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CHAPITRE XIV

Du moyen de conserver la sensibilité à la couche de collodion. Objets et substances nécessaires à cette opération.

6e OPÉRATION.

Une cuve verticale ou plate pleine d'eau distillée ;

Un flacon d'eau distillée ;

Un flacon d'hydromellite, ou hydromélite.

Au moment de mettre sous presse, nous reprenons ce chapitre où, il y a quelques jours, nous exprimions ainsi nos espérances au sujet de ce procédé :

« Le grand problème du collodion conservé sen-

sible n'est plus en voie de solution, il est entièrement résolu. »

Du jour où M. Schadboldt a donné un moyen sérieux, nous avons répété ses expériences (1) et cherché à simplifier un procédé aussi riche d'avenir; et

(!) Dans les divers procédés indiqués pour conserver la couche de collodion humide, MM. Schadboldt, Mansell, etc., il nous a paru qu'on faisait trop bon marché de la nature du sirop conservateur : la méthode de préparation indiquée par ces messieurs peut être trèsbonne et donner d'excellents résultats, mais ces résultats ne sauraient être constants , à cause surtout de la diverse nature des miels et des substances étrangères qu'ils contiennent. A notre sollicitation, M. N. B. Delahaye, chimiste fabricant, a bien voulu se livrer avec nous à des expériences comparatives sur les diverses natures des liqueurs hygrométriques, dans le but de constater quelle pouvait être la cause des perturbations qui se produisaient par l'emploi de la solution de miel indiquée par M. Mansell. Il n'a pas été difficile de constater que le miel renferme une grande quantité de corps étrangers, et que même à l'état de sa plus grande pureté, ce produit est un mélange, en proportion très-variable, de deux sucres trèsdifférents : l'un solide, analogue au sucre de raisin ; l'autre liquide, incristallisable, et encore mal défini par les chimistes.

Le miel contient en outre des principes odorants et colorants qui ont une grande influence en photographie , souvent il reste une grande proportion de cire et même d'un produit connu sous la dénomination de couvin, qui le fait fermenter et le rend acide. Nous ne parlerons pas de la sophistication du miel par l'amidon ou par d'autres fécules, nous en avons assez dit, ce nous semble, pour justifier la complication apparente de la formule que nous allons

PHOTOGRAPHIE SUR COLLODIÔN.

nous pouvons affirmer aujourd'hui qu'il est réduit à une simplicité absolue, et qu'il donne des résultats bons et constants.

Ainsi se vérifient nos prévisions : le collodion n'est plus relégué au rôle secondaire de la reproduction sur place; sa mission est plus vaste, et désormais

donner. Cette méthode de préparation est le seul moyen d'obtenir une. liqueur constante et toujours au même degré de pureté.

Formule de M. Delahaye :

Miel

Eau distillée Craie Lévigée Charbon animal Acide citrique Blancs d'œufs Alcool de vin

Ayant mis le miel, l'eau et la craie dans une bassine, on fait bouillir pendant I 0 minutes, on ajoute le charbon animal bien lavé, puis les blancs d'œufs battus avec 2 litres d'eau distillée. Après avoir agité fortement on chauffe de nouveau jusqu'à ébullition. D'un autre côté, on dissout l'acide citrique dans 250 grammes d'eau distillée, puis on ajoute de temps à autre ce liquide dans la masse en ébullition en ayant soin de bien brasser le tout. On filtre à la chausse, puis au papier ; Thydromellite ainsi préparéo doit peser 28 degrés au pèse sirops.

5000 grammes.

les amateurs de la photographie, découragés par les méthodes sur albumine ou sur papier sec, pourront se livrer avec confiance à ce procédé , qui ne laisse plus de prise aux objections, et devient ainsi supérieur à tous les autres.

Reprenons la glace au sortir du bain d'argent (voyez sensibilisation de la couche), ruisselante encore et prête à être mise dans le châssis de la chambre noire.

Le'collodion, qui a puisé chimiquement dans le bain d'argent son principe sensible, a aussi enlevé mécaniquement une assez grande quantité de solution argentifère qui, comme nous l'avons déjà dit, détruirait en séchant l'iodure d'argent de la couche.

Plongeons donc la glace dans l'eau distillée , et mettons de côté cette eau, qui est une solution faible d'azotate d'argent (1), pour nous en servir comme bain révivifiant, avant que la glace impressionnée au sortir de la chambre obscure soit soumise aux réactifs continuateurs.

La glace débarrassée ainsi par le lavage de la

(1) C'est pour cette opération surtout que la cuve verticale peut rendre un véritable service.

solution argentifère superficielle, couvrons-la d'une couche d'hydromellite , en suivant la même marche que pour la couvrir de collodion; seulement laissons séjourner plus longtemps la nappe liquide sur la glace; après quoi rejetons l'hydromellite, et posons la plaque debout sur un de ses angles et sur du papier buvard; ayant laissé égoutter un instant, remettons une seconde couche d'hydromellite, et laissons égoutter de nouveau. Cela fait, si l'on met à l'abri de toute lumière la glace ainsi préparée, elle pourra être conservée pendant plusieurs jours.

Rappelons cependant ici que plus longtemps la glace sera conservée, moins l'iodure sera sensible, et plus il faudra de soins pour débarrasser la couche de collodion du sirop préservateur qui la recouvre. Ainsi, après 24 heures de préparation, par exemple, le temps de la pose pour un paysage ne dépassera guère cinq minutes; il en faudra dix si la glace n'est exposée à la lumière de la chambre noire qu'après quatre ou cinq jours.

Plus on la conserve, et plus la couche sacchareuse se dessèche; il faut par conséquent, au moment du lavage, prolonger de plus en plus son séjour dans l'eau tiède ou dans l'eau froide, sous peine de manquer l'épreuve et de perdre le cliché.

PHOTOGRAPHIE SUR COLLODTON.

Après avoir impressionné la glace dans la chambre noire, prenons les précautions suivantes, avant de faire apparaître l'image : plongeons la glace dans un bain d'eau chaude ou froide , selon la température extérieure et selon l'état de dessiccation delà couche saccharine, et débarrassons-la entièrement du sirop qui la couvre; plongeons-la ensuite dans l'eau du lavage de la première opération, ou, si nous ne l'avons pas gardée , mettons-la dans un bain faible d'argent (2 pour 100) , puis couvrons-la de la solution d'acide pyrogallique (voyez faire apparaître l'image) , en procédant aux autres opérations comme s'il s'agissait du collodion ordinaire.

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