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Trêves et dEvreux , réunion rare et respectable de tout ce qu'il y a de plus éclairé , de plus vertueux et de plus gracieux. A la téte paraissait M. l'évëque de Nantes, un des meilleurs esprits des temps modernes. Élève , docteur et professeur de Sorbonne, sa supériorité en tout genre mettait toujours cent places d'intervalle entre lui et celui qui le suivait immédiatement , oracle du conseil d'une société qui était elle-même l'oracle de la France ecclésiastique. Les sciences sacrées n'avaient plus de secrets pour lui; ses écrits sur les principales vérités du christianisme sont devenus classiques : judicieux et clair , sa parole portait toujours sur le vrai ; calme et méthodique, il donnait à t<>us les sujets l'air de la raison ; modéré par caractère comme par réflexion, il usait des hommes et des choses comme ils sont, sans s'irriter de leurs défauts, ni se prévaloir de leurs forces ; aussi bien placé dans le monde que sur sa chaire épiscopale ou doctorale. Avec des hommes de cet esprit dans les affaires , la paix régnerait éternellement sur la terre.
M. l'évëque de Nantes fût l'idole de son diocèse et l'oracle du clergé jusqu'à l'époque
du concile, où l'esprit de parti et de vertige ayant pénétré partout, dénaturé tout, versa beaucoup d'amertume sur les derniers jours de ce vénérable et savant prélat. Napoléon lui décerna un monument : celui-ci familier à-peu-près avec tout le monde , ne s'émancipa jamais à l'égard de M. l'évèque de Nantes, et souvent au milieu même des paroles peu mesurées qui suivaient ses emportemens, il lui est arrivé de dire à M. l'évèque de Nantes, ne croyez pas que ce soit pour vous que je parle.
Pour moi , placé au milieu d'hommes dont quelques uns avaient été mes maitres, et qui tous auraient pu le devenir, je n'avais qu'à profiter d'un rapprochement qui sous tous les rapports ne pouvait être plus heureux pour moi.
Je n'ai rien à dire du père Fontana, ne l'ayant pas connu. Les intérêts de la religion comme ceux du clergé ne pouvaient être confiés à de plus fidèles dépositaires ; je fournirai bientôt la preuve qu'ils ont été fidèles à leurs devoirs.
Chaque profession a une espèce de langage à part, et qui la caractérise : ainsi les parle-
mens, le barreau, le clergé, les ministres, français protestans , et jusqu'aux réfugiés français ont chacun un style particulier et qui sent le terroir. Pour peu qu'on en ait l'habitude et que l'on y apporte attention, on les reconnaît tout de suite.
Le clergé a toujours eu son langage à lui: on retrouve dans toutes les parties du travail de la commission le style grave, solemnel, nombreux, nourri des citations de l'écriture, des pères,et des auteurs ecclésiastiques, qui de tous temps a fait le fonds du langage du clergé de France. On pourrait attribuer les écrits de la commission au siècle de Louis XIV autant qu'à nos jours; qu'on les compare avec les procès-verbaux du clergé , et que l'on assigne si l'on peut la différence
Le clergé a toujours parlé au prince avec le plus grand respect, et du pape avec la plus, profonde vénération. Le même ton de révérence se retrouve encore dans les mémoires de la commission. Long-temps on crut que la commission était investie de pouvoirs, et que ses décisions seraient rendues publiques et proposées au reste du clergé. Rien n'était moins fondé que cette opinion. Napoléon
s'était explique sur sa vraie nature : il l'avait bornée à celle d'un simple conseil pour luimême et pour lui seul , sans condition d'accepter ni publier rien qui vînt d'elle. Il n'avait voulu que s'éclairer , et point du tout se lier.
La position ecclésiastique de Napoléon se trouva changée du moment qu'il eut formé un conseil. Jusque-là il n'avait écouté que sa fougue ou son imagination : il avait marché au hasard , en obéissant tantôt à l'une, tantôt à l'autre , ou bien encore à toutes les deux à la fois. Du moment qu'il eut un conseil , il fallut s'arrêter, et marcher de conserve avec ceux qu'il avait appelés ; autrement autant valait s'en passer: les conseils, même les plus limités, sont toujours une autorité et un point d'arrêt. Il était encore sans exemple que Napoléon se fût donné un frein à lui-même : une fois accepté, il fallait lui obéir. Dès lors il commença à se livrer à l'étude des matières ecclésiastiques, qu'auparavant il décidait tout seul et pour lui seul ; ce que dans l'école ou appelle à priori. Il se mit à lire bossuet et d'autres auteurs. « Je deviens théologien , disait-il en riant, j'ai déjà lu bossuet ». 11 se
plaignait de n'y rien rencontrer de relatif aux affaires actuelles du clergé. « Il n'y a rien dans vos quatre propositions dont vous faites tant de bruit », disait-il souvent. Le discours que Bossuet prononça à l'ouverture de rassemblée de 1682, qui fit les quatre propositions, n'avait pas porté plus de satisfaction dans son esprit, par la double balance dans laquelle cet orateur pèse le pape; balance dont un bassin le porte trop haut , l'autre le fait trop descendre, et laisse le lecteur incertain sur la place qui lui convient. Napoléon avait raison de se dire propre à l'étude de la théologie : sophiste et subtil , très-enclin à parler le premier et le dernier , il avait tout ce qu'il faut pour faire un théologien fort embarrassant dans la dispute. Il aurait occupé une place distinguée dans ce temps où, comme dit Montesquieu , les esprits subtils sont les beaux esprits. C'était un plaisir de le voir retourner une question sous mille faces , y découvrir des rapports inattendus et inaperçus par tout le monde , et puis s'élancant tout-à-coup hors du cercle de la question, parcourir à vol d'aigle une carrière nouvelle pour aller se reposer dans des régions de sa
création. C'étaient ces créations et ces déplacemens subits des objets qui donnaient à sa conversation un mouvement plein d'attraits et de souvenirs. Il possédait moins l'art de remplir le cadre de la causerie, toujours un ,peu étroit pour un génie de cette espèce, que la puissance d'en faire un champ immense d'idées, de réflexions et d'occupations variées pour l'esprit. Avec lui il s'agissait moins des satisfactions ordinaires de l'esprit que de sa forte occupation. Sûrement Napoléon est de tous les hommes celui qui ayant le plus agi pour son compte, a le plus remué les autres: eh bien ! il a encore plus agité son esprit que son corps , et remué leur esprit que leurs bras. C'était un magasin inépuisable d'idées.
Pour bien apprécier la conduite de la commission, il faut savoir évaluer sa position. Elle était difficile Rien n'est plus commode, plus commun, mais aussi plus fautif que la méthode déjuger en bloc une action fort compliquée. Celle de la commission était de cette nature. On peut en juger par l'exposé suivant.
Les plus grands sévices avaient eu lieu entre Napoléon et le pape. Celui-ci était captif: son détenteur aimait à rendre à-peu-pres ru-
tant que l'enfer avare. La commission n'élatt point un parlement investi du droit de remontrance. C'était un simple conseil répondant sur un sujet donné, et rien de plus. S'ingérer à toucher des points délicats, était s'exposep à perdre le bien que l'on pourrait faire. Il fallait fonder la confiance sur la discrétion. On nedisposait pas plus de l'esprit de Napoléon que de celui du pape. Celui-ci lança dans ce temps , et ne lui demanda pas conseil pour cela, les brefs de Florence et de Paris, qui firent beaucoup de mal \ d'abord à lui , ensuite à la chose elle-même, et puis à MM. D'Astroz, Fontana et Portalis, qu'ils firent emprisonner ou exiler. Car voilà tout ce que l'on y gagna. La commission avait à agir sur l'esprit de- Napoléon, terrain bien neuf pour cette semence j et pour les mains qui devaient l'y répandre. Elle avait à réparer le mal que faisaient à chaque instant les opiniâtretés zélées de M. le cardinal Fesch, et les démarches inconsidérées d'un grand nombre de prêtres qui ne se contenaient plus. Pour surcroît de maux, la commission se trouvait entre Napoléon et les philosophes de son conseil-d'Etat ^ ainsi qu'il s'amusait à le dire , entre les prêtres,
anli-cortcordatistes et les prêtres plus catholiques que le pape : car le clergé offrait toute» ces nuances, et la voie au milieu d'elles se trouvait fort embarrassée. Mais ce qui était le pire de tout, c'est que chaque membre de la commission avait à veiller au maintien de sa considération personnelle dans son clergé propre , clergé déjà obsédé des terreurs et des préventions qui depuis ont formé l'esprit du clergé. On ne peut se dissimuler que le petit esprit ne s'en fût déjà emparé, et que les petits prêtres et la gent dévote n'y eussent obtenu beaucoup trop d'empire.
Une pareille position est une des plus délicates dans laquelle des hommes qui connaissent leurs devoirs puissent se trouver placés : c'était celle de la commission. Aussi, souvent nous est- il arrivé de dire , en songeant de combien d'envies nous étions l'objet :
Ailleurs on nous envie, ici nous gémissons.
Le bon esprit de la commission la conduisit à travailler sur l'esprit même de Napoléon ; tout dépendait de là; à bannir tout préjugé défavorable à l'ordre religieux , à ramener sur lui des idées vraies, et à faire naître la
confiance. Elle s'établit. La commission rapportait tout à deux objets principaux également conformes au devoir et à la raison :
i°, La fin des contestations avec le pape, et le terme des souffrances de celui-ci. Elle savait que ce serait la fin des premières qui amènerait la fin des secondes ; c'est pourquoi elle y tendait avec persévérance. Son intention n'était nullement d'élever le pape audessus du prince , non plus que faire perdre le pape, que déjà elle ne jugeait pas être trop fort. Elle n'avait pour but que de régulariser l'action des deux pouvoirs l'un à l'égard de l'autre , et conformément au bien de la religion et de l'Etat : son travail aurait été aussi utile sous Louis XIV que sous Napoléon, dans un temps que dans un autre ; et cette généralité dans son application est le sûr garant de l'excellence de son principe. Aussi la commission ne voulut-elle jamais entrer dans les plans que Napoléon énonçait sur Rome, et sur lesquels ses instructions l'autorisaient à traiter. Elle a toujours voulu s'en tenir à la partie religieuse de l'accord proposé par Napoléon , lui abandonnant de débattre avec le pape toute la partie temporelle.
Ici je dois rendre justice au secours qui nous fut prêté par M. Regnault de Saint-Jean-d'Angély : sa position, loin de devoir l'en priver, est un motif de plus pour la publier. Connaissant L'influencé qu'il avait dans les affaires , je crus devoir l'aboucher avec M. l'évèque de Vantes , pour lui foire bien entendre notre position. Nous le trouvâmes très-disposé à nous servir, et pénétré du même sentiment que nous sur les inconvéniens de toutes les querelles religieuses. M. l'évèque de Nantes produisit sur ce ministre-d'État l'effet qu'il obtenait partout. Deux hommes d'autant d'esprit ne pouvaient pas manquer de s'entendre. 'M. Regnault s'engagea à retarder par tous les moyens en son pouvoir, même par des prétextes de maladie , l'émission des actes pour lesquels son ministère pourrait être requis , et il tint parole : il fit gagner du temps pour arrêter la publication d'un sénatus-consulte que Napoléon avait ordonné, d'après lequel toute espèce de communication avec le pape était interdite. Nous en sentions les redoutables conséquences. Un jour Napoléon , ignorant la cause de ce retard, qui le contrariait beaucoup, s'en prit à moi, et me dit : Voui
m'avez empêché de faire mon sénatus-consulte, tout serait fini. Il fallut lui montrer que tout aurait été perdu. Peu de jours après, il reçut un mémoire de la commission sur ce sujet, et se calma. C'était ainsi qu'il fallait procéder avec lui ; et ceux qui, pour éviter des malheurs, usaient d'adresse, servaient mieux la religion et la France, que ceux qui ne savaient que l'enflammer avec leurs pieuses gaucheries.
Maintenant que ces préliminaires ont bien fait connaître la position des choses, on peut passer avec assurance à l'exposition des travaux de la première commission.
Elle eut à répondre, car il ne faut pas perdre de vue que son rôle se bornait là, et Napoléon n'était pas homme à l'en laisser sortir, à trois séries de questions :
La première, sur des objets qui intéressent toute la chrétienté ;
La deuxième, sur des objets relatifs à la Fi an ce ;
La troisième, sur la position actuelle des affaires.
Le lecteur trouvera les questions avec les réponses, à la fin de cet ouvrage On lui de-
mande de se rappeler le temps auquel les unes et les autres furent faites, et de les juger uniquement par ce qui existait alors.
Seconde commission, en \ S 1 1 •
Depuis la séparation de la première commission, les circonstances étaient devenues plus graves. Le pape avait fait l'éclat de l'émission des brefs relatifs aux vicaires capitulaires de Paris et de Florence. De là s'était ensuivie la nouvelle rigueur de sa captivité. Les troubles causés par mille incitations prétendues religieuses, augmentaient Napoléon se voyant au moment de devenir père, ne cessait de dire qu'il ne voulait point laisser son fils en proie à tous les hasards de la bonne ou de la mauvaise volonté de Rome. Je n\ii point oublié sur quel ton il m en parlait, et quelle suite de résolutions menaçantes son courroux déroulait devant moi. En attendant, rien n'avançait, et des contrariétés de tous les instans étaient tout ce qu'il y avait de plus propre a précipiter Napoléon dans l'exécution soudaine de ses funestes résolutions.
Dans le courant de janvier 181 r , la commission fut réunie de nouveau.
On trouvera à la fin de l'ouvrage les demandes qui lui furent présentées, et les réponses qu'elle donna.
On verra par elles qu'elle se proposait trois objets principaux :
i°. Prévenir l'interdiction des communications avec le pape ;
2°. Faire adopter une mesure relative à l'institution canonique ;
3P. Faire rendre la liberté au pape, le rapprocher de Napoléon , et terminer ces affligeantes dissensions.
Les séances de la commission furent terminées à la fin du mois de mars 1 8 r i . Les membres reçurent l'ordre de ne pas s'éloigner de Paris. Vers la fin du mois d'avril, M. l'archevêque de Tours, les évéques de Nantes et de Trêves, furent envoyés à Savone. Le patriarche de Venise, évêque de Faënza, leur fut adjoint.
Les députés reçurent les instructions suivantes tracées par Napoléon :
Annoncer la convocation d'un concile pour le g juin.
Le concordat cle 1801 n'existe plus, puisque le
Saint- père, une des parties contractantes, refuse d'en observer les clauses essentielles.
Les évêques devront à l'avenir être institués, comme avant le concordat de François Ier. , selon la forme qui sera réglée par le concile et approuvée par l'Empereur.
Cependant nous vous envoyons auprès du pape, avec des pouvoirs de traiter, etc. Vous ne vous en servirez qu'au cas que vous trouviez le pape dans des dispositions de conciliation.
Il y a deux conventions a faire, indépendantes finie de 1 autre, et par aetes séparés.
L'une qui est relative à l'institution des évêques. L'Empereur consent à revenir au concordat de 1801, à deux conditions :
i°. Le pape instituera les évêques déjà nommés ; 20. Pour l'avenir, les nominations seront communiquées au pape, dans les formes ordinaires, afin d'en obtenir l'institution canonique. Si, au bout de trois mois, le pape n'a pas institué, la nomination sera communiquée au métropolitain, qui devra instituer son suffragant , lequel instituera également, s'il s agit de l'archevêque.
L'autre convention aura pour but de régler les alla ires générales.
Bases. Retour du pape à Rome, s'il consent à prêter le serment prescrit par le concordat.
Si le pape refuse ce serment, il pourra résider a
Avignon. Là , il aura la liberté d'administrer tout le spirituel , et même d'avoir des résidens des puissances chrétiennes. — Il jouira des honneurs souverains. — Il aura deux millions pour son entretien. — Le tout, pourvu qu'il promette de ne rien faire dans l'Empire qui soit contraire aux quatre articles de 1682.
Les évêques députés doivent être de retour au premier juin.
Ces deux conventions faites, l'empereur est disposé à s'entendre avec le pape pour tout le reste.7— Pour établir des évêchés à Bois-le-Duc, à Amsterdam , à Rotterdam, à Hambourg, à Brème n y à Monta uban , etc. — Pour accorder la protection de la France aux religieux de la Terre-Sainte. — Pour la reconstruction du Saint-Sépulcre. — Pour les Missions. — Pour la Daterie. — Pour les Arc' .ves Pontificales. — - En général , sur tout ce qui est nécessaire au pape pour le libre exercice de ses fonctions spirituelles.
Les députés , connaissant la situation des choses, il est inutile de leur parler de la Bulie du 10 juin 1809 , des pratiques qui ont eu lieu pour exciter du désordre dans l'Empire , pour anéantir la jurisdiction épiscopale , pour accréditer des vicaires apostoliques à l'insu du gouvernement et des évêques, etc.
Ordre formel de prévenir le pape qu'il ne rentrera pas dans la souveraineté temporelle de Rome. —
I.c prévenir aussi de la convocation du concile, et de ce qu'il est possible que fas^e l'église de France, d'après les exemples des temps antérieurs, vu la nécessité de pourvoir au salut des ames et au bien de la religion.
La députât ion arriva à Sa voue le 9 niai 18 1 1 : il faut remarquer qu'elle n'était censée faite qu'au nom des évèques résidans alors à Paris, avec la permission de Xapoléon. Le pape l'admit à sou audience des le lendemain de son arrivée. Il parut d'abord s'èlre fait une fausse idée de la nature de la députation, s'étant imaginé qu elle venait en quelque sorte pour lui parler du jugement que les évèques de France portaient de sa personne et de sa conduite. Les témoignages de respect et d'affection dont il reçut sur le champ l'assurance dissipèrent bientôt cette inquiétude : il se borna à représenter la nécessité de son concours aux décrets du concile national qui apporterait des changemens dans l'institution des évèques, ou sur quelqu'autre point de la discipline générale.
La seule résistance soutenue qu'il opposa, concernait l'impossibilité dans laquelle il se trouvait de donner des bulles ou de faire
d'autres fonctions dans la privation absolue de conseil, et même du matériel nécessaire pour l'expédition des actes , annonçant d'ailleurs être disposé à embrasser tous les moyens de conciliation , aussitôt que la liberté lui serait rendue.
Enfin après quelques jours employés à faire des progrès dans son esprit, le 19 mai, c'est-à-dire dix jours après l'arrivée des députés , la note ci-jointe fut rédigée dans le cabinet du pape, acceptée et consentie par lui.
Sa sainteté, prenant en considération les besoins et le vœu des églises de France et d'Italie, qui lui ont été présentés par l'archevêque de Tours , et par les évêques de Trêves , de Nantes et de Faènza , et voulant donner à ces églises une nouvelle preuve de son affection paternelle , a déclaré aux archevêques et évêques susdits :
i°. Qu'elle accorderait l'institution canonique aux sujets nommés par sa majesté impériale et royale , dans la forme convenue à l'époque des concordats de France et du royaume d'Italie ;
2°. Sa sainteté se prêtera à étendre les mêmes dispositions aux églises de la Toscane , de Parme et de Plaisance , par un nouveau concordat ;
3°. Sa sainteté consent qu'il soit inséré dans les concordats une clause , par laquelle elle s'engage
à faire expédier des halles d'institution aux évoques nommés par sa majesté , dans un temps déterminé que sa sainteté estime ne pouvoir pas être moindre de six mois; et dans le cas où elle différerait plus de six mois pour d'autres raisons que l indignité personnelle des sujets , elle investit du pouvoir do donner en son nom les bulles, après les six mois expirés, le métropolitain de l'église vacante, et à son défaut le plus ancien évéque de la province ecclésiastique ;
4°. Sa Sainteté ne se détermine à ces concessions que dans l'espérance que lui ont fait concevoir les entretiens qu'elle a eus avec les évéques députés , qu'elles prépareraient les voies à des arrangement qui rétablissent l'ordre et la paix de l'église, et qui rendent au saint-siége la liberté, l'indépendance et la dignité qui lui conviennent. Savone, le 19 mai 1811.
Il faut observer i° que cette note ne fut point signée. Cette remarque se rattache au parti que, dans le concile, on chercha à tirer de l'absence de cetlè signature ;
i° . Qu'elle renfermait tout ce que le concile demanda ;
3°. Que le pape n'avait point contesté au concile le droit de changer la discipline générale, lorsque son concours aurait lieu ;
4°. Qu'il consentait à signer le premier article des quatre propositions du clergé , de 1682, et qu'il n'opposait sur les autres que des difficultés de formes faciles à lever;
5°. Qu'il n'insistait pas sur la bulle d'excommunication en elle-même, de manière à en exciper comme d'un point de droit , mais qu'il paraissait seulement chercher à en sauver l'honneur ;
6°. Qu'il avait renoncé à tout espoir de retour à Rome, et qu'il ne tenait plus qu'à la nomination des évèchés suburbicaires ;
70. Que la députation trouva auprès de lui cet accueil gracieux, la sérénité, et la riante douceur dont quelques mois après il fit de nouveau contempler à la seconde députation le spectacle propre à inspirer à la fois l'attendrissement et le respect.
Les articles qui viennent d'être indiqués résultent de la correspondance journalière des députés avec le ministre des cultes, laquelle se trouve dans l'ouvrage dont nous avons extrait les détails ci-dessus. Ce sont les fragmens pour servir à l'histoire ecclésiastique du dix-huitierae siècle.
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