‹ Les quantités élémentaires d'électricité: ions, électrons, corpuscules (volume 3)Chapitre 26 sur 204 · PAR LES CONDUCTEURS CHAUDS · texte numérisé non relu

PAR LES CONDUCTEURS CHAUDS

Par O.-W. RICHARDSON, R. A., B. Se.

Traduit de l'anglais par Eiouard SALLES.

Philosophical Transactions, iqoS, A. soi, p. 497 à 5i3.

La partie expérimentale de ce Mémoire renferme Tétude de la concluclibilité électrique de l'espace entourant, à basse pression, des surfaces chaudes de platine, de carbone et de sodium. Un exposé préliminaire de quelques-unes des expériences effectuées sur le platine a éléluàlaséancedu 25 novembre 1901 de la Cambridge Philosophical Socielv (').

I^ conductibilité produite par les métaux chauds a été l'objet d'un grand nombre de recherches dues à différents auteurs. Les phénomènes, toutefois, sont très compliqués : on trouve en effet que la quantité d'ionisation ainsi que son signe varient d'une remarquable façon a\ec la nature, la température, l'histoire précédente du métal, la nature du gaz environnant ce dernier, avec les altérations même légères de la surface métallique. Les présentes recherches ont été effectuées avec cette idée que, à température élevée, la conductibilité produite par les métaux prend sa forme la plus simple, étant due à une émission de particules négatives. Cette idée trouve un appui dans l'observation du professeur Mac Clelland ('-) que le courant négatif est dans <le larges limites indépendant de la nature du gaz, il est de même indépendant de sa pression entre o""",o4 et o""",oo4.

Le principal problème étudié expérimentalement ici est la façon dont varie avec la température du métal le courant de saturation entre la surface métallique chauffée et une électrode métallique voisine. La valeur du courant de saturation correspond au nombre total d'ions

(') Camb. Phil, Proc., vol. XI, p. 286.

(') Camb, Phil. Proc,, vol. X, p. 241, and vol. XI, p. 296.

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produit en une seconde par la surface. Il a été trouvé utile, incidemment, d'examiner en plus la relation existant entre le courant et la force électromotrice pour la conductibilité produite, dans le cas des trois substances ci-dessus mentionnées, à différentes pressions.

La théorie proposée pour expliquer les phénomènes repose sur l'hypothèse que la conduction dans les métaux est produite par des corpuscules, théorie qui a été développée parles professeurs Drude ( * ) et J.-J. Thomson (^). Selon cette théorie un métal doit être regardé comme ayant une structure spongieuse formée de molécules et d'ions positifs fixes comparativement grands, avec de petits ions négatifs ou corpuscules, se mouvant librement avec une grande vitesse à travers la masse. Puisque les corpuscules ne quittent pas tous le métal quand ils frappent sa surface, il est évident qu'il doit exister une discontinuité superficielle de potentiel s'opposant à leur sortie. Si maintenant nous élevons la température du métal, nous augmentons la vitesse moyenne des corpuscules, et, pourvu que l'énergie nécessaire à un ion pour traverser la surface n'augmente pas avec la température, il y aura un plus grand nombre d'ions que précédemment qui, frappant la surface, la traverseront. De cette façon nous pouvons calculer comment varie avec la température le nombre de corpuscules projetés à travers l'unité de surface d'un métal. La formule ainsi obtenue nécessite deux nouvelles constantes, qui sont le nombre d'ions dans l'unité de volume du métal et le travail effectué par Tion en passant à travers la surface. On peut dire, par anticipation, que presque toutes les expériences sont en parfait accord avec la théorie. En particulier les formules théoriques indiquent un accroissement extrêmement rapide du courant de saturation avec la température, à laquelle ce courant est relié par une formule exponentielle. Les expériences montrent qu'il en est bien ainsi, et le courant de saturation a été suivi pour les trois conducteurs examinés entre les limites suivantes :

Pour le platine de io-*o à lo-* ampères par centimètre carré

» carbone de lo-» à a »

» sodium de lo-*» à -2 X 10"* » courant total

La limite de température pour le platine et le carbone a varié à peu près de looo** C. à lôob" C. et pour le sodium de loo" C. à 45o® C.

(*) Drude*s Ann., Vol. I, p. 566.

(') Rapports présentés au Congrès International de Physique. Paris, igoo.

Les valeurs énormes des courants obtenus constituent peut-être le point le plus curieux de ces recherches. La déperdition la plus forte qui ait été mesurée a été celle de o,4 ampère entre un filament de carbone et une électrode voisine, ce qui correspond à un courant de 2 ampères par centimètre carré de surface de carbone, le potentiel du fil étant de — ()o volts. La pression du gaz dans ce cas n'était que ^^ de millimètre de mercure, de sorte que Tionisation par collision était négligeable. Dans tous les cas on avait soin que le champ mis sur les filaments fût insuffisant pour provoquer la décharge disruplive ou la maintenir après qu'elle eût commencé.

Les plus faibles courants avec le sodium ont été mesurés à l'aide d'un électromètre à quadrants; le plus fort, o,o4 ampère, a été enregistré à Faide d'un ampèremètre Weston.

Ces expériences montrent d'une façon évidente qu'un métal placé dans le vide et chauffé à une température suffisamment élevée rend l'espace qui l'environne un excellent conducteur de l'électricité; les résultats sont tels que dans le cas d'une lampe à incandescence, à la température la plus élevée qu'elle puisse supporter, la conductibilité de l'espace environnant le filament est comparable à celle de ce dernier.

Pour un conducteur chaud le courant traversant le milieu et se dirigeant vers l'électrode n'ira bien entendu que dans une direction. Quand le métal est chaud et chargé positivement et l'électrode reliée au sol, le courant est extrêmement petit en comparaison de ce qu'il est quand le fil est négatif.

Ce Mémoire comporte les divisions suivantes :

A. Recherclies théoriques :

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