‹ Les quatre ages: -Scènes du foyerChapitre 13 sur 17 · LE MONUMENT DE MOLIÈRE . 4'J · texte numérisé non relu

LE MONUMENT DE MOLIÈRE . 4'J

Cuui-tisan ridicule et chargé de bassesse, II voit le gentilhomme avilir la noblesse ; Enlin, en descendant des vices aux travers, Tous les faux sentiments par lui sont dccouvert^i : I^ bourgeois, dédaignant les veilus paternelles, (Cherche parmi les grands de dangereux modèles ; Le valet, qui naquit probe, sincère et bon, V^eut imiter son maître et devient un fri|K)n ; Le médecin, gonflé d'orgueil cl d'ignorance, Assassine les gens au nom de la science ; Dans sa prose ou ses vers, un mauvais écrivain Substitue à la langue un jargon fade et vain ; Et la femme, suivant de pédantes([ues traces. Immole au faux savoir son esprit et ses grâces. Des fourbes et des sots le règne est respecté . Pourra-t-il, détrônant leur fausse royauté.

Proclamer là morale et le bon goût pour règle?

Ali ! cet essor nouveau qu'embrasse son œil d'aigle.

:il) LE MOMMENT DE MOLIÈRE

Ce n'est |)|us un yauii jeu de baladui, d'acteur, (rest Fail du moi^aliste et du législateur.

En sévères leçons changeant la comédie, Coniuieut faii-e accepter la Tcrité haixlie?

^^aus fortune, sans uoui, sans faveur, sans appui, (Jue faire du dénum qu'il sent gi^aiidir en lui?

Sous un joug passager il a plié sa tctc, Il enchaîne Forgucil dans son cœur de poëte ; Humblement de son père il accepte remploi, Et Molière à la cour est tapissier du roi !

LE MONUMENT DE MOLIÈHE .'il

Protégé par ce roi que son génie amuse, Il peut choisir enfin la vérité pouc muse, Il ose, leur rendant leurs dédains méprisante, Devant toute la cour jouer les couiiisans.

Et, les i*ecoiuiaissant dans ce miroir magique, Louis quatorze absout le profond satirique, Et lui-même à Molière il fournit des portraits Dont ensemble parfois ils esquissent les traits.

Kegaitlez-le caclié dans la chanibi'e royale,

A Técart, épiant la foule qui s étale!

Il suit les courtisans de son regard moqueur.

Au tnivei*s de leur masque il pénètre leur cœur.

ObseiTateur discret, il devine en silence

Quelle servilité cache leur insolence ;

Puis il rit de trouver parfois sur son chemin

Leur impuissant mépris qu'il chàtira demain !

im LE MONUMENT DE MOLIERE

(]'est ainsi qu'il créa, soutenu par le troue, Ces chefs-d'œuvre haixlis dont notre espnt s'ëtwtue. Après les gi'ands seigneurs, il l'aille tour à tour Hainbouillet, son cénacle, et les nmeui*s de cour; Hnlin, comme Pascal, dans Tartufe il flagelle D'hypocrites puissants Taudacc et le faux zèle ; Et par un noble instinct, qu'on tente d'étouffer, J^ roi cède au poëte et le fait triompher!

11 est grand... à sa gloire il a plié les àniesl Mais que d'inimitiés ! que de haineuses traînes Coutre ce lier génie aloi-s on voit s'ourdir I (]eux qui, devant le roi, forcés de l'applaudir, N'osent pas à la cour montrer leur rage lio.stile, Esclaves révoltés, l'insultent k la ville.

Et les acteurs siffles et les méchants rimeurs, Unis aux courtisans, se font ses détracteurs !

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