‹ Les quatre branches de la photographieChapitre 33 sur 74 · EMPLOI · texte numérisé non relu

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des enduits améliorateurs*

Quand vous avez examiné votre papier par transparence, que vous l'avez choisi d'une texture régulière autant que possible, et que vous l'avez essayé chimiquement, vous le triez suivant que vous le jugez plus propre à recevoir des images négatives ou positives, suivant sa transparence et la pureté de sa pâte à l'intérieur, la nature de son collage et le genre de son tissu. Puis, vous lui faites subir, selon vos besoins, les améliorations nécessitées par son état.

J'ai déjà conseillé de soumettre tout papier à l'action de l'acide citrique. Cette précaution permet encore , si elle est faite avec discernement , de neutra-

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liser les acides ou les alcalis reconnus en excès dans le papier dont on dispose.

Quant au bain indiqué ailleurs, il est destiné aux papiers insuffisamment collés, à grains forts, à texture irrégulière, etc., à tous papiers ordinaires enfin.

Employé comme enduit sensibilisateur, ioduré ou chloruré, par conséquent, il donne des positifs d'une grande beauté.

Les feuilles qu'on veut améliorer doivent y être plongées une à une et y rester immergées pendant trois ou quatre minutes , puis suspendues et séchées librement. Comme enduit sensibilisateur pour positifs , il doit enduire le papier d'un côté seulement. Ce nouvel encollage a toutes les qualités signalées aux pages précédentes.

Il donne encore aux épreuves des noirs d'une trèsgrande intensité et de la richesse au dessin; l'image a toujours l'air d'être venue sans peine. Il produit tous ses effets, quand les enduits sensibilisateurs ont pour dissolvant, ou l'alcool, ou la benzine, ou l'essence de térébenthine, tous corps coagulant l'albumine ; car c'est à cette coagulation que l'encollage dont il est parlé doit sa plus grande valeur.

Si les papiers sont très-bien collés déjà, si d'ailleurs leur pâte est bien homogène, s'ils ont une

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texture et un grain réguliers, il est bon de les enduire de la préparation au sucre de lait modifié. Ils gagneront à celte imprégnation de leurs fibres la précieuse qualité de conserver à sec leur sensibilité beaucoup plus longtemps , et de donner une image très-pure avec de beaux noirs et des blancs parfaitement ménagés.

L'enduit dont il est question étant très-solubledans l'eau, on comprend qu'il est d'un usage avantageux, surtout avec les bains iodurés non aqueux. Les bains de sucre de lait modifié ont aussi l'avantage de neutraliser par l'acide citrique les effets de la chaux si le papier en garde encore.

Les papiers , se trouvant dans les bonnes conditions des précédents , gagneront encore de grands avantages à être immergés dans les bains d'huile de houille.

Cette opération peut être répétée deux et trois fois pour rendre le papier bien imperméable ; alors il est capable de recevoir une couche de collodion photogénique et de produire ainsi des négatifs très-beaux.

Les préparations à l'albumine y trouvent le même avantage que dans l'emploi du papier ciré ; elles peuvent fournir un excellent papier sec.

Les épreuves positives, obtenues à la surface de

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papiers imprégnés d'huile de houille , puis revêtues d'un enduit quelconque, sont remarquables par la vigueur et la fraîcheur de leurs teintes. Ces papiers sont peu propres d'ailleurs à donner des épreuves dans la profondeur de leur pâte ; car, employés dans ce but, ils sont d'une trop grande lenteur (1).

Nous avons eu occasion de rappeler l'influence de l'air comme réducteur sur les enduits sensibilisateurs. C'est par suite de cette influence combinée avec l'action de la cellulose et des esprits que le collodion sur papier ordinaire et même sur papier collé aux résines est si chanceux; c'est pourquoi aussi l'albumine, qui se conserve sensible à sec sur verre pendant plusieurs jours, ne peut pas se conserver sur papier. Nous croyons avoir vaincu cet inconvénient des papiers de filtrer l'air, en les revêtant du côté qui doit recevoir l'enduit sensibilisateur d'une couche de collodion ; pour cela, j'étends mon papier à modifier sur une glace en le collant par ses bords, j'y fais couler une couche de collodion comme sur verre, je le laisse sécher, puis je l'enduis d'albumine, n'importe par quelle méthode. Le séchage doit toujours être fait à air libre.

(1) C'est pourquoi j'ai renoncé à employer, avec les iodures, l'huile de houille comme enduit sensibilisateur.

Il m'arrive quelquefois et avec succès de passer au préalable, avant de le tendre sur la glace, mon papier à l'huile de houille.

Il est très-important de sécher parfaitement les feuilles passées dans les bains améliorateurs, avant de les enduire des préparations sensibilisatrices.

Ai-je besoin d'expliquer pourquoi je distingue l'enduit sensibilisateur de l'enduit améliorateur et pourquoi je conseille l'emploi de l'un avant l'autre? Vouloir produire le même résultat par une seule opération, c'est, même dans le cas où cela semble possible, tourner dans un cercle vicieux, comme il est dit dans un autre ordre d'idées.

On a, dans ces derniers temps, interverti les rôles des enduits dans leur emploi; c'est ainsi qu'on a commencé à enduire les papiers de substances éminemment grasses et se désagrégeant par cassures sous l'action de l'eau , pour ensuite revêtir le papier ainsi préparé d'un mucilage quelconque, sans observer qu'en tous cas , par cette manière de faire succéder les enduits, on détruisait l'effet du premier par l'application du second. Le papier ciré ou térébenthinociré, ou benzino-ciré , passé ensuite dans un bain iodurant à l'eau qui doit le pénétrer mécaniquement, se trouve ramené, au point de vue du grain, à un état

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bien plus fâcheux qu'avant toute préparation. La cire «dors ne peut plus avoir qu'un seul de ses avantages, celui de garnir les fibres de manière à conserver le papier sensible à sec. Au contraire, elle donne aux épreuves un grenu qui devient leur défaut normal. La finesse pure des détails n'existe chez celles-ci que par hasard. De plus, leur sensibilisation est rarement régulière. »

Nous n'avons que peu de mots à ajouter aux appréciations si justes et aux conseils si bien motivés de M. Geoffray. Depuis quelque temps le commerce, spéculant sur la paresse des opérateurs, livre des papiers salés qui ne possèdent ni la quantité de sel ni la propreté désirables; ils sont si mal collés, si faibles, qu'ils ne peuvent supporter les bains et s'y désagrègent. Aurons-nous à déplorer longtemps encore un tel état de choses, et, malgré notre patriotisme, serons-nous toujours forcés de recommander le papier de Saxe ?

Pour le papier positif et le tirage d'épreuves, voyez plus loin au traité du Collodion.

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