‹ Les quatrains de PibracChapitre 11 sur 24 · Recognoy donc, homme, ton origine · texte numérisé non relu

Recognoy donc, homme, ton origine

Et, braue et haut, dédaigne ces bas lieux, Puis que fleurir tu dois là haut es cieux, Et que tu es vne plante diuine.

15. Il t'est permis t'orgueillir de la race, Non de ta mère ou ton père mortel.

Mais bien de Dieu, ton vray père immortel, Qui t'a moulé au moule de sa face.

16. Au ciel n'y a nombre infiny d'Idées : Platon s'est trop en cela mesconté.

De nostre Dieu la pure volonté

Est le seul moule à toutes choses nées.

17. Il veut, c'est faict sans trauail et sans peine. Tous animaux, iusqu'au moindre qui vit.

Il a créé, les soustient, les nourrit, Et les deffaict du vent de son haleine.

18. Hausse tes yeux ; la voûte suspendue, Ce beau lambris de la couleur des eaux, Ce rond parfaict de deux globes iumeaux. Ce firmament esloigné de la veuë,

tez du Ciel elle tient sa beauté, | Et quand le corps est mort, elle reste immortelle, | Comme un rayon sorty de la Divinité. » — On observera que les Quatrains 11-14 présentent un sens suivi, et développent une seule et même idée. Sénèqxie l'a exprimée plus d'une lois. (A Lucilius, XLI, p. 93 et LXXVI, p. 207.)

Page 1