DIEU FAIT GRANDE MISÉRICORDI AU SOLDAT
Oui, dira quelqu'un, la crainte d’un Dieu qui poursuit les lâches dès cette vie, et qui doit le pnnir si rigoureusement dans l’autre, retiendra bien sous le feu, le soldat qui d’ailleurs n'aurait rien à se reprocher; mais le pécheur jusqu'alors intrépide, la crainte réveille sa foi au moment du combat; si, au milieu du péril, le remords l'accuse, si sa conscience le condamne, pourrait-il soutenir la vue du danger? ira-t-il affronter le trépas au risque de tomber en des mains qui ne font grâce à aucun coupable ; et ne fuira-t-il pas plutôt devant l'ennemi, pour
avoir le temps de pleurer et d’expier ses crimes ?
‘ Religion sainte, venez au secours de cette âme qui s'agite et qui s’abuse ? vous seule savez excité, vous seule pouvez calmer ses craintes. Vous avez ouvert l’abîme sous les pas du pécheur : refermez-le devant les yeux du pénitent. Dites lui que tous ses crimes, le plus grand, le plus irrémisible, serait la fuite et le désespoir; que fuir ne serait pas le moyen d’apaisé, mais un nouveau
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