‹ Les qualités morales du bon militaire [microforme]Chapitre 5 sur 50 · LE SOLDAT DEVANT DIEU · texte numérisé non relu

LE SOLDAT DEVANT DIEU

“Je n'ignore pas ce que peut l’homme, ce que peut la discipline, ce que la science sait obtenir. Je ne viens ni décrier un sentiment qui par ses effets ressemble à la vertu, et serait la vertu même s’il avait un autre motif, ni rabaisser un art sublime qui, donnant des règles à la valeur, la dirige, la fixe et la supplée. Mais les plus sages institutions des hommes se ressentiront toujours de ja faiblesse de l’homme ; les moyens qu’elles emploient produisent rarememt tout l'effet qu’elles s'étaient promises. Il est des temps, et des circonstances où ces moyens viennent à manquer, d'autres, où ils ne sauraient suffire ; et jamais les hommes en commandant ne donneront ce qu'ils commandent. L’honneur a ses erreurs et ses caprices ; il est délicat, douloureux, mobile, ne veut que lui pour maît:e et pour loi; et pourvu qu'on ne puisse le

sou pgonner de crainte ou de bassesse, il n'est point à

l'épreuve d'un dégout, et ne $0 fait pas toujours Ul crime

de la désobéissance. En vain une discipline savante à rganisé des COTP£ pour le combat, placé le rt, le timide à côté du brave, et comme vivant pour Îles forcer de at point, ou trouve

divisé, réuni, © faible à côté du fo attaché le corps mort au Corps e lâche, ou ne comb

- du combat ; il trompe les regards rt des armes Île délivre des plus nt sa crainte ;

marcher ensemble ; ] Je moyen de s'échappe de ses surveillants ; le 50 importuns ; les ténébres, le désordre, favorise Ja voix de l'honneur, la voix de 865 chefs a beau tonnef i] n'entend que les menaces de l'ennemi, que les cris des

mourants, ne voit, ne peut voir que le chemin de la fuite.

Je soldat chrétien, placé par 501 général, 8€ de la main de Dieu même. C'est défendant ce poste; Gé serait à

n le quittant, où en refusant rchant qu'avec mollesse. Le ‘x de Dieu qui du haut ües itonnit de cœlo Dominus” s’il est accompagné, s’il confiés sont en état de sont à l'abri

Mais regarde comme placé à Dieu qu'il obéit en Dieu qu'il désobéirait € d'aller au feu, où n'y ma signal est donné; c'est la vO cieux s’est fait entendre : Et ü plus s’il est seul, murs qui lui sont qu'il a ordre d'attaquer d'insulte. Il attend ou il avance, il reçoit l'ennemi ou il va lé chercher. Ni Je nombre, ni les armer, ni les menaces ne sauraient l'intimider. Quant toute une armée marcherait contre lui seul, et que Ces machines inventées pour Ja destruction des hommes -jur but,

n'auraient que lui ; Dieu le voit, Dieu jui ordonne de marcher, Dieu soutient il ne craindra

I] ne regarde sera suivi, si les défense, si ceux

son courage; rien: Non timebo millia

oint à crime sante & placé le comme Jrcer de a trouve regards des plus crainte ; u tonner s cris des e la fuite.

Enéral, Se ne. U'est e serait à refusant Jesse. Le u haut Ges Dominus.” pagné; s’il L en état de ont à l'abri snnemi ou il les menaces

| armée mATventées pour

populi circumdantis me. Actif et calme au fond de la mêlée, il n’écoute que la voix de son chef, il règle tous ses mouvements sur ses ordres, il n’avance ni retarde sur le signal; il vaincra ou mourra dans le rang ou son général l’a placé.

Si, franchissant les règles ordinaires du devoir, il cède au noble transport qui l'anime, il donnera l'exemple d’un dévouement utile, et par une heureuse témérité il déconcertera l'ennemi qui triomphait, et relèvera le courage des siens qui étaient au moment de succomber.

Aïnsi, tout à coup saisi de l'esprit de Dieu, Samson ébranle les colonnes du temple, qu'il renverse sur les Philistins et sur lui, et venge par sa mort la honte et l'oppression de son peuple. Ainsi, le fils de Saül, ne prenant d’ordre que de son courage, et ne voulant pour compagnon que le confident de son entreprise, attaque seul et met en fuite toute une armée. Ainsi, le brave Elzéazar, se fesant jour à travers les plus épais bataillons, pénètre jusque sous le plus énorme éléphant du roi de Syrie, le perce de sa lance, et, écrasé par sa chute, donne le temps à l’armée d'Israël de pourvoir à sa surcté par la retraite.

Placez donc le soldat dans quelque péril, dans quelque circonstance que ce puisse être, vous le trouverez également tranquille, également soumis, également ferme et déterminé, La voix de Dieu l'appelle, son ordre le

ul É ur but, Dieu soutient imebo millia

décide, sa parole le rassure, son secours le fortifie, sa présence l’anime et l’embrase d’une héroïque ardeur. Un soldat du Dieu vivant, marche toujours en sa présence.

Ce n’est point le tribun, ce n’est point le centurion qu’il redoute: c’est l'œil de l'Etre Suprême, cet œil si vif, si pénétrant, qui le voit en tout temps, qui le suit en tous lieux ; c’est ce témoin incorruptible qui déposerait de sa fuite, c'est ce juge inexorable qui le punirait de sa

lâcheté.

ARTICLE III

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