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RAYONS DE DÉCHARGE

Par E. WIEDEMANN.

Traduit de l'allemand par P. MASSOULIER.

Zeitschrift fur Electrochemie. t. II, 1 895-1896, p. lôg.

(Comptes rendus de rAssembIce générale de la Société ElectrocliiiDiq«e

allemande du 6-10 juin 1895 à Francfort.)

BeaiirC)u|) de substances, soit à l'état naturel, soit après une eicilalion préalable, ont la propriété d'émettre de la lumière quand on les rhauflV. Elles perdent cette propriété dès qu'on les a chauffées une fois, mais peuvent l'acquérir de nouveau quand on les soumelà Tactiou des rajons cathodiques, quand on fait éclater des ëlincelles dans leur voisinage, ou, pour certains corps, quand on fait agir sur eux de la lumière de longueur d'onde convenable. Nous nous occuperons seulement de l'excitation par les étincelles électriques.

Toul d'abord il s'agit de savoir si l'étincelle agit par la lumière de pelite (»u de grande longueur d'onde qu'elle émet, ou si son action doil èlre rapportée à d'autres radiations, analogues aux oscillations éleclricpies ou aux rayons cathodiques et que nous nommerons rayons (le (l('c/t(tr^(% |)Our ne rien présumer sur leur nature tout à fait indéterminée. La production de radiations analogues aux ravons cathodicpies esl Nraisemblable, puisque dans l'étincelle, comme dans la colonne positive lumineuse des tubes à décharges, il y a production de rapides oscillations de potentiel.

Pour savoir si l'étincelle agit |)ar des oscillations électriques ou par sa luinièn», et dans ce cas par sa lumière ultra-violette, il suftira

( ') In Méiunire (iéluille sera public dans les Annalcn sur les faits qui suivent et ceux {|ui s'y rattaclienl.

SUR UNE NOUVELLE SORTE I)K RAYONS. IOj()

interposer, entre rétincelle et la substance à exciter, une lame l'un diélectrique transparent pour ces oscillations, mais ne laissant >as passer la lumière ultra-violette. L'expérience montre que Faction le l'étincelle est alors complèlement supprimée, de sorte que l'eirct 'st dû seulement à la lumière ultra-\iolette ou à des rciyons de lêchars^e.

On pourra décider entre ces deux cas, directement, sans mesures on«^ues et plus ou moins précises, s'il est possible de trouver un :orps qui soit excité par l'action directe des rayons de Fétincelle et |ui ne le soit pas par la lumière ultra-violelle, ni par les radiations les plus réfrangibles, comme celles qui traversent le s|)atb.

T/essai des substances à ce point de vue a été fait de la façon suivante : on les étide sur une plaque de cuivre ou une lame de mica, on les cliaufl'e jusqu'à ce qu'elles n'émettent plus de lumière et on les recouvre, mais sur une moitié seulement, avec \\\\i\ lame de (piarlz de o"*"*,3 d'épaisseur qui est alors transparente seulement jusqu'à ).= 180, ou avec une lame de s|)atb qui est transparente jus(pià)v= 100, *'est-à-dire beaucoup plus loin que la couclie d'air interposée entre l'étincelle et la substance à essayer. On fait ensuite éclater les étin- :elles entre deux spbères, pendant assez longtemps, à o/"«->{*^"> de la uihstance et enfin l'on cliauffe celle-ci dans l'obscurité. D'après les expériences de Schumann, la coucbe d'air de 2*^'"-4^'" d'épaisseur absorbe complèlement l'ultra-\iolet extrême. La plupart des substances deviennent lumineuses aussi bien dans les régions couvertes que dans celles qui ne l'étaient pas; et elles sont aussi fortement excitées par la lumière ultra-violette.

Au contraire, avec une durée d'exposition pas trop grande, on obtient une opposition bien trancbée, la partie recouverte restant complètement sombre tandis que l'autre devient très brillante, avec CaSO*-f-:rMnSO% GaC03-hxMnCO% JNa^SO» -h .rMnSO», la pbosphorite, x étant une petite fraction.

Ces expériences montrent que l'étincelle fournit des radiations d'un nouveau genre qui ne peuvent pas traverser le spatli tout en traversant une épaisseur notable d'air, ce (|ui les distingue de l'ultraviolet.

Ces radiations nouvelles se produisent-elles aussi dans les décharges sous basse pression? Pour étudier la question on s'est servi de larges tubes à décharges avec électrodes; on y a introduit les substances indiquées ci-dessus à l'état de poudre partiellement recouverte d'une lame de spath. Le tube ayant été évacué on y a fait passer la décharge pendant

lObO E. WIEDEMANIV. -— SUR L'NE NOUVELLE SORTE DE RAYONS.

assez longtemps, puis on l'a chaufTé dans l'obscurité. Sous le spath la poudre reste plus ou moins sombre, tandis qu'elle devient brillante dans les autres régions. Ces expériences variées de mainte façon donnèrent toujours les mêmes résultats. Ainsi, même dans les gaz raréfiés, les décharges électriques fournissent des rayons de décharge.

Comme les phénomènes produits par ces rayons de décharge sont dans certains cas assez intenses on doit les faire entrer en ligne de compte dans le calcul de l'edet utile des tubes à décharges au point de vue des ell'ets lumineux.

Ces rayons sont quelque peu absorbés par l'air et d'autres propriétés seront exposées plus tard. Je n'ai pas encore réussi à mettre en évidence une action du champ magnétique (').

D'après la façon dont se comportent ces rayons vis-à-vis des substances indiquées plus haut, qui sont vivement excitées par les rayons cathodiques, on est conduit à rapprocher ces deux sortes de radiations. Le fait que l'action du champ magnétique n'a pas pu être mise en évidence n'est pas très important, puisque cette action est très différente sur des rayons cathodiques d'origine différente et même sur ceux d'un même faisceau. H. Ebertet moi avons désigné sous le nom de dispersion des rayons cathodiques ce dédoublement d'un faisceau en une série de groupes de rayons et Lenard a montré les mêmes phénomènes sur les rayons cathodiques qui ont traversé une feuille mince d'aluminium.

Pendant une longue série d'années j'ai amassé ces documents qui m'ont conduit à voir dans les rayons cathodiques un mouvement périodique de l'éther. Je les ai assimilés à des rayons ultra-violets extrêmes et cette hypothèse s'est trouvée étayée par des découvertes postérieures telles que la dispersion des rayons cathodiques par le champ magnétique agissant pendant leur propagation ou au moment de leur formation.

Enfin les rayons de décharges nous montrent encore que, même dans des phénomènes souvent observés et étudiés, de l'énergie, parfois en quantité notable, peut passer inaperçue, si elle se présente sous une forme nouvelle, tant qu'on n'a pas trouvé un détecteur convenable pour la mettre en évidence.

(') Les rcchcrclics dans celte direction ne sont pas encore terminées.

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