‹ Les quatre branches de la photographieChapitre 32 sur 74 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

des enduits améliora<eiiB*§.

Ce qui précède sur la composition , la fabrication, le collage et les derniers apprêts des papiers du commerce, explique assez la nécessité d'enduire par des préparations différentes et préalables les papiers destinés aux travaux photographiques (1).

Je donne ci-dessous plusieurs formules normales, qui pourront , les deux premières surtout, être mo-

(1) En effet, on comprend que si le papier, avant de recevoir la couche sensible, n'est pas complètement amélioré de manière à remplir toutes les conditions d'un papier photographiquement parfait, l'enduit sensibilisateur le pénétrant subira les conséquences de tous ses défauts : la capillarité de ses interstices, l'irrégularité de ses grains, l'influence des réactifs qu'il contiendra, la force de réduction qui lui est propre, etc., etc. D'une part, l'enduit moulera, en répétant sa forme, le papier, si je puis parler ainsi ; d'un autre côté, les substances sensibles seront en contact immédiat avec la matière même de ce papier.

TALBOTYPIIS.

ditiées, soit dans la proportion, soit dans le nombre de leurs éléments, ou être combinées ensemble dans leur emploi, suivantlebutetl'expérience de l'opérateur.

D'une part. Dans un vase en verre ou en terre vernissée contenant 200 gr. d'eau distillée, introduisez 25 gr. d'amidon soluble et 15 gr. de sucre ordinaire; faites bouillir, en remplaçant l'eau vaporisée, jusqu'à limpidité complète du mélange, laissez refroidir et filtrez.

Ou mieux, dans 200 gr. d'eau distillée, introduisez 25 gr. d'iodure d'amidon soluble (1) et 10 gr. de sucre, faites bouillir, comme il est dit précédemment, laissez refroidir et filtrez.

Ou encore, dans 100 gr. d'eau distillée mêlez à froid 100 gr. du sirop d'iodure d'amidon du docteur Quesneville et filtrez.

D'au tre part. Dans un vase contenant 200 gr. d'eau distillée (2), faites dissoudre 30 gr. de sucre de lait modifié.

(1) Je dois au docteur de Viry qui m'a aidé fréquemment de ses savants conseils , l'idée d'employer en photographie les amidons solubles du docleur Quesneville. Ces corps qu'on trouve partout très-bien préparés rendront, j'en suis persuadé, de grands services dans la préparation des papiers photogéniques.

(2) Si je n'ai pas d'eau distillée par mes propres soins, je prends

ÏALBOTYPIE.

Enfin, d'un autre côte, battez ensemble 200 gr. d'eau distillée, et quatre blancs d'œufs, laissez reposer au frais pendant quelques heures et décantez.

Mêlez ensemble les trois dissolutions et filtrez avec soin. La liqueur ainsi préparée sera conservée dans des flacons bien bouchés. Elle peut servir jusqu'à épuisement.

Faites dissoudre à chaud ou à froid 100 gr. de sucre de lait modifié dans 400 gr. d'eau distillée. Filtrez avec soin la dissolution quand vous la voyez complète, et conservez-la dans des flacons bien bouchés au liège.

Il peut être avantageux dans certains cas d'avoir un encollage très-chargé; alors, si on emploie la poudre d'iodure d'amidon soluble ou le sirop d'iodure d'amidon soluble en forte proportion (1), il est bon de remplacer l'albumine par de la gélatine comme

de l'eau de pluie, recueillie avec précaution. J'emploie l'eau distillée du commerce, à la dernière extrémité.

L'eau distillée du commerce provient généralement des machines à vapeur et se trouve souillée soit de corps gras , soit de corps métalliques ; quand elle est distillée par les pharmaciens, elle a été obienue dans les alambics ayant contenu toutes espèces d'aromes qui chargent l'eau d'essences empyreumatiques.

(1) On sait que Tiode est un coagulant énergique de l'albumine

TALBOTYPIE.

liant ; ce dernier corps supporte plus facilement sans se coaguler la présence de l'iode, Si cet emploi est fait, il faudra tenir son bain sur un feu doux pendant l'imprégnation des papiers (1).

On pourrait aussi aider à la dissolution complète de l'iodure d'amidon, par du sous-carbonate de soude (2 pour 10) au lieu de sucre. Cette composition est favorable au solutum d'albumine.

Il ne serait pas sans avantage de remplacer l'eau distillée employée comme véhicule, dans cette formule et la précédente, par du sérum en mêmes proportions. Les propriétés conservatrices de ce corps ajouteraient aux qualités des deux enduits.

Prenez 5 grammes de coton-poudre, faites-les dissoudre dans 100 grammes d'alcool à 36° et d'éther à 60°, et employez ce collodion très-étendu en bain plus ou moins abondant, peu importe (2).

(1) Je crois devoir rappeler ici une propriété de la gélatine, importante pour son application en photographie. Ce corps, s'il a bouilli longtemps, n'est plus capable de se prendre en gelée, si concentrée que soit sa dissolution.

(2) A ceux auxquels les procédés que j'indique pour l'encollage supplémentaire des papiers ne suffiraient pas , je crois devoir signaler différentes substances que M. Legray et plusieurs autres photographistes distingués ont recommandées comme enduits pouvant servir de véhicule aux iodures (on les emploierait alors comme

TALBOTYPIE.

Prenez , en quantité suffisante pour faire un bain abondant, de l'huile de houille rectifiée ; vous pouvez employer avantageusement cette substance sans aucune addition. Évitez de l'exposer trop longtemps à la lumière, si vous la gardez en provision.

encollage préliminaire , en évitant d'y introduire des substances sensibilisatrices), je veux parler de l'inuline insoluble dans l'eau froide et soluble dans l'eau chaude, de la glycyrrhizine qui est précipitée par les acides les plus faibles. La gélatine, très-peu soluble à froid et précipitée par l'acide gallique, les mucilages d'un grand nombre de végétaux, les solutum à l'alcool ou à l'éther, ou à la benzine, d'un grand nombre de substances végétales et animales, peuvent être employés de la même manière et avec plus ou moins de succès.

En résumé, tout enduit non soluble dans les bains qui serviront à iodurer le papier pourra être d'un effet plus ou moins avantageux pour l'amélioration préalable de celui-ci.

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