Pasquier, Lettres, VII, 12, col. 193-B
5. Il conserva ce titre jusqu'en 1565. Son frère, Louis du Faur, lui succéda entre le 13 février et le l" août. A la première de ces dates, nous voyons l'autour des Quatrains agir, à Toulouse, en qualité déjuge mage et de commissaire chargé de l'exécution des lettres données par le roi en faveur de ceux qui avaient acheté de bonne foi les biens mis en vente, pendant la guerre, au préjudice des huguenots. Il existe, d'autre part, un arrêt du Parlement de Toulouse qui confirme, le 1" août, une ordonnance rendue quelque temps auparavant par Guy du Faur, « lors juge mage ». (Arch. mun. de Toulouse, Actes polit, et ad^ninistr., t. I, p. 78, 120.)
fut (en admettant que ses biographes n'aient pas ajouté à leur récit des éléments romanesques) l'époque la plus violente de son histoire. Grâce à son éloquence, non seulement il émerveilla les lettrés de ce royaume lointain, mais il ferma la bouche à ceux des nobles qui ne voulaient point que, chez eux, on couronnât un prince français ^. Puis, lorsque la mort de Charles IX eut ramené Henri dans son pays, Pibrac ne put quitter la Pologne qu'à travers bien des dangers. Il lui fallut se cacher au milieu des marécages, y demeurer longtemps presque enseveli dans la boue, traverser, en se couchant sur une branche d'arbre, un fleuve tumultueux, supporter les insultes et même la brutalité d'une troupe de bouviers^. A peine de retour en France, il fut renvoyé, pour calmer les partisans de son maître, en cette terre qu'il avait si périlleusement quittée. Des brigands l'assaillirent sur la route, assommèrent deux de ses domestiques, prirent son bagage et son argent. Sa fermeté ne se démentit point, et elle en imposa aux larrons ^ Rentré une seconde fois et nommé, en 1577, président au Parlement de Paris, il subit une épreuve moins effroyable, assurément, que celles qu'il venait d'essuyer, mais, peut-être, plus émouvante pour lui, car s'il pouvait aisément dompter la peur, il n'avait pas la force d'étouffer l'ambition ^. Il est donc probable qu'il souffrit beaucoup de la disgrâce où il ne tarda guère à tomber*, et qu'il lui fut assez amer de constater l'ingratitude royale. Cependant il était peu facile de se passer d'un tel serviteur. Tandis qu'il travaillait dans le Midi à mettre d'accord catholiques et protestants, le roi et le Parlement réclamaient, à Paris, ses lumières. Mais la reine mère, qui négociait alors en Languedoc et en Gascogne, prétendait le retenir, et elle déclarait qu'il lui aidait grandement à pacifier