DANS LES GAZ RARÉFIÉS
Par VV. WIEN.
Extraits traduits de l'allemand par P. MASSOULIER.
Annalen der Physik itnd C hernie, t. LXV, 1898, p. /j'jo à !li^.
Aprrs qu'il eut été montré que les rayons cathodiques transportent
des charj^es né*j;ati\es, il nie sembla que les rayons canaux découverts par Goldstein, qui se propagent en arrière d'une calliode j)ercée et qui ne sont pas sensiblement déviés par un aimant ordinaire, devaient transporter des charges positives. Mais ici l'espace dans lequel doivent se faire les observations ne pourra pas être complètement séparé du tube à décharges, parce que, en dépit de longs elForls, je n'ai pu trouver aucune substance se laissant traverser par les rayons canaux.
Lne fine toile métallique a {Jig* i) fut soudée à un anneau de
l'ig. 1
PêPoidêlêCêOf
laiton en communication métallique îivec la caisse à l'intérieur de laquelle eit placé le tube à décharges. A travers cette caisse, on avait mastiqué les tubes portant l'électrode c et l'anode b. Quand on prend
loG>. W. WIEN.
a pour cathode et b pour anode, des raj'ons canaux partent de la toile nictallique vers c\ c'est seulement pour des vides très poussés qu'ils sont accompagnés de rayons cathodiques. La charge prise par celait toujours positive, même aux pressions élevées, alors que les rayons canaux n'étaient pas encore devenus visibles et avant que la calhode présentât la plus faible lueur. Au cours de toutes les expériences, le circuit présentait une coupure d'environ 2*^"* afin de n'utiliser que les courants d'un seul sens.
Si la toile a est recouverte avec du papier, du mica ou un métal, toute trace d'action sur c disparaît alors que, même pour des \ides peu poussés, la charge accjuise par c était si grande que, à chaque interruption de la bobine d'induction, la tache de l'électromètre quittait Téchelle.
L'approche d'un aimant du trajet des rayons canaux ne modifieras la charge de c tant que cet aimant n'agit pas sur la décharge elle-mérae.
En introduisant dans le tube, entre l'anode et la toile, une deuxième plaque percée de trous que l'on prend pour cathode, des rayons canaux, mélangés de rayons cathodiques, se propagent au-dessus delà toile. Pour les plus fortes pressions, Faction des rayons cathodiques était prédominante, de sorte que l'on obtenait une charge négative, mais l'approche d'un aimant la diminuait beaucoup, surtout quand un diaphragme était placé sur le trajet des rayons cathodiques. Avec les plus faibles pressions on n'obtenait plus de rayons cathodiques, (le sorte (|ue la charge était positive. Entre les deux extrêmes, on obtrnuil un certain degré de vide pour lequel la charge acquise était iH'galivt», l'action des rayons cathodiques étant prédominante, mais d(*\cnail positive par l'approche d'un aimant qui rejetait de côté le faisceau cathodique.
Ici encore toute action sur c disparaît quand on interpose une lame de mica. Je n'ai pas pu constater de relation entre la charge de cet rjin^le (rincidence des rayons canaux, ce qui n'est pas étonnant étant «Innnt'c la propagation dilfuse de ces rayons.
Jusqu'ici on n'avait pas observé de déviation des rayons canaux Hiuis l'action d'un champ électromagnétique ou électrostatique. Main- Irnjml «piil t^sl démontré <pic ces rayons transportent des charges ^0olixt's. on peut penser que ces déviations doivent se produire et iih'iiH' qu't'lh*> «loivcnl cire de sens contraire à celles que subi>sent
It'N r.lN nus ( ;itllO(li(pirs.
J'.ii pu ubstiNcr facilement la dé\ialion électrostaticpie : un trou de '""" dr diamèl rc ayant clc percé dans une plaque métallique, un tube
RECKKHCHES SIH la UtClURGE ELKCTBtQUIt DANS 1
de verre fut mastiqué sur chacune des faces ilc la laine. Dtius l'un, b (fig. a), une dnocie fut fixée par fusion; dans l'autre, c, deux élcc-
Irodes de 5''"' de long, o"",5 de large furenl fixées en face l'une de l'iuilrc à i"", 7 de distance. Le lube fui alors disposé dans la caisse de iiiic, et la luine métallique, réunie à cette caisse, fut prise comme Cathode. Avec uu tube pas trop évacué un petit faisceau de mjons canaux émane du truu el va produire sur le fond du tuhc, éloigné if'environ if'", une taclie de couleur vert argenté bien connue.
Le faisceau, passant entre les électrodes et à égale distance de l'une et de l'autre, est dévié dès que ces électrodes sont reliées à une lialterie d'accumulateurs à haute tension : pour une dillérenre de potentiel de 2000 volts le déplacement de lu tache atteint (»""" et les rayons se rapprochent de l'électrode uégatne. (^uand le vide est poussé assez loin, ce phénomène ne se laisse jilus observer que (lendant un tenqis très court : tant que le ehamji électrostatique peut être maintenu entre les éleclrodcs, car le petit faisceau de rayons canaux augmente rapidement la conductibilité du gaz à un point tel que le cour.int des accumulateurs peut passer.
Ln déviation magnétique des rayons canaux fut moins facile à metti'e en évidence : les champs intenses que fournit un éleetrouimant de Ruhmkorfl' agissent si éuergiquement sur la décharge ellemême rprune observation correcte de^ient impossible; et il est également impossible d'obtenir uu long faisceau de rayons canaux, ce qui permettrait de leur ajqiliquer le champ à quelque distance de lu décharge. A la vérité, j'ai pu observer la déviation des rayons canaux sur iiit faisceau bien limite, avec un fort aimant ordinaire en fer à cheval; mais elle est truj) faible pour permettre des mesures, et c'est avec le dispositif suivant que je suis arrivé à réaliser ces dernières. L'électro-aimant de Ilulimkoi'lf est muni de pièces polaires dont les
lod4 W. WIC3C. — AEaiERClIKS SUR I.A I»ÊC1IARGE KLKCTRIQL'E, ETC.
faces termîaales ont 5*^" de lonj;: el ti*" de large. Les lubes de •^'^■,3 de diamètre sonl placés enlre les pôles de lelle sorte que les li{;nc> de force magnétique^ soient perpendiculaires aux lig^ies de ferre t*lcctriques qui naitn)nt entre Iè> électrodes du tube c. Les deux lul>cs b et c déjà décrits a\ aient été mastiqués sur une lame de fer de 1 1*"" Je diamr'tre el 2*'",5 d'épaisseur [>ercée d'un trou de 2"*"* de diamètre.
Cette lame de fer est solidement assujettie enlre le^ pôles île l'électx\>-aîmaDl el, immédiatement au-dessous d'elle, le tube h est enveloppa d'un CTlîndre de fer dont la paroi a 2*''",5 d'épaisseur. De celle CftOt*!!. les forces magnétiques agissant sur b sonl considc-rahieinenl «ffAÎl<J>e?^: leor întensîté peut, d'ailleurs, être estimée au iiioven de hi •âcnùlk<B ^mt subissent les raT.>as cathodiques quand on prend V |i(»iir hisi^it ift 'i ^ymr cftlh«^ie. a êlaDl relié au sol.
JTiL ChtL*ic^i Dtt m* oovàîiKT*?- qje les ravons canaux qui se pro- ]uu?t!i£ ^ït .* a&î "îiîsU Ç4I-!' iiiÛ3<ii»>rs quand, après avoir enlevé le cv- Juicr-* fii !>ir. laéut licûr em h, au moven d'un aimant ordinaire, un -riiuiiu i«i 3I•MII:^ iii.s?4 zmlftus^ que celui qui y persiste (piand on fait «•ut-Miiuiier * îî**T*jr>--èùiiiâiil. k cTlindre de fer étant remis eu place.
^: ▼riiiitrr tr- rV?r r-ttiiit en pLice, on observa une dé\iation des
• \.»ii^- -.uiiÉii^ «tu reniant réi<ectro-aimant. Celle déviation allei|;nail
• " •• -iait If --'ît- oatnun? à celle que subissent les rayons callio-
.'•iuf^ Le -îiam:» uiii:rii''tique, mesuré avec un galvanomètre bili-
.1.,- u 'Sfu:;,»*'*. V liiâit >j>*>C-ti S. Lu dé\iation |)ar le champ nia-
^ ••:*iur. iu>^ jifîi pie p.ir le champ élorlroslalique, iii(»ntre que
^ iv..ii> jiuauv ^luC ot»n>tttués par un mélange de radiations dilié-
. ^ i».iuiurtî> Hiune^ «:i-4ie>su> permettent de calculer que la\ites>e ;• - .tvi a> '.ui '«x '•<! Kt> X 10' cm-sec el que le rapport de la masse
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L4 POSSIBILITÉ DTN FONDEMENT ÉLECTROMAGNÉTIQUE