‹ Les qualités morales du bon militaire [microforme]Chapitre 4 sur 50 · LA PROFESSION DES ARMES EST SAINTE · texte numérisé non relu

LA PROFESSION DES ARMES EST SAINTE

‘ Sans religion il ne peut y avoir de bon soldat.” Havelock.

Tout homme en naissant, contracte l'obligation d'aimer sa patrie ; en se nourrissant dans son sein, il ratifie l’engagement de vivre et de mourir pour elle. Mais la patrie ayant divers besoins, r’exige pas de tous ses enfants les mêmes sacrifices. Les uns versent leur sang dans les combats, les autres leurs sueurs dans les campagnes; le prêtre répand les dons de la science divine et de la divine charité; le magistrat, veillant sur le dépot des lois, ‘uaintient parmi les citoyens les droits de la justice. Mais si tout-à-coup l'ennemi paraissant en force menagçait l'Etat d'une subversion entière, alors, dans ce péril, tous devraient donner l'exemple du courage et du zèle, et, s'ils ne savaient combattre, du moins mourir.

Tout homme naît donc soldat, quoique tout soldat ne

porte point les armes. Mais le jour que la patrie appelle un citoyen à son secours, ou que ce citoyen venant s'offrir lui-même, elle veut bien agréer ses services, il reçoit le caractère de ministre armé pour sa défense ; il devient une victime honorable, devouée à la sureté publique. Lorsque la patrie, arrachant l’ouvrier à son atelier, le pâtre à ses troupeaux, le laboureur à sa charrue, lui dit : Cesse de me nourrir, viens me défendre ; ce jour-là, l'enfant passe dans la classe honorable de ses défenseurs. Sous les yeux du Dieu des armées, qui fait la revue de ses nouveaux soldats, chacun d'eux, en se revêtant de ses armes, reçoit comme en dépôt la sureté de nos campagnes, le repos de nos villes, la vie, la liberté de ses frères ; il devient l’épée et le bouclier de celui qui n’en a point, ou dont les bras, trop faibles pour les porter, ne saurait en faire usage. Et Dieu lui dit comme à Gédéon, comme à Josué, comme à tous les chefs de son peuple: Voici mes ordres, sois vaillant : ‘ Æcce prœcipio tibi, confortare, et esto robustus.” Ne crains rien, que ton cœur ne s’alarme point : Noli metuere et noli timere.” Je te vois, je suis avec toi, je viendrai à ton secours, et je jugerai de ton courage: ta ero tecum. Voilà l'ordre de Dieu, le premier principe des devoirs du soldat et le plus ferme

appui de sa valeur.

Quelle hardiesse pour entreprendre, quelle force pour exécuter ne doit pas inspirer le commandement d’un tel Maître et la présence d’un tel Guide ! Combien l’ordre du Dieu des arm‘: doit élever, agrandir l’âme, ennoblir les fonctions du soldat, et donner d'autorité au chef qui le commande! Dès ce moment tout change aux yeux du

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chrétien. .Un dépot qui n’était que respectable devient sacré ; une profession qui n’était que noble devient sainte ; les drapeaux contractent sous la main du prêtre qui les a béuis une vertu divine comme les instruments consacrés au culte des autels, et de profane qu’eut été le guerrier, il devient un personnage religieux. Pour lui l'abandon du drapeau serait un sacrilége; la crainte en présence de l'ennemi, un renoncement à la foi ; la fuite, une apostasie qu’il redoutera plus que les périls, plus que la mort.

ARTICLE II

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