcourt les rangs de la droite à la gauche. A la droite d’une compagnie de fusiliers, un sous-officier à l'œil vif et à l’air martiale, attire les regards de l'Empereur. Combien de campagnes ?—Sire, trois campagnes, quatre blessures.—Sais-tu lire et écrire ?—Oui, Sire.—$Sors du rang mon ami.”
À quelques pas plus loin, un sergent dans la force de l’âge, dont la figure balafrée prouve qu’il a vu l'ennemi de près s'offre aux regards de S. M.—A la contrariété qui se peignit sur les traits de l’empereur, au frémissement de ses lèvres, l’on dévina plutôt que l'on entendit en sortir ces mots saccadés: “ Pas décoré” !—Puis se tournant brusquement vers le colonel: Ce sous-officier saitil lire et écrire ?—Oui, Sire.—Sors du rang mon ani” — Arrivé à un 8e. sous-officier décoré d’un chevron, même demande, même réponse,
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Enfin, la droite d’une compagnie de grenadiers était tenue par un sergent à l'air fier et audacieux, dont deux chevrons sur le bras gauche indiqueient les services et dont l'étoile de l'honneur sur la poitrine dénotait la bravoure.
A celui-là, il ne demanda rien; mais un léger mouvement d'épaule, trahit son mécontentement. *“Portezvous en avant, mon brave, dit l'Empereur avec bienveillance à ce sous-officier! Puis se tournant versle colonel : ‘© Ces quatres sous-officiers sont sous-lieutenants du régiment à dater d'aujourd'hui: faites rentrer les quatres autres sergents, et sachez que mes procégés passent avant les vôtres. “ Ces paroles furent accueillies et saluées par un immense cri de “ Vive l'Empereur ?”
Ce trait de justice impériale accrut encore la popularité du souverain qui regardait comme ses protégés les soldats qui avaient rendus dés services à la patrie, et non ceux qui, en raison de leurs âges, semblaient appelés à lui en rendre.
ARTICLE III