CHAPITRE XVII
7e Opération.
Fixer l'épreuve négative*
Eau ordinaire
500 gr.
Bain fixateur.
Hyposulfite de soude
Immergez le négatif dans ce bain , et laissez-l'y de quinze à vingt minutes; puis rincez à grande eau et faites dégorger l'épreuve , pendant deux heures au moins , dans de l'eau pure que vous aurez soin de renouveler.
Séchez entre deux feuilles de papier buvard.
Pour redonner à l'épreuve la transparence qu'avait la feuille cirée avant d'être soumise aux différentes opérations que nous venons de décrire , il suffit de l'approcher d'un bon feu de braise ; le peu de cire qu'elle contient se fond et lui rend sa translucidité.
Toutes les opérations dans lesquelles l'azotate d'argent joue un rôle doivent être faites à la clarté d'une simple bougie.
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D'après ce que nous venons de dire, il est facile de se convaincre que le procédé lalbotypique n'est pas aussi difficile que la daguerréotypie ; et cependant il arrive bien plus rarement d'obtenir une belle épreuve , d'après un négatif sur papier, que directement sur une lame de plaqué métallique. Les difficultés proviennent ici de la nature même de la matière employée, du papier, presque toujours rempli d'impuretés, offrant une pâte peu homogène et d'un grain inégal, toutes choses qui, pour ne pas arrêter la marche des opérations, exigent une application, un travail soutenu et intelligent et des soins que la daguerréotypie ne demande pas. Du reste, ces difficultés ne doivent jamais décourager l'opérateur; en luttant contre elles avec constance , il en aura raison presque toujours , car il ne faut point oublier que difficile et impossible ne sont pas synonymes.
Si le papier, par sa composition, est chimiquement et mécaniquement peu propre à fournir des images négatives d'une finesse et d'une pureté sans reproche, il faut ne pas se borner à choisir simplement les plus belles feuilles , mais il faut chercher à rendre la matière plus pure et la pâte plus homogène. Nous avons donné le moyen d'arriver à ce résultat par un encollage et un cirage préalables; il ne nous
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reste plus qu'à dire quelques mots des papiers en général et de leur amélioration possible. Ce travail, nous l'empruntons au Traité, plein d'heureux aperçus, que vient de publier notre ami M. Stéphane Geoffray, inventeur du procédé à la cérolèine, dont les belles épreuves justifient la réputation.
.... « Ce que nous savons de la manière dont se fabriquent les papiers peut suffisamment nous édifier sur ce qui manque à ces produits du commerce, quels qu'ils soient, pour remplir convenablement le but auquel nous les destinons en photographie.
Les défauts des papiers peuvent résulter soit de leur constitution physique , soit de leur composition chimique. Ils sont si variés et les moyens de correction sont si relatifs que le photographe doit toujours , s'il veut opérer sûrement et sans des frais exagérés, se donner la tâche de remédier lui-même au mal qu'il a reconnu.
Le papier est un véritable feutre végétal, c'est une feuille composée de fibres plus ou moins ténues, enchevêtrées de manière à former une étoffe plus ou moins consistante et solide. Il est donc criblé d'interstices capillaires qui le rendent perméable aux liquides et aux gaz.
Il y a là inconvénient et avantage.
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Inconvénient, si le feutrage n'est pas très-uniforme dans toutes ses parties; alors il n'y aura pas égalité de profondeur sur toute l'étendue de la couche sensible; des taches se produiront, par suite de l'accumulation, par places, des sels d'argent, etc.; l'harmonie de l'image deviendra impossible; les valeurs des demi-teintes seront faussées.
Avantage, car l'épreuve, si elle est négative, aura de la profondeur et une dégradation de teintes à laquelle les enduits sensibilisateurs seuls n'ont pas encore pu atteindre , si épais qu'on ait pu les appliquer sans danger sur le verre.
Cette condition d'un bon papier, d'être très-également perméable et d'absorber les enduits sensibilisateurs uniformément dans toute sa masse, est difficile à obtenir; car, en supposant que les fabricants veuillent bien un jour employer pour le même papier des chiffons de même nature et de même condition , les machines pourront-elles jamais triturer ceux-ci d'une manière assez parfaite; la pâte sera-t-elle étendue par les rouleaux toujours assez convenablement ; le feutrage enfin pourra-t-il être jamais assez serré et régulier pour dispenser le photographe de l'emploi de moyens améliorateurs ?
Ces moyens ne doivent-ils pas consister d'abord en
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un encollage nouveau à base de composition chimique identique à celle du papier?
Cet encollage doit former sur la feuille préparée un second papier hérissé, si je puis parler ainsi, de pointes rentrantes pour tous les interstices de celle-ci.
Il doit encore augmenter la consistance de l'étoffe du papier, pour que celle-ci puisse supporter plus facilement l'action désagrégeante des bains.
Enfin il doit glacer la feuille de telle sorte qu'elle puisse recevoir une image d'une finesse satisfaisante.
Les fabricants et les marchands ont pris l'habitude bien fâcheuse pour nous de faire passer sous des cylindres en fer les papiers, afin d'écraser leurs grains et de donner ainsi à des papiers peu fins une trèsbelle apparence. 11 résulte de ce glaçage un étirage du papier et un aplatissement de ses grains trèspernicieux à notre point de vue. L'agrégation naturelle de la texture est dérangée, d'une part; par suite, l'extension du papier dans les différents bains est fâcheusement irrégulière. D'un autre côté, les grains se trouvent tassés , comprimés de manière à ne pas offrir d'aspérités, il est vrai, mais à faire des papiers criblés de points très-denses , peu perméables ; de là, c'est évident, de nombreux désagréments dont le
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plus sensible est un pointillé général des épreuves.
Les papiers ainsi traités ont surtout besoin d'un second encollage bien composé.
La pâte du papier, avons-nous dit, est de la cellulose presque pure ; or, cette substance est parmi les corps d'origine végétale un des plus réducteurs. En se rappelant les observations qui précèdent sur l'irrégularité presque inévitable du grain dans les papiers, etc., on comprend combien une inégale répartition dans la feuille sensible cle cette substance active doit influencer la régularité de l'image photographique. D'un autre côté, si l'opérateur veut opérer à sec, il doit préserver ses enduits sensibles contre le pouvoir décomposant de la cellulose; il devra donc revêtir les fibres de son papier d'une enveloppe neutre, sans action trop forte, tout au moins, sur les substances photogéniques.
Cette enveloppe neutre doit être aussi choisie contraire aux éléments chimiques pernicieux restés dans le papier, malgré les lavages employés contre eux.
Le collage à la cuve ou dans les piles, qui se fait dans le plus grand nombre des fabriques aujourd'hui, a un inconvénient auquel un nouveau collage peut seul encore remédier.
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Quand le papier est fabriqué , il esl gratté , épluché, etc., et à chaque place où cette opération est pratiquée, son pouvoir absorbant est augmenté, au point que les dessinateurs au lavis prennent toujours la précaution, quand ils ont acheté un papier, de l'encoller de nouveau avant de l'employer.
Le collage à la cuve a un autre inconvénient; il exige des colles compliquées de réactifs très-énergiques, et s'il a l'avantage de mêler à la pâte du papier dans toute sa masse la même composition, il a le désagrément d'y introduire des corps souvent désastreux.
Dans le collage à la main, la colle ordinairement est simple, c'est de la gélatine faiblement alunée que des fabricants bien attentifs à nos besoins pourraient employer très-pure et très-belle. Après ce collage non plus, le papier ne boit par aucun de ses points (1).
Le nombre des substances qui en dehors de la cellulose, de l'amidon qui a une réaction presque iden-
(1) Ce n'est pas sans raison que plusieurs photographes éminents ont remarqué que les anciens papiers avaient des qualités supérieures à [celles des papiers actuels. Les anciens papiers étaient le plus souvent collés après fabrication et n'avaient pas subi la pression des cylindres à glacer.
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tique, photographiquement parlant, de la gélatine dont la présence n'a rien de trop fâcheux, le nombre des autres substances qui peuvent rester dans le papier par accidents ou faute de soins de la part du fabricant, ou par nécessité de fabrication, est trèsgrand : voyons les moyens de les reconnaître pour ensuite les extraire ou les neutraliser, voire même les occuper avantageusement.
Les taches métalliques peuvent s'être introduites dans la pâte du papier pendant le triturage sous l'action des clous des maillets ou des tranchants des cylindres , par suite de la malpropreté des cuves et des diverses boîtes employées àla manœuvre; elles peuvent s'être formées sur les toiles métalliques, sous les cylindres presseurs; elles peuvent avoir été produites par le dépôt de la poussière des ateliers, etc., etc.
On les reconnaîtra le plus souvent à leur éclat. Quelques-unes cependant sont si bien dissimulées par le glaçage qu'on ne peut pas les reconnaître à l'œil. En effet , elles ne forment pas seulement des points brillants ou de rouille, mais encore de véritables graissages. Il est donc toujours prudent de traiter les papiers, quels qu'ils soient, par un acide bien choisi; des sels se produiront qui pourront être
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lavés facilement. De plus , l'emploi d'un acide , en nécessitant le bain subséquent d'ammoniaque, permet d'épurer en même temps la feuille de tous les corps gras qui la souillent peut-être, soit à l'intérieur, soit à la surface. La présence des corps gras dans le papier s'explique facilement par le toucher qu'il subit tant de fois et par le contact des machines (1).
(4) Les taches de fer sont désespérantes surtout sur les positifs; elles constituent des points noirs, isolés, quelquefois aussi des étincelles noires, qu'on ne peut enlever sans détruire, soit la teinte, soit la ligne, sur toute la place avoisinante.
Les taches de cuivre sont moins fâcheuses, parce que leur couleur est toujours plus faible; on les dissout d'ailleurs plus facilement : le bain de chlorure d'or acide les atténue souvent au point de les rendre supportables.
Le zinc ne fait pas tache par pointillé, il dérange seulement un peu la vigueur des noirs et grise quelquefois l'épreuve par places.
Les défectuosités qui précèdent manifestent leurs effets sous l'influence des bains révélateurs, quelquefois encore sous celle des tains fixateurs.
Les corps gras dérangent la perméabilité du papier et empêchent l'homogénéité du second collage et l'uniformité de la couche sensible ; ils peuvent même influencer chimiquement celle-ci à leur place.
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