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ECM citerne d’aller aussitôt après porter de l’eau aux navires non en quarantaine.
Proust cite le cas d’un médecin qui aurait reçu 4500 franes pour laisser partir des pèlerins avant l’expiration de leur quarantaine.
Devant de pareils faits, le point fondamental consistait à établir une étroite surveillance à l’entrée du canal.
La conférence établit les classes suivantes pour les navires et les soumet à des mesures particulières : au navire déclaré indemne ou qui n’a pas eu de malade est délivré le passage libre sans quarantaine d'observation ; les navires suspects font une quarantaine d’observaton; les navires infectés sont mis en quarantaine. Où auront lieu ces quarantaines? D’après les études de Proust, il faut créer un hôpital et un établissement avec étuves à désinfection et tout le confortable nécessaire aux Sources de Moïse, c’est-à-dire non loin de la route des caravanes et dans la baie de Suez, de façon que, pas plus par terre que par mer, les voyageurs ne puissent passer sans la visite des médecins sanitaires.
Pour la première fois, les puissances arrivent à une convention signée par les autorités des différents pays.
La conférence de Dresde {mars 1893) ne fait qu'appliquer à l'Europe le principe accepté à Venise.
Voici, d'après Proust, les deux idées qui se dégagent de son programme :
« Quel est le devoir d’un Gouvernement quand des « cas de choléra sont signalés sur son territoire ?
« Comment doit-il se protéger quand le choléra « sévit dans un pays voisin ?
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Il faut donc la déclaration obligatoire des maladies contagieuses dans le pays et aux voisins : cette proposition est idéale, mais jamais un pays n'avertira le voisin, ce serait un obstacle à la navigation et au commerce ; on fera connaître le mal tout au plus au pays contaminé. :
Pour se protéger contre l'épidémie, il faut prescrire la surveillance et l'observation. Cette surveillance ne consistera pas en une quarantaine ni en un isolement obligatoire ; les passagers arrivés d'un pays contaminé depuis moins de cinq à sept jours subiront la visite médicale après cette visite ; ils pourront repartir en observation et, à leur arrivée, subiront simplement une visite médicale par les médecins sanitaires de la ville où ils débarqueront.
Le résultat de cette conférence est donc d’adoucir encore les mesures sanitaires.
A la conférence de Dresde (séance du 10 avril), M. Barrère donne lecture d’un vœu de Proustetannonce que le Gouvernement français se propose de prendre l'initiative d’une conférence à Paris. Les délégués en prennent note, c'est l'origine de la conférence de 1894 réunie à Paris, le 7 février, sous la présidence de Casimir Périer président du Conseil.
Le but de cette conférence est d'empêcher d’abord l'entrée du choléra à La Mecque et, par cela même, d'établir une surveillance stricte sur le golfe Persique pour-les navires venant d’une région contaminée de l'Inde.
Turkan Bey représentant du Sultan s'exprime ainsi:
« Plus les communications deviennent fréquentes et
va
« rapides, plus aussi la nécessité de perfectionner les « mesures sanitaires devient pressante et impérieuse. « C’est en raison de cet état de choses que Sa Majesté « le Sultan a prescrit d'urgence l'application d'un « ensemble de mesures complémentaires. — Les « mesures à prendre doivent être celles qui doivent « spécialement appeler l’attention de la conférence. »
Le Dr Pagiani rappelle que souvent le Conseil supérieur de la santé de Constantinople « manque d’un « véritable caractère international et que les intérêts « généraux ne peuvent toujours y prévaloir contre les « intérêts locaux. » Aussi, faut-il « constituer une auto- « rité spéciale pour les questions sanitaires relatives, « soit à la mer Rouge, soit au golfe Persique avec un « caractère tout à fait international et autonome », qui se guiderait sur les principes scientifiques admis par les Puissances dans ces conférences.
Quelles sont les mesures sanitaires à prendre : d'abord, une visite médicale obligatoire par un médecin autre que celui des pèlerins et délégué par l'autorité publique. La désinfection des hardes et objets suspects, la désignation de ces objets. L'interdiction de l’embarquement pour les passagers contaminés ou atteints de diarrhée suspecte.
Pour se prémunir un peu, ne laisser partir que les pèlerins qui justifieront d'une somme d’argent suffisante pour effectuer le pèlerinage ; la Hollande donne l'exemple et exige une somme de 110 florins. Cette condition est admise seule, le Gouvernement des Indes Anglaises s'oppose à ce que tous les pèlerins soient obligés de payer ; la Sublime Porte
accepte les conditions. Il y a lieu de s'étonner de cette résistance de l’Inde anglaise, car on ne discute pas une question religieuse, mais une question sanitaire concernant toutes les populations. La France, représentée par M. Hanotaux, est d'avis de réglementer ainsi les départs, « les pèlerins sont avertis, dit-il, ils sauront ramasser l'argent nécessaire, soit par leur travail, soit par les aumônes. » On défendra donc de charger les navires comme à Bombay, avec des pèlerins pauvres.
Voici en quelques mots quels sont les mesures à prendre avant le départ, pendant la traversée et à l’arrivée.
Avant le départ : observation des pèlerins pendant cinq jours, mettre le navire en état de propreté parfaite et, au besoin le désinfecter. S'assurer qu'il n’y a rien à bord susceptible de devenir nuisible à la santé et à la sécurité des passagers ; que l’eau y est potable et que les vivres y sont en suffisante quantité ; que le navire comprend dans son installation un appareil à distillation et une étuve à désinfection; enfin qu'il y a un médecin et des médicaments.
Pendant la traversée : le médecin diplômé et commissionné par le Gouvernement du pays auquel il appartient, doit tenir un journal de bord où chaque jour il note la santé des passagers ; veiller à lapplication des règles de l'hygiène.
À arrivée. les navires indemnes pourront débarquer immédiatement leurs passagers : les navires suspects seront désinfectés et après quarante-huit heures, s'iln'y a aucnn cas de maladie, le débarquement pourra se
ONE faire. Les navires infectés seront envoyés au lazaret de Camaran où ils subirontune quarantaine.
Quant au retour des pèlerins, 1l faudra les surveiller surtout avant leur entrée dans la Méditerranée, on s’appliquera à mettre simplement en vigueur les mesures prises pour la traversée du canal de Suez.
Telle est en quelques mots l’histoire des quarantaines et des mesures sanitaires prises jusqu'au règlement de 1896. Nous allons maintenant étudier celui-ci surtout au point de vue des quarantaines établies à l'entrée de nos ports Français.