‹ Les qualités morales du bon militaire [microforme]Chapitre 20 sur 50 · DE LA MODÉRATION DANS LE COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

DE LA MODÉRATION DANS LE COMMANDEMENT

On doit épargner au soldat toute fatigue inutile ; on ne doit jamais le garder sous les armes plus longtemps qu'il n’est vraiment nécessaire.

Lieut. Col. MacDougall.

Par modération dans le commandement, nous entendons cette sollicitude du chef qui le porte à ménager la santé et la vie de ses soldats, quand le sacrifice de l’une et de l'autre n’est pas utile à la patrie.

L'officier, de quelque classe qu'il sorte, à quelque hauteur qu'il soit parvenu, ne doit jamais oublier que ‘€ le soldat est l'instrument ” et son fidèle compagnon dans Ja bonne comme dans la mauvaise fortune ; que yarticulièrement, dans notre vie toute de dangers, l’on a souvent

besoin d'un plus petit que soi. Ilne doit pas perdre de vue que le soldat est fier et reconnaissant des bontés et des égards que son chef a pour lui, et que, de ce sentiment découle naturellement le dévouement, vertu sublime qui honore autant celui qui l’inspire, qu'elle ennoblit celui qui en est susceptible.

Il faut bien se pénétrer qu’un conseil donné à propos et avec convenance, touche le cœur de celui qui le reçoit et le fait rentrer dans la bonne voie, dont une punition infligée mal à propos, l’eût écarté peut être pour toujours. Une telle manière d'agir fait naître pour son chef, l’estime du soldat, qui, jamais, ne fut indiscipliné, avec celui qu'il s’habitue à regarder comme son guide et son conseil. Un homme traité avec bonté et avec justice, ne se laissera jamais aller à de perfides insinuations. La confiance qu’il aura en son chef le portera à le consulter dans les circonstances difficiles ; et dans les commotions populaires, soumis et dévoué, il n’agira que d’après les inspirations de celui qu'il sait, ne pouvoir le conduire que dans le chemin du devoir et de l'honneur.

L'officier qui a le sentiment de ses devoirs, doit autant qu’il le peut, sans nuire à la discipline, en tempérer les rigueurs, et surtout ne jamais abuser de son autorité, pour faire sentir aux hommes sous ses ordres leur état d'infériorité. Il doit au contraire, au lieu de les abaisser et de les avilir par de mauvais traitements et des paroles dures et injurieuses, les relever à leur propres yeux par des paroles encourageantes, et leur rappeler souvent J’honneur attaché à l'habit militaire, et la sainteté de la mission que la patrie leur a confiée.

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Turenne joignait aux qualités d’un général accompli, celles d’un homme aimable et poli envers tout le monde; sa douceur lui avait gagné l'amour de tous les soldats ; quand il passait à la tête d'un camp, ils sortaient de leurs barraques, et on les entendaient se dire les uns aux autres : “ Notre père se porte bien, nous n'avons rien à craindre.”

S'étant un jour couché derrière un buisson pour dormir, pendant que l’armée passait un défilé qui était fort long, quelques soldats le virent; comme la neige commençait à tomber sur lui, ils coupèrent aussitôt des branches d’arbes pour lui faire une hutte. Plusieurs cavaliers qui survinrent, voyant que les branchages, ne le mettaient pas assez à couvert, donnèrent tous à l’envi, leurs manteaux pour lui dresser une tente: sur quoi, s'étant réveillé, et leur ayant demandé à quoi ils s’amusaient au lieu de marcher: “ Nous voulons, répondirentils, conserver notre général, c’est là notre plus grande affaire ; si nous venions à le perdre, nous ne reverrions peut-être jamais notre pays.” Tels sont les effets ordinaires de la douceur et de la modération dans le commandement.

Lors du passage des Alpes (1800) le premier Consul, était monté à pied, avec le général Berthier sur le sommet de la montagne d’Albaredo, pour avoir un coup d'œil complet de la position du château de Bard: fatigué de ce trajet pénible et accablé par la chaleur de la journée, il s’endormit sous un sapin. Les deux divisions d'avant-garde défilaient en ce moment, et les soldats, pour ne pas interrompre le sommeil du premier Consul, mar-

chaïent avec précaution et dans le plus grand silence, jetant un regard d'intérêt sur le chef qui partageait ainsi leurs fatigues, et dont ils savaient apprécier toute l'activité.

En campagne, un chef doit toujours se montrer avare du sang de ses soldats, quand, les exposer au danger n'est pas de toute utilité; c’est le moyen de les trouver braves et dévoués, quand une impérieuse nécessité reclame de leur part les plus grands sacrifices, même celui de la vie. Un chef qui se conduit ainsi, acquiert la confiance et l'affection de ses soldats, dont il deviendra l'idole et le père. Agir autrement, c'est presque toujours se laisser entrainer par le désir de satisfaire son ambition et de briller aux dépens de la vie de ses soldats, sans aucun profit pour la patrie.

Pendant la guerre civile, César, sollicité d'attaquer l'ennemi, résista aux représentations de ses lieutenants, des tribuns militaires et des centurions, quoique ses soldats fussent dans les meilleures dispositions, se flattant que, sans combat, et sans exposer ses troupes, il triompherait d'ennemis auxquels 1l avait intercepté les vivres. ‘ Pourquoi acheter la victoire au prix du sang, même de quelque uns de ses soldats ? et pourquoi exposerait-il à recevoir des blessures, de braves guerriers qui l'avaient suivi avec tant de zèle et d’affection ? Pourquoi, enfin, tenter la fortune ? Le devoir d’un général étant surtout de vaincre l’ennemi, autant par son habilité, que par ses armes | ” Il était d’ailleurs touché de l’infortune de ses concitoyens, dont il voyait la perte inévitable, et il préférait une victoire qui ne coutât la vie à

personne, Cette politique était désapprouvée de la

=) pluspart de ses soldats, ils proclamaient hautemant que, a puisque César perdait une si belle occasion de vaincre, LS ils refuseraient aussi de combattre, lorsqu'il le voudrait À son tour. Ces raenaces furent si loin de le faire changer rare de résolution, qu'il recula un peu pour rassurer les ennecer mis, César aimait mieux les forcer à se soumettre par ver la faim et par la soif que par les armes. fn eilet, quelques re- jours après ces troupes capitulèrent.

elui La modération dans le commandement est une preuve la de la sollicitude du chef pour les &roupes qu’il a sous £es idra ordres; et les examples ci-“essus servent à démontrer ue que les soldats qui murmurent lorscuo le général croit abi- devoir épargner leur sang, ne sont nas meilleurs juues, sai que lorsqu'ils ss mutinent quand une impérieuse nécesgité force leurs cheïs à exiger d'eux les plus grands saquer crifices.

ints, ses flat. ARTICLE IX. s, 1l les ang, DE LA TEMPÉRANCE.

Xpoqui Quiconque obéit à son corps quoi, ne jouit pas de sa liberté.

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lité, La tempérance, vertu qui modère les désirs sensuels, ss fut toujours en honneur chez les nations guerrières de 1ÉVI-

l'antiquité.

Non seulement il est avantageux, mais encore nécessaire à un guerrier de s’accoutumer à vivre de peu. Le soldat qui, dans les villes de garnison, se sera crée des besoins qu’il ne pourra satisfaire en campagne, se laissera bientôt aller au découragement, quand il sera soumis aux privations du bivouac et aux fatigues des longues marches. Il faut donc ne pas se rendre l’esclave de son corps si on veut conserver la force et le courage nécessaires à la rude vie des camps.

Lycurge, pour empêcher que les Lacédémoniens ne se livrassent à l’intempérance chez eux, en particulier, ordonna que tous les citoyens mangeraient ensemble en public, et des mêmes viandes, qui ne devaient pas être recherchées.

Chez ce même peuple la loi défendait de porter sur le visage un air mou et efféminé ou d’avoir un corps alourdi par un excès d'embonpoint. Toute la jeunesse passait en revue devant les éphores, tous les dix jours. On Jouait publiquement les jeunes gens d’une complexion ferme et vigoureuse, et l’on punissait, à coups de fouets, ceux dont les membres paraissaient faibles et délicats, et ceux dont l’embonpoint venait d’une lâche oisiveté.

Les censeurs romains avaient coutume d'ôter le clieval à un cavalier trop gras, soit qu'il regardassent un homme changé du poids d’un corps énorme comme peu propre au service de la cavalerie, soit qu’une grosseur

excessive leur parût le résultat de la paresse et de Jinaction.

Caton, dans gon armée navale, buvait, dit-on, le même vin que ses matelots,

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Scipion Emilien se nourrissait ordinairement de pain, qu’il mangeait en marchant à pied, avec ses amis à la tête de l’armée.

On en dit autant d'Alexandre : Un jour, ce conquérant, pressé d’une soif extrême, lorsqu'il traversait Îles sables d'Afrique, répandit l’eau qu’un soldat lui présenta dans son casque, et, par cet exemple de tempérance, désaltera toute l’armée qui le contemplait,

L'on peut dire que la sobriété entretenait la forte et robuste santé des Spartiates et des anciens Romains.

Louis XIV, dans le code militaire qu'il a laissé, et qui renferme divers règlements pour les gens de guerre, recommande particulièrement la simplicité ct la frugalité des repas. Il défend, sous des peines sévères, les dépenses et la somptuosité des tables. On comprend aisément de quelle importance il est pour l’état de réprimer la folle ambition de ceux qui se font une étude de tout ce qui peut énerver et amoblir les hommes de guerre,

ARTICLE X

Nous distinguons deux sortes de courage militaire : /e courage du champ de batuille, communément appelé bravoure ; et celui que nous appelons constance, ou courage du bivouac, vertu plus modeste mais non moins

indispensable à l’homme de guerre. L'un consiste à regarder et affronter la mort sans sourciller ; l’autre à supporter patiemment les fatigues et les privations de la guerre : ces deux qualités réunies contribuent à former Je bon soldat.

La première de ces qualités se rencontre le plus communément chez le vieux soldat qui a reçu le baptême du feu. On ne peut pas en dire autant de ce que nous appelons constance. Ce courage ne s’acquiert ordinairement que par la discipline qui vous y façonne et par

l'amour de la patrie qui aide à supporter les plus grandes

privations. Là est le secret de la force des armées ; aussi ne saurait-ca trop habituer les soldats à la frugalité et aux fatigues.

ce dit, en parlant des soldats recrutés dans les villes : I] faut, dès qu’ils sont enrolés, les accoutumer à travailler aux champs, à marcher en troupe, à se ronterter d'une nourriture frugale et grossière, à porter des fardeaux, à ne point craindre le soleil ou la poussière, À passer les nuits, tantôt sous les tentes, tantôt à découvert, Après cette première préparation, on leur enseignera le manicment des armes ; et si l’on prévoit qu’on puisse en avoir besoin pour une longue expédition, il faudra les tenir le plus longtemps possible dans les camps, où, éloignés des débauches de la ville, ils puissent se former le corps par cette vie militaire, et prendre l'esprit de leur état. En effet ceux qui ont moins goûté les douceurs de Ja vie, ent moins sujet de craindre la mort.”

Les Gaulois regardaient la bravoure comme la première

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des vertus ; la guerre semblait être leur élément : présomptueux avant le combat, ils aimaient dans leurs défis à insulter l'ennemi par leurs bravades ; quelques fois en voyant s’avancer contre eux les légions romaines, ‘is s’'essayaient sur le champ de bataille, pour prouver le mépris avec lequel ils attendaient leur attaque. Cette présomption leur fut souvent funeste.

Quoi de plus audacieux que la reponse de ces Gaulois à Alexandre le Grand, leur demandant ce qu’ils craignaient ici-bas ? ‘ Que le ciel ne tombe, pas autre chose ”” répondirent-ils.

Bonaparte, en mai, 1796, fesait le tableau suivant de la bravoure des troupes qu’il avait sous ses ordres : Voilà donc les Autrichiens expulsés de l'Italie, ” écerivait-il, nos avant-postes sont sur les montagnes d’Allemagnc. Je ne vous citerai pas les hommes qui se sont distingués par des traits de bravoure ; il faudrait nommer tous les grenadiers et les carabiniers de l'avant-garde : ils jouent et rient avec la mort. Rien n’égale leur intrépidité, si ce n’est la gaîté avec laquelle ils font les marches les plus forcées ; il chantent tour-à-tour la patrie et l'amour. Vous croiriez qu'arrivés à leur bivouac, ils doivent au moins dormir ; point du tout, chacun fait son plan d’opérations du lendemain et souvent on en rencontre qui voient très-juste. L'autre jour, je voyais défiler une demi-brigade ; un chasseur s'approche de mon cheval ; Général, me dit-il, il faut faire cela.—Malheureux ! lui repondis-je, veux-tu bien te taire. C'était justement ce que j'avais ordonné qu'on fit. Je l'ai cherché en vain, il avait disparu.”

Dans les camps et les bivouacs, les officiers doivent donner l'exemple à supporter les privations, de même qu’en route, ils donnent l'exemple du courage à endurer les fatigques de la marche. Les troupes n’osent ni murmurer, ni se plaindre, quand ceux qui les commandent, soumis au même régime qu'elles, se contentent de peu, et non seulement se montrent résignés, mais fiers de supporter pour la patrie, ces petites contrariétés de la fortune, :ésultat inévitable de la guerre, et dont on se propose de se dédommager sur l'ennemi à la première rencontre.

Les soldats de l’armée française supportent assez patiemment les désagréments du bivouac, qu'un bon mot suffit pour égayer, et dont ils charment l'ennui par la danse, les chansons, l'escrime, etc., se promettant un plus beau jour le lendemain.

On ne lira pas sans intérêt l'épisode suivant du siége de Puebla, et qui est un modèle de courage et d’héroïsme :

Quelques jours avant le siége de Puebla, on avait signalé un corps de cavalerie mexicain, qui apportait à la ville assiégée un convoi de vivres et de munitions; le sous-lieutenant de James parti en éclaireur avec 70 cavaliers, se trouva tout-à-coup en face de deux milles lanciers mexicains, Sans hésiter il ordonne la charge, et, se lançant en avant avec une grande impétuosité, il coupe la cavalerie ennemie, et la traverse sans s'inquiéter s’il a pu être suivi.

Déjà il a reçu trois blessures: son bras droit est traversé d’un coup de lance. Saisissant son sabre de la

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main gauche, il cherche à se frayer un passage, car, dans les hasards de cette lutte inégale, il a été séparé des siens. :

Vingt cavaliers l'entourent et s’acharnent après lui; son cheval mortellement blessé s’afaisse pour ne plus se relever; lui-même gravement atteint se redresse avec peine sur ses deux genoux, et se plaçant en travers de son cheval qui lui sert de rempart, il continue avec une ‘énergie redoutable encore, cette lutte désespérée. On lui crie de se rendre, il répond en redoublant d'efforts. (Ce qu'il veut, c’est combattre jusqu à la dernière goutte de son sang, qui s'échappe par douze large blessures et ne laisser à l'ennemi que le corps inanimé d’un officier français ; mais ses forces l’abandonnent, son sabre lui échappe des mains, et il s'afaisse mourant. Alors les lanciers mexicains s'approchent et le contemplent, avec une joie féroce, étendu à terre.

Il faut l’achevé, dit l’un deux. Et prenant sa carabine, il lui pose le canon sur la tempe; maïs par un mouvement instinctif, le mourant, en sentant le froid de l’arme qui s'appuie sur son front, rejette la tête en arrière et la balle lui fracasse la mâchoire.

Voyant ce corps mutilé donner encore quelques signes de vie, un autre lève sa lance et veut le clouer au sol en lui traversant le corps ; dernier acte d’indigne cruauté, contre cet héroïque soldat, devant qui la mort elle même semble reculer.

Mais tout-à-coup un cri terrible se fait entendre, et le lancier mexicain tombe mort, le corps transpercé.

D'où lui vient ce secours inespéré ? Du brigadier du sous lieutenant de James, qui ne voyant plus son chef et appercevant à une certaine distance un groupe de Mexicains, ne doute plus que le brave officier soit entouré ; suivi de trois chasseurs, il s'est élancé de toute la vitesse de son cheval, et c’est son sabre qui a traversé la poitrine du cavalier mexicain. 4

Surpris par cette attaque imprévue, l'ennemi tente de se rallier ; mais le brigadier et ses compagnons qui l'ont rejoint, fondent sur quelques groupes qui cherchent à se reformer et les sabreut avec une telle énergie que tous s'enfuirent en désordre, laissant plusieurs des leurs sur la

place.

Alors le brave brigadier se jette à bas de son cheval, et soulève le corps inanimé de son sous-lieutenant : 1l n’est pas mort; un faible mouvement a revélé que la vie ne s’est pas encore échappée, avec le sang qui coule à flots par ses douze blessures béantes. Le brigadier prend aussitôt de la terre glaise, en étend une couche épaisse sur chaque blessure, qu’il entoure avec le mouchoir et la chemise déchirée du mourant. Puis trouvant près de là une caisse longue, que les mexicains ont abandonnée, il étend le sous-lieutenant dans cette caisse. Un des soldats a amené un chariot attelé d’une mule ; on dépose sur ce chariot le pauvre blessé, et l’on se dirige vers le camp ; mais la mule effrayée par quelques coups de feu qui retentissent non loin de là, s'emporte ; le chariot verse et le malheureux sous-lieutenant est précipité dans un ravain, Le brigadier fait alors un brancard avec des branches, et c'est ainsi que le mourant est rapporté au

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camp, où les soins les plus empressés lui sont prodigués, par un de ses camarades de collége, aide-chirurgien.

Aussitôt que le général Forey, eut appris cet acte de grand courage, il voulut, du moins, qu’une digne récompense vint honorer le lit de mort où reposait un si brave soldat, et le mourant, en ouvrant les yeux, vit la croix de la Légion d'Honneur attachée à son chevet.

Pendant 56 jours, le sous-lieutenant de James, fut entre la vie et la mort ; les soins qu’il a reçus lui ont sauvé la vie ; mais ses blessures le rendent incapable de continuer la carrière militaire.

(Baron de Bagincourt.)

ARTICLE XI

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