XLIV ANNALES
iodure d'argent, que l'on exposait de nouveau à la lumière, pour faire ensuite apparaître l'image avec l'acide gallique, et la fixer à l'hyposulfite de soude.
M. Bayart a converti cette méthode en un art merveilleux pour la reproduction des vieilles gravures; après avoir exposé la gravure à la vapeur d'iode, il l'applique sur une glace préparée à l'albumine , pour former une épreuve négative ou cliché , avec lequel il tire ensuite sur papier des épreuves positives par les procédés connus.
2° En mai 1853, MM. Lemercier, Lerebours et Bareswill firent connaître le procédé de photographie sur pierre lithographique qu'ils avaient découvert en juin 1852, et présentèrent de très-belles épreuves, obtenues par ce moyen de reproduction et de multiplication indéfinie, qui consiste essentiellement à recouvrir la pierre d'un vernis impressionnable, vernis au bitume de Judée, par exemple , à y imprimer l'image par l'action de la lumière à travers un négatif, sur verre, ou sur papier, à dissoudre le vernis impressionné par l'éther sulfurique, et à traiter l'image comme un dessin lithographique ordinaire.
C'est au fond le procédé de gravure héliographique inventé par le grand Niepce.
3° En mai 1853, M. Fox Talbot publia son procède
DE LA PHOTOGRAPHIE. XLV
de gravure photographique sur acier, qui consiste à recouvrir la plaque d'une couche formée de gélatine et de bichromate de potasse, à l'exposer à la lumière, recouverte de l'objet qu'on veut graver, à faire mordre l'image ainsi obtenue par une solution saturée de bichlorure de platine, etc.
Quelques jours après cette publication, MM. Niepce de Saint-Victor et Lemaître, reprenant, pour l'appliquer à l'acier, la méthode de Joseph -Nicéphore Niepce, obtinrent des résultats bien meilleurs, et par la substitution à l'essence de lavande d'un vernis ayant pour base la benzine, M. Niepce de Saint-Victor est enfin parvenu à faire de la gravure héliographique un art véritable , qui promet de donner des résultats excellents.
On nous saura gré , nous l'espérons , de cette esquisse rapide, mais complète, des progrès et des conquêtes de la photographie, esquisse tracée pour la première fois, qui rend à chacun ce qui lui est dû, et qui a pour premiers résultats de prouver jusqu'à Févidence que la plus grande part de la gloire de cette immense découverte, ou plutôt dans cette glorieuse série de découvertes incomparables, revient à la France.
Niepce, Daguerre, Fizeau, Claudel, Niepce de