‹ Les quatre branches de la photographieChapitre 57 sur 74 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Fixer Péprenve négative. Objets et substance* nécessaires à cette opération*

5e OPÉRATION.

Bain fixateur (1).

Eau ordinaire Hyposulfite de soude

Eau ordinaire pour lavage

Posez la glace sur un pied de niveau , couvrez-la de cette solution.

(4 ) L'on ne comprend pas l'engouement de certains opérateurs pour le cyanure de potassium, engouement qui leur fait donner la préférence à ce poison sur rhyposulfite de soude qui est un sel inoffensif. L'hyposulfite de soude n'a aucune action sur l'argent réduit, celle du cyanure , au contraire est telle, que l'image peut en être affaiblie et même entièrement effacée ; ce n'est qu'une question do force ou de temps.

100 grammes.

La couche, d'un blanc opalin (1), qui montre encore une image négative, ne tarde pas à se dépouiller, et à mesure que l'iodure non modifié disparaît, l'image (2), vue par réflexion, passe au positif. Lorsque l'iodure libre a complètement disparu, ce qui est facile à reconnaître en regardant la glace par transparence, remettez-la sur les cinq doigts de la main gauche et lavez-la à Feau ordinaire , comme précédemment , mais bien plus longtemps. Il s'agit ici de faire disparaître à son tour la solution d'hyposulfite qui, en séchant, ne manquerait pas de cristalliser sur l'épreuve et de la perdre.

(1) La couche n'a pas toujours cet aspect , le cliché est d'autant plus limpide que la lumière a été plus belle et qu'il a fallu moins de temps à l'agent révélateur pour le produire. Mais, si en raison d'une lumière insuffisante l'agent continuateur a dû agir plus longtemps sur celte couche, la couleur opaline disparaît, la couche prend un aspect gris-cendré, terne, qui ne change presque pas au fixage.

(2) Quelques auteurs et bon nombre d'opérateurs pensent qu'un bain d'hyposulfite concentré peut affaiblir l'épreuve, ou même la détruire entièrement; rien n'est moins à craindre : l'hyposulfite concentré n'a aucune action sur l'iodure décomposé , sur l'argent réduit; il n'enlève que l'iodure libre , mais rapidement. Avec un bain d'hyposulfite faible , il ne faut pas moins d'un quart d'heure pour dépouiller l'épreuve: le négatif n'ayant donc rien à craindre de l'action plus ou moins prolongée d'un bain concentré , l'opérateur fera sagement de le laisser agir plutôt plus que moins.

PHOTOGRAPHIE SUR GOLLODION. 235

Le collodion étant bien lavé, prenez la glace avec la main droite, l'index du côté du collodion par l'angle que l'on avait saisi d'abord avec la main gauche en collodionnant , et levez-la perpendiculairement, de telle sorte que le collodion se trouve du côté opposé au corps ; dans cette position, votre main étant en bas, l'hyposulfite dont elle est mouillée ne pourra pas tacher le cliché, ce qui arriverait infailliblement si vous opériez d'une autre manière ; posez la glace debout sur ce même angle, appuyée contre un mur et sur un carré de papier buvard, et laissez-la sécher naturellement. (Voir note 7.)

Si vous êtes pressé de faire un positif, tenez le cliché à une certaine distance devant un bon feu.

Il faut, dans tous les cas, que le négatif et le positif soient parfaitement secs , lorsqu'ils seront mis en contact; sans cette précaution, vous perdriez l'un et l'autre.

Lorsque le cliché est sec, enlevez le collodion des deux autres angles et aussi celui des bords de la glace sur une largeur d'environ cinq millimètres; cette précaution est indispensable si vous voulez prendre le cliché impunément, avec des doigts presque toujours imprégnés d'hyposulfite.

Le collodion est une substance moins tenace que

PHOTOGRAPHIE SUR GOLLODION.

l'albumine, aussi doit-on prendre quelques précautions en faisant les positifs; quelques collodions, surtout ceux qui contiennent beaucoup d'alcool , ceux qui ont été trempés presque secs dans le bain d'argent ou qui sont venus difficilement sous l'action des agents révélateurs, n'adhèrent pas plus que la poussière des ailes du papillon ; pour ceux-ci, quand on veut tirer un grand nombre d'épreuves, nous conseillerions l'emploi du vernis de MM. Sœhnée frères , cité du Wauxhall, 8.

On étend ce vernis sur l'image négative de la même manière que le collodion , mais en agissant plus rapidement pour éviter les poussières; pendant que le vernis coule encore, on dresse la glace appuyée contre un mur (le collodion en dessous) sur l'angle par lequel s'écoule le liquide sur un carré de papier buvard. Si , quelques instants après, on voyait le vernis se couvrir d'un voile blanchâtre, voile qui ne paraît qu'à une basse température, on l'approcherait d'un bon feu de braise, et il reprendrait sa limpidité. Il est toujours plus prudent de faire chauffer le cliché avant et après l'opération (1).

(I) Lorsque le collodion est de bonne nature, qu'il s argenté sous le frottement, qu'il est tenace enfin, on peut se dispenser du vernis,

surtout si le cliché n'est pas destiné à tirer un grand nombre d'épreuves. Nous avons des clichés non vernis qui ont tiré des centaines d'épreuves, et des clichés vernis qui en ont tiré plus de 300 ; mais, il faut bien l'avouer, si le cliché verni gagne en solidité, il perd toujours un peu en pureté. Une autre propriété du vernis , c'est de donner une trop grande translucidité au collodion , de telle sorte, qu'un cliché venu à point perdra infailliblement, pendant qu'un cliché heurté (blanc et noir) gagnera au vernissage. En effet, ce dernier étant couvert d'une réduction métallique trop complète, la transmission lumineuse eût été à peu près nulle ; dans ce cas le vernis lui donnera la translucidité qui lui manque dans les parties noires et n'ajoutera rien à la transparence de celles où la réduction métallique ne s'est pas effectuée. Nous pourrions dire en concluant: Ne mettez jamais de vernis sur un cliché parfait.

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