‹ Les quarante eingChapitre 16 sur 25 · LA LEÇON · texte numérisé non relu

LA LEÇON

L'escrime n'était point, à l'époque dont nous essayons, non-seulement de raconter les événements, mais encore de peindre les mœurs et les habitudes, ce qu'elle est aujourd'hui.

Les épées, tranchantes des deux côtés, faisaient que l'on frappait presque aussi souvent de taille que de pointe ; en outre, la main gauche, armée d'une dague, était à la fois défensive et offensive : il en résultait une foule de blessures, ou plutôt d'égratignures , qui étaient dans un combat réel un puissant motif d'excitation.

Quélus, perdant son sang par dix-huit blessures, se tenait debout encore, continuait de combattre, et ne fût pas tombé, si une dix-neuvième blessure ne l'eût couché dans le lit qu'il ne quitta plus que pour le tombeau.

L'escrime, apportée d'Italie, mais encore dans l'enfance de l'art, consistait donc à cette époque dans une foule d'évolutions qui déplaçaient considérablement le tireur et devaient, sur ud terrain choisi par le hasard, rencontrer une foule d'obstacles dans les moindres accidents du sol.

Il n'était point rare de voir le tireur s'allonger, se rac» courcir, sauter à droite, sauter à gauche, appuyer une main à terre ; l'agilité non-seulement de la main, mais encore des

jaoîhes, mais de tout le corps, devait être une des premières conditions de l'art.

Chicot. ne paraissait pas avoir appris l'escrime à cette école; on eût dit, au contraire, qu'il avait pressenti l'art moderne, dont toute la supériorité, et surtout toute la grâce, est dans l'agilité des mains et la presque immobilité du corps.

Il se posa droit et ferme sur l'une et l'autre jambe, avec un poignet souple et nerveux à la fois, avec une épée qui semblait un jonc flexible et pliant depuis la pointe jusqu'à la moitié de la lame, et qui était d'un inflexible acier depuis la garde jusqu'au milieu.

Aux premières passes, en voyant devant lui cet homme de bronze, dont le poignet seul semblait vivant , frère Jacques eut des impatiences de fer qui ne produisirent .sur Chicot d'autre effet que de faire détendre son bras et sa jambe au moindre jour qu'il apercevait dans le jeu de son adversaire, et l'on comprend qu'aveu cette habitude de frapper autant d'estoc que de pointe, ces jours étaient fréquents.

A chacun de ces jours, ce grand bras s'allongeait donc de trois pieds, et poussait droit dans la poitrine du frère un coup de bouton aussi méthodique que si un mécanisme l'eût dirigé, et non un organe de chair incertain et inégal.

A chacun de ces coups de bouton, Jacques, rouge de colère et d'émulation, faisait un bond en arrière.

Pendant dix minutes, l'enfant déploya toutes les ressources de son agilité prodigieuse : il s'élançait comme un chat-tigre, il se repliait comme un sevpent, il se glissait sous la poitrine de Chicot, bondissait à droite et à gauche; mais celui-ci, avec son air calme et son grand bras, saisissait son temps, et, tout en écartant le fleuret de son adversaire, envoyait toujours le terrible bouton à son adresse.

Frère Borromée pâlissait du refoulement de toutes les passions qui l'avaient surexcité naguère.

Enfin, Jacques se rua une dernière fois sur Chicot qui, le voyant niai d'aplomb sur ses jambes, luf présenta un jour pour qu'il se fendît à fond.

Jacques n'y manqua point, et Chicot, parant avec raideur, écarta le pauvre élève de la ligne d'équilibre, à tel point qu'il perdit contenance et tomba.

Chicot, immobile comme un roc, était resté à la même place.

Frère Borromée se rongeait les doigts jusqu'au sang.

— Vous ne nous aviez pas dit, Monsieur, que vous étiez un pilier de salle d'armes, dit-ik,

— Lui 1 s'écria Gorenflot ébahi, mais triomphant par un sentiment d ■amitié facile à comprendre; lui, il ne sort jamais I

— Moi, un pauvre bourgeois, dit Chicot; moi, Robert Briquet, un pilier de salle d'armes 1 Ah 1 monsieur le trésorier !

-—Mais enfin, Monsieur, s'écria frère Borromée, pour manier une épée comme vous le faites, il faut avoir énormément exercé.

•*- Eh! mon Dieu, oui, Monsieur, répondit Chicot avec bonhomie , j'ai en effet tenu quelquefois l'épée.; mais en la tenant j'ai toujours vu une chose*

— Laquelle?

— C'est que, pour celui qui la tient, l'orgueil est un mauvais conseiller, et la colère un mauvais aide. Maintenant, écoutez, mon petit frère Jacques, ajoutait-il, vous avez un joli poignet, mus vous n'avez ni jambes ni tête; vous êtes vif, mais vous ne raisonnez pas. 41 y a dans les armes trois choses essentielles: la tête d'abord, puis la main et les jambes , avec la première on peut se défendre, avec la première et la seconde on peut vaincre; mais en réunissant les trois on vainc toujours.

— Ohl Monsieur, dit Jacques, faites donc assaut avec frère Borromée ; ce sera certainement bien beau à voir.

Chicot, dédaigneux, allait refuser la proposition ; mais il réfléchit que peut-être l'orgueilleux trésorier en prendrait-il avantage.

— Soit, dit-il, et si frère Borromée y consent, je suis à, ses ordres* e

— Non, Monsieur, répondit le trésorier, je serais battu; j'aime mieux l'avouer que de faire preuve.

— Oht qu'il est modeste, qu'il est aimable 1 dit Gorenflot.

— Tu te trompes, lui répondit à l'oreille l'impitoyable Chicot, il est fou de vanité; à son âge, si j'eusse trouvé pareille occasion, j'eusse demandé à genoux la leçon que * Jacques vient de recevoir*

Cela dit, Chicot reprit son gros dos, ses jambes circonflexes, sa grimace éternelle, et revint s'asseoir sur son banc.

Jacques le suivit; l'admiration l'emportait chez le jeune homme sur la honte de la défaite.

— Donnez-moi donc des leçons, monsieur Robert, disait-il ; le seigneur prieur le permettra : n'est-ce pas, Votre Révérence?

— Oui, mon enfant, répondit Gorenflot; avec plaisir.

— Je ne veux point marcher sur les brisées de votre maître, mon ami, dit Chicot; et il salua Borromée.

Borromée prit la parole.

— Je ne suis pas le seul maître de Jacques, dit-il, je n'enseigne pas seul les armes ici; n'ayant pas seul l'honneur, permettez que je n'aie pas seul la défaite.

— Qui donc est son autre professeur? se hâta de demander Chicot , voyant chez Borromée la rougeur qui décelait la crainte d'avoir commis une imprudence.

— Mais personne, reprit Borromée, personne.

— Si fait! si fait, dit Chicot, j'ai parfaitement entendu. Quel est donc votre autre maître, Jacques?

— Eh! oui, oui, dit Gorenflot; un gros court que vous m'avez présenté, Borromée, et qui vient ici quelquefois; une bonne ngure, et qui .boit agréablement.

— Je ne me rappelle plus son nom, dit Borromée< Frère Eusèbe, avec sa mine béate et son couteau passé

dans sa ceinture, s'avança niaisement,

— Je le sais, moi, dit-il.

Borromée lui fit des signes multipliés qu'il ne vit pas.

— C'est maître Bussy-Leclerc, continua-t-il, lequel a été professeur d'armes à Bruxelles*

— Ah! oui-da! fit Chicot, maître Bussy-Leclerc! une bonne lame, ma foi !

Et tout en disant cela avec toute la naïveté dont il était capable, Chicot attrapait au passage le coup d'œil furibond que dardait Borromée sur le malencontreux complaisant.

— Tiens, je ne savais pas qu'il s'appelât Bussy-Leclerc. On avait oublié de m'en informer, dit Gorenflot.

— Je n'avais pas cru que le nom intéressât le moins du monde Votre Seigneurie, dit Borromée.

— En effet, reprit Chicot, un maître d'armes ou un autre, pourvu qu'il soit bon, n'importe.

— En efTet, n'importe, reprit Gorenflot, pourvu qu'il soit bon.

Et là-dessus il prit le chemin de l'escalier de son appartement, escorté de l'admiration générale.

L'exercice était terminé.

Au pied de l'escalier, Jacques réitéra sa demande à Chicot, au grand déplaisir de Borromée ; mais Chicot répondit :

— Je ne sais pas démontrer, mon ami; je me suis fait tout seul avec de la réflexion et de la pratique : faites comme moi : à tout sain esprit le bien profite.

Borromée commanda un mouvement qui tourna tous les moines vers les bâtiments pour la rentrée.

Gorenflot s'appuya sur Chicot et monta majestueusement l'escalier.

— J'espère, dit-il avec orgueil, que voilà une maison dévouée au service du roi, et bonne à quelque chose, lïein?

— Peste 1 je le crois bien, dit Chicot; on en voit de belles, révérend prieur, lorsque l'on vient .chez vous,

— En un mois tout cela, en moins d'un mois même.

— Et fait par vous?

— Fait par moi, par moi seul, comme vous voyez, dit Gorenflot en se redressant.

— C'est plus que je n'attendais, mon ami, et quand je reviendrai de ma mission...

— Ah! c'est vrai, cher ami! parlons donc de votre mis* sion.

— D'autant plus volontiers que j'ai un message, ou plutôt un messager, à envoyer au roi avant mon départ.

— Au roi, cher ami, un messager? vous correspondez donc avec le roi?

— Directement.

— Et il vous faut un messager, dites-vous?

— Il me faut un messager.

— Voulez-vous un de nos frères? Ce serait un honneur pour le couvent si un de nos frères voyait le roi.

— Assurément.

— Je vais mettre deux de nos meilleures jambes à vos ordres. Mais contez-moi, Chicot, comment le roi, qui vous croyait mort...

— Je vous l'ai déjà dit, je n'étais qu'en léthargie... et au moment venu j'ai ressuscité.

— Et pour rentrer en faveur? demanda Gorenflot.

— Plus que jamais, dit Chicot.

— Alors, fit Gorenflot en s'arrôtant, vous pourrez donc dire au roi tout ce que nous faisons ici dans son intérêt?

— Je n'y manquerai pas, mon ami, je n'y manquerai pas, soyez tranquille.

— Oh ! cher Chicot, s'écria Gorenflot, qui se voyait évéque.

— Mais d'abord, j'ai deux choses à vous demander.

— Lesquelles?

— La première, de l'argent, que le roi vous rendra*

— De l'argent l s'écria Gorenflot en se levant avec précipitation, j'en ai plein mes coffres. •

— Vous éteb bien heureux, par ma foi, dit Chicot.

— Voulez-vous mille écus?

— Non pas, c'est beaucoup trop, cher ami; je suis modeste dans mes goûts, humble dans mes désirs; mon titre d'ambassadeur ne m'enorgueillit pas, et je le cache plutôt que je ne m'en vante : cent écus me suffiront.

— Les voilà. Et la seconde chose?

— Un écuyer.

— Un écuyer?

— Oui, pour m'accompagner; j'aime la société, moi.

— Ah! mon ami, si j'étais encore libre comme autrefois, -dit Gorenflot en poussant un soupir.

— Oui, mais vous ne l'êtes plus.

— La grandeur m'enchaîne, murmura Gorenflot.

— Hélas I dit Chicot, on ne peut pas tout faire à la fois : ne pouvant avoir votre honorable compagnie, très-cher prieur, je me contenterai donc de celle du petit ifrère Jacques.

— Du petit frère Jacques?

— Oui, il me plaît, le gaillard.

— Et tu as raison, Chicot, c'est un sujet rare et qui ira loin.

— Je vais d'abord le mener à deux cent cinquante lieues, moi, si tu me l'accordes.

— Il est à toi, mon ami.

~ Le prieur frappa sur un timbre, au bruit duquel accourut un frère servant.

— Qu'on fasse monter le frère Jacques et le frère chargé des courses de la ville.

Dix minutes après, tous deux parurent sur le seuil de la porte.

— Jacques, dit Gorenflot, je vous donne une mission extraordinaire.

— A moi, monsieur le prieur? demanda le jeune homme étonné.

— Oui, vous allez accompagner M, Robert Briquet dans un grand voyage.

— Ohl s'écria dans un enthousiasme nomade le jeune frère, moi en voyage avec monsieur Briquet, moi au grand air, moi en liberté 1 Ah ! monsieur Robert Briquet, nous ferons des armes tous les jours, n'est-ce pas?

— Oui, mon enfant.

— Et je pourrai emporter mon arquebuse?

— Tu l'emporteras.

Jacques bondit et s'élança hors de la chambre avec des cris de joie.

— Quant à la commission, dit Gorenflot, je vous prie de donner vos ordres» Avancez, frère Panurge.

— Panurge! dit Chicot, à qui ce nom rappelait des souvenirs qui n'étaient pas exempts de douceur; Panurge 1

— Hélas 1 oui, fit Gorenflot, j'ai choisi ce frère qui s'appelle comme l'autre, Panurge, pour lui faire faire les courses que l'autre faisait.

— 11 est donc hors de service, notre ancien, ami?

— Il est mort, dit Gorenflot, il est mort

— Ohl fit Chicot avec commisération, le lait est qu'il devait se faire vieux.

— Dix-neuf ans, mon ami, il Avait dix-neuf aas.

— C'est un fait de longévité remarquable, dit Chicot;, il n'y a que les couvents pour offrir de pareils exemples.

LA PENITENTE.

Panurge, ainsi annoncé par le prieur, se montra bientôt

Ce n'était certes pas en raison de sa configuration morale

ou physique qu'il avait été admis à remplacer son défunt,

homonyme, car jamais figure plus intelligente n'avait été

déshonorée par l'application d'un nom d'âne.

C'était à un renard que ressemblait frère Panurge, avec ses petits yeux, son nez pointu et sa mâchoire en avant.

Chicot le regarda un instant, et pendant cet instant, si court qu'il fût, il parut avoir apprécié à sa valeur le messager du couvent.

Panurge resta humblement près de la porte. N

,— Venez là, monsieur lé courrier, dit Chicot ; connaissezvous le Louvre?

— Mais oui, Monsieur, répondit Panurge.

— Et dans le Louvre, connaissez-vous un certain Henri de Valois?

— Le roi?

— Je ne sais pas si c'est bien le roi, en effet, dit Chicot; mais enfin on a l'habitude de le nommer ainsi.

— C'est au roi que j'aurai affaire?

— Justement : le connaissez-vous?

— Beaucoup, monsieur Briquet.

— Eh bien, vous demanderez à lui parler.

— On nie laissera arriver?

— Jusqu'à son valet de chambre, oui; votre habit est un passe-port; Sa Majesté est fort religieuse, comme vous savez.

— Et qub dirai-je au valet de chambre de Sa Majesté? . — Vous direz que vous êtes envoyé par l'ombre.

— Par quelle ombre? > •

— La curiosité est un vilain défaut, mon frère.

— Pardon.

— Vous direz donc que vous êtes envoyé par l'ombre.

— Oui.

— Et que vous attendez la. lettre.

— Quelle lettre ?

— Encore l

— Ahl c'est vrai.

— Mon révérend, dit Chicot en se retournant vers Gorenflot, décidément j'aimais mieux l'autre Panurge.

— Voilà tout ce qu'il y a à faire? demanda le courrier.

— Vous ajouterez que l'ombre attendra en suivant tout doucement la route de Charenton.

— C'est sur cette route que j'aurai* à vous rejoindre, alors?

— Parfaitement.

Panurge s'achemina vers la porte et souleva la portière pour sortir : il sembla à Chicot qu'en accomplissant ce mou* vement, frère Panurge avait démasqué un écouteur.

Au reste, la portière retomba si rapidement que Chicot n'eût pas pu répondre que ce qu'il prenait pour une réalité n'était pas une vision.

L'esprit subtil de Chicot le conduisit bien vite à la presque certitude que c'était frère Borromée qui écoutait.

— Ahl tu écoutes ,«pensa-t-il; tant mieux, en ce cas je vais parler pour toi.

— Ainsi, dit Gorenflot, vous voilà honoré d'une mission du roi, cher ami?

— Confidentielle, oui.

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— Qui a rapport à la politique, je le présume? —Et moi aussi.

— Gomment I vous ne savez pas de quelle mission tous êtes chargé?

— Je sais que je porte une lettre, voilà tout

— Un secret d'État, sans doute?

— Je le crois,

— Et vous ne vous doutez pas?...

— Nous sommes assez seuls pour que je vous dise ce que je pense, n'est-ce pas?

— Dites; je suis un tombeau pour les secrets,

— Eh bien, le roi s'est enfin décidé à secourir le duc d'Anjou.

— En vérité?

— Oui; M. de Joyeuse a dû partir eette nuit pour cela»

— Mais vous, mon ami?

— Moi, je vais du côté de l'Espagne.

— Et comment voyagez-vous ?

— Dame! comme nous faisions autrefois, à pied, à cheval, en chariot, selon que cela se trouvera,

— Jacques vous sera d'une bonne compagnie pour le voyage, et vous avez bien fait de le demander, il comprend le latin, le petit drôle l

— J'avoue, quant à moi, qu'il me plaît fort.

— Cela suffirait pour que je vous le donnasse, mon ami; maiB je crois, en outre, qu'il vous serait un rude second, «n cas de rencontre,

— Merci, cher ami ; maintenant je n'ai plus, je crois, qu'à vous faire mes adieux.

— Adieu 1

—Que faites-vous? »

— Je m'apprête à vous donner ma bénédiction.

— Bah! entre nous, dit Chicot, inutile.

— Vous avez raison, répliqua Gorenflot, c'est bon pour des étrangers.

Et les. deux amis s'embrassèrent tendrement.

— Jacques I cria le prieur, Jacques I

'Panurge montra son visage de fouine entre les deux portières. ,

— Quoi! vous n'êtes pas encore parti? s'écria Chicot -—Pardon, Monsieur.

— Partez vite, dit Gorenflot, M. Briquet est pressé; où est Jacques?

Frère Borromée apparut à son tour, l'air doucereux et la bouche riante»

— Frère Jacques ! répéta le prieur.

— Frère Jacques est parti, dit le trésorier.

— Comment, parti 1 s'écria Chicot.

— N'avez-vous pas désiré que quelqu'un allât au Louvre, Monsieur?

— Mais c'était frère Panurge, dit Gorenflot

— Oh! sot que je suis! j'avais entendu Jacques, dit Borromée en se frappant le front.

Chicot fronça le sourcil; mais le regret de Borromée était en apparence si sincère, qu'un reproche eût paru cruel.

— J'attendrai donc, dit-il, que Jacques soit revenu. Borromée s'inclina en fronçant le sourcil à son tour.

— A propos, dit-il, j'oubliais d'annoncer au seigneur prieur, et j'étais môme monté pour cela, que la dame inconnue vient d'arriver et qu'elle désire obtenir audience de Votre Révérence.

Chicot ouvrit des oreilles immenses

— Seule? deman la Gorenflot.

— Avec un écuyfcr»

— Est-elle jeune ? demanda Gorenflot.

Borromée baissa pudiquement les veux.

— Bon ! il est hypocrite, pensa Chicot.

— Elle parait encore jeune! dit Borromée.

— Mon ami, dit Gorenflot en se tournant du côté du faux Robert Briquet, tu comprends ?

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