LA MOBILITÉ DES IONS
ET
IKUR VITESSE DE RECOMBINAISON DANS LES GAZ RÔNT6ENISÉS,
Par E. RUTHERFORD.
Traduit de l'anglais par H. BËNARD.
Philosophical Magazine, b* série, t. XLIV, nov. 1B97, P* 433-44o-
Rappel des expériences (>) montrant que Tair rontgenisé conserve la propriété de décharger les corps électrisés positivement et négativement pendant m temps court après que les rayons ont disparu.
Dans le présent Mémoire on a étudié la durée de cette persistance de la conductibilité pour l'air et les autres gaz et, à l'aide des données ainsi obtenues, on a pu déterminer la mobilité des ions dans dilTérenfô gaz.
Deux méthodes distinctes ont été employées pour déterminer la durée de la conductibilité, et toutes les deux ont donné des résultats concordants.
!• En faisant circuler de l'air avec une vitesse connue le long d'un lube, et en mesurant la conductibilité à différentes distances du point où agissent les rayons ;
2° En soumettant le gaz à une force éleclromotrice à des intervalles de temps déterminés après la disparition des rayons, et en mesurant la quantité d'électricité qui a traversé le gaz.
Première méthode.
Un cylindre d'aluminium était relié à un long tube de laiton de i™ de longueur et de 3*^™ de diamètre. Le cylindre d'aluminium était placé au-dessus d'une ouverture ménagée dans la boîte métallique renfermant la bobine et le tube et destinée à constituer un écran élec-
(') J.-J. Thomson et Me. Glelland, Proc. Boy, Soc^ t. LIX, 1896; J.-J. Thomson et RcTHERFORD, PhU. Atag.<, novembre 1896, Mémoire traduit dans ce Recueil.
6aO E. RUTHBRFOnD.
trique parfait contre toutes les perturbations électrostatiques extérieures. Une plaque de plomb épaisse, recouvrant le cylindre d'aluminium, protégeait soigneusement contre tout rayonnement dirigé vers les régions extérieures. Le tube d'aluminium était relié en série avec un gazomètre rempli d'air, dont la pression était réglable à l'aide de poids placés au sommet. Avant d'atteindre le tube d'aluminium, l'air traversait un tube plein de coton de verre destiné à le débarrasser de ses poussières. Trois électrodes égales et identiques, isolées, étaient placées à des intervalles connus le long du tube de laiton. Le tube de laiton était relié à la terre, et l'une des électrodes à l'électromètre. Les deux paires de quadrants étaient reliées ensemble, et le tout chargé à un potentiel élevé (pratiquement, environ loo volts). On isolait alors les deux paires de quadrants Tune de Tautre. Quand on excitait les rayons, aucun eflet n'était produit sur l'électromètre, à moins qu'on ne fît circuler dans le tube un courant d'air venant du gazomètre : le mouvement de l'aiguille de l'électromètre montrait alors que l'air passant sur les électrodes était conducteur. On mesurait séparément la vitesse de déperdition pour chacune des électrodes, et comme la capacité du circuit de l'électromètre restait à peu près identique dans les trois cas, les vitesses de déperdition étaient proportionnelles à la conductibilité de l'air au voisinage de chaque électrode.
En notant le volume d'air qui sortait du gazomètre pendant un temps donné, et connaissant le diamètre du tube métallique, on pouvait calculer facilement la vitesse moyenne du courant d'air, et par suite aussi les intervalles de temps employés par le courant d'air pour passer d'une électrode à l'autre. On pouvait faire varier à volonté la vitesse du courant d'air, en changeant les poids placés sur le gazomètre.
Le Tableau suivant montre de quelle façon la conductibilité de Tair variait avec la durée du temps écoulé depuis l'exposition aux rayons. La première colonne donne les temps employés par le courant d'air pour passer d'une électrode à l'autre, et la seconde colonne le rapport des vitesses de déperdition des électrodes.
Temps écoulé
Rapport des vitesses
en secondes.
de déperdition.