‹ Les qualités morales du bon militaire [microforme]Chapitre 22 sur 50 · DE L'HONNEUR · texte numérisé non relu

DE L'HONNEUR

‘ La garde meurt et ne se rend pas!i117 Cambronne. Garde impériale à Waterloo, 18 juin 1815,

L'honneur est l'assemblage de toutes les vertus. Par

honneur militaire, nous entendons l'amour du drapeau, le respect de l'uniforme et un profond sentiment du devoir.

L’honneur militaire consiste, non seulement à ne faire aucune action qui puisse imprimer une tache à l’uniforme, maïs encore à faire tout ce qui peut le relever et l'embellir. Aucune action grande et généreuse ne doit être étrangère à l’habit militaire. Le soldat, par sa nature et par son état, doit mépriser la mort, respecter et secourir toutes les infortunes ; ne se faire ni l’esclave des richesses, ni le contempteur de la pauvreté, et ne voir rien de plus beau et de plus noble que l’état militaire.

L'honneur est la richesse du soldat et doit être l’aliment de sn âme, comme le pain la nourriture de son corps. Pour conserver son corps intact, le soldat ne doit jamais oublier qu'il est l’homme de l'Etat et non l'homme de parti. S'il se sent un moment de faiblesse, qu’il élève les yeux vers son drapeau, dont les nobles et patriotiques inscriptions lui rappelleront qu'entre la mort et le déshonneur, il ne peut y avoir d’hésitation.

Le drapeau est l’image de la patrie sur la terre étrangère ; sous ce signe révéré, la patrie n’est jamais absente dans les combats, il sert à guider le guerrier à la victoire; quand le drapeau marche, il faut que le soldat le suive; là où le drapeau tompe.............,........... il faut que le soldat meurt...

Soldats n’abandonnez jamais vos drapeaux; jamais, entendez-vous bien ? car celui qui les abandonnent, trahit 80n pays, se déshonore, se couvre de honte, et devient un

objet de mépris pour ceux mêmes à qui ce lâche abandon est avantagenx ; on se sert d’un tel homme comme d’un vil instrument que l’on brise, quand il devient inutile.

Voilà le clocher de mon village, dit le vieux soldat, en montrant avec orgueil, l’étendard de son régiment!!! Que de sentiments élevés, que d'affection, que de dévouement dans ces mots simples, laconiques, mais bien sentis, comme tout ce que dit le bon soldat! Ze clocher de mon village !......,......,,.c'est comme s’il disait, en regardant autour de lui: voilà mes amis, mes frères, ma famille, tout ce que j'ai de plus cher au monde; voilà où il faut que je meure, pour mourir bien, pour mourir heu- TEUX see .sssss à À Comparable à ce clocher, il ne voit que son drapeaux, qu'il a juré d'aimer toute sa vie, de défendre jusqu’à la mort. Devant ce soldat, ne dites jamais une parole qui puisse porter atteinte à l'honneur de son drapeau, car il s’ensuivrait une mort d'homme. À cet honneur, il y tient par dessus toute chose, parce que lui seul sait tout ce que pour l’acquérir, il lui a coûté de privations, de dangers, de dévouement, d’abnégations de toute espèce, et, pour le maintenir intact, il est prêt à faire tous les sacrifices, même celui de la vie.

L'amour du drapeau, tend tous les jours à disparaître de l’armée : c’est un malheur, un immense malheur. Le soldat commence à soupirer après le vrai clocher du village, il commence à regretter ce qu’il y a laissé. Ne doit-on pas attribuer ce découragement au discrédit que certains hommes, indignes du nom d'homme, jettent tous les jours sur l’armée ? Exalter le crime, avilir tout ce

qui est grand, noble et généreux, c’est la tâche qu’ils

semblent avoir entrepris, et cependant au moment du danger, quand sur notre patrie, éclatera, furieuse, la tempête, qui la protégera, qui lui fera un rampart de son corps, qui se dévoucra pour la sauver, si l'amour du drapeau, si l'honneur militaire a disparu? ....... Alors on voudra rallumer ce qu'on n'aurait jamais dû éteindre : on cherchera à exalter ce qu’on aurait toujours dû respecter; mais l’armée que l’on veut tuer, n'aura peut-être que la force de faire entendre, une fois, ce cri fatal: Zl est trop tard !.........Déplorable aveuglement des partis, qui mettent leurs haïnes et leurs ressentiments audessus de la grandeur et des intérêts sacrés de ia patrie l'instant de

Qu'ils sont loin de nous, ces temps héroïques, où, au retour d'une campagne, les soldats victorieux étaient accueillis avec enthousiasme par leurs concitoyens, qui tressaient des couronnes, leurs éleraient des arcs de triomphe! Les vieillards mêmes, attendris, saisis d’admiration, se découvraient réculièrement devant nos guerriers mutilés pour la patrie; une blessure reçue sur le champ de bataille, était un titre au respect, à la reconnaissance de ses concitoyens; le cœur battait avee joie, avec orgueil, sous l’uniforme; chaque famille se fesait un honneur, une fête de recevoir un soldat comme un enfant !

Un soldat n’est réellement digne de ce nom, que lorsqu’il met l'honneur du drapeau au dessus de toute affection, et que, pour le maintenir pur de toute souillure, il n’est aucun sacrifice qu’il ne soit prêt à faire.

Le soldat imbu de tels principes, deviendra invincible ;

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il n’y à aucun danger qu’il n’affronte non seulement pour sauver mais pour illustrer l’emblême qu’il s’habitue à révérer à l’égal de la divinité.

La Palisse était d’une valeur si éprouvée, que ses compagnons d'armes lui donnèrent le surnom de BRAVE que l'histoire lui à conservé. Cette qualité était accompagnée chez lui d'un sang-froid, qu’il conservait au milieu de

plus grands dangers.

Quelle est l’histoire de l'antiquité ou des temps modernes, qui nous offre un traît d’héroïsme et d'honneur militaire, comparable à celui de l'équipage du Vengeur ? Ces braves marins entourés par plusieurs vaisseaux ennemis, au lieu de chercher à sauver leur vie, en se rendant prisonniers, au moment où leur vais.cau menaçait de couler bas, déchargent leur bordée quand déjà les derniers canons sont à fleur d’eau; remontant ensuite sur le pont ils attachent le pavillon français, de crainte qu'il ne surnage et agitant en l'air leur chapeaux, ils descendent lentement, comme en triomphe, et aux cris mille fois répétés de Vive la République! Vive la France dans l’abîme qui devint pour eux la plus glorieuse des sépultures!!! (Combat du 13 prairial, an IF, ler juin 1794.)

C'est par une telle conduite que le soldat s’immortalise, ennoblit son drapeau, et s’attire l'estime et l'admiration

même de ses ennemis.

Tout soldat doit toujours avoir présent devant les yeux, et gravé dans le cœur l'exemple de l'immortelle garde impériale, qui décimée par la mitraille, et sommée

de se rcadre, préfère ia mort à la honte de mettre bas les arme: j'out le catéchisme militaire pourrait se résnmer dans ces paroles sublimes: La garde meurt et ne se rend

pas!!!

Le soldat qui a le sentiment de l’honneur du drapeau, est comme nous venons de le prouver, susceptible des plus nobles dévouements : il peut tomber écrasé sous la mitraille ; mais en tombant, il meurt encorc victorieux, admiré et souvent pleuré par ses ennemis.

Soldats, ne rendez jamais les armes, quand vous pouvez les défendre, car c’est le déshonneur. A celui qui oserait vous faire une si lâche proposition, répondez par un coup de feu, ou par un coup de sabre.

ARTICLE XIII

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