CHAPITRE XII
Développement de l'image. Objets et solution» nécessaires à cette opération.
4e OPÉRATION.
Un vase à bec pour arroser l'épreuve (1). Un flacon contenant :
lre Solution
' Eau distillée
Acide pyrogallique \ Acide acétique
100 grammes.
(1) Ce vase ne se trouve qu'au dépôt central de photographie, rue de Lancry, 46.
(2) C'est la dose normale de l'acide acétique en hiver et en été ; il en faut de 8 à 40 cent, cubes, si l'on désire des tons bleus, limpides et un plus heurtés. Tout cela est cependant très-variable. Voir note 3.
PHOTOGRAPHIE SUR COLLODION. 229 Un flacon contenant:
( Eau distillée 100 grammes.
2e Solution \
I Nitrate d'argent k —
Eau ordinaire pour lavage.
Pour une glace normale, mêliez environ 25 centimètres cubes de la première solution dans le verre à arroser, tenez la glace horizontalement, comme pour la collodionner (1), répandez le liquide sur la couche impressionnée, de telle sorte que la surface en soit entièrement couverte, sans solution de continuité;
(1) On pourrait placer la glace sur un support à niveau pour la soumettre à l'action de l'agent révélateur ; c'est le mode suivi par tous les photographes. Notre manière d'opérer a pour but : 4° d'empècher le dépôt de poudre fine d'acide pyrogallique de s'attacher au collodion et de le ternir : si cela arrivait, le cliché donnerait des 'épreuves pelucheuses et bavochées un peu semblables à celles que donnent les clichés-papier; la soie, le velours, etc., prendraient au positif l'aspect de la laine, etc. ; 2° de permettre à l'oxygène de l'air d'agir sur l'iodure d'argent : cette action chimique de l'air influe considérablement sur le développement de l'image : des expériences positives nous autorisent même à affirmer qu'elle est tout à fait indispensable , et que sans son concours il n'est pas de cliché parfait.
maintenez la glace ainsi horizontale pendant quelques secondes, l'image doit commencer à paraître : faites rentrer le liquide dans le verre et versez-le de nouveau immédiatement (1) sur le collodion; renouvelez cette manœuvre jusqu'à ce que l'image soit entièrement développée (voir note 4). Si vous avez au-dessous, mais un peu plus loin, votre petite lampe, vous pourrez juger de la venue de l'image, vous la verrez se dévlopper peu à peu, ou très-rapidement.Si l'image est longue à paraître (2), mais que
(1) Quand on fait entrer, pour la première fois, le mélange dans le verre, la glace, mise à nu, prend un aspect huileux, le liquide se retire, et l'on voit se dessiner aussitôt des ramifications à la surface de la couche. Ces ramifications feraient autant de taches; il faut donc se presser et même ne pas verser d'abord tout le liquide dans le verre. Après quelques lavages, l'agent révélateur a remplacé l'eau; il n'y a plus alors aucun danger. Pour mieux s'assurer si l'image est entièrement développée, posez l'angle droit de la glace sur le verre, approchez le cliché de la lampe, à 40 cent, de distance et observez attentivement. En été , il faut se presser : l'image passe vite au noir ; mais répétons encore, qu'un cliché vigoureux vaut mieux qu'un cliché faible ; avec ce dernier, on n'aura jamais que des positifs gris, sans finesse et sans vigueur.
(2) Il est des cas où l'image se produit si lentement que l'opérateur voit sur-le-champ qu'il n'en peut guère tirer parti comme négatif ; s'il ne veut donc pas en faire un positif direct, qu'il la metle au rebut (voir note 5).
cependant elle donne quelque espoir, il faut jeter le liquide qui se décompose et devient boueux, nettoyer le verre, faire un mélange à peu près égal des solutions n° 1 et n° 2, arroser derechef l'image et continuer cette espèce de lavage jusqu'à ce que l'épreuve soit entièrement développée : vous reconnaîtrez que le développement est complet, lorsque les linges seront devenus noirs, et les autres parties éclairées du modèle relativement sombres. Quand l'image vient trèsvite, ce qui arrive toujours en été, ou lorsque la pose a été assez longue, il faut se hâter, et sitôt qu'on voit le blanc des linges passer au noir, jeter promptement la solution d'acide pyrogallique et arroser la couche avec de l'eau pour arrêter l'action (1) ; sans cela, le cliché deviendrait trop noir, il serait perdu. Cependant, il vaut mieux qu'il soit trop vigoureux
(4) Lavez le négatif de la manière suivante : posez la glace sur les cinq doigts de la main gauche ; tenez-la inclinée à 60° à peu près, et de telle sorte que les deux angles dépourvus de collodion soient sur la partie déclive ; arrosez le collodion avec un petit filet d'eau vers la partie haute de la glace, mais pas toujours sur le même point, remuez en même temps la main qui tient la glace, de- manière à faire couler l'eau partout , en ayant soin de ne pas l'introduire sous le collodion : il se détacherait ou se riderait; lavez la glace jusqu'à ce qu'elle n'ait plus l'aspect huileux; posez-la sur un pied de niveau, et fixez,.., p. 233.
que trop faible, pourvu que les tons aient leur rapport naturel, c'est-à-dire les linges noirs, le front, la pommette éclairée, la côte du nez, etc., presque noirs (surtout si le modèle est très-blanc); enfin, que les habits soient venus avec tous les détails possibles. Un cliché très-vigoureux donnera toujours de très-bons résultats positifs; seulement les positifs seront plus longs à se produire sous l'action des rayons lumineux; un cliché gris, faible, peu venu, donnera des positifs se produisant trop vite, toujours ternes sans linesse, mauvais.