LE MO^^tMENT DE MOLIÈRE
Du théâtre bouffon la gaité familière
D'abord a défrayé la toi ve de Molière ;
Son' génie incertain , aux faites se pliant,
Se forme sous le masque et s'essaye en riant.
Mais bientôt ce grand cœur dédaigne un art futile ;
Âui honunes qu^il amuse il voudrait être utile.
En lui deux sentiments profonds ont éclaté .
L'amour vrai de son art et de rhumanité.
11 fera parmi nous monter Tart dramatique
Plus haut que ne Font tu Rome et la Grèce antique ;
Ety de rhiunanité courageux déf(»iseur,
Des vices de son siècle il sera le censeur.
Longtemps ce grand dessein a mûri dans sa tête ;
Rien n'échappe au penseur, tout émeut le poète.
Pour les cJDmbattrc un jour, son âme a médité
Les fatales erreurs de la société :
Il voit le faux dévot, enseignant l'impostuit*,
Au nom de Dieu prêcher une morale impure ;
Le philosophe, au lieu d'éclairer le savoir,
En faire un puits obscur on l'on ne peut rien voir ;