‹ Les quatre concordatsChapitre 38 sur 40 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Concile de 1811.

Depuis le commencement des différends entre le pape et Napoléon, on allait de singularités en singularités , tant les affaires ecclésiastiques sont épineuses. L'enlèvement et la captivité du pape formaient déjà des scènes bien étranges, et que l'on ne devait guère s'a l tendre à rencontrer dans ce temps : on avait vu une excommunication, il n'y manquait qu'un concile. On l'eut en juin 181 r. La marche de cet ouvrage me dispense d'en donner les détails : ils peuvent se trouver ailleurs. La connaissance de l'esprit des faits importe plus à l'histoire que celle même du matériel des faits : là réside la partie vraiment substantielle de l'histoire. On a vu assembler et dissoudre un concile : Pourquoi cette assemblée et cette dissolution? Voilà ce qu'il est important de connaître, et qui seul peut tout expliquer.

Les évêques de la commission ; comme il a

été dit plus haut, sentaient la délicatesse cΣ leur posilion. L'ordre religieux était troublé et arrêté : le pape, captif et obstiné, tirant des moyens de résistance de sa captivité même, et blessant son ennemi par l'intérêt qu'inspiraient ses malheurs : Napoléon irrité, pressant, menaçant : tous les yeux fixés sur cette commission, assemblée depuis deux ans, efe muette pour le public; car d'après le système de Napoléon, rien de ce qu'elle faisait ne paraissait au-dehors. Or rien n'est plus propre à remuer les esprits que la prolongation du silence sur une action continuée aux yeux du public qui n'en voit rien sortir. C'est le plus sûr moyen d'ouvrir la carrière à tous les genres d'aberrations. Aucun objet fixe n'étant présenté, l'inquiétude avait gagné les esprits ; bien plus, elle s'était élevée jusqu'aux membres de la commission , qui sentaient qu'ils avaient à conserver leur considération dans leurs propres diocèses, dans lesquels l'opinion n'était pas plus rassise que partout ailleurs. Comme on voit, on serait embarrassé à moins. Cependant il fallait venir au secours de l'église de France, et à celui du pape, même à son insu ; car nous sentions très-bien que l'un ne

pouvait pas aller sans l'autre. Ce fut pour parer à la fois à tous ees inconvéniens, que la commission proposa d'assembler le concile et d'envoyer à Savone.

Par-là on ne sortait d'aucune règle ni de l'église, ni des bienséances ; on rendait à la fois aux besoins de l'église de France, et à la dignité du souverain pontife tout ce qui leur était dû également.

La commission ne voulut point prendre sur elle de proposer la décision d'une question aussi délicate que L'était celle du changement du mode de l'institution, non plus que de pressentir celle qui pourrait émaner du concile; elle se borna à indiquer la marche que Ton pourrait suivre pour effectuer cette mesure et pour remplir à la fois tous les devoirs.

Voyez, dans les extraits joints à la fin de l'ouvrage, la réponse à la seconde question proposée par Napoléon.

Mais cette question du concile n'était pas même sans difficultés. 11 s'agissait d'un droit positif généralement reconnu dans l'Eglise, l'institution canonique donnée par le pape. Pour apporter des ehangemens à cet ordre , le concours du pape était nécessaire; s'il le

refusait, il restait la ressource du concile général. Comme la convocation cle ces assemblées appartient au pape, ainsi que leur présidence par lui ou par ses légats , c'était encore à lui qu'il aurait fallu revenir. C'est une chaîne dont il tient les deux bouts. La commission le sentait, et d'après le sentiment de ces difficultés, elle disait que dans le cas de nécessité extrême, une grande église, telle que celle de France, se trouvait fondée, par le malheur des circonstances, à pourvoir à son propre salut : décision infiniment sage , basée sur la nature même des choses , c'està-dire sur celle des sociétés, qui toutes renferment dans leur sein le principe de conservation qu'elles ont reçu de la même main qui leur donna l'existence. L'église n'est pas une société d'une condition pire que les autres. Elle ne peut donc manquer des moyens de conservation qui appartiennent à toutes. Lorsque des divisions éclatent dans son sein , une partie notable de l'église ne peut pas rester abandonnée : elle ne peut pas davantage consentir à sa perte, en restant dans une inaction mortelle : ainsi, après avoir employé tous les moyens avoués par la raison et par

le devoir, pour amener la fin du désordre , il lui reste alors un autre devoir à remplir, et ce devoir est vis-à-vis d'elle même. Il lui fait une loi de songer à sa conservation, en se renfermant dans l'emploi des moyens légaux, tel que le retour, au moins momentané, aux auciens canons, et à la discipline que les droits positifs ont abrogée. Ceux-ci ne pouvant être observes dans le moment, sont, pour le temps, comme s'ils n'existaient pas. On rentre alors dans ces lois de nécessité des temps, comme dit saint Cvpricn , que Dieu permet et que l'homme ne commande pas.

Ces principes , aussi justes que simples, sont éminemment propres à mettre un terme aux contestations. Or c'est à eux que la commission demandait de recourir.

Le concile fut donc convoqué pour le g juin 1 8 r t . 11 devait être formé de tout 1 épiscopat de la domination de Napoléon, en France, en Italie, en Allemagne. Le princeprimat, ainsi que des évêques titulaires ou suffragans d'Allemagne, furent appelés. Le nombre total des évéques présens dépassait cent. On prépara pour la tenue du concile, l'archevêché de Paris , qui était magnifique-

trient réparé. M. le cardinal Fesch présida. Les ministres des cultes de France et d'Italie assistèrent comme commissaires de Napoléon,

Tout était neuf dans cette circonstance. La tradition ne fournissait aucun document positif qui lui fut applicable. Il faut tenir pour certaines deux choses :

i°. Que le gouvernement de l'Église étant en grande partie le résultat des traditions, les faits étant très-nombreux, très-divers dans leur nature, on ne trouve rien de fixe ni de déterminé pour les conciles nationaux. Celuici, par la réunion des deux clergés de France et d'Italie, ne formait pas un concile national proprement dit , et , par l'étendue des deux, il dépassait le volume ordinaire d'un concile national. Il était moins qu'un concile œcuménique, mais plus qu'un concile privé, national ou autre. A ce sujet j'ai entendu beaucoup citer , surtout j'ai vu s'appuyer beaucoup sur le concile dit national de Francfort, tenu devant Charlemague, et l'on pourrait presque dire par lui. C'était peut-être remonter un peu haut : mais il ne faut pas disputer contre le bien qui se présente; et le meilleur <$st de l'accepter , quelque date qu il porte. Je

recherchai donc ce concile, et j'eus lieu de reconnaître que lui, pas plus que les autres , n'avait de rapport avec le sujet qui nous occupait. Les assemblées de ce temps reculé étaient mi-parties religieuses et politiques, formées à la fois des grands de la cour et des membres du clergé. Aussi voit-on qu'une partie des décrets de ce concile concernent la révolte de Taxillon , duc de Bavière , comme aussi la fixation du prix de certaines denrées. On y trouve encore que Charlemagne y discute autant qu'un père du concile aurait pu le faire , et que ce prince prit la peine d'écrire à févèque de Tolède, dont la fausse doctrine avait motivé la réunion de cette assemblée. Dans tout cela , il n'y avait rien pour nous. On resta donc sans autres boussoles que le bon sens et la nécessité, et celles-là en valent bien d'autres.

L'objet unique et exclusif du concile était de régulariser l'ordre de l'institution canonique, et de pourvoir à ce que désormais elle ne pût être arrêtée par aucune autre cause que les empêchemens canoniques opposés par le pape aux impélrans. La question élevée, entre le pape et les princes était là

toute entière. Le reste ne comprend que des accessoires. Cette réduction des prétentions de Napoléon était le résultat des représentations réitérées de la commission, qui avait enfin réussi à lui faire entendre qu'il n avait point d'intérêt à aucune autre chose.

Je demande que 1 on fasse bien attention à cet article , parce qu'il est essentiel pour dissiper mille bruits répandus sur l'objet et sur la tendance de ce concile. Il n'y a jamais été question que de l'article porté à Savone , relativement à l'institution , et je défie qui que ce soit de montrer une seule ligne de propositions faites dans celte assemblée qui dépasse cette limite.

Soyons vrais, et quels que soient les temps, rendons hommage à qui le mérite. La demande de Napoléon était puisée dans la nature des choses; elle mettait fin à l'arbitraire , à l'injustice envers les Eglises et les titulaires, à l'inégalité entre le pape et les souverains ; elle statuait, enfin , un ordre fixe et raisonnable. Par lui, les querelles entre le sacerdoce et l'empire , après tant de siècles de débats , avaient acquis un terme : ce n'est pas pour la France seule que cela était fait , mais

pour le monde chrétien , qui ne pouvait manquer de s'y conformer, et qui peut déjà avoir commencé de ressentir ce qu'il a perdu avec lui.

Ce n'était pas ses affaires seules que faisait Napoléon, avec cet accord; c'était encore celles de tous les souverains , auxquels il épargnait, par cet exemple, les embarras qui les attendent. Ainsi se trouvait résolu le problème que Louis XIV avec Bossuet , et ses parlemens , s'était reconnu impuissant à résoudre, et le monde avait ainsi été rendu témoin d'un speclacle bien nouveau , celui d'un jeune souverain militaire qui voulait que l'Eglise ne pùt jamais manquer de pasteurs, et celui d'un pape qui combattait pour qu'elle pût en manquer : car tel était le singulier contraste des deux rôles , à la vue desquels il est bien naturel de se demander de quel côté était-on le plus catholique?

C'est de cette hauteur qu'il faut considérer cet acte, parce que c'est à cette élévation qu'il fut conçu.

A peine le concile fut-il réuni, que Napoléon put découvrir un horison très différent de celui dont il s'était créé pour lui-même la

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perspective, et qu'il put commencer de reconnaître l'étendue de la faute qu'il avait faite, en gardant depuis deux ans le silence sur ce qui se passait dans l'Église.

Napoléon comptait fermement sur rattachement du clergé. La commission avait fortifié cette conviction, peut-être au-delà de la mesure réelle. Elle ne pouvait l'excéder pour tout ce qui concernait la fidélité; car le clergé défendu par ses principes est incapable d'y manquer : mais en allant jusqu'à l'affection , on pouvait s'engager beaucoup. Quelqu'attaché que je fusse, j'allais dire soumis aux opinions de mes collègues, cependant je me permettais de m'en écarter sur quelques points relatifs à la direction générale de cette affaire. Ainsi j'envisageais les dispositions du clergé d'une autre manière qu'ils ne le faisaient. Je croyais connaître son esprit ; il me semblait que l'anxiété l'avait gagné, que l'état du pape le faisait souffrir, le détachait de celui qui en était Fauteur; que les ennemis, la frayeur, l'incertitude avaient pénétré dans ses rangs, et que, dans cette disposition, toute réunion conduirait à l'échauffer par toutes les causes qui font fermenter les corps que I on rap-

proche. Il me semblait inévitable que quelques sentimens humains ne se glissassent point parmi un grand nombre d'hommes j que des influences détournées, invisibles , intéressées, ne s'insinuassent parmi eux, et ne finissent, même à leur insu, par les diriger. Le clergé , placé entre le pape et Napoléon , penchait vers le premier de tout le poids de ses inclinations et de la conformité de son état : les malheurs de Pie YIl ne pouvaient qu'avoir ajouté à l'attachement et au respect qui sont l'état naturel du clergé à l égard du pape, et qui ont toujours fait partie des habitudes de celui de France. D'ailleurs, entre un pape et un prince temporel, surtout quand il est un peu suspect de philosophie , quel clergé balancera jamais ; quel clergé croira jamais tout-à-fait au prince qu'il suppose ne pas croire tout-à fait en lui ? Napoléon se conduisait là, comme il était légitime que le fit Louis XIV : mais il était loin d'être dans la même position.

D'un autre coté , le clergé ignorait tout eç qui s'était passé ; il ne connaissait que les actes patens , portés à la connaissance du public. Il se voyait appelé pour une chose aussi neuve

qu'un concile; on lui proposait la chose du monde la plus simple ; ce fut sa simplicité même qui l'effaroucha. 11 ne pouvait se résoudre à croire que l'intention véritable fût de s'arrêter là, et toutes ces considérations réunies le portaient à redouter des pièges et des arrière - pensées. Cette disposition dans les esprits est une des plus propres à faire manquer toute affaire, comme elle est la suite inévitable de l'irréflexion , qui fait que I on s'adresse à des hommes non préparés, et qui, ne sachant pas où l'on veut les conduire, refusent de marcher, ainsi qne l'aveugle qui dans les ténèbres avance un pied mal assuré. Le clergé était obsédé de craintes et de terreurs pour l'avenir. Personnellement il connaissait peu Napoléon; il n'entendait parler que de philosophes et de philosophie ; peutêtre avait-il trop cédé 'à l'influence de l'opinion qui le représentait comme un instrument dont la main qui le maniait en ayant l'air de le caresser, trouverait bien le moyen de se défaire à son jour et à son heure. Mais ce que l'on ne peut méconnaître , c'est qu'à cette époque une classe de prêtres et d'hommes qui les suivaient, tous également faits

pour être diriges , et non point pour diriger les autres, avait acquis beaucoup plus d'empire que la nature des choses ne leur en adjuge. Lorsque les esprits en sont là, il faut renoncer à les conduire ; il n'y a plus de prise, et l'on se défend des réalités par des fantômes. Or tel était l'état du clergé lorsqu'il fut réuni. Beaucoup de membres du concile, dans le doute d'un retour , avaient fait des testamens, pris des précautions pour les cas de persécution, de contrainte, ou d'interruption de leur gouvernement. Tout cela n'avait pas l'ombre de réalité : mais on était frappé , et l'on se conduisait en conséquence. Cette fâcheuse disposition était en grande partie le fruit de la conduite de Napoléon, i° à l'égard du pape ; i° par l'obstination de son silence sur les affaires de l'Église, silence auquel il mettait un prix dont je n'ai jamais pu constater le principe, comme je n'ai jamais pu en obtenir le terme. Il me paraissait si déraisonnable, si contraire à la nature des choses, que je fis tout ce qu'il était en mon pouvoir pour l'en faire départir, mais toujours sans succès. Ébranler les résolutions de >T;ipoléon n'était pas toujours chose facile

Quant à la position du pape, il allait de l'honneur du ciergé de la ressentir vivement ; et Napoléon , en le maltraitant à la vue de ce même clergé , avait l'air d'oublier à la fois deux choses : la première , qu'il existât en France un grand corps de clergé; la seconde, que lui-même attachait une fort grande importance à ce corps, en quoi il pensait sagement. Mais alors il ne fallait pas se conduire contradictoirement avec soi-même , priser le clergé, et faire tout ce qui était le plus propre à le choquer; rassembler un corps effaré par de longues appréhensions, et se flatter qu'il ne ferait que consentir à tout ce qu'on lui présenterait. Tout cela est hors de la nature, et par conséquent ne peut produire que du désordre.

Je suis resté convaincu que si Napoléon avait fait précéder la réunion du concile par la publication successive des actes du pape, des siens propres, des travaux si modérés, si raisonnés de la commission , cette commu-. nication préparant les esprits, aurait fait disparaître les fermens qui ont tout gâté. Une proposition aussi simple, aussi éminemment catholique qu'était celle qui fut présentée au

concile, aurait été admise a la première lecture. Le concile n'aurait pas eu besoin de rester en place plus de vingt-quatre heures. Pour la première fois, depuis qu'il existe des conciles, on aurait vu faire autant, en aussi peu de temps. Mais pour avoir négligé cet appel à l'opinion , pour avoir voulu s'en passer, Napoléon trouva la masse entière de l'opinion dressée contre lui , et ne put la faire mouvoir à son gré : digne résultat de tout acte basé sur la fuite de l'opinion. Aujourd'hui que l'on est de sang-froid, la même proposition n'arrêterait pas un quart d'heure.

Les lettres de convocation du concile étaient de la teneur suivante :

M. l'Archevêque de — M. l'Evèque de

Les églises les plus illustres et les plus populeuses de 1 empire sont vacantes. Une des parties contractantes du concordat Ta méconnu. La conduite que l'on a tenue en Allemagne depuis dix ans a presque détruit l'épiscopat dans cette partie de la chrétienté; il n'y a aujourd'hui que huit évèques , grand nombre de diocèses sont gouvernés par des vicaires apostoliques.

On a troublé les chapitres dans le droit qu'ils ont de pourvoir, pendant La vacance des sièges à l ad-

ministràtion des diocèses, et Ton a ourdi des manœuvres ténébreuses , tendantes à exciter le désordre et la sédition parmi nos sujets; les| chapitres ont rejeté des brefs contraires à leurs droits et aux saints canons.

Cependant les années s'écoulent, de nouveaux sièges viennent à vaquer tous les jours ; s'il n'y était pourvu promptement, l'épiscopat s'éteindrait en France et en Italie comme en Allemagne.

Voulant prévenir un état de choses si contraire au bien de la religion, aux principes de l'église gallicane et aux intérêts de l'Etat, nous avons résolu de réunir au 9 juin prochain dans l'église de Notre- Dame de Paris , tous les évêques de France et d'Italie en concile national.

Nous desirons donc qu'aussitôt que vous aurez recula présente, vous ayez à vous mettre en route afin d'être arrivé en notre bonne ville de Paris , dans la première semaine de juin. Cette lettre n'étant à autre fin

Le concile fut ouvert le 11 juin. C'était une singulière nouveauté au milieu de Paris ; plus de cent prélats marchant en procession , présentaient un spectacle fort imposant : Tordre parfait et la dignité des cérémonies frappèrent tout le monde, Le discours d'ouverture fut prononcé par M. de Boulogne évêque de

C ffg )

Troyes. Ce prélat dont la plume acre Liesse comme une épée, qui a parcouru beaucoup de chaires plus en rhéteur qu'en orateur, plus en homme du métier qu'en homme de l'art , dont la mémoire impartiale fournit au temps actuel ce qu'il adressait au temps passé, ett cousant quelques passages neufs à un discours suranné, d'un fruit de deux saisons en fit un qui n'était d'aucun temps. Un ministre étranger, h (Dme de goût et d'esprit, qui l'avait entendu, disait en sortant belle occasion manquèe. Il arriva alors une chose fort piquante par sa singularité. Le clergé italien, et celui des contrées germaniques attachées à la France n'étaient point atteints des terreurs et des ombrages qui obsédaient le clergé fiançais; les rôles se trouvèrent donc changés. Les italiens étaient gallicans, et les gallicans étaient italiens : cela amena quelques méprises entre des hommes qui croyant se faire un mérite de leur gallicanisme ; étaient fort étonnés d'j voir répondre par des assurances d'ultramontanisme. 11 y a un sort attaché à ce mot ultra , et delà comme deçà les monts, il porte malheur. On voyait l'esprit d'opposition croître à vue d'ceil; la commission avait perdu crédit

«t devenait le sujet indique des ombrages. Le nouvel esprit qui prévalait se montra à découvert , lorsqu'on vint au choix du bureau, et de la congrégation qui devait faire le rapport. Il était clair que cela finirait mal. Napoléon , inébranlable dans ses' illusions , se flattait d'un triomphe complet. La veille du jour où le rapport devait être fait, après d'assez longues discussions , tout paraissait terminé. M. l'évèque de Nantes en prévint Napoléon : pendant ce temps un changement était survenu. Dans la matinée de ce jour, Napoléon me parla de la conclusion prochaine avec la confiance d'un plein succès : je revins aux doutes que je n'avais cessé de lui exprimer : il s'en étonna, et fut au moment de s'en irriter. Je lui demandai quelques heures pour la décision de la chose , et au bout de ces quelques heures, il avait dissous le concile.

Je dois quelques aperçus sur cet événement.

J^a fermentation croissait insensiblement : le parti travaillait avec succès à détourner les esprits et à les alarmer. Les influences de la société qui ont été si fortes sous Napoléon, se faisaient ressentir; les évêques étrangers

éprouvaient ce qui frappait tout voyageur arrivant à Paris, qui , laissant chez lui l'admiration pour Napoléon, ne rencontrait que de l'opposition en France, et, parti de feu de son pays, ne savait comment expliquer pourquoi il trouvait tout de glace à Paris. De tout cela , il s'était formé une disposition générale trèsprononcée contre tout ce qui venait du coté de Napoléon. On y voyait toujours des pièges et des arrière - pensées. Les allégations qui portent sur des choses lointaines, en se couvrant des ombres de l'avenir, donnent l'air de la prévoyance : l'amour propre ne se trouve pas compromis lorsqu'il n'a à faire qu'aux temps à venir. De plus , le contact avec une terre réputée sacrée , raffermit les pieds les plus timides, et c'est alors la nature du champ de bataille qui fait les braves. On a vu que la note rédigée à Savone , sous les yeux du pape, et acceptée par lui y n'avait point été signée.

La commission des évèques proposait de de déclarer le concile compétent pour statuer sur l'adoption du mode d'institution par le métropolitain, le cas de nécessité existant.

La commission du concile qui d'abord avaU

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accédé à celte proposition , après quelques jours de discussion, s'en éloigna dans la nuit du 9 au 10 juillet. La majorité ne fut que d'une voix Elle l'exprima dans son rapport qui portait le nom de sommaire. Elle s'attacha à faire valoir des défauts de formes, en exposant i°. qne la concession de Sa Sainteté n'était pas dans les formes j

20. Que l'addition relative à l'institution donnée par Les métropolitains, n'était pas exprimée textuellement dans les concessions faites par le pape.

On sent que ces allégations étaient, comme elles sont toujours en pareil cas, l'œuvre d'un parti qui , ne pouvant attaquer le fond , cherche dans les formalités les moyens d'arriver au même résultat, qui est d'entraver et d'arrêter , par des voies détournées , ce que l'on n'oserait pas attaquer de front. On sait qu'on peut faire manquer les affaires par des difficultés, comme par des Veto absolus. Ici il n'y avait pas autre chose. Il ne s'agissait point d'un acte en forme dont la position du pape n'avait point permis l'existence , mais teulement d'un témoignage de ses intentions, assez authentique pour donner un fondement

solide à la décision du concile. Or, comment se refuser à reconnaître la réalité de ce témoignage , dans dans celui même des évoques députés à Savone : le doute n'était pas dépourvu d'injures pour eux. Cet engagement du pape rentrait dans la classe des projets convenus et arrêtés, qui n'ont plus besoin que de la rédaction, et qui constatent suffisamment la volonté des parties. Il devait ètrejugé par l'esprit et non par la lettre.

La déclaration de la non compétence du concile équivalait à sa dissolution. Qu'est un concile sans compétence ? Qu'aller faire auprès du pape, en commençant par lui déclarer . qu'on était les députés d'une assemblée sans pouvoir? C'était déclarer au pape que lui seul était le maître dans l'église,et qu'il n'y avait pas de remède possible à ses maux , vinssent-ils de lui,quepar lui-même. Cela était-il concevable? Cela pouvait - il entrer un seul instant dans les idées que présente toute organisation de société; et quelle société doit être mieux organisée que celle de l'église, que la société qui , étant destinée à surpasser en durée toutes les autres, doit aussi porter dans son sein de plus sûrs moyens de conservation^

M. l'évêque de ïournay fit le rapport. Ce prélat était furt livré aux conseils d'un âpre théologien de Louvain , nommé l'abbé Duvivier, homme de troubles et de manœuvres souterraines, qui, pendant l'insurrection belgique, avait beaucoup contribué à égarer M. le cardinal de Frankenberg, alors archevêque de Malines.

A peine ce rapport eût-il été entendu , que le feu prit partout. Le suffragant de Munster, Baron de. Drost, prélat d'une éminente piété, parla le premier sur la captivité du pape II fut suivi par un ancien évêque constitutionnel. La discussion s'engagea , l'excommunication fut allégnée, les quatre propositions de Bossuet furent citées, rejetées; M. l'archevêque de Bordeaux , prélat vénérable , se levant à demi , jeta sur la table du bureau où il siégeait, comme secrétaire ^ un exemplaire du concile de Trente , ouvert à l'article de la session qui donne au pape le droit d'excommunier les souverains, de quelques rangs qu'ils soient, s'ils viennent à toucher aux droits et privilèges de l'Église , en disant d'une voix cassée,condamnez l'Église.... Cette scène vivra éternellement dans ma mémoire. Deux heures

après, leconcile était dissous, et il était temps. C'est bien là que je crus reconnaître toute l'importance du talent. Si au lieu d'un vieillard sourd, sans organe pour se faire entendre , sans action pour vivifier son débit , il s'était trouvé un homme qui eût joint aux titres qu'on ne peut contester a M. l'archevêque de Bordeaux , la puissance de la parole , l'éclat de la voix , l'usage des expressions vives et pour ainsi dire dardées, celui des images vivantes et animées par lesquelles on remue une masse d'hommes et on l'enlève de son assiette ordinaire pour latransporter où l'onveut, je ne doute pas que l'assemblée en corps n'eût marché sur les pas de ce chef, donné par le sentiment du moment, et qu'elle n'eût offert un spectacle inoui au monde, celui de cent évoques se rendant à St.-Cloud pour implorer | la délivrance du pape. Le mouvement était sublime et immanquable dans d'autres mains. Ce n'est pas la seule occasion que j'aie vu manquer. L'absence du talent détruisit le prestige et rabattit l'élan au niveau des murmures. C était tomber de haut. Mais le mal était fait, l'esprit d'opposition avait éclaté, le voile venait d'être déchiré ; les yeux de Napoléon son-

vraienl; enfin il reconnaissait sa faute, et i'abyme dans lesquels ses illusions l'avaient entraîné.

Je poursuis ce récit, non point parce qu'il m'est personnel, mais parce qu'il est historique. L'histoire ne se fait pas toute seule ; il vaut encore mieux qu'elle soit écrite par ceux qui Font faite,que par ceux quil'ont apprise comme ils ont pu.

Le lendemain de la dissolution du concile, je me rendis à Trianon : je n'avais pas été partisan d'une convocation de concile impromptu. Je l'étais encore moins de sa dissolution ex abrupto. Les précipitations et les violences ne m'ont jamais paru fort utiles en affaires, et surtout en affaires d'église, les plus difficiles de toutes les affaires. Souvent j'en avais fait des représentations au ministre de la police d'alors, le duc de Rovigo (i). Il

(i^l Je dois à M. le duc de Rovigo la justice de dire que dans toutes les occasions où je l'ai imploré pour des ecclésiastiques du diocèse de Malines , il s'est prêté avec empressement à venir à leur secours , comme à adoucir leur position. Dix fois il a voulu faire relâcher ceux qui étaient arrêtés. J'ai conservé ses lettres remplies de re-

était avec moi à Tria non. Dès que Napoléon nous aperçut, il vint à grands pas; Ah! que vous les connaissiez bien, dit-il : je marchais surun abyme, sans m'en apercevoir. La plus grande faute que j'aie faite, c'est le concordai (je le savais depuis long-temps ) ; ils m'ont gâté mes Italiens. Ne pas vouloir des proposition s d e Ross u et ! ... e t m i 1 le au très choses saccadées qu'il proférait de moment en moment, en se promenant avec activité. Il était placé entre le duc de Rovigo et moi. Nous suivions avec peine ses pas pressés par l'agi-

commandations en faveur de la modération dans le gou- ■vernement des ecclésiastiques. J'ai la pleine et entière connaissance que dans les rigueurs exercées contre un grand nombre d'eux , il n'a été que L'exécuteur d'ordres impératifs, venus souvent du milieu des camps , et que fréquemment il les a tempérés par le mode d'exécution. J'en atteste M. 1 evèque de Gand et MM. de Polignac. La clameur publique décide souvent de la renommée , et même du sort d'un homme ; on sait de quoi se compose cette clameur. Klle a eu une grande part dans la destinée de M. le duc de Rovigo; on n'aurait pas dù oublier le service vraiment immense qu'il a rendu à la France et à la ville de Paris , en luttant pendant plusieurs mois pour empèclier que Paris ne fût changé en ville de guerre , et la garde nationale forcée d aller à l'ennemi.

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ration de son esprit, enfin lorsqu'il eut assez répété ses Italiens; son Bossnet, son abyme, son concordat, prenant mes avantages sur lui, je lui dis que c'était lui-même qui était l'auteur de tout cela, et parcourant la manière dont le clergé avait été dirigé depuis douze ans, je lui demandai s'il avait pu se flatter d'un autre résultat en l'abandonnant à l'exemple de l'opposition journalière de M. le cardinal Fesch, à la débilité séculaire de M. le cardinal de Belloi, au dévergondage du cardinal Maury, en l'aigrissant par sa conduite envers le pape, en le laissant s'effaroucher tout à loisir par le silence qu'il avait gardé, et en le faisant présider par un homme inepte : je conclus ma mercuriale en prononçant très-fermement : on ne recueille jamais que ce que l'on a sémé. Il y a des circonstances qui font parler les uns et taire les autres. Napoléon, qui ordinairement parlait le premier et le dernier , pendant ce temps ne disait mot : la tète baissée , l'air attentif, il recevait la grêle de mes remontrances sans aucun signe d'impatience. Le duc de Rovigo me lançait par dessus la tete de Napoléon des regards de surprise. Celui-ci rompit son silence en répétant

plusieurs Fois : on ne recueille que ce que l'on a semé, le concordat est la plus fraude faute.de ma vie.

Ceci peut paraître étrange, inventé, surtout à qui n'a pas connu Napoléon : eh bien , â la vie et à la mort, en la présence comme en l'absence de Napoléon, je n'en retrancherais pas une syllabe.

Une maladresse de M. le cardinal Fesch causa l'arrestation des trois évêques. Napoléon était irrité de la manière dont il avait présidé le concile, et dans le fait il n'y avait pas brillé. Il lui en attribuait le mauvais succès; ru ant compté sur l'annonce que tout était arrangé, ne pouvant concilier cette opposition avec les idées qu'il s'était faites du clergé, il en demanda l'explication au cardinal , qui, par une de ses inadvertences ordinaires , lui désigna comme chefs de cette opposition les trois prélats qui furent arrêtés dans la nuit même de cette belle révélation. ( i ) Voilà

(i) Au mois de janvier 181 5 , M. l'évêque de Gand et le duc de Rovigo s'étant rencontrés chez moi, le dernier, après avoir donné au premier des éclaircissements sur quelques circonstances de sa captivité, lui demanda s'il

fîomme ces maladroits gâtaient tout. Dès que cet acte fut connu , le parti inscrivit les patiens sur son martyrologe. Jamais on ne vit martyrs plus embarrassés de leurs palmes, ni plus désintéressés ; car ils en auraient fait part à qui aurait voulu s'en charger. Dans tout cela , il n'y avait pas une ombre de ce qui fait le martyr , mais seulement maladresse d'un côté et abus de la force de l'autre. Ces évèques avaient fait rejeter ce qu'ils auraient dû s'empresser de faire accepter pour le bien de la religion, et Napoléon appesantissait son bras sur eux pour un fait dont il n'était pasjuge. Quesignifie d'assembler un concile pour emprisonner ceux qui ne sont pas de notre avis. Interroger les hommes , c'est reconnaître en eux jusqu'au droit d'errer.

Mais ce n'était pas tout que de dissoudre le concile; les embarras n'étaient point dissous avec lui , au contraire ils redoublaient : le parti de l'opposition triomphait. Le coup

en connaissait la cause véritable; et sur sa réponse négative, il lui fit le récit que Ton vient de lire. C'est par lui que nous apprîmes tous les deux à quoi avait tenu cet enlèvement de> trois évêques , que nous ignorions également.

frappé, Napoléon ne se trouva que plus embarrassé : il chercha à revenir, et au bout de 2j jours les membres du concile ayant clé de nouveau reunis, le décret ci -joint fut adopté à l'unanimité , et quelques jom s apn s la seconde députation envoyée à Savone.

Décret. — 5 août.

Le concile national est compétent pour statuer sur 1 institution des évèques, en cas de nécessité

Autre décret. — 5 août,

Les sièges épiscopaux, d'après l'esprit des canon?, ne peuvent rester vacans plus d'un an, pendant lequel la nomination, l'institution, et la consécration doivent avoir lieu.

Le concile suppliera l'empereur de continuer à nommer aux évêchés , d'après les concordats. Les nommés aux évêchés s'adresseront au pape pour obtenir l'institution canonique.

Six mois après la notification de la nomination faite dans la forme ordinaire, S. S. sera tenue de donner l'institution d'après la forme des concordats.

Les 6' mois écoulés, sans que le p ipe ait accordé l'institution, le métropolitain y procédera, et à dé-

( 5oa- ;

faut du métropolitain, le plus ancien évêque de la province, qui fera la même chose , s'il s'agit de l'institution du métropolitain.

Le présent décret sera soumis à l'approbation du pape: à cet effet l'empereur sera supplié de permettre à une députatiun de six évêques de se rendre auprès du pape, pour en obtenir la confirmation d'un décret qui peut seul mettre un terme aux maux des églises de France et d'Italie.

Je vais laisser M. l'abbé de Fraissynous faire l'apologie de ce concile , cependant en faisant remarquer que cet écrivain, tant est grande la force des préjugés et de l'irréflexion d'habitude, qualifie de décret favorable à d'injustes prétentions, le seul article raisonnable qui eût été jusque là inséré dans un concordat : décret qui, au lieu d'élever des prétentions injustes, au contraire, mettait ordre à jamais aux injustes prétentions de Rome. Voilà comme l'on confond tout.

« Tandis que tout tremblait devant celui » qui se trouvait le maître de la France , un » concile est convoqué à Paris, en 1811 : on » veut s en servir comme d'un instrument con-

» //e fe pape ; on lui demande un décret fa- » vorable à d injustes prétentions. Le concile » arrête des dispositions nouvelles, il est vrai; » mais il a le courage de les terminer par un » article qui les sauve de tout reproche de » schisme. Il y est dit : le présent décret sera 9 soumis à l'approbation de notre Saint-Père » le pape. Ainsi , les évéques de l'intérieur se » montraient fidèles aux saines doctrines, en )> même temps que ceux dont ils occupaient yj les sièges fi) , après avoir illustré l'église galli- » cane, aux yeux du monde entier, par la » plus généreuse résistance, continuaient de 9 l'édifier par leur résignation. »

Voici comme M. l'abbé de Fraissynous juge les effets du concordat de 1801.

» Si je finis par considérer le concordat » de 1801 dans ses suites et ses effets, j'ob- » serve qu'il a rendu au culte public plus » d'éclat , plus de régularité , et par-là même » plus d'influence pour le bien de tous; que » renseignement de la religion , de la morale, » de tous les devoirs, est devenu plus uni-

(i) Ces mots sont ambigus, et ce n'est ]>as sans dessein. H. T rayssinous, dans une autre partie de son ouvrage, laisse entrevoir des doutes sur la légitimité de ces évoques, et les accepte, comme chose plus probable , dans un cas douteux.

» verscl et plus populaire; a répandu , fortifié * les senthnens de justice , d'ordre et de su- » bordination; redonné au mariage, et par-là a) même à la famille , cette dignité qu'il avait » perdue; et réparé, du moins en partie, les j> ravages de douze années de licence et d'im- » piété : qu'on a vu s'ouvrir des écoles ecclé- » siastiques pour les élèves du sanctuaire, se » rétablir des sociétés précieuses, telles que » celles des Frères des Ecoles chrétiennes, » des Filles de Saint-Vincent de Paul, et bien » d'autres semblables, qui ne faisaient que •» languir, et qui étaient menacées d'une corn- » plète destruction : que , pour l'édification » des peuples, il était entré dans le nouvel » épiscopat des hommes dignes de leur res- » pect et de leur confiance. Rappelons , à sa » louange, qu'à une époque périlleuse, sa » conduite ne fut pas sans courage et sans » gloire. » ( Ouvrage de M. Frayssinous , pag. 161 — j 63. )

C'est avec peine que l'on trouve dans le premier morceau qui, comme le second, est fort judicieux , cette étrange assertion : Ainsi, dans V intérieur, les évoques se montraient fidèles aux saines doctrines , en même temps que ceux dont ils occupaient les sièges , après avoir

illustré F église gallicane aux yeux du monde entier par la plus généreuse résistance, continuèrent à l'édifier par leur résignation.

Si la généreuse résistance de ces évéques faisait le lustre de l'église gallicane, quel lustre apportait à l'église universelle la conduite du pape, contre lequel cette généreuse résistance était dressée? Dans une lutte pareille, un des deux cotés a tort.. . . Je laisse cela à décider à M. Fravssi nous ; je voudrais aussi qu'il eut indiqué en quoi consistait l'édifiante résignation des évéques opposans au concordat de i8or. La majeure partie était en Angleterre, où leur résignation ne s'est jamais manifestée que par la plus violente opposition; à sa rentrée en France, elle était fort peu remarquée par cette vertu de résignation.

M. Frayssinous a sans doute oublie, et cependant la date était fraîche, que cesévèques , ont dû écrire au pape une lettre qui se trouve à la suite du concordat de 1817. pour lui témoigner leur douleur de cette généreuse résistance qui les a illustrés aux yeux de l'Europe. Jusqu'ici on ne savait pas que les excuses fussent le chemin de l'illustration. C'est une découverte réservée à M. de Frayssinous.

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