Dans le pourpris de ceste cité belle
Dieu a logé l'homme comme en lieu sainct, Comme en vn Temple, où luymesmes s'est peinct En mil endroicts de couleur immortelle.
8. Il n'y a coing si petit dans ce Temple Où la grandeur n'apparoisse de Dieu :
L'homme est planté iustement au milieu, A fin que mieux par tout il la contemple.
9. Il ne sçauroit ailleurs mieux la cognoistre Que dedans soy, où, comme en vn miroir, La terre il peut et le ciel mesme voir,
Car tout le monde est compris en son estre.
10. Qui a de soy parfaicte cognoissance N'ignore rien de ce qu'il fault sçauoir : Mais le moyen asseuré de l'auoir,
Est se mirer dedans la sapience.
11. Ce que tu vois de l'homme n'est pas l'homme. C'est la prison où il est enserré,
C'est le tombeau où il est enterré,
Le lict branlant où il dort vn court somme.
12. Ce corps mortel, où l'œil rauy contemple Muscles et nerfs, la chair, le sang, la peau,
Ce n'est pas l'homme, il est beaucoup plus beau, Aussi Dieu l'a reserué pour son temple.
dire : 0 bien-aimée cité de Jupiter! » Ibid., VI, xliv, p. 171. « J'ai une cité, une patrie : comme Antonin, c'est Eome; comme iiomme, le monde. » Cf. encore XII, xxvi, p. 311 etxxxvi, p. 317. « O homme, tu as été citoyen de la grande cité. »
10. Cette maxime peut compter parmi celles que l'on a le plus souvent répétées. Socrate passe pour l'avoir considérée comme le fondement de la sagesse. (Xénophon, Mémorables, III, ix, p. 101.) — Boèce, Coiisol., II, V, 81. — Stobée, Sermo LXXX, pp. 138, 15, 35 et 139, 30.
12-13. Faure, Quatrains, III, p. 30. — Mathieu, Tablettes, I, 74. « L'homme n'est pas ce corps, son estofle est plus belle, | Car des beau-
13. A bien parler, ce que l'homme on appelle, C'est vn rayon de la diuinité,
C'est vn atome esclos de l'vnitê, C'est vn degout de la source éternelle.