‹ Les quatre branches de la photographieChapitre 65 sur 74 · PAR TRANSMISSION · texte numérisé non relu

PAR TRANSMISSION

Images pour stéréoscopes et autres*

• C'est par erreur sans doute que dans certaines méthodes on a publié des préparations albumineuses pour vues stéréoscopiques positives transparentes, ayant pour base le chlorure d'argent. Il serait bien difficile de surveiller dans ce cas l'image en voie de formation sans la déplacer sans lui faire perdre sa juxtaposition avec le négatif; et nous ne sachons pas que l'on ait encore découvert un agent continuateur pour le chlorure d'argent. C'est par l'iodure d'argent et en procédant de la même ma-

nière que pour des négatifs quel'on doit traiter les positifs sur verre albuminé.

Albuminez, sensibilisez la glace comme il a été dit au procédé Albumine, pages 134 et 137. Faites sécher. Pour obtenir la décomposition de la couche, mettez la glace sensible sur le négatif, comme page 278, et faites-lui subir une insolation plus ou moins prolongée.

La durée de l'exposition à la lumière doit être : de 7 à 10 secondes au soleil, et de 1 à 2 minutes à l'ombre. Pour faire apparaître l'image, on suivra le procédé que nous avons décrit à la page 144, négatif sur albumine.

RÉSUMÉ DES OPÉRATIONS

Appréciation.

lre Opération. — Couper le papier de la grandeur voulue ; marquer l'envers de façon à pouvoir le reconnaître ; le plonger dans une solution de sel, ou tout au moins le poser sur cette solution pendant 4 à 5 minutes. Si l'on a suivi la première méthode, il faut éponger le papier avec soin , en le pressant entre des feuilles de papier buvard : la seconde exige seulement qu'on le suspende jusqu'à ce qu'il soit sec.

2e Opération. — Poser la feuille salée sur une solution d'argent à 20 0/0. Enrichir la solution de temps en temps. Laisser le papier sur cette solution de 4 à 5 minutes; le laisser sécher ensuite dans une

obscurité complète. Le renfermer dans des cartons sans le tasser , et n'en préparer que peu à la fois et suivant le besoin du lendemain.

Pour le tirage des épreuves , en hiver et pendant la saison humide, approcher le cliché du feu un instant, en faire autant avec le papier positif. Le papier, rendu hygrométrique par la présence du sel, ne manquerait pas, s'il était déjà humide, de se charger de plus en plus de l'humidité de l'air, et de tacher le cliché.

Nettoyer le revers du négatif et la glace du châssispresse positif.

Laisser prendre à l'image une intensité de couleur plutôt excessive que trop faible. On a toujours le moyen de l'affaiblir, tandis qu'on ne peut guère en remonter le ton.

Se méfier du chlorure d'or acide , son action est très-énergique.

Éviter de mettre plusieurs épreuves ensemble dans le même bain fixateur, sans les changer de place assez souvent pendant l'action de ce bain.

Regarder l'épreuve par transparence, ne la mettre dans l'eau que lorsque toute trace de chlorure d'argent a disparu de la pâte du papier.

Faire dégorger l'épreuve dans l'eau pendant 2 heu-

res, à peu près, avant de lui donner le ton convenable avec le chlorure d'or alcalin , la remettre ensuite dans l'eau pendant 10 ou 20 heures, en ayant soin de changer cette eau de temps en temps.

Si le positif est d'un aspect général harmonieux, s'il y a de la diaphanéité dans les ombres, malgré leur vigueur, si les blancs du modèle sont conservés sans crudité, si les demi-teintes n'empiètent pas sur les ombres, le négatif est parfait, et pour obtenir une belle épreuve avec un tel cliché, il ne faudra ni grands soins, ni grande habileté, ni longue expérience.

Mais si le cliché a quelques parties faibles, la transmission lumineuse se faisant sur ces points-là sans obstacle, l'épreuve positive sera trop venue sous les parties correspondant à une réduction métallique incomplète, tandis que partout ailleurs elle sera juste à point. Alors la dégradation partielle par le chlorure d'or acide deviendra indispensable.

Si le cliché, au contraire, est d'une grande uniformité de ton, si les deux côtés de la figure sont également éclairés, le positif sera sans valeur.

Un petit carton de la grandeur de la joue à préserver, attaché à un fil de fer et promené sur cette joue

pendant que le positif est en voie de formation, arrêtera l'action lumineuse, cette partie préservée restera plus claire que l'autre et donnera à l'image le relief qui lui manquait.

Si l'épreuve résiste à l'action du chlorure d'or alcalin, c'est que le papier est collé à la résine, ou qu'il est peu salé ou peu nitrate, c'est-à-dire que le chlorure d'argent s'y trouve en trop faible quantité. Les papiers salés du commerce ont en général ce défaut, le papier de Saxe préparé par l'opérateur est préférable; l'épreuve devient d'autant plus noire ou noirbleue , que le papier est plus riche en chlorure d'argent et elle est d'autant moins sujette à pâlir et à disparaître.

Si, lorsqu'on a retiré le papier du bain de sel, dans le cas de l'immersion complète, on ne frictionnait pas assez, il se formerait une impression peu uniforme et l'épreuve serait marbrée.

L'épreuve sera couverte d'un nuage ou d'une espèce de réseau, si l'on n'a pas filtré le bain d'argent en le mettant dans la cuvette. Ce nuage ou ce réseau proviennent de l'argent réduit qui existe à l'état de précipité ou en suspension dans le liquide ; la lumière ayant la propriété de décomposer les solutions d'argent, celles-ci se trouvent réduites même dans ce

que nous appelons l'obscurité, car il est impossible d'obtenir une obscurité absolue, lorsqu'il s'agit d'abriter des produits photographiques.

Le papier mal salé, et celui du commerce l'est toujours très-légèrement, ne prend pas dans le bain d'or cette richesse de ton que l'on obtient avec le papier salé bien chloruré et bien collé.

Ce dernier résiste à un lavage prolongé pendant plusieurs jours , tandis que celui de quelques fabricants français se désagrège dans les bains qu'on ne saurait prolonger impunément.

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