‹ Les quatre branches de la photographieChapitre 43 sur 74 · TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ

SUR COLLODIO^.

INTRODUCTION

Quelque légitimes que soient les prétentions de M. Legray à la découverte de l'emploi du collodion en photographie, quelque mieux fondées que puissent être celles de M. Bingham, nous n'en sommes pas moins autorisé à donner le nom d'archerotypie à l'ensemble des opérations qui constituent ce procédé photographique. M. Archer a doté la photographie d'une méthode remarquable , qui, par la

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beauté et la constance des résultats , la facilité et la rapidité des opérations, tend de jour en jour à se substituer aux anciens procédés.

Tout le monde n'est cependant pas encore du même avis sur ce point, et il ne manque pas de personnes qui nient les mérites de la photographie sur collodion. Quand il s'agit de portraits, il n'est point de contestation possible : douceur, finesse, modèle, facilité d'emploi, rapidité d'exécution, rien ne manque au procédé de M. Archer.

Mais s'il s'agit de reproduire des monuments sur une grande échelle, s'il s'agit de copier en voyageant un paysage , le collodion présente quelques difficultés, et chacun aussitôt lui jette la pierre. Voulez-vous savoir ce qu'on lui reproche ?tL'impossibilité de son emploi à sec et l'obligation d'avoir une tente, une voiture, un abri enfin, pour opérer dans l'obscurité et sur le lieu même.

Voilà de grands arguments ; certes, il y a quelque chose de vrai dans ces griefs, et nous sommes loin de le nier; cependant, les procédés qui viennen„ d'être publiés pour l'emploi du collodion sec ou conservé humide nous donneraient moyen de répondre victorieusement; mais nous aimons mieux défendre le collodion par les avantages mêmes que le collodion

présente. Que Ton tienne compte de la réussite complète et presque immanquable de ce procédé , que l'on ait égard à la facilité et à la rapidité de son exécution , et l'on s'apercevra qu'il ne saurait y avoir d'inconvénients capables de déprécier une méthode opératoire qui permet d'obtenir dix négatifs pendant qu'un opérateur, sur albumine ou sur papier sec, achève à peine sa première feuille dans la chambre noire.

Si nous passons maintenant aux préparations qu'il faut faire subir au papier sec ou à l'albumine, si nous considérons les soins, les difficultés, le temps qu'il faut pour mener à bonne fin ces opérations, i nous tenons compte des nombreux échecs qui viennent arrêter si souvent les opérateurs s'essayant à ce genre de travail , que dirons-nous de ces deux procédés qui, après avoir exigé quelques heures de soins assidus, minutieux, difficiles pour la préparation de quelques feuilles , un temps excessivement long pour la pose, une demi-journée de séjour dans le bain réducteur ou fixateur; que dirons-nous de ces deux procédés et de ceux qui veulent les comparer, ou qui les préfèrent au collodion, lorsque ce dernier, dans le même espace de temps et presque sans travail, fournirait des clichés par douzaines?

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Mais si, abstraction faite de leur mérité comme finesse, nous comparons entre eux les procédés sur collodion et sur papier sec, on verra bientôt quel est celui qui mérite la préférence. Sur papier sec, en effet, le temps de la pose ne saurait être dépassé sans que les demi-teintes et les ombres ne prennent à peu près la même valeur, que les grands clairs ne perdent leur éclat. Les premiers plans ne serviront plus alors de repoussoir aux derniers; le cliché deviendra d'une uniformité de ton désespérante. Dans le cas d'une pose trop courte, au contraire, le ton général sera dur et heurté, le cliché, uniquement composé de blanc et de noir, ne présentera aucune demi-teinte , et le positif qu'on en tirera sera sans finesse et sans valeur. Nous n'entendons, certes, pas mettre en doute l'habileté photographique de quelques-uns de nos maîtres en talbotypie, et l'on peut dire qu'ils ont produit de vrais chefs-d'œuvre , mais ces chefs-d'œuvre sont en bien petit nombre, et sont le fruit de plusieurs années de travail. Encore ces chefs-d'œuvre, qui sont devrais tours de force, manquent ils le plus souvent de ces parties en demi-teinte, de ces tons vaporeux, de ces vigueurs de premier plan qui donnent à l'image une apparence de relief stéréoscopique. Ce défaut de profondeur dans

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les épreuves obtenues de clichés sur papier n'est pas rare clans celles qui ont une grande (inesse, et l'on peut dire qu'à mesure qu'un négatif sur papier approche davantage de la finesse du verre, il perd de plus en plus l'apparence du relief.

Il n'en saurait être de même pour le procédé sur collodion ; il suffit d'un peu d'expérience pour compenser par les agents réducteurs un défaut ou un excès dé pose, et l'on peut dépasser impunément du double le temps de la pose en été , et de bien davantage en hiver, sans que l'épreuve en souffre en aucune façon.

Quel est d'ailleurs le reproche le plus sérieux que l'on puisse faire au collodion? L'impossibilité de préparer les glaces sensibles longtemps à l'avance? Mais n'y a-t-il pas toujours près du lieu que l'on veut reproduire (paysage ou monument) une maison, une cabane , où il soit possible de se retirer pour préparer ses glaces, et le collodion ne saurait-il conserver sa sensibilité pendant 40 ou 50 minutes?

Le touriste photographe voyage-t-il dans le désert , il a sa tente; partout ailleurs, il a les abris ordinaires des voyageurs. Son bagage contient tout ce qui peut lui être utile : une cuvette , cinq à six llacons, douze glaces (voyez note 7, des négatifs).

Nous nous arrêtons, quoique nous n'ayons pas tout dit : ce n'est point sur l'inconnu que se fondent nos espérances; les progrès rapides faits par le procédé sur collodion rendent son triomphe prochain très-vraisemblable ; et si nous admettons que le problème de la conservation de l'iodure d'argent de sa couche ait été résolu, nous pouvons affirmer que ce procédé sera bientôt substitué à tous les autres.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

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