LA DÊVIABILITÉ DES RAYONS DE BECQUEREL ET LA MASSE DES ÉLECTRONS
batterie à haute tension de 2000 volts. Je me convainquis par des expériences préliminaires que celte tension était encore trop faible pour mesurer la déviation des rayons les plus rapides encore nettement observables. Je construisis alors, à la gracieuse instigation de M. le professeur Wiechert, un multiplicateur de potentiel au moyen duquel on pouvait obtenir, pendant tout le temps désiré, une tension plusieurs fois plus élevée et tout à fait constante ( * ). L'appareil consistait en un commutateur tournant mû par un électromoteur, qui établissait alternativement les combinaisons suivantes : i<» Quatre (ou plus S'il est nécessaire) bouteilles de Leyde sont chargées en parallèle par la batterie; 2° les bouteilles sont réunies en série, de sorte que la tension est quadruplée ; 2** les bouteilles sont reliées à une cinquième bouteille qui est ainsi, par répétition continuelle du procédé, chargée à un potentiel quadruple de celui de la batterie (^). 11 suffisait que le cylindre de contact fît deux tours par seconde pour obtenir une position absolument fixe de l'électromètre lié à la cinquième bouteille. Celle-ci était directement reliée à l'un des plateaux P, tandis que l'autre, ainsi que la boîte, était en communication avec la terre. La liaison s'effectuait par les fils de platine soudés RR.
On se servait, pour faire le vide, d'une pompe automatique du système Sprengel, reliée à l'appareil par un long tube de verre. En outre du tube desséchant qui fait partie de la trompe, il y avait encore dans l'intérieur de l'appareil deux petits vases (non dessinés sur la figure), contenant de l'anhydride phosphorique.
o. Réalisation de l'expérience. — Les vis F étaient tout d'abord réglées de façon à obtenir une distance des plateaux d'environ o*^"*, i5. (La mesure exacte était faite à la fin de l'expérience). La plaque photographique était mise en place avec son enveloppe de feuille d'aluminium de o*^™,ooo2 d'épaisseur, et en introduisant un peu de feuille d'étain pliée dans Pintervalle qui existe au-dessus de la plaque, entre celle-ci et la boîte, elle était pressée contre les butoirs qui la portaient. Le couvercle était alors mis en place, la liaison établie avec les conducteurs, et l'appareil introduit par le bas dans la partie supérieure du tube à vide, qui se trouvait déjà entre les pôles de l'aimant. Après
(*) Après la fin de mon travail, mon attention fut attirée par M. le professeur Hallwachs, sur un multiplicateur de potentiel construit par lui et décrit dans Wied. Ann., t. XXIX. 1886, p. 3oo.
(') L'appareil n'est autre qu'une forme améliorée de la machine rhéostatique de Planté.
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avoir pompé pendant une demi-heure environ, le vide était suffi; ment élevé pour supporter une différence de potentiel électrique Je 7000 volts; mais comme au déliut il se dégageait beaucoup de ^ occlus, et aussi comme on ne pouvait obtenir une impermëabiiiié absolue de l'appareil, la pompe restait continuellement en eienrice pendant les i5 à 20 premières heures: plus tanl on ne pompait duae façon permanente que pendant la nuit, quoique lentement; le jour il suffisait de pomper deux ou trois fois, pendant environ 10 mioutes. Il arriva souvent, lors du fonctionnement, qu'une décharge passai travers l'appareil: mais comme entre celui-ci et l'ensemble des Uiiteilles une résistance d'eau était continuellement intercalée, il ne se déchargeait chaque fois qu'une faible fraction de la charge des bouteilles, et, après une durée de deux secondes, le potentiel du début était de nouveau établi. La lumière des décharges était rendue iinifensive par l'enveloppe d'aluminium de la plaque. Par suite du boa isolement de toutes les parties, la différence de potentiel des plateaoi était complètement indépendante des variations du nombre de touR du commutateur tournant. Le champ magnétique était appliquée! même temps (jue le champ électrique. La constance du courant d'excitation était éprouvée de temps en temps au moyen d'un galvanomètre de torsion; au début l'élévation de température de l'enroulement de l'aimant qui se produisait peu à peu et l'accroissement de résistance qui y était liée, obligeaient à de fréquents réglages. .\près quelque* heures, le courant était néanmoins complètement stationnaire.
Vprès une durée de un jour et demi à deux jours la direction du chani|) éleclricjuc était inversée, et une exposition d'égale durée avait encore Wvai. On obtenait de cette façon deux branches de courb»' • placées syniélriqueinent par rapport à la diret'tion de la dt'vialion niagnéti(|ue, de sorte (|ue la denii-dislance de deux points correspondants (le la courbe donnait la déviation électri(|ue.
Le déNcloppenienl des |)laques (pla(|ues instantanées <le Schleu>sncr), se faisait avec un (lé\eloppaleur Rodinal très dilué, contenant beaucoup de broniurr de potassium; il durait environ une demiheure. L'emploi (I un dévelop|)aLeur très éten<lu était nécessaire panv (jui^les rayons de nec(juerel, surtout \c> moins déviables, ne sont que peu absorbés, et par suite a*;issent à peu près d'é<;ale façon à lra\er> toute r(''paisscur de la couclie sensiljje: le développateur doit d<»nr avoir le t(Mnps de ^e diUuserà rinlérieur des parties les plus proloiules (le la couche, sans voiler déjà la partie superficielle. Les images obtenues élaieiit, il est \rai, assez faibles, mais néanmoins suffisaniinenl