D'UN CÉLIBATAIRE
îuelqiifs Hiis toussèrent, pour dissimuler leur mpressioii, et Tun d'eux m'adressa quelques [ueslions, sans doute pour s'assurer que je n'aais pas le cerveau déi'angé. Cette épreuve mlmalienta» N*étais-je pas libre de m'habiller à mon ont! De quel droit ces gens contrôlaient-ils mon oMume? Cependant je ne dis rien, et j'accomplis ranquillenUMit ma tâche.
ToiH Lawtoii était là, qui devait être satisfait ce >ni'-là, car on augmentait ses appointements. Ce- (Midaut il ni\jhservait d'un air de compassion, oimne s'il supposait aussi que ma raison fût poublée. En révanclie, Lucv sembla charmée de a réforme que j'avais opérée. Ainsi qu'elle me •ivait promis, elle me fit la lecture, elle chanta, < je riais et plaisantais gaiement avec elle. Quel« Ries semaines s'écoulèrent ainsi, puis de nouveau !' tristesse s'empara de moi. Je voyais que Lucv ««' se doutait pas du \Tai sentiment cpie j'éprouî^is p(mr elle ; je craignais de le lui révéler, et je <Hlevins pensif, contraint, morose. Un soir, après 'voir travaillé avecTom Lawton, dans un état d'aritation qui me rendait le travail extrêmement diffi- •'!<', je descefidis au jardin pour apaiser mon ef-
-96 SIMPLE HISTOIEE
fervescence fiévreuse dans la firaicheur de l'air. J'allais et venais de long en large dans notre euclos, quand tout h coup je reconnus la voix do Tom Lawton. Un mqt qu'il prononça excita ma curiosité. Je montai sur une pierre posée au pied de la fenèlre. Le volet était entr'ouvert ; par celte ouverture, je pouvais, sans qu'on m'aperçût, dis tinguer ce qui se passait dans la chambre où j âvais laissé mon adjoint.
A Taspect de la sc^e qui s'offrit à mes yeux, le sang me monta à la tête, et je me sentis près à tomber, comme par Teffet irrésistible du vertige. Cependant je fis un effort; je regai^dai encore, j'écoulai.
Tom était là, tenant entre ses mains la main de Lucy.
— Taisez-vous, dit la jeune fille; j'ai entendu du bruit. On vient; bonsoir, bonsoir.
— Non, non, répondit Tom ; c'est le vent qui chasse vers la fenêtre quelques feuilles mortes.
Âpres un instant de silence, Tom reprit la parole :
— Oh ! mademoiselle Lucy, dit-il, de grâce, laissez-moi causer encore un instant avec vous. Je