RÉFLEXIONS
Nous ne voudrions pas entreprendre une croisade contre les erreurs de tout genre que les journaux et les livres de photographie répandent périodiquement en Europe : la tâche serait trop rude, peut-être impossible ; nous ne Voudrions même pas aborder le travail beaucoup plus simple de relever les erreurs des journaux hebdomadaires, quoiqu'il y eût un véritable intérêt à le faire. Quelque grossières que puissent être, en effet, les erreurs que sèment sur la route du photographe les faiseurs et les marchands,
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elles n'en sont pas moins des écueils dangereux pour la majorité, et s'il est juste de dire que c'est aux différents traités et aux écrits périodiques que l'on doit les grands progrès que la photographie a faits depuis quelque temps , il ne faut pas oublier non plus que cet art leur doit une bonne partie des erreurs qui se propagent sans obstacle à l'abri de certains noms.
Les rédacteurs des journaux de photographie manquent ordinairement trop de communications intéressantes pour qu'ils puissent résister à la tentation d'émailler leurs colonnes de prétendues découvertes et l'on voit les systèmes les plus bizarres, les observations les plus absurdes, les procédés les plus illogiques, s'étaler chaque semaine sous les yeux des opérateurs habiles qui en font des gorges-chaudes, pendant que les novices en sont déroutés et souvent, hélas ! dégoûtés pour toujours d'un art auquel ils étaient appelés, peut-être , à rendre de grands services.
On ne saurait jeter assez de ridicule sur ces prétendues découvertes et sur leurs illustres auteurs. Malheureusement ces Messieurs trouvent un appui là où ils ne devraient rencontrer qu'indifférence ou mépris.
Le photographe est porté d'ailleurs par sa nature
à jouer souvent le rôle de dupe , il n'est même pas nécessaire de lui cacher le piège avec beaucoup d'adresse ; praticien avant tout , et incapable de discuter à priori les procédés qu'on lui préconise, il se livre sans réserve au premier venu qui sait par des phrases élégantes se rendre maître de son esprit , il essaie toutes les substances , voit un espoir de succès, par exemple, dans l'emploi des nouveaux acides qu'on lui prône , et passe successivement de l'acide formique à l'acide tartrique, de l'acide tartrique à l'acide citrique, etc., sans se douter qu'il s'éloigne ainsi du but au lieu d'en approcher. Quant à l'acide acétique, ne lui en parlez pas, il est si commun ! il y a si longtemps qu'on l'emploie ! Victime de cent mystificateurs , il ne s'empresse pas moins de faire bon accueil aux modifications les plus absurdes des anciens procédés, et pour peu que la drogue nouvellement proposée soit fort chère , pour peu que le procédé soit un labyrinthe inextricable, il s'y engagera sans crainte, et n'en sortira que pour se jeter dans un autre encore moins raisonnable.
Depuis un an, il y a eu recrudescence de communications relatives à la photographie. Nous avons vu défiler devant nous bien des procédés , nous avons entendu recommander un grand nombre de substan-
ces et des appareils qui devaient détrôner tous les autres. Toutes ces nouveautés , plus ou moins bien patronnées, ont, tour à tour, jeté l'espoir et le découragement dans l'esprit des expérimentateurs.
Il est fort regrettable que les journaux spéciaux, ces prétendues lumières de l'art, accueillant sans contrôle la première fable venue , le procédé le plus extravagant, quelles qu'en puissent être la source, la valeur et les conséquences, se fassent innocemment ou en pleine connaissance de cause les véritables éteignoirs de tout progrès.
Un de ces journaux n'ouvrait-ii pas ses colonnes à l'admirable découverte d'un amateur anglais, qui apprend à réussir sur collodion par un albuminage préalable de la glace? Le même journal ne consacrait-il pas un long article à une cuvette propre au collodionnage, munie de robinets et de mécanismes de toute sorte , dans le but de couvrir les glaces de 5 à 6 couches de collodion superposées , et ne faisait-il pas le panégyrique de l'auteur de cette invention, en datant du jour de sa découverte, l'ère des succès à venir de la photographie? Risum teneatis, amici ! !
Avant de clore ce triste chapitre, disons à ceux qui veulent réellement faire des progrès : Suivez
pas à pas votre méthode, si elle vous donne des demi - succès , perfectionnez - la , agrandissez vos moyens, n'acceptez les innovations qu'on vous conseille qu'avec une extrême prudence , simplifiez et persévérez, c'est là le secret pour parvenir.
ÉLÉMENTS DE CHIMIE
ÉLÉMENTS DE CHIMIE
Les chimistes divisent les corps en corps simples et en corps composés. Les corps composés sont ceux dont on peut extraire plusieurs substances, différant entre elles par leurs propriétés et différant aussi de la substance primitive.
Tel est le chlorure de sodium (sel de cuisine) (corps composé), qui peut être décomposé en chlore et en sodium (corps simples) , tandis que le chlore et le sodium ne peuvent être séparés en d'autres principes.
Les corps se présentent à nous sous trois états dif-
férents : Y état solide , Y état liquide et Y état gazeux ; presque tous peuvent être obtenus sous ces trois états. L'eau, par exemple, qui est liquide (eau) à la température ordinaire, se réduit à l'état solide (glace) par les grands froids, pendant qu'à une haute température elle passe à l'état de gaz (vapeur).
On distingue, parmi les corps composés, des acides, des bases et des sels.
On comprend sous la dénomination générale d'acides les corps qui rougissent la teinture bleue de tournesol, ou qui se combinent avec d'autres corps de nature basique bien constatée.
On appelle bases les corps qui ramènent au bleu le tournesol rougi, ou qui peuvent se combiner avec des acides.
Les sels résultent de la combinaison des acides avec les bases.
Des sels peuvent aussi prendre naissance lors de la combinaison de deux corps simples. L'or et le chlore produisent, en se combinant, du chlorure d'or (sel).
Deux ou plusieurs corps réunis ensemble , mais gardant chacun ses propriétés primitives constituent un mélange.
Les corps, dont la réunion détruit, altère ou change
les propriétés, constituent, en s'associant, de véritables combinaisons.
On peut considérer principalement comme bases salifiables tous les alcalis, les terres, les oxydes, etc.
V acide hyposulfureux combiné avec la soude (base) donnera naissance à l'hyposulfite de soude (sel).
Lorsque deux sels se combinent entre eux et forment des composés plus complexes, l'on donne à ces composés le nom de sels doubles.
Ainsi, le chlorure d'or combiné avec l'hyposulfite cle soude, pour former la solution employée au fixage des épreuves sur doublé d'argent , peut prendre le nom de sel double d'or et de soude.
Les dissolvants employés en photographie sont principalement Veau , Y alcool, Vèther. Ces dissolvants ont plus ou moins d'action sur les corps, et ils n'exercent pas tous une action identique sur la même substance. Leur activité dépend beaucoup de leur degré de température. Certains sels sont insolubles dans l'éther ou l'alcool anhydre, tandis que l'eau en dissout une proportion considérable : tel est l'iodure de potassium.
L'iode, au contraire, fort peu soluble dans l'eau, se dissout parfaitement dans l'alcool.
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Un liquide anhydre ou absolu est celui qui ne contient pas d'eau : celui qui en contient, mais en petite quantité (un seul équivalent) , est dit monohydraté; enfin , on donne le nom de hydraté à un corps qui contient beaucoup d'eau. On appelle anhydre la chaux vive, tandis que le lait de chaux, ou la chaux éteinte, prend le nom de chaux hydratée.
Les expressions : alcool à 32°, à 36°, à 40°, etc., indiquent diverses espèces d'alcool hydraté, étudiées à l'aide du pèse-esprit de Cartier, dont le 0° correspond à l'eau pure, et le 44° à l'alcool absolu.
On dit qu'un sel est hygrométrique , lorsqu'il s'empare facilement de l'humidité de l'air : tel est le chlorure de sodium. Le chlorure d'or est un sel déliquescent par excellence, car il ne peut être exposé au contact de l'air humide sans qu'il absorbe assez d'eau pour se transformer en liquide.
Le mot efflorescent est diamétralement opposé au mol déliquescent et sert à désigner un sel dont les cristaux exposés à l'air perdent de l'eau au lieu d'en prendre, de telle sorte qu'au bout d'un certain temps ils se divisent et tombent en poussière.
Une dissolution est dite aqueuse, alcoolique, éthérée, suivant la nature du corps liquide employé pour l'obtenir.
Un liquide est concentré, lorsqu'il contient une grande quantité de sel.
Il est saturé, lorsqu'il ne peut plus dissoudre de ce même sel , et qu'il en reste un léger dépôt au fond du vase.
Nous avons dit que les dissolvants avaient un pouvoir plus ou moins énergique sur certains corps ; il en résulte que tous ne dissolvent pas les mêmes quantités de ces corps. Nous devons ajouter que pour charger un liquide à saturation complète, il faut un certain temps, qui varie suivant la température et l'énergie du corps dissolvant (1).
La dissolution, la saturation et la concentration des corps sont presque , dans tous les cas , nécessaires pour obtenir la cristallisation.
Lorsqu'un corps passe lentement de l'état liquide ou gazeux à l'état solide , il est souvent susceptible de prendre des formes régulières qui reçoivent le nom de cristaux.
(1) L'iodure de potassium étant un sel insoluble dans l'alcool anhydre, il faudra, pour obtenir la solution alcoolique saturée d'iodure de potassium, employer l'alcool à 36° et prendre la précaution de porphyriser l'iodure dans un mortier de verre ou de porcelaine ; il faut surtout faire cette saturation à froid et quelques heui es avant de s'en servir.
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Les mots dissolution , solution, désignent l'état d'un corps solide tenu à l'état liquide au moyen d'un dissolvant.
Décanter, c'est l'action de séparer un liquide du dépôt formé au fond du vase, en versant le liquide avec précaution ou en le soutirant au moyen d'une pipette. Ce petit instrument est surtout indispensable pour puiser le chlorure d'or destiné au fixage des plaques daguerriennes , et le séparer ainsi d'un petit dépôt pulvérulent qui ne manquerait pas de piquer les épreuves. On ne peut filtrer cette solution , ainsi que bien d'autres, qui laisseraient leur sel dans le filtre. Dans bien des cas, au contraire, il vaut beaucoup mieux filtrer. Le collodion doit être filtré avec soin.
11 faut que le filtre soit pointu et entièrement enfoncé dans l'entonnoir. On doit le faire avec du papier blanc et propre (papier Berzélius) (1).
On appelle précipité la matière insoluble qui tombe au fond du vase dans lequel on fait réagir l'une sur l'autre des matières en dissolution. Le chlorure de sodium précipite une solution d'argent et donne naissance à du chlorure d'argent.
(\) Ce papier étant d'un prix trop élevé pour les usages ordinaires de la photographie, on peut le remplacer par les filtres gris ronds du commerce.
La réduction métallique est le passage des combinaisons métalliques à l'état de métaux par voie de décomposition.
Le mot décomposition indique l'action par laquelle un composé est réduit en ses éléments.
Le chlorure d'argent, exposé à la lumière, se décompose; le chlore s'en va, X argent reste sous la forme d'une poudre métallique noirâtre.
Nous voyons par là que la lumière peut décomposer certains corps. La photographie n'a d'autre base que cette propriété des rayons lumineux.
Les oxydes d'argent et d'or, frappés par la lumière, abandonnent l'oxygène; il en est de même de la plupart des sels de ces deux métaux qui se réduisent en présence de l'agent lumineux.
La réduction des composés d'or et d'argent marche bien plus vite en présence cle l'eau et des matières organiques.
Nous nous sommes contenté de donner sommairement la définition de quelques termes de chimie pratique; nous allons contiuuer maintenant par un examen rapide des substances employées en photographie : il est impossible, il serait même inutile, d'aborder ici cette étude d'une façon complète , elle
ÉLÉMENTS DE CHIMIE
exigerait des développements incompatibles avec les bornes d'un traité élémentaire.
Dans tout ce qui va suivre, nous nous sommes borné à décrire quelques propriétés spécifiques des substances employées en photographie, sans nous imposer d'autre règle que celle d'initier l'opérateur aux préparations nécessaires à son art, et de lui rendre faciles les manipulations auxquelles nous avons dû et nous devons toujours des succès certains et non interrompus.
Pour éviter une rédaction trop savante, nous nous sommes souvent répété ; l'habitude de professer nous a fait apprécier tous les avantages de ce mode d'exposition : un élève ne se fâchera jamais d'une redite.
Nous osons assurer les plus grands succès à celui qui pratiquera rigoureusement nos principes; et nous offrons nos soins à ceux qui ne pourraient pas complètement réussir par ces moyens, bien persuadé qu'au bout de vingt-quatre heures ils seront passés maîtres.
Un laboratoire de chimie est joint à notre établissement , et un préparateur habile y fait un cours rapide, mais complet, de chimie expérimentale appliquée à la photographie. L'élève, en suivant ce cours, apprendra à préparer tout seul le coton-poudre , le
collodion s le nitrate d'argent % etc. , de manière à n'avoir plus besoin du secours de personne pour la fabrication des substances indispensables à l'exercice de la photographie.
Eau.
La première combinaison de l'hydrogène avec l'oxygène (le protoxyde d'hydrogène) n'est autre chose que l'eau.
L'eau pure est sans saveur ni odeur, elle est incolore; mais, sous une grande épaisseur, elle prend une nuance verdâtre très-prononcée et devient même complètement opaque. Nous avons vu qu'elle pouvait passer par les trois états : gazeux, liquide et so- Ude ; le zéro du thermomètre centigrade marque la température à laquelle l'eau passe de l'état solide à l'état liquide, le 100° indique la température à laquelle l'eau passe de l'état liquide à l'état gazeux, sous la pression moyenne de l'atmosphère.
L'eau la plus limpide, celle des rivières et des
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sources, n'est pas chimiquement pure; on peut aisément s'en assurer en la faisant évaporer dans une capsule; on trouvera toujours un résidu.
L'eau de pluie est de l'eau à peu près pure; et si l'on a soin de la recueillir sur un linge propre, elle peut remplacer l'eau distillée employée comme dissolvant dans les opérations chimiques. Mais il n'est pas toujours facile de recueillir de grandes quantités d'eau de pluie. En Espagne, en Italie, en Orient, il pleut bien moins souvent que chez nous , et l'eau distillée qu'on y vend n'a pas toujours les qualités de son nom; il en est souvent de même en province, où le photographe ne peut, même à des prix exorbitants, se procurer de l'eau chimiquement pure.
11 serait peut-être bon que dans ces circonstances l'opérateur fût muni d'un petit alambic , et qu'il distillât lui-même son eau. Un petit alambic est peu encombrant ; rien n'est si facile que de distiller de l'eau , et quant à l'économie, elle serait immense. Je ne parle pas des résultats, qui seraient assurément des meilleurs.
L'alambic se compose d'une chaudière sur laquelle est adapté un couvercle en forme de cloche, terminé par un tuyau recourbé qui communique avec un serpentin; le serpentin est enfermé clans une cuve
APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE. 3û5
cylindrique, que l'on doit maintenir toujours pleine d'eau fraîche. L'extrémité du serpentin débouche, en dehors de la cuve , dans un récipient. Rien de plus simple que de'chauffer la chaudière, de la maintenir pleine d'eau, ainsi que la cuve , et de recevoir dans un vase l'eau distillée. Du reste, on ne saurait jamais trop le répéter, l'eau distillée est indispensable pour toutes les solutions , excepté pour celles d'hyposulfîte de soude et d'or.
On peut reconnaître la pureté de l'eau distillée à son odeur d'abord , qui doit être nulle, si l'eau ne contient pas de substances étrangères, à sa transparence et à son action sur les dissolutions de nitrate d'argent et de chlorure de barium. Si ces deux sels, versés séparément dans deux échantillons de l'eau à essayer, déterminent un trouble, des nuages blancs ou des précipités, il faudra rejeter cette eau-là comme impropre aux opérations photographiques.
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Alcool.
Esprit de vin.
L'alcool est le liquide qui se forme pendant la fermentation du vin et des liqueurs sucrées en général. On l'obtient en distillant du vin, de la bière, du sirop de betterave, etc., etc.
En appliquant convenablement les procédés de distillation , on obtient des produits plus ou moins riches en alcool. Enfin, en mettant l'alcool en contact avec des substances qui ont une grande affinité pour l'eau , la chaux vive par exemple , et le soumettant de nouveau à la distillation , on obtient un alcool anhydre ou absolu.
Le pèse-esprits de Cartier ou X alcoomètre de Gay- Lussac servent à déterminer le degré de pureté ou d'hydratation des alcools du commerce.
Nous avons recommandé de faire dissoudre l'iodure de potassium dans l'alcool à 36°, parce que plus l'alcool est faible, plus il peut dissoudre d'io-
dure et introduire d'eau dans le collodion. La liqueur génératrice est d'autant plus active, qu'elle est plus iodurée , mais aussi y a-t-il plus à craindre de voir l'image pâteuse accuser imparfaitement les détails dans les ombres, ou bien de voir la couche de collodion se marbrer.
On a conseillé d'introduire de l'alcool dans le bain négatif, nous croyons que c'est par erreur. Lorsque, après avoir préparé plusieurs glaces , le collodion a abandonné dans le bain une certaine quantité d'alcool et d'éther, on n'a plus les mêmes résultats; l'aspect seul de la glace vous l'indique; le bain ne coule plus à la surface du collodion que comme sur un corps huileux ; il est temps alors d'ajouter à ce bain une quantité double d'un bain neuf d'azotate d'argent, dans la proportion de 7 pour 100.
Éther.
L'éther est un liquide très-fluide, incolore, d'une odeur vive et agréable, d'une saveur âcre et brûlante.
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On l'obtient en traitant l'alcool anhydre par de l'acide sulfurique concentré.
L'éther est très-inflammable , il s'évapore rapidement à l'air, et peut , à cause de cette grande volatilité, produire, dans un endroit clos, des mélanges d'air et de vapeur éthérée, inflammables et détonants.
L'élher agit vivement sur l'économie animale et produit quelquefois une espèce d'ivresse accompagnée d'insensibilité.
On a utilisé cette propriété curieuse de la vapeur d'éther pour procurer l'insensibilité aux personnes qui doivent être soumises à des opérations chirurgicales.
Plusieurs photographes ont pensé, quelques-uns même ont écrit, que l'action de collodionner les glaces était éminemment nuisible. Nous pouvons rassurer ceux qui se livrent à ce genre d'opérations, et leur dire que depuis près de trois ans nous nous saturons de ces vapeurs , sans en avoir jamais ressenti le moindre dérangement.
L'éther à 60°, sans addition d'alcool, doit dissoudre un ou deux pour 100 de coton-poudre bien préparé ; s'il n'en est point ainsi, c'est que le coton est mal préparé; dans ce cas, il faut additionner l'éther de
quelques grammes d'alcool; le résultat que l'on obtient par ce mélange d'éther et de coton azotique constitue le collodion normal ou chimique.
Acide azotique.
A cicle nitrique.
Plus communément connu sous le nom d'acide nitrique, à cause du sel de nitre dont on l'extrait, l'acide azotique résulte de la combinaison de l'oxygène avec l'azote.
On le prépare en chauffant de l'azotate de potasse (nitre ou salpêtre) avec de l'acide sulfurique concentré. L'acide azotique étant un acide plus volatil que l'acide sulfurique, celui-ci le chasse de sa combinaison, et on le voit passer à la distillation. Mélangé avec l'acide chlorhydrique, il constitue l'eau régale.
L'acide azotique dissout facilement l'argent; aussi, dilué avec un volume égal d'eau, sert-il avec succès au lavage des glaces, pour enlever de leur surface . toute réduction métallique. Nous recommandons
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aussi l'usage de l'eau acidulée avec l'acide azotique pour le lavage des cuvettes ; mais cet acide doit être exclu du bain d'hyposulfite de soude, avec lequel on avait suggéré de le mélanger en très-petites doses, afin d'obtenir des tons plus noirs et plus harmonieux.
Acide chlorhydrique.
Le chlore et l'hydrogène ne s'unissent qu'en une seule proportion ; le résultat de cette combinaison est l'acide chlorhydrique.
On prépare le gaz acide chlorhydrique en traitant le chlorure de sodium par l'acide sulfurique concentré.
Cet acide, à l'état de pureté , est un liquide blanc, caustique, d'une odeur piquante très-forte. Exposé à l'air, il répand des vapeurs blanches abondantes, qui sont dues à la combinaison de l'acide avec la vapeur d'eau répandue dans l'air. Celui qu'on trouve dans le commerce est presque toujours impur, il est coloré en jaune par un peu de perchlorure de fer.
L'acide chlorhydrique précipite en flocons blancs les solutions des sels d'argent; ce précipité est du chlorure d'argent; ajouté , même à faible dose , dans le bain d'hyposulfite de soude, pour fixer les épreuves positives , il les dégrade vite et détruit les demiteintes; son action se continue longtemps encore, après que les épreuves ont été retirées de ce bain, son emploi compromet la durée de l'image.
Nous ne l'employons qu'à dose très-faible, avant le fixage , et combiné avec le chlorure d'or , encore, son action ne doit-elle être qu'instantanée.
M. Humbert de Molard a conseillé, pour le papier positif , le dépôt de chlorure d'argent, obtenu avec cet acide. La formule est la même que celle avec le chlorure de sodium. Mais le chlorure d'argent ainsi obtenu a l'avantage de passer au noir par le moindre contact avec un sel de fer; et lorsque l'épreuve est faible, après le fixage et un lavage de quelques heures, on peut la ramener au noir par une immersion rapide dans une solution très -étendue de sulfate de fer.
Nous avons dit que les couleurs les plus brillantes de la lumière se traduisaient en photographie par du noir ; que le rouge, l'orangé, le jaune, étaient inactifs sur les substances sensibles. Il n'est peut-être
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pas sans intérêt de faire remarquer ce qui se passe, lors de l'exposition à la lumière d'un mélange d'hydrogène et de chlore. Ces deux gaz, qui, associés à volumes égaux, constituent le gaz acide chlorhydrique, ne paraissent pas avoir d'action l'un sur l'autre quand on les mêle dans l'obscurité, mais à la lumière diffuse ils se combinent assez vite; et à la. lumière directe et vive, la combinaison est tellement instantanée, qu'elle s'annonce par une détonation.
Si ce mélange d'hydrogène et de chlore est porté successivement dans les diverses parties du spectre solaire obtenu par le prisme , on s'aperçoit que les rayons placés au delà de la zone rouge sont inactifs, tandis que ceux de la zone violette déterminent la combinaison des deux gaz. Dans toute position intermédiaire, la rapidité de la réaction est d'autant plus grande, que le mélange se trouve plus près du violet et plus loin du rouge.
Ceci nous prouve que la lumière colorée détermine, soit la combinaison du chlore avec un corps, soit sa séparation d'avec d'autres substances , suivant la place qu'elle occupe dans le spectre solaire, et suivant la nature des corps mis en présence.
Eau régale.
On appelle ainsi un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide azotique. Les alchimistes lui donnèrent ce nom, parce que ce mélange jouit de la propriété de dissoudre l'or, qu'ils regardaient comme le roi des métaux.
L'eau régale, faite avec un volume d'acide azotique et trois volumes d'acide chlorhydrique, sert à dissoudre l'or pur et donne, après évaporation à siccité, un sel déliquescent qui n'est autre chose que le chlorure d'or.
Acide sulfnrique.
Huile de vitriol.
L'acide sulfurique concentré est un des acides les plus énergiques que l'on connaisse. On l'emploie
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pour attaquer le nitre et en dégager l'acide azotique, quand on veut obtenir du coton fulminant. Il n'est pas hors de propos de recommander ici quelques précautions à prendre lorsqu'on fait du coton-poudre. Les vapeurs nitreuses qui s'exhalent pendant l'opération sont très-délétères, il faut donc, pour faire le coton-poudre, se placer dans un local bien aéré ou à l'air libre. Quelques gouttes d'eau qui viendraient à tomber sur l'acide sulfurique concentré pourraient le projeter hors du vase et blesser l'opérateur.
Azotate d'argent»
Nitrate d'argent.
L'argent se dissout facilement dans l'acide nitrique, ou azotique ; si l'on évapore la liqueur, l'azotate d'argent cristallise, anhydre, sous forme de lamelles incolores et brillantes.
Le nitrate d'argent retient souvent de l'acide azotique nuisible au plus haut degré à la formation des images négatives; l'azotate d'argent fondu est peut-
être préférable en ce qu'il est à peu près débarrassé de toute acidité. Il est du reste assez facile de rendre neutre l'azotate d'argent par des cristallisations successives. Le nitrate d'argent , fondu en lingots, est connu sous le nom de pierre infernale , et sert en chirurgie comme cautérisateur.
Le nitrate d'argent est très-soluble dans l'eau. Le sel commun, le sel ammoniac, l'acide chlorhydrique et presque tous les composés chlorés précipitent sa solution et donnent du chlorure d'argent insoluble. Cette propriété a été mise à profit pour la préparation des papiers positifs.
Le chlorure d'argent est extrêmement sensible à l'action de la lumière , et passe à l'état métallique après une courte exposition aux rayons du soleil. Il est à peu près insoluble dans l'eau. L'acide chlorhydrique , l'alcali volatil, le cyanure de potassium, l'hyposulfite de soude, ont la propriété de le dissoudre.
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Chlorure «For.
En dissolvant de l'or pur dans l'eau régale, on obtient une dissolution jaune qui 9 abandonnée à une évaporation lente, âépose des cristaux orangés d'une combinaison de sesqui-chlorure d'or et d'acide chlorhydrique. Cette solution , entièrement évaporée, perd son excès d'acide, et il reste une masse cristallisée déliquescente qui se dissout facilement dans l'alcool et l'élher.
De tous les perfectionnements apportés au daguerréotype depuis sa naissance , le plus important, sans contredit , est l'application du chlorure d'or au fixage des épreuves , application que l'on doit à M. Fizeau.
On a cherché depuis à détrôner cette substance en lui substituant ce que l'on a appelé le sel d'or. Il n'est pas un opérateur, aujourd'hui , qui ne sache à quoi s'en tenir sur cette prétendue amélioration , et qui ne rende au chlorure d'or la préférence qu'il lui avait momentanément retirée.
Le chlorure d'or , acidulé par de l'acide chlorhydrique avant le fixage des positifs , et la solution de chlorure d'or et d'hyposulfite de soude après le fixage -, sont indispensables pour obtenir de beaux tons et des épreuves bien fixées.
Chlorure d'or liquide, pour fixer les images daguerriennes. Dans un flacon d'un demi-litre mettez :
lre SOLUTION.
Eau distillée
500 grammes.
Chlorure d'or cristallisé
Dans un flacon d'un litre mettez :
2e SOLUTION :
Eau distillée Hyposulfite de soude
500 grammes.
Lorsque les deux sels seront dissous, versez la première solution dans la deuxième peu à peu et en agitant le mélange. Cette solution, qu'on doit appeler
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sel double d'or et de soude, peut être employée quelques heures après sa préparation. Si le mélange était fait en versant la deuxième solution dans la première, For serait précipité par l'hyposulfite, et le résultat serait complètement manqué.
Iode.
L'iode est solide à la température ordinaire ; il affecte la forme de paillettes d'un gris de fer foncé et d'un bel éclat métallique.
L'iode a une odeur pénétrante désagréable , ses vapeurs provoquent le larmoiement.
Il fut découvert en 1812 par Courtois.
On extrait l'iode des eaux-mères des salines , et aussi de l'iodure de sodium.
L'iode produit des vapeurs d'un violet très-foncé; leur emploi, en photographie, date de l'époque où Daguerre obtint ses prerhières épreuves. C'est l'iode qui est encore aujourd'hui le seul corps générateur de l'image daguerrienne.
Employé en solution alcoolique, et concurremment avec le brome, il peut rendre au collodion les qualités qu'il aurait perdues»
Il forme avec le cyanure de potassium une combinaison excellente pour enlever les taches de nitrate d'argent.
Brome.
Le brome est un corps simple, liquide, à la température ordinaire; sa couleur est d'un rouge brun trèsfoncé : il a une odeur particulière très-désagréable, et agit, même à l'état de vapeur, comme poison sur l'économie animale, en attaquant les organes de la respiration.
Il a été découvert én 1826 par M. Balard. On peut l'extraire du bromure de sodium.
Il a de grands rapports avec l'iode et le chlore. Le bromure d'argent est décomposé par la lumière. Le brome accélère l'impression des plaques daguerriennes préalablement iodées.
ÉLÉMENTS DE CHIMIE
L'éther dissout le brome en toute proportion ; Péther brômé , ajouté au collodion , peut donnejp à cette substance des qualités qu'elle n'aurait pas sans cette addition.
Chlorure de sodium.
Le sodium, corps simple, ne forme avec le chlore, autre corps simple, qu'une seule combinaison : c'est le chlorure de sodium, sel ordinaire de cuisine, qui prend aussi les noms de sel marin et de sel gemme, à cause de sa double origine ; les eaux de la mer en contiennent en effet une quantité énorme , et on le trouve aussi au sein de la terre en masse considérable , à l'instar des pierres précieuses ou gemmes naturelles.
Dans les temps humides , il enlève de Peau à l'atmosphère et se mouille, étant très-hygrométrique, propriété que n'a pas , à un si haut degré, le chlorhydrate d'ammoniaque, ce qui doit, en hiver surtout, faire donner la préférence à ce dernier sel , pour la préparation des papiers positifs.
Le chlorure de sodium , ainsi que tous les chlorures, a la propriété de précipiter en flocons blancs la solution aqueuse de nitrate d'argent.
Il est généralement employé en photographie pour le bain salé ; il n'a, cependant, sur les autres chlorures qu'un seul avantage, celui d'être toujours et en tout lieu sous la main de l'opérateur photographe.
Chlorhydrate d'ammoniaque.
Sel ammoniac.
Le chlorhydrate d'ammoniaque est un sel qui résulte de la combinaison de l'acide chlorhydrique et de l'ammoniaque. Les gaz chlorhydrique et ammoniac se combinent directement et volume à volume pour donner naissance à un composé solide.
L'on obtient la même combinaison en mêlant ensemble les dissolutions aqueuses des deux gaz ; le se cristallise quand on évapore le liquide.
Ce sel a la propriété de précipiter le nitrate d'argent à l'état de chlorure, et doit être préféré au chlorure de sodium, beaucoup plus hygrométrique et presque toujours impur.
Le sel ammoniac donne aussi aux positifs un ton noir préférable.
Craie.
On nomme ainsi, dans les arts, des substances pierreuses blanches, tendres, employées comme crayons. On distingue deux espèces de matières crétacées : l'une, que l'on voit partout entre les mains des professeurs qui ont des signes ou des chiffres à tracer sur un tableau noir, l'autre qui sert aux tailleurs pour marquer des lignes sur les étoffes. Dans les classifications minéralogiques, ces substances ne sauraient être rapprochées, et la géologie les sépare encore davantage, en indiquant pour chacune d'elles une origine et un mode de formation qui n'ont rien de commun.
La première de ces substances est un carbonate de chaux terreux plus ou moins impur.
Après l'avoir pulvérisé , on en sépare le sable au moyen d'un lavage, et la craie ainsi lévigée prend dans le commerce le nom assez impropre de Blanc d'Espagne. Meudon possède des fabriques spéciales
de ce blanc, auquel on a aussi donné le nom de blanc de Meudon.
La craie des tailleurs d'habits est connue sous le nom vulgaire de craie de Briançon, parce qu'elle vient des environs de celte ville. Cette substance est un talc steatite. Réduite en poudre , cette craie prend le nom vulgaire de poudre de savon ; les marchands de gants et les bottiers en font usage pour faciliter l'entrée de la main et du pied dans les gants et les chaussures.
C'est la première de ces deux espèces de craie qui sert en photographie pour le décapage des glaces. t Un second lavage est indispensable pour la débarrasser du sable terreux qu'elle conserve encore . et qui rayerait infailliblement les glaces.
Chaux.
Cette substance, connue de tout temps, était regardée comme un corps simple : les belles expériences de Davy, sur les acides métalliques, apprirent que la
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chaux était formée de deux corps simples, à savoir : d'un métal appelé calcium et d'oxygène.
La chaux est donc un protoxyde de calcium ; elle est blanche, caustique, d'une saveur urineuse; elle verdit le sirop de violettes qu'elle finit par jaunir; elle brunit la couleur jaune du curcuma.
Exposée à l'air, à la température ordinaire, la chaux lui prend l'humidité et l'acide carbonique qu l'atmosphère contient toujours; elle se gonfle, tombe en poussière et devient un carbonate de chaux iiydratée.
C'est à cet état qu'on la prend pour la brômer.
Le procédé le plus simple, pour brômer la chaux, consiste à remplir, presque de chaux hydratée, un flacon à large ouverture, et à introduire, avec les plus grandes précautions, quelques grammes de brome pur. On bouche alors le flacon et on l'agile, en ajoutant peu à peu du brome jusqu'à ce que l'on ait obtenu la teinte convenable. On peut passer ainsi graduellement d'une belle couleur rouge cinabre au rouge de sang le plus foncé. Si la chaux restait d'un jaune terne , si le flacon se remplissait de vapeurs de brome, ce serait un indice de la trop grande sécheresse de la chaux ; il faudrait alors l'humecter légèrement.
Rouge brun d'Angleterre»
Peroxyde de fer.
L'on obtient cette substance en calcinant la couperose verte (sulfate de fer) à une température trèsélevée. Si la couperose employée est bien pure, et si la calcination a été poussée assez loin, le solide est du peroxyde de fer pur.
Pour le peroxyde de fer destiné aux usages photographiques , il faut que la calcination ait été poussée jusqu'à sa dernière limite. Plus celte calcination aura été lente et longtemps prolongée , plus le fer sera complètement oxydé, et mieux vaudra le rouge. Dans le cas d'une mauvaise fabrication, la poudre, au bout de quelque temps, perd sa douceur, devient rugueuse et finit par rayer le métal.
Cire vierge.
Tout le monde connaît cette substance et sait à peu près qu'elle se trouve dans les ruches d'abeilles,
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où elle constitue la matière des alvéoles. Lorsque le miel en est extrait, on fond le résidu dans l'eau bouillante, et le produit de cette fusion est de la cire jaune plus ou moins belle.
La cire brute est connue dans le commerce sous le nom de cire jaune.
La cire qu'on appelle vierge est blanche ; elle est le résultat de la purification et du blanchiment de la cire jaune.
La cire blanche sert à fabriquer des bougies , des cierges, des figures, des fleurs, des fruits, des pièces anatomiques; elle sert aussi comme excipient des couleurs dans la peinture à l'encaustique; elle forme la base d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques, etc. ; enfin, elle constitue l'élément principal de notre pâte encaustique pour lustrer les épreuves et les conserver.
Élémi.
Cette substance doit être classée parmi les résines, malgré le nom de gomme èlémi qu'on lui donne dans le commerce.
Il existe deux espèces d'élémi: Tune produit de Xamyris zeylonica de Linné et de la famille des Térébinthacées de Jussieu , l'autre qui découle à l'aide d'incisions profondes de Yamyris elemifera de Linné, appartenant aussi à la famille des Térébinlhacées.
Quoiqit'à peu près identiques sous le rapport de la composition, ces deux gommes élémi n'ont pas pour nous la même valeur. Nous donnons la préférence à la première , qui nous vient de Ceylan sous forme de gâteaux arrondis recouverts de feuilles de roseau. Son odeur est vive, aromatique, suave, sa saveur est chaude, acre et amère.
Le vernis composé avec l'élémi et l'essence de lavande, puis mélangé avec la cire fondue, fait partie de l'encaustique de Clausel.
Huile volatile de térébenthine.
Les huiles volatiles sont des produits organiques à peu près insolubles dans l'eau, très-solubles dans l'alcool et dans l'éther.
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Les huiles volatiles diffèrent beaucoup les unes des autres par leur consistance, leur densité et leur couleur, en un mot, par. leurs propriétés physiques. Ainsi, l'essence de girofle est plus lourde que l'eau, jaune et d'une consistance onctueuse; celle de lavande est plus légère que l'eau, blanche et fluide ; celle de térébenthine pèse 0,874, est très-fluide et complètement incolore.
La térébenthine des landes de Bordeaux contient environ le quart de son poids d'une huile volatile très-employée dans les arts et connue dans le commerce sous le nom d'essence. On l'obtient en distillant la térébenthine avec de l'eau. Cette huile est très-fluide, d'une odeur pénétrante, d'une saveur forte, mais sans âcreté ni amertume; elle est soluble dans l'alcool, ne se combine pas avec les alcalis, mais se combine très-rapidement avec l'iode et le brome.
Ce produit rectifié est le liquide qui convient le mieux au décapage des plaques d'argent. S'il est pur, une goutte de cette essence tombée sur du papier blanc doit s'évaporer sans laisser aucune trace.
ftToIr de fumée.
Ce noir se prépare en faisant brûler la térébenthine, le galipot ou d'autres produits résineux du pin, dans un four dont la cheminée aboutit à une chambre n'ayant qu'une seule ouverture fermée par un cône en toile.
Le plus beau noir de fumée se fabrique à Paris ; pour l'obtenir d'une grande pureté, on doit le traiter par l'alcool ou, mieux encore, le calciner dans un vase fermé.
Ce noir, mêlé, à volumes égaux, avec du rouge d'Angleterre et employé en petite quantité pour le polissage des plaques, leur donne une finesse de bruni que l'on ne saurait obtenir par aucune autre substance.
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Huile de lavande.
L'huile de lavande est extraite d'une plante de la famille des labiées ; elle peut être le produit de l'expression ou de la distillation. Il y a plusieurs qualités de lavande, et l'on en connaît principalement deux qui donnent deux huiles distinctes : l'huile d'aspic et l'huile de lavande.
L'huile de lavande est une des quatre substances que l'on emploie à la fabrication de l'encaustique lustrée de Clausel.
La belle essence de lavande est d'une couleur jaune, assez fluide, plus légère que l'eau, d'une odeur forte et pénétrante; on la falsifie assez souvent en l'additionnant d'essence de térébenthine rectifiée.
Huile de girolle.
Cette huile nous vient de Ceylan, où on la fabrique en quantités considérables; elle est plus pesante que l'eau et jouit de la propriété fort remarquable de réduire avec facilité les sels d'argent ; c'est par conséquent à titre de substance conservatrice qu'elle entre dans la composition de l'encaustique lustrée.
Tripoli.
Substance sèche , friable , rude au toucher, jaunâtre ou rougeâtre , d'une structure fissile quoique lâche et poreuse, d'une cassure schistoïde en lames plates d'aspect terreux.
Le tripoli ne fait point pâte avec l'eau, ce qui le
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distingue des argiles feuilletées, il ne s'y délaye même pas; il est fusible au chalumeau.
Userait difficile de donner une analyse exacte des tripolis, car ils diffèrent beaucoup dans leur composition. Ceci importe peu d'ailleurs aux photographes. M. N.-B. Delahaye, chimiste, a beaucoup étudié le tripoli au point de vue de son emploi en photographie pour le polissage des glaces et des plaques. Les résultats de ses analyses ont montré que le tripoli dit de Venise, et qui provient de l'île de Corfou, était préférable aux autres : il est schisteux, d'un rouge jaunâtre rosé. Le tripoli de cette provenance, lorsqu'on l'a bien préparé, est doux au toucher, ne raye point les plaques et leur donne même, sans le secours du rouge, un commencement de poli qui serait suffisant pour obtenir une bonne épreuve.
On fabrique du tripoli artificiel , il va sans dire qu'il ne vaut rien pour le polissage des plaques.
lodure de potassium.
On obtient ce sel en dissolvant de l'iode dans une solution concentrée de potasse, jusqu'à ce que la liqueur se colore par un excès d'iode. En évaporant à siccité la dissolution et en calcinant le résidu dans un creuset de platine, on a l'iodure de potassium pur; il ne reste plus qu'à le redissoudre dans l'eau et à le faire cristalliser.
Si l'on verse une solution d'iodure de potassium dans une dissolution d'azotate d'argent, il se forme un précipité blanc-jaunâtre d'iodure d'argent (1). Nous savons que l'iodure et le chlorure d'argent ont la propriété de noircir, même à la lumière diffuse. Cette propriété a été mise à profit par les photographes, qui en ont fait la base de leur art. Ainsi, soit que l'on fasse des négatifs sur papier, soit qu'on les fasse sur albumine ou sur collodion, c'est toujours le
(4) M. Humbert de Molard a le premier indique et mis en pratique l'ioduration directe, par l'ioiure d'argent ioduré soluble , appliqué directement.
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même agent chimique, l'iodure associé à l'azotate d'argent, qui forme la couche sensible où vient se peindre l'image négative.
L'iodure d'argent est insoluble dans l'eau, mais le cyanure de potassium, l'hyposulfite de soude et l'iodure de potassium le dissolvent facilement.
L'iode et le potassium forment trois combinaisons bien définies, savoir :
1° L'iodure de potassium, composé d'un équivalent d'iode et d'un équivalent de potassium.
2° Lebiiodure, composé d'un équivalent de potassium pour deux d'iode.
3° Le triiodure, composé d'un équivalent de potassium et de trois équivalents d'iode.
L'iodure de potassium pur, iodwre potassique, hydriodate dépotasse, est blanc, sa saveur est acre, il cristallise en cubes , il est déliquescent, très-soluble dans l'eau (100 parties d'eau à + 18° en dissolvant 143 parties), il se dissout aussi dans l'alcool en diverses proportions, suivant que ce dernier contient plus ou moins d'eau. L'alcool de vin à 36°, le seul que nous puissions employer pour préparer la liqueur génératrice , dissout 4 grammes 80 centigrammes pour 100 d'ioduree de potassium.
L'iodure de potassium du commerce est souvent
impur, souvent même adultéré et nous pensons que les photographes doivent à la mauvaise qualité de ce sel une bonne partie de leurs insuccès. L'iodure de potassium est le résultat du traitement en grand des soudes de varechs , aussi n'est-il guère possible d'en obtenir un produit aussi pur que celui qu'obtient le chimiste dans son laboratoire. Nous avons longtemps cherché la cause du louche de certains collodions qui laissaient précipiter une poudre blanche et produisaient finalement sur la couche du cliché une infinité de petits trous.
M. Delahaye, à qui la préparation des produits chimiques pour la photographie doit de si grands perfectionnements, s'est chargé de résoudre ce problème, et après avoir reconnu que c'était à la mauvaise qualité de l'iodure de potassium que nous devions ces mécomptes , il s'est mis à fabriquer et continue de fabriquer lui-même avec le plus grand soin l'iodure de potassium qui nous sert à la "préparation de la liqueur génératrice.
Voici quel est le procédé qu'il emploie pour préparer l'iodure de potassium pur :
Iode 1,000 grammes.
Limaille de fer 250 —
Carbonate de potasse . 730 —
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Dans une chaudière en fonte, on met o litres d'eau distillée avec la limaille de fer , puis on ajoute l'iode successivement et peu à peu en remuant le tout avec une spatule de fer. Si l'on ne prenait pas soin d'ajouter l'iode peu à peu, la chaleur qui résulte de la combinaison du fer et de l'iode volatiliserait une partie de ce métalloïde. Cela fait, et la chaudière étant placée sur le feu , il faut continuer d'agiter le mélange jusqu'à ce que la liqueur soit en partie décolorée. Tout d'abord, Yiodure liquide contient un excès d'iode, ce qui lui donne une teinte foncée que l'on voit disparaître à mesure que le fer métallique s'empare de l'excédant de l'iode et se combine avec lui. La réaction est terminée , quand la liqueur paraît entièrement décolorée, ou du moins , lorsqu'elle ne présente plus en masse qu'une teinte légèrement verdâtre caractéristique des proto-sels de fer. La liqueur doit être alors filtrée et conservée dans une cuve à précipitation.
D'un autre côté , ayant fait dissoudre le carbonate de potasse dans une quantité d'eau telle que la solution soit saturée , on versera peu à peu de cette dissolution dans l'iodure de fer liquide , jusqu'à ce qu'il ne s'y forme plus de précipité : il se produit alors de l'iodure de potassium qui reste dissous, et du car-
bonaie de fer qui se précipite au fond du vase.
Après avoir filtré le tout et l'avoir placé sur le feu, on le fera évaporer à siccité. Il en résultera une masse cristalline d'iodure de potassium pur contenant une très -petite quantité de fer.
La masse, dissoute dans 5 parties environ d'eau distillée et filtrée dans une capsule en porcelaine, doit être remise au feu, mais sur un bain de sable, afin de concentrer la liqueur ; à peine la pellicule paraît-elle, qu'il faut éteindre le feu du bain de sable et laisser refroidir la capsule sur le bain même (1).
On obtiendra ainsi de beaux cristaux blancs cubiques d'iodure de potassium.
Les eaux-mères pourront servir pour les opérations subséquentes.
Un procédé excellent pour rendre l'iodure de potassium parfaitement pur et propre à composer la liqueur génératrice destinée au collodion, consiste à faire dissoudre ce sel dans de l'alcool de vin à 36°, à
(I) L'iodure de potassium, dans ces conditions, est parfaitement pur, mais les eaux-mères renferment encore un peu d'iode libre, qui communique à la masse cristalline une teinte jaunâtre. Pour avoir les cristaux tout à fait blancs, il suffit de les laver sur un filtre avec de l'alcool absolu.
filtrer la liqueur, à la distiller et à la faire cristalliser de nouveau.
lodhydrate ou hydriodate d'ammoniaque.
Iodurc d'ammonium.
L'on prépare ce sel en mettant deux parties d'iode avec dix parties d'eau distillée dans un ballon de verre, et en ajoutant peu à peu une partie de limaille de fer.
Lorsque la combinaison s'est effectuée, on précipite le fer par une solution de carbonate d'ammoniaque, on filtre le liquide et on le fait cristalliser.
L'iodure d'ammoniaque est un sel peu fixe, et nous n'en conseillons guère l'emploi. Après de nombreuses expériences , dans le but de constater son degré de fixité, nous avons dû le rejeter de nos préparations, ne lui ayant d'ailleurs jamais reconnu une supériorité quelconque sur l'iodure de potassium.
Acide acétique cristallisable.
Vinaigre radical.
L'acide acétique est doué d'une odeur acide spéciale, forte et piquante, mais qui n'est pas désagréable, sa saveur est âcre et brûlante; il est toujours combiné avec l'eau, l'acide anhydre s'obtient avec beaucoup de difficulté. Selon Berzélius, l'acide acétique le plus concentré se compose de 85,11 d'acide et de 14,89 d'eau; mais cette faible quantité d'eau ne nuit en rien à son action.
L'acide acétique est cristallisable à -f 16°, il entre en fusion à cette température. Sa vapeur prend feu au contact de la flamme. Étendu de huit fois son poids d'eau, il remplace avec avantage le vinaigre employé à nos usages culinaires.
Le vinaigre n'est qu'une dissolution étendue d'acide acétique, qui contient en outre les principes non fermentescibles des liqueurs alcooliques qui lui ont donné naissance. Si l'on se propose d'en retirer de
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l'acide acétique pur, il faut avoir recours à la formation préalable d'acétates et à la décomposition de ces sels par l'acide sulfurique, etc., etc. On le prépare le plus ordinairement avec l'acide pyroligneux (vinaigre de bois) et on l'amène à un grand degré de concentration par le refroidissement et les cristallisations successives.
L'important n'est pas ici de savoir par quel procédé l'acide acétique est amené à son maximum de concentration; il importe même peu qu'il soit trèsconcentré; mais ce qui est indispensable, c'est de savoir le faire entrer suivant le besoin en proportion plus ou moins grande dans la solution d'acide pyrogallique.
Plus d'un opérateur doit ses insuccès de chaque jour à l'emploi irréfléchi de cet acide.
Comme on sait qu'il est un agent retardateur en photographie, il est naturel d'en conclure que ce ne peut être que par erreur qu'on en a conseillé l'emploi dans le bain d'argent négatif, même à dose trèsfaible.
L'acide acétique est employé dans les procédés à l'albumine et au papier négatif en combinaison avec l'azotate d'argent.
On acidulé aussi avec de l'acide acétique la so-
lution de protosulfate de fer, lorsqu'elle est employée comme agent révélateur.
Acide gallique.
On extrait l'acide gallique , par la macération dans l'eau , des noix de galle concassées , dont le tannin se trouve ainsi transformé en acide gallique, soluble dans l'alcool, qui le sépare des autres substances auxquelles il se trouvait associé. La noix de galle n'est pas un fruit, c'est une excroissance qui se forme sur les feuilles et les branches du chêne et qui provient de la piqûre d'un insecte , au moment où il y dépose ses œufs. Cette noix est de la grosseur d'une noisette , et nous vient en grande quantité d'Alep , qui en fait un commerce considérable.
L'acide gallique se présente sous l'aspect de houppes soyeuses , blanches ; il est employé en photographie comme agent révélateur ; seul et en solution aqueuse saturée , il développe parfaitement l'image négative obtenue sur papier humide.
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La même solution s'emploie comme agent préparateur sur albumine; on fait paraître l'image avec une solution faible de nitrate d'argent, ou par un mélange d'acide gallique et de nitrate d'argent , aiguisé par quelques gouttes d'acide acétique.
Acide pyrogallique.
Cet acide est le résultat de l'action de la chaleur sur l'acide gallique ; il est en petites houppes soyeuses blanches, d'un éclat vitreux.
C'est à M. Regnault de l'Institut que nous devons l'emploi de cet acide dans la photographie, qui en retire les plus grands avantages : il est d'une énergie remarquable comme agent révélateur , d'un emploi facile et d'un prix peu élevé.
Hyposulfite de soucie.
Depuis la découverte de la photographie ce sel a pris une grande importance; il est, en effet, employé, à peu près exclusivement, pour dissoudre les iodures et les chlorures d'argent impressionnables et restés inaltérés après leur exposition à la lumière. Quoiqu'il ne soit pas le seul agent chimique qui jouisse de cette propriété dissolvante , il n'en a pas moins prévalu sur tous les autres, et il faut avouer qu'il a mérité cette préférence.
L'action de l'hyposulfite de soude sur l'épreuve positive se fait sentir visiblement dès le premier quart d'heure; si l'on regarde le papier par transparence, on le voit alors piqueté de noir à cause d'un précipité métallique disparaissant à mesure que l'action dissolvante se prolonge; il faut bien attendre, avant de retirer l'épreuve du bain, que ce poivré ait entièrement disparu. L'épreuve n'est réellement fixée qu'à ce moment.
On doit employer ce bain sans mélange d'acides , sans mélange d'argent, dans son état simple; les bains neufs sont les meilleurs , ils peuvent fixer une vingtaine d'épreuves. L'hyposulfite de soude enlève le chlorrure d'argent libre , et quelques opérateurs prétendent qu'il change en sulfure d'argent le chlorure qui a été décomposé par la lumière.
Employé à l'état de saturation , il enlève complètement l'iodure d'argent des négatifs sur collodion et les laisse avec leur belle transparence ; employé en solution faible, au contraire, il parait fixer l'iodure sans l'enlever , et permet quelquefois de conserver des clichés qui, à cause de la grande transparence des ombres, auraient donné des positifs durs et privés de demi-teintes.
On prépare l'hyposulfite de soude en dissolvant du soufre dans une dissolution chaude et concentrée de sulfite de soude, jusqu'à ce que celle-ci en soit saturée; abandonnée à l'évaporation , la liqueur laisse déposer l'hyposulfite de soude sous la forme de gros cristaux transparents.
Cyanure de potassium.
Le mot cyanure indique un composé de cyanogène et d'un corps simple. Le cyanogène se compose de carbonne et d'azote. On distingue les cyanures en cyanures métalliques et en cyanures alcalins; on les spécifie ensuite par le nom du corps qui les constitue , et l'on dit : cyanure d'argent, cyanure d'ammoniaque, cyanure de potassium, etc., etc.
Il y a aussi des cyanures doubles qui résultent de la combinaison de deux cyanures simples.
Nous avons vu que, pour donner plus d'éclat à un positif par réflexion, pour lui ôter cette teinte grise qui nuit tant à ce genre de photographie , il était indispensable de terminer l'épreuve en la traitant par le cyanure de potassium et d'argent.
On prépare ordinairement le cyanure de potassium en décomposant par la chaleur rouge le cyanure double de potassium et de fer , communément appelé prussiate de potasse. Le cyanure de potas-
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sium est blanc, il attire fortement l'humidité de l'air et possède , au plus haut degré , la propriété de dissoudre l'iodure et le chlorure d'argent.
Quelques opérateurs l'emploient en solution faible pour fixer les négatifs sur collodion ; son action , toujours trop énergique , ne le rend guère propre à cet usage. Nous ne lui reconnaissons qu'un emploi utile, celui où il vient en aide pour faire disparaître une épreuve positive et constater la retouche.
Combiné avec l'iode il forme un excellent spécifique pour enlever les taches de sels d'argent ; encore son action toxique bien connue ferait-elle désirer qu'on lui substituât quelque substance moins dangereuse.
Ammoniaque liquide ou Aleali volatil.
L'ammoniaque est un gaz incolore, transparent, d'une saveur caustique, d'une odeur forte et pénétrante qui provoque le larmoiement.
L'ammoniaque jouit de propriétés alcalines. Elle
est formée par la combinaison de l'hydrogène et de l'azote; et comme elle affecte, à l'état anhydre, la forme gazeuse, on lui a donné le nom d'alcali volatil.
M. Humbert de Molard, qu'il faut toujours citer quand il s'agit d'une amélioration apportée aux procédés photographiques, l'a déjà fait entrer depuis longtemps dans la préparation des papiers négatifs comme agent accélérateur. L'on a essayé, avec quelque succès , l'emploi de l'ammoniaque dans la décoloration des collodions acides, nous pensons que s'il les décolore il ne leur donne pas les qualités qu'on lui attribue.
L'ammoniaque dissout parfaitement le chlorure d'argent et peut servir à fixer les épreuves positives auxquelles elle donne un ton rouge qui n'est pas sans mérite; ces épreuves après le fixage prennent dans le bain d'or alcalin un ton noir, chaud et profond des plus harmonieux , et nous pouvons ajouter que l'ammoniure d'or qui recouvre l'épreuve la rend inaltérable.
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Azotate de potasse.
Nitre ou salpêtre.
L'azotate de potasse porte vulgairement dans le commerce le nom de nitre ou de salpêtre et se rencontre tout formé dans la nature. On peut le fabriquer artificiellement, en combinant l'acide azotique avec la potasse.
L'azotate de potasse est un corps oxydant trèsénergique. La poudre à canon n'est qu'un mélange intime de salpêtre, de charbon et de soufre.
L'acide sulfurique et l'azotate de potasse mélangés, agissant pendant quelques minutes sur du coton ou du papier, leur donnent une grande énergie balistique (coton - poudre -pyroxy le) ; la découverte de ce fait appartient à M. Schœnbein de Baie. Le collodion n'est autre chose que le coton-poudre dissous dans l'éther.
Nous avons isolé à dessein , et porté à la fin de ce
Traité une substance qui est un sujet de vifs débals entre les photographes.
Nous n'aurions même pas fait mention du sulfate de fer, s'il ne pouvait pas être quelquefois utile aux amateurs des positifs directs, auxquels cette substance communique des tons plus uniformes et des teintes plus douces.
Sulfate de protoxyde de fer.
Couperose verte ou vitriol vert.
On le prépare en dissolvant du fer métallique dans de l'acide sulfurique étendu. Il cristallise en gros cristaux, d'un vert bleuâtre, analogue à la couleur du béril. Ce sel s'altère facilement au contact de l'air, et donne du sulfate basique de peroxyde de fer , qui ne peut plus agir sur les sels d'argent.
Depuis l'emploi du collodion , des débats assez vifs se sont élevés au sujet de deux agents révélateurs, sulfate de fer et acide pyrogallique.
Nous croyons qu'il n'esl plus permis aujourd'hui d'hésiter, l'acide pyrogallique doit être préféré , et pour plusieurs raisons : avec cet acide , jamais de taches; l'épreuve est toujours amenée au point voulu; c'est un agent bien plus énergique , et l'on peut par des combinaisons modifier son action à volonté. Depuis que l'on emploie le collodion en photographie, nous n'avons jamais manqué une seule épreuve par l'acide pyrogallique , et nous avons cependant produit des milliers de clichés.
Jamais avec le sulfate de fer nous n'avons pu obtenir une épreuve complète et satisfaisante.