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JDOCTKINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
Ici aussi le Seigneur a parlé par des naturels, qui étaient des Correspondances et contenaient les spirituels; par l'homme riche est entendue la Nation Juive, qui est appelée riche parce qu'elle avait la Parole dans laquelle sont les richesses spirituelles ; par la pourpre et le fin lin dont il se vêtait, il est signifié le bien et le vrai de la Parole, par la pourpre le bien, et par le fin lin le vrai ; par se traiter magnifiquement tous les jours est signifié le plaisir d'avoir la Parole et de la lire; par Lazare le pauvre, sont entendues les Nations qui n'avaient pas la Parole; par Lazare couvert d'ulcères, couché à la porte du riche, il est signifié que les Nations étaient méprisées et rejetées par les Juifs. Si les Nations sont entendues par Lazare, c'est parce que le Seigneur aimait les Nations, comme il aimait Lazare, qu'il a ressuscité des morts, — Jean, XL 3, 5, 36; — qu'il appelle son ami, — Jean, XL 11 ; — ■ et avec lequel il se mit à table, — Jean, XIL 2. — D'ajjrès ces deux passages, il est évident que les vrais et les biens du sens de la lettre de la Parole sont comme les vases et comme les vêtements du vrai et du bien nus qui sont cachés dans le sens spirituel et dans le sens céleste de la Parole.
41. Comme telle est la Parole dans le sens do la lettre, il en résulte que ceux qui sont dans les Divins Vrais, et dans la foi que la Parole renferme intérieurement en elle la Sainteté Divine, et encore plus ceux qui sont dans la foi que la Parole est telle d'après son sens spirituel et son .sens céleste, voient les Divines Vérités dans la lumi^r^ naturelle lorsqu'ils sont éclairés par le Seigneur en lisant la Parole; car la lumière du Ciel, dans laquelle est le sens spirituel de la Parole, influe dans la lumière naturelle) dans laquelle est le sens de la lettre de la Parole, ^t éclaire l'intellectuel de l'homme, qui est appelé le rationnel; et fait qu'il voit et reconnaît les Divins Vrais où ils existen et où ils sont cachés : ces vrais avec la lumière û Ciel influent chez quelques-uns, parfois même à 1^" insu.
42. Notre Parole dans son intime, par la vertu de so sens céle.ste, étant comme une flamme qui embrase, ^
SUR L ECRITURE SAINTE
dans son intérieur, par la vertu de son sens spirituel, comme une lumière qui éclaire, il en résulte que dans son dernier, par la vertu de son sens naturel, dans lequel sont les deux sens intérieurs, elle est comme un rubis et comme un diamant, comme un rubis d'après la flamme céleste, et comme un diamant d'après la lumière spirituelle. Comme telle est la Parole dans le sens de la lettre d'après la transparence, voilà pourquoi la Parole dans ce sens est entendue par les Fondements de la Muraille de Jérusalem; par l'Urim et lk Thumim sur l'Éphod d'Aliaron ; par le Jardin d'Éden dans lequel avait été le roi de Tyr ; puis aussi, par les Rideaux et les Voiles du Tabernacle ; et par les Externes nu Temple de •Iérusalem; mais la Parole a été représentée dans sa gloire par le Seigneur quand il s'est transfiguré.
43. Que les vrais du sens de la. lettre de la Parole Soient entendus par les Fondements de la. muraille de ^a Nouvelle Jérusalem dans l'Apocalyse, Chapitre XXI, c'-est ce qui résulte de ce que, par la Nouvelle Jérusalem '1 f:st entendu la Nouvelle Étrlise quant à la Doctrine, comme il a été montré dans la Doctrine sur le Seigneur, ^"'62, 63; c'est pourquoi, par sa muraille et par les fon- <iements de sa muraille, il ne peut pas être entendu autre chose que l'Externe de la Parole, qui est le sens de sa lettre; car c'est d'après ce sens qu'il y a la Doctrine, et par la Doctrine l'Église ; et ce sens est comme une muraille '^^ec ses fondements, qui entoure une ville et la met en dureté. Voici ce q l'on lit, dans l'Apocalyse, au sujet de '^ muraille de la Nouvelle Jérusalem et de ses fonde- Wïents :
'' Li'Angc mesura la murailla de la ville de Jérusalem, cent (juarante-q natre coudées, mesure d'Homme, laquelle est (mesure) d'Ange. Et lamuraille avait douze fondements : ils étaient ornés de toutes Pierres précieuses. Le premier fondement était de Jaspe ; la second de Saphir; le troisième de Calcédoi7ie; le quatrième d'Émeraude ; le ciiiquième do Sardonix ; le sixième deSardoine ; le septièmede Chrijsolithe; le huitième du Béril; le neuvième, do Topaze; le dixième de
hU doctrine de la nouvelle JÉRUSALEM
Chryso-pra.se \ le onzième d'Hyacinthe; le douzième d'Améthyste. » — XXI.- 17, 18, 19, 20.
Par le nombre cent quarante-quatre sont signifiés tous les vrais et tous les biens de l'Église d'après la doctrine tirée du sens de la lettre de la Parole ; pareillement par douze ; par l'homme est signifiée l'intelligence ; par l'Ange le Divin Vrai d'où procède l'intelligence; par la mesure leur qualité; par la muraille et par ses fondements le sens de la lettre de la Parole ; et par les pierres précieuses les vrais et les biens de la Parole dans leur ordre, d'après lesquels existe la Doctrine, et par la Doctrine l'Église.
44. Les vrais et les biens du sens de la. lettre de te Parole sont entendus par l'Urim et le Thumim. L'Urim et le Thumim étaient sur l'Éphod d'Aharon, dont le Sacerdoce représentait le Seigneup quant au Divin Bien et quant à l'Œuvre du salut, par les habits du sacerdoce ou habits de sainteté était représenté le Divin Vrai d'après le Divin Bien; par l'Éphod était représenté le Divin Vrai dans son dernier, ainsi la Parole dans le sens de la lettre, car c'est là le Divin Vrai dans son dernier, comme il a déjà été dit; delà, parles douze pierres précieuses, avec les noms des douze tribus d'Israël, qui formaient l'Urim et le Thumim, étaient représentés les Divins Vrais d'après le Divin Bien dans tout leur ensemble. Voici ce qu'on lit sur ce sujet dans Moïse :
« 7/.S feront UÉphod d'hyacinthe etdepourpre, d'écarlate double-teint et de fin lin tissu; ensuite ils feront un Pectoral de jugement comme l'ouvrage d'Éphod, et tu le rempliras de remplage de pierre; quatre rangs de pierres : Rubis, Topaze, Kmeraude, premier rang ; Chrysoprase, Saphir et Diamant, second rang! Lazuli, Agathe et Améthyste, troisième rang ; Crysolithe, Sardoine et Jaspe, quatrièmerang.Cespieffes seront d'après les Noms des fils d'Israël, à gravures de sceau, à chacun d'après son Nom, elles seront pov^f les douze Tribus. Et Aharon portera sur le Pectoral du jugement les Urim et les Thumim; qu'ils soient sur le cœur d'Aharon, quand il entrera devant JéhO' vah » — Exod., XXVIII. 6, 15, 17 à 21, 30.
SUR LECRITURE SAINTE
Ce qui a été représenté par les habits d'Aharon, par son Éphod, son Manteau, sa Tunique, sa Tiare, sa Ceinture, a été expliqué dans les Arcanes Célestes sur ce Chapitre de l'Exode ; il a été aussi montré dans les Arcanes Célestes que par l'Éphod était représenté le Divin Vrai dans son dernier; que par les Pierres précieuses étaient représentés les vrais qui brillent d'après le bien ; par les douze pierres précieuses, tous les vrais derniers qui brillent dans leur ordre d'après le bien de l'amour; par les douze Tribus d'Israël, toutes les choses de l'Église ; par le Pectoral, le Divin Vrai d'après le Divin Bien ; par les Urim et les Thumim, l'éclat du Divin Vrai d'après le Divin Bien dans les derniers ; car Urim, c'est un feu qui luit, et Thumim, c'est l'éclat dans la langue angélique, et l'intégrité dans la langue hébraïque ; il y a aussi été montré que les réponses étaient données par des variations de la lumière, et alors en même temps par une perception tacite, ou de vive voix, etc. D'après cela, on peut voir que par ces pierres précieuses ont aussi été signifiés les vrais d'après le bien dans le dernier sens de la Parole; les réponses du Ciel ne sont données que par ces vrais, parce que dans ce sens le Divin procédant est dans sa Plé- '^itude. Que les Pierres précieuses et les Diadèmes signifient les Divins Vrais dans leurs derniers, tels que sont les "Vrais du sens de la lettre de la Parole, c'est ce qui est devenu manifeste pour moi par les Pierres précieuses et par les Diadèmes qui sont dans le Monde spirituel chez les Anges et chez les esprits, et que j'ai vus sur eux, et aussi dans leurs cassettes ; et il m'a été donné de savoir que ces pierreries correspondaient aux vrais dans les derniers, et ^fue c'est même de ces vrais qu'elles tirent leur origine et 'eur apparence. C'est parce que les diadèmes et les pierres précieuses ont cette signification, que Jean vit des diadèmes sur la tète du Dragon, — Apec, XII. 3; — sur les cornes de la Bête, — Apoc, XII. 1 ; et des pierres précieuses sur la Prostituée assise sur la bête écarlate, — Apoc., XVII. 4 ; — il en fut ainsi, parce que par le Dragon, ^^ Bête et la Prostituée sont signifiés ceux chez qui, dans '® Monde Chrétien, il y a la Parole.
DOCTRINE DK LA NOUVELLE JÉRUSALEM
45. Les vrais du sens de la lettre de la Parole sont entendus par les pierres précieuses dans le Jardin d'Eden, où il est dit, dans Ézéchiel, que le Roi de Tyr avait été. On lit dans Ézéchiel :
« Roi de Tyr, toi qui scelles la mesure, plein de sagesse et parfait en beauté ; tu as été en Éden, le jardin de Dieu : la couverture aété de pierre précieuse de toute sorte: Rubis, Topaze et Diamant; Chrysolithe, Sardonix et Jaspe; Sapliir, Clirysopra^e et Émeraude, et Or. » - XXVIII. 12, 13.
Par Tyr, dans la Parole, sont signifiées les connaissances du vrai et du bien ; par le Roi, le vrai de l'Ésrlise ; par le Jardin d'Éden, la sagesse et l'intelligence d'aprè-s la Parole ; par les Pierres précieuses, les vrais qui brillent d'après le bien, tels qu'ils sont'dans le .sens de la lettre de la Parole; et comme ces vrais sont signifiés par ces pierres, c'est pour cela qu'elles sont nommées sa Couverture ; que le sens de la lettre recouvre les intérieurs de 1» Parole, on le voit dans l'Article précédent.
46. Le sens de la lettre de la Parole est signifié par les Rideaux et par les Voiles du Tahornacle. Le tabernacle a représenté le Ciel et l'Église ; au.ssi sa forme a-t-elle été montrée par .léhovah sur la montagne du Sinaï ; de là toutes les choses (jui étaient dans le Tabernacle, à savoir: le Chandelier, l'Autel d'or pour les parfums, et la Table sur laquelle étaient les pains des faces, ont représenté et pa,r conséquent signifié les choses Saintes du Ciel et àe l'Eglise ; le Saint des saints, où était l'Arche de lalliance, a représenté et par conséquent signilié l'intime du Ciel et de l'Eglise ; la Loi elle-même, gravée sur les deux Tables de pierre et renfermée dans l'Arche, a signilié le Seigneur quant à la Parole. Or, comme les Externes tirent leur essence des Internes, et que les uns et les autres tirent 1» • leur de l'Intime, qui là était la Loi, c'est pour cela que les choses Saintes de la Parole ont aus.si été repré.senlées et si' gnifiées par toutes les choses du Tabernacle ; il suit de là q^^ les derniers du Tabernacle, qui étaient les Rideaux et les Voiles, par conséquent les couvertures et les contenants,
SUR LECRITURE SAINTK.
ont signifié les derniers de la Parole, qui sont les vrais et les biens du sens de sa lettre : c'est à cause de cette signification que :
« Tous les Rideaux et tous les Voiles furent faits de fin lin tissu, et d'hijacinihe, et de pourpre, et d'éca.rlate double teint, à chérubins. » — Exod., XXVI. 1, 31, 3G.
Ce qui a été représenté et signifié en général et en particulier par le Tabernacle, et par toutes les choses qu'il contenait, a été expliqué dans les Arcanes Céeestes sur ce Chapitre de l'Exode ; et il y a été montré que les Rideaux et les Voiles représentaient les externes du Ciel et de l'Eglise, par conséquent aussi les externes de la Parole ; que le fin lin signifiait le vrai d'origine spirituelle ; l'hyacinthe, le vrai d'origine céleste ; la pourpre, le bien céleste ; l'écarlate double teint, le bien spirituel ; et les Chérubins, les gardes des intérieurs de la Parole.
47. Par les externes du Temple de Jérusalem ont été représentés les externes de la Parole, qui appar- ^i-ennent'au sens de sa lettre. Cela vient de ce que le Temple représentait les mêmes choses que le Tabernacle, à savoir, le Ciel et TÉglise, et par conséquent aussi la Parole. Que le Temple de Jérusalem ait signifié le Divin Hu- '^"'ain du Seigneur, Lui-Même l'enseigne dans Jean :
« Abaltez ce Temple, je le rolèveraien trois jours; il parlait du Temple de son corps. » — II. 19, 2! .
Et Kl où il est entendu le Seigneur, il est aussi entendu la Parole, car le Seigneur est la Parole. Maintenant, Comme les intérieurs du Temple représentaient les intéï"leurs du Ciel et de l'Église, par conséquent aussi ceux de la Parole, il en résulte que les extérieurs du temple repré- '^entaient et signifiaient les extérieurs du Ciel et de l'Église, par conséquent aussi ceux delà Parole, qui sont les choses appartenant au sens de sa lettre. Au sujet des extérieurs ^lu Temple, on lit :
* Qu'ils furent construits de pierre entière non taillée, et de cèdre en dedans; et que toutes les murailles en dedans avaient été sculptées de Chérubins, de palmes
'il DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRLSALEM
et de fleura épanouies, et le sol couvert d'or » - I Rois, VI. 7, 15,29,30.
Par toutes ces choses sont aussi signifiés les externes de la Parole, qui sont les choses Saintes du sens de la lettre.
48. La Parole dans sa gloire a été représentée par le Seigneur quand il fut transfiguré. On lit au sujet de la Transfiguration du Seigneur devant Pierr», Jacques et Jean :
« Que sa face resplendit comme le Soleil; que ses vêtenients devinrent comme la Lumière; que Moïse et Élie furent vus s'entretenant avec Lui; qu'une Nuée brillante couvrit les disciples, et que de la nuée fut entendue une voix, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-Le. » — Mattb.,XVII. I à 5.
Il m'a été enseigné que le Seigneur alors représentait la Parole ; par sa face qui resplendit comme le Soleil était représenté son Divin Bien ; par ses vêtements, qui devinrent comme la lumière, son Divin Vrai ; par Moïse et Élie, la Parole Historique et Propliétique ; par Moïse, la Parole qui fut écrite par lui, et en général la Parole Historique ; et par Elie, la Parole Prophétique; par la Nuée brillante, qui couvrit les disciples, la Parole dans le sens de la lettre ; aussi est-ce de cette nuée que fut entendue une voix, disant: Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-Le. En effet, toutes les Déclarations et les Réponses du Ciel ne se produisent jamais que par les derniers tels qu'ils existent dans le sens de la lettre de la Parole : elles s'y produisent dans sa plénitude par le Seigneur.
49. Il a été montré jusqu'ici que la Parole dans le sens naturel, qui est le sens de la lettre, est dans sa sainteté et dans sa plénitude ; maintenant il va être montré que la Parole dans ce .sens est aussi dans sa Puissance. D'après ce qui a été dit dans le Traité du Ciel et de l'Enfer, N"'^ 22^ à 233, sur la Puissance des Anges du Ciel, on peut voir combien grande est la Puissance du Divin Vrai dans les Cieux et sur les Terres, et quelle e.st sa nature. Le Divin Vrai est surtout puissant contre les faux et les maux, par conséquent contre les Enfers : il faut combattre
SUR L ECRITURE SAINTK.
contre eux par les vrais d'après le sens de la lettre de la Parole ; c'est aussi par les vérités qui sont chez l'homme que le Seigneur peut le sauver, car l'homme est réformé et régénéré par les vrais d'après le sens de la lettre de la Parole, et alors il est retiré de l'enfer et introduit dans le Ciel. Le Seigneur s'est revêtu de cette puissance jusque dans sa Divine Humanité après qu'il eut accompli toutes les choses de la Parole jusqu'à ses derniers ; c'est pourquoi il a dit au Prince des prêtres, en parlant du temps où il aurait accompli le reste de la Parole par la Passion de la croix.
« Désormais vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la puissance, et venant dans les nuées du Ciel. » — Matth., XXVI. 64. Marc, XIV. 62.
Le Fils de l'homme est le Seigneur quant à la Parole ; les nuées du Ciel, c'est la Parole dans le sens de la lettre ; s'asseoir à la droite de Dieu, c'est la Toute-Puissance par la Parole, comme aussi dans Marc, — XVI. 19. — La Puissance du Seigneur d'après les derniers du Vrai a été représentée par les Nazaréens dans l'Église Juive, et par Samson, duquel il est dit qu'il était Nazaréen dès le sein ^e sa mère, et que sa puissance consistait dans ses cheveux : Nazéréen et Nazéréat signifient aussi chevelure : que sa puissance ait consisté dans ses cheveux, il le déclare lui-même, en disant :
« Le rasoir n'a pas monté sur ma tête, parce que je suis Nazaréen de Dieu, des le sein de ma mère; si je suis rasé, alors se retirera de moi ma force et je serai rendu faible, et serai comme tout autre homme. » — Juges, XVI. 17.
On ne peut pas savoir pourquoi a été institué le Naza- '■^at, qui signifie Chevelure, ni d'où vient que la force •^e Samson consistait dans ses cheveux, si l'on ne sait pas '^^qui est signifié dans la Parole par la tête; par la tête est ^'gnifiéela sagesse céleste que le Seigneur donne auxAnges ^ï aux hommes par le Divin Vrai ; de là, par les cheveux
® la tête est signifiée la sagesse céleste dans les derniers.
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46 DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
et aussi le Divin Vrai dans les derniers. Comme c'est là ce qui était signifié par les cheveux d'après la correspondance avec les Cieux, c'est pourquoi il a été ordonné pour le Nazaréat :
« De ne point ruser la chevelure de leur tète, parce qu' elle était le Nazaréat de Dieu sur leur tête. » — Nomb ,VI. là 21.
Et c'est aussi pour cela qu'il a été ordonné : « Que le grand-prêtre et ses fils ne raseraient point leur tête, de peur qu'ils ne mourussent, et que ne s'irritât toute la ma,ison d'Israël. — Lévit. X. il
Comme les cheveux, en raison de celte .signification qui provient de la correspondance, avaient une si grande sainteté, c'est pour cela que les cheveux du Fils de l'homme, qui est le Seigneur quant à la Parole, sont décrits, et qu'il en est dit que :
« Ils étaient comme de la laine blanche, comme de la. neige. » — Apec, I, 14.
De même pour l'ancien des jours, Daniel, VII, 9 ; — Voyez plus haut à ce sujet N" 35. En somme, si la Puissance du Divin Vrai ou de la Parole est dans le sens de la lettre, c'est parce que la Parole y est dans sa plénitude et qu'en lui sont ensemble les Anges des deux Royaumes du Seigneur et les hommes.
LA DOCTRINE DE L'egLISE DOIT ÊTRE PUISÉE DANS LE SENS DE LA LETTRK DK LA PAROLE, ET ÊTRE CONFIRMÉE PA" CE SENS.
50. Dans l'Article précédent il a été montré que la Parole, dans le sens de la lettre, est dans sa Plénitude, dans sa Sainteté et dans sa Puissance; et comme le Seigneur est la Parole, car il est le tout delà Parole, il s'ensuit que le Seigneur est surtout présent dans ce sens, et que c'est par lui qu'il enseigne l'homme et l'éclairé. Mais cela va être démontré dans cet ordre : I. La Parole sans
sua L ECRITURE SAINTE.
la Doctrine n'est point comprise. IL La Doctrine doit être puisée dans le sens de la lettre de la Parole. III. Mais le Divin Vrai, qui appartient à la Doctrine, ne se montre tju a ceux qui sont dans l'illustration par le Seigneur.
51 . 1. La Parole sans la Doctrine n'est point comprise : c'est parce que la Parole, dans le sens de la lettre, consiste en de pures correspondances, afin que les spirituels et les célestes y soient en même temps, et que chaque n^ot en soit le contenant et le support ; c'est pour cela que, flans le sens de la lettre, les vrais dans certains passages i^e sont pas nus, mais sont des vrais vêtus, qui sont appelés apparences du vrai, et sont pour la plupart accommodés à la conception des simples qui n'élèvent pas leurs pensées au-dessus des choses qu'ils voient devant leurs yeux; il y a quelques vrais qui apparaissent comme •ies contradictions, lorsque cependant dans la Parole, considérée dans sa lumière, il n'y a aucune contradiction : 11 y a aussi dans certains passages, chez les Prophètes, des collections de noms de lieux et de personnes, dont on ne peut tirer aucun sens ; tels sont les passages rapportés cidessus, N° 15. Puis donc que la Parole est telle dans le sens de la lettre, on peut voir qu'elle ne peut pas être comprise sans la Doctrine. Mais des exemples vont mettre ceci en lumière : il est dit que « Jéhovah se repent, » — Exod., XXXII. 12, l/i. Jonas, III. 9 ; IV. 2, — et il est dit ^ussi que « Jéhovah ne se repentpoint, » — Nomb. XXIII. , 19- — I Samuel, XV. 29. — Sans la Doctrine ces passages '>e peuvent se concilier. Il est dit que :
« Jéliovah pmiit l'iniquité des pères sur les fils jusqu'à la troisième, génération etkla quatrième génération. » — Nomb., XIV. 18; — et il est dit que « le père ne mourra pas pour le fils, ni le fils pour le père, mais cliacun mourra dans son péché. — Deut,, XXIV. IG.
Ces passages sont non pas en discordance mais en concordance au moyen de la Doctrine. Jésus dit :
" l^emandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez,; heurtez, et il vous sera ouvert. Quiconque demiaido, reçoit; et qui cherche, trouve; et à celui
l'OCïRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
qui himrif. il ^era ouvert- »
Matth., VII. 7, 8. XXI.
Sans la Doctrine, on croirait que chacun doit recevoir
ce qu'il demande; mais d'après la Doctrine on croit
que tout ce que l'homme demande, non d'après lui-même,
mais d'après le Seigneur, est donné; car c'est même ce
qu'enseigne le Seigneur :
« Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeureni
en vous, demandez tout ce que vous voudrez et il vous
sera accordé. » — Jean., XV. 7.
Le Seigneur dit :
« Heureux les pauvres, parce que le royaume de Dieu est à eux. » — Luc, VI. 20.
Sans la doctrine on peut penser que le Ciel est aux pauvres et non aux riches; mais la doctrine enseigne qu'il est entendu les pauvres en esprit, car le Seigneur dit :
« Heureux les pauvres en esprit parce que le royaume des deux est à eux. » — Matth., V. 3.
Le Seigneur dit :
« Ne juge: point afin que vous ne soyez point jugés: cy'* on vous jugera du même jugement que vous aurez jugé. —Matth.. VII, 1. 2. — Luc, VI. 37.
Sans la Doctrine, on peut être conduit par ces paroles à confirmer qu'il ne faut pas dire que le mal est mal, ni par conséquent juger que le méchant est méchant; toutefois d'après la Doctrine il est permis de juger, mais justement; car le Seigneur dit :
« Jugez selon la justice. » — Jean. VIT. 24.
Jésus dit :
« Ne vous faitespas appelerdocteur,car vous n'avez qu'un seulDocteur,leChrist;etn'appelezperxonnesurlaterre votre père, car vous n'avez qu'un seulPère. Celuilq^^ est) dans les deux; et ne vous faites pas appeler maître, car vous n'avez qu'un seul Maître, le Christ.» — Matth., XXIIL 8, 9, 10.
Sans la Doctrine, il en résulterait qu'il n'est pas permis d'appeler quelqu'unDocteur, Père ou Maître ; mais, d'après
Si;U L KGIUTIJRE SAINTE.
la Doctrine, on sait que cela est permis dans le sens naturel, mais non dans le sens spirituel. Jésus dit aux disciples :
« Quand le Fils de rhornme sera assis sur le trône de sa gloire, vous serez assis aussi, sur douze trônes, jugeant les douze tribus d'Israël. « — Matth., XIX. 28.
D'après ces paroles, on peut conclure que les disciples QU Seigneur doivent aussi juger, tandis que cependant ils ^^ peuvent juft'er personne; la Doctrine révélera donc cet îircane en disant que le Seigneur qui sait tout et qui con- 'laii les cœurs de tous, doit seul juger et peut seul juger, f^ que par ses douze disciples est entendue l'Église quant ^tous les vrais et à tous les biens qui lui viennent du ^«"igneur par la Parole, d'où la Doctrine conclut que ces '^lens et ces vrais doivent juger chacun, selon les paroles ^u Seigneur, dans Jean, III. 17, 18. XII. 47, 48. —
^lui qui lit la Parole sans la Doctrine ne sait comment concilier ce qui est dit, dans les Prophètes sur la nation JUiVeetsur Jérusalem, que l'Église doit rester éternelle-
^nt chez cette nation, et avoir son siège dans cette ville, •^lïime dans les passages suivants :
" Jéhovah visitera son troupeau, la maison de Juda, et il les constituera comme son cheval de gloire dans la guerre; de lui. viendra l angle, de lui le clou, et de lui l'arc de guerre. » — Zach., X. 3, 4, 6, 7. — , Voici, je viens pour habiter au milieu de toi ; et Jéhovah se fera un héritage de Juda, et il choisira de nouveau Jérusalem. » — Zach., II. 10, 12. — « Il arrivera en t=e jour là que les montagnes distilleront du moût, et lue les colliîics couleront en lait; et Juda sera éter- ''^ellenient assis et Jérusalem d'âge en âge. » — Joël, *II. 18,20. — « Voici les jours viennent où j'ensemen- (^erai la maison d'Israol et la maison de Juda de se- ^nence d'homme, et où je traiterai une alliance nouvelle avec la maison d'Israël et avec lu maison de Juda ; ^t voici cette alliance : Je mettrai ma loi au milieu ^eu.x et je Vécrirai sur leur cœur; et je serai leur ^ien, et ils seront mon peuple. » — JÂrém., XXXL
Kl MU II PIK »'•
50 DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉUi;SALEM
27, 31, 33. — (( En ce jour-là, dix hommes de toutes langues des nations saisiront le pan de la. robe d'un homme juif, en disant : Nous irons avec vous, parce que nous avons entendu que Dieu (est) atiec vous. »
— Zach., VIII. 23 ; — pareillement ailleurs, comme dans Ésaie, XLIV. 24, 26. XLIX. 22, 23. LXV. 9. LXVI. 20, 22. — Jérém., III. 18. XXIII. 5. L. 19, 20.
— Nahum, I. 15. — Malach., ill. 4;
où il s'ag-it de l'Avènement du Seigneur, et où il est dit que cela doit arriver alors.
Mais le contraire est dit dans plusieurs autres passages, dont un seul sera rapporté ici :
« Je leur cacherai mes faces, je verrai quelle (sera) leur fin ; car ils sont une race perverse des enfants en qwt on ne peut se fier. J'ai dit : Je les disperserai à VeX' trémitê des coins de la terre et j' abolirai leur mémoiT^ d'entre les hommes ; car c'est une nation qui se pord par ses conseils et il n'y a en eux aucune intelligence. Leur vigne est du plan de Sodome et du terroire de Goviorrhe ; leurs grappes sont des grappes de jiel ; i^ ont des raisins amers ; leur vin est un venin de dragons et un fiel d'aspic cruel. Cela n'est-il pas serre chez Moi, scellé dans mes trésors ? A Moi la vengeance et la rétribution. » — Deutéi., XXXII. 20 à 35.
Ces choses ont été dites de cette nation ; on en trouve de semblables ailleurs ; par exemple, dans Ésaïe, III. I; '^' 8. V. 3 à 6. — Deutér.,IX. 5, 6. — Matth., XII. 39. XXlH- 27, 28. — Jean, VIII. 44, et de tous côtés dans Jérémio et dans Ézéchiel; mais ces passages, qui paraissent contradictoires, se montreront en pariait accord, gi'i^^*' à la Doctrine qui enseigne que, dans la Parole, par Isr^^ et par Juda, il est entendu, non pas Israël ni Juda, n^^' l'Église dans l'un et dans l'autre sens ; dans un sens on entend l'Église quia été dévastée, et dans l'autre sen^ l'Église qui doit être établie par le Seigneur. Il en est même de beaucoup d'autres passages dans la Par^ ^' D'après ces considérations il est bien évident que la P''^^" sans kl Doctrine n'est point comprise.
SUR h ECUITUHE SAINTE.
52. D'après cela on peut voir que ceux qui lisent la l^arole sans la Doctrine, ou ([ui ne se font pas une Doctrine d'après la Parole, sont dans l'obscurité au sujet de toute vérité, et que leur esprit est vagué-^t incertain, enclin à l'erreur, et facilement disposé aux hérésies, qu'ils embrassent même, s'ils aspirent à la faveur ou à l'autorité, 6t que leur réputation ne court aucun risque. La Parole, «in effet, est pour eux comme un chandelier sans lumière, et ils voient dans l'ombre comme beaucoup de choses, et cependant à peine voient-ils quelque cliose, car la Doctrine seule est un flambeau. J'ai vu de telles personnes examinées par les Anges, et il fut trouvé qu'elles pouvaient confirmer d'après la Parole ce qui leur plaisait, et qu'elles confirment ce qui a rapport à l'amour d'ellesmêmes et à l'amour de ceux auxquels elles s'intéressent; je les ai même vues dépouillées de vêtements, signe qu'elles étaient sans vrais ; dans le monde spirituel les vêtements sont les vrais.
53. II. La Doctrine doit être puisée dans le Sens de la ^^ttrede la. Paroley et être confirmée parce sens : C'est en effet dans ce sens et non ailleurs que le Seigneur est pré- '■^eut chez l'homme, qu'il l'éclairé et lui enseigne les vérités de l'Église. En outre le Seigneur n'opère jamais que dans la plénitude, et la Parole dans le sens de la lettre est dans *a plénitude, comme il a été montré ci-dessus: delà résulte que la Doctrine duit être puisée dans le sens delà lettre.
64. Parla Doctrine la Parole est non-seulement intelligible mais quasi-lumineuse, parce ((ue la Parole sans I^octrine n'est pas comprise, elle est comme un chandelier Sans lumière, ainsi qu'il a été montré ci-dessus ; c'est pourquoi par la Doctrine la Parole est comprise et est comme un chandelier allumé : l'homme alors voit plus de clio.ses qu'il '^eu avait vu auparavant, et il comprend aussi des choses q^i il n'avait pas comprises auparavant; ou il ne voit pas les Choses obscures et discordantes et les laisse de côté, ou ' *es voit et les explique, de sorte qu'elles sont d'accord *vec la Doctrine. Que la Parole soit vue d'après la Doc ^'Ue, et soit aussi expliquée selon la Doctrine, c'est ce ^l^ atteste l'expérience dans le Monde Chrétien. Tous les
.'iV DOCTRINE DE I.A NOUVELLE JERUSALEM
Réformés, en effet, voient la Parole d'après leur doctrine et expliquent la Parole selon leur Doctrine ; de même les Catholiques-Romains d'après la leur et suivant la leur; les Juifs aussi d'après la leur et suivant la leur ; conséquemment on y voit des faux d'après une Doctrine fausse, et des vrais d'après une Doctrine vraie. D'après cela il est évident que la vraie Doctrine est comme un flambeau dans les ténèbres, et comme un poteau indicateur au long des chemins. Mais il ne suffit pas que la Doctrine soit puisée dans le sens de la lettre de la Parole, il faut encore qu'elle soit confirmée par ce sens ; car si elle n'est pas confirmée par lui, le Vrai de la Doctrine apparaît comme si c'était seulement l'intelfigence de l'homme et non la Divine Sagesse du Seigneur qui fût en elle , et ainsi la Doctrine serait comme une maison placée dans l'air et non sur la terre, ainsi n'ayant pas de fondement. 55. La doctrine du vrai réel peut même être puisée pleinement dans le sens littéral de la Parole; car, dans ce sens, la Parole est comme un homme vêtu, dont la face et les mains sont nues ; toutes les choses qui concernent la vie de l'homme, et par conséquent son salut, y sont nues, mais toutes les autres sont vêtues ; et dans beaucoup d'endroits où elles ont été vêtues, elles sont vues à travers leur vêtement comme on voit un visage à travers une gaze légère. Et même les vrais de la Parole brillent et se montrent à travers leurs vêtements avec une clarté de plus en plus lumineuse, selon qu'ils sont multipliés d'après l'amour qu'on a pour eux, et selon qu'ils sont mis en ordre par cet amour; mais cela aussi parla Doctrine.
56. On pourrait croire que la Doctrine du vrai réel peut être acquise par le sens spirituel de la Parole, qui est donné par la Science des Correspondances ; mais par ce sens la Doctrine n'est pas acquise, elle est seulement illustrée et corroborée; car, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, n" 26, on ne pénètre pas par les Correspondances dans le sens spirituel de la Parole, si on n'est pas auparavant dans leS vrais réels d'après la Doctrine. Si l'homme n'est pas auparavant dans les vrais réels, il peut falsifier la Parole par quelques Correspondances qu'il connaît, en les liant
SUK L ECRITtiriE SAINTE.
(ensemble et les expliquant pour confirmer quelque opinion enracinée dans son esprit, d'après un principe arrêté. D'ailleurs, le .sens spirituel n'est donné à qui que ce soit que par le Seigneur Seul, et le Seigneur veille sur le .sens spirituel comme il veille sur le Ciel, car le Ciel est dans ce •^6ns. Il est donc de première importance que l'homme •étudie la Parole dans le sens de la lettre ; c'est seulement par ce sens que la Doctrine est donnée.
57. III. Le vrai réel, qui constituera la Doctrine, ne se montre, dans le sens de la lettre de la Parole, "ï^'à ceux qui sont dans l'illustration par le Seidneuv. L'illustration vient du Seigneur Seul, et elle est <2hez ceux qui aiment les vrais parce qu'ils sont des vrais, ^t qui les mettent en pratique; chez les autres, il n'y a pas "lustralionpar la Parole. Si l'illustration vient du Seigneur ■^eul, c'est parce que le Seigneur est dans toutes les choses *^6 la Parole; si l'illustration est chez ceux qui aiment les "Vrais parce qu'ils sont des vrais, et qui les mettent en pra- "que, c'e.st parce que ceux-là sont dans le Seigneur, et que 'e Seigneur est en eux, car le Seigneur est .son Divin Vrai, vuand ce vrai est aimé parce qu'il est le Divin Vrai, et il ®st aimé quand il est mis en pratique, alors le Seigneur est «ans ce vrai chez l'homme. C'est même ce que le Seigneur •enseigne dans .lean :
* En ce jour-là, vous connaîtrez que vous (êtes) en Moi, et Moi en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime, et je l'aimerai, ef je Me ferai connaître 'i lui, el je viendrai à lui et je ferai chez lui ma demeure. » — XIV. '20, 21, 2.3,
•"^t dans Matthieu :
fiiiureux ceux qui ont le ca'nr pur: car ils verront Dieu. » - - V. 8.
•^ilà ceux qui sont dans l'illustration quand ils lisent ^ arole, et chez lesquels la Parole est dans son éclat et
^s sa transparence.
^8. Si cj^gj, gy^ jg^ Parole est dans son éclat et dans sa
'isparenoe, c'est parce qu'il y a dans chaque chose de la
Parole un sens spirituel et un sens céleste, et que ces sens sont dans la lumière du Ciel ; c'est pourquoi, par ces sens et par leur lumière le Seigneur influe dans le sens naturel et dans sa lumière chez l'homme ; de là, l'homme par une perception intérieure reconnaît le vrai, et il le voit ensuite dans sa pensée, et cela a lieu toutes les fois qu'il est dans l'affection du vrai pour le vrai ; car de l'affection vient la perception, de la perception la pensée, et ainsi arrive la reconnaissance qui est appelée foi. Mais, sur ce sujet, il en sera dit davantage dans l'Article suivant sur la conjonction du Seigneur avec l'homme par la Parole.
59. La première chose que ceux-ci ont à faire, c'est de s'acquérir une Doctrine d'après le sens littéral de la Parole ; ils allument ainsi un flambeau pour avancer plus avant : or, après qu'ils se sont acquis une Doctrine, et qu'ainsi le flambeau est allumé, ils voient la Parole par cette lumière. Ceux qui ne s'acquièrent pas une Doctrine recherchent d'abord .si la Doctrine donnée par d'autres, et communément reçue, concorde avec la Parole, et ils donnent leur assentiment aux points qui concordent, et le refusent 'à ceux qui ne concordent pas. C'est ainsi qu'ils se forment leur Doctrine, et par la Doctrine leur Foi. Mais cela n'arrive que chez ceux qui, n'étant pas distraits par les affaires du monde, peuvent voir ; ceux-ci sont par le Seigneur dans l'illustration, s'ils aiment les vrais parce qu'ils sont des vrais, et s'ils les mettent ou pratiquent. Tous les autres, qui sont à quelque degré dans la vie selon lesvraiSj peuvent être instruits par eux.
60. Le contraire arrive à ceux qui lisent la Parole d'après la doctrine d'une religion fausse, et plus particulièrement à ceux qui confirment cette doctrine par '^ Parole, et qui ont alors en vue leur propre gloire ou les richesses du monde ; chez eux le vrai de la Parole est comme dans l'ombre de la nuit, et le faux comme dans l^' lumière du jour; ils lisent le vrai, mais ils ne le voien* pas; et .s'ils en voient l'ombre, ils le falsifient. C'est d'euX que le Seigneur dit :
SUR l'Écriture sainte.
oo
« lU ont des yeux et ne voient point, et des oreilles et n'entendent point. » — Matth., XIII. 14, 15.
Car rien n'aveugle davantage l'homme que son propre ei la confirmation du faux. Le propre de l'homme est l'amour de soi, et par suite l'orgueil de la propre intelligence ; et la confirmation du faux est une obscurité qui simule la lumière; leur lumière est purement naturaile, <^t leur vue est comme celle d'une personne qui -voit des fantiimes dans l'ombre.
61. Il m'a été donné de parler après leur n;ort avec plusieurs hommes, qui avaient cru qu'ils brilleraient dans le Ciel Comme des étoiles, parce que, selon ce qu'ils disaient, ils avaient considéré la Parole comme sainte, l'avaient lue très souvent, et en avaient recueilli plusieurs passages, par lesquels ils avaient confirmé les dogmes de leur foi, et par là avaient passé dans le monde pour '^avants, d'où ils avaient cru qu'ils seraient des Michel et 'les Raphai'l ; mais plusieurs d'entre eux furent examinés ^ur l'amour d après lequel ils avaient étudié la Parole, et '1 fut roconnù que quelques-uns avaient agi d'après l'amour de soi, alin de paraître grands dans -le monde, et d'être honorés comme des primats de l'Église, et d'autres d'après l'amour du monde afin d'acquérir des richesses. Lorsqu'ils 'Urent examinés sur ce qu'ils savaient d'après la Parole, il 'Ut découvert qu'ils ne savaient rien du vrai réel, mais qu'ils savaient seulement ce qui est appelé vrai falsifié, ^lui en soi est le faux ; et il leur fut dit que cela leur venait de ce qiio leurs fins, ou ce qui est la même chose, leurs ftinours, c'était eux-mêmes et le monde, et non le Seigneur et le Ciel ; et que, lorsqu'on a pour fins soi-même ^*le mondo, le mental en lisant la Parole reste attaché à ^oi-méme et au monde, et que par suite on pense conti- '^'^lellement d'après son propre, qui est dans l'obscurité ^^ant à tout ce qui appartient au Ciel; dans cet état 'irtmme ne peut être retiré de son propre par le Seigneur,
''■'nsi être élevé dans la lumière du Ciel, ni par con.sé- 4Uent recevoir aucun influx du Seigneur par le Ciel. J'ai
'aussi oeux-oi admis dans le Ciel, mais dès qu'il y fut
SI
DOCTHINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
découvert qu'ils n'avaient aucun vrai, ils furent chassés; mais néanmoins ils conservaient l'orgueil de croire qu'ils avaient mérité. Il en fut tout autrement de ceux qui avaient étudié la Parole d'après l'affection de savoir le Vrai parce qu'il est le Vrai, et parce qu'il sert aux usages de la vie, non seulement de leur propre vie, mais aussi de celle du prochain ; je les ai vus élevés dans le Ciel, et là auid dans la lumière où est le Divin Vrai, et alorsenmême temps exaltés dans la sagesse angélique, et dans sa félicité, qui 3st la vie éternelle.
PAR LE SENS DE LA LETTRE DE LA PAROLE, IL Y A CONJONC- TION AVEC LE SEIGNEUR ET ASSOCIATION AVEC LES ANGES.
^ 62. S'il y a conjonction avec le Seigneur par la Parole, c'est parce que la Parole traite du Seigneur Seul, et que par là le Seigneur est tout dans toutes les choses de la Parole, et est appelé la Parole, comme il a été montré dans la Doctrine sur le Seigneur. Si la conjonction est dans le sens de la lettre, c'est parce que la Parole, dans ce sens, est dans sa plénitude, dans sa sainteté et dans sa puissance, comme il a été montré ci-dessus. Article IV. La conjonction n'est pas apparente pour l'homme, mais elle est dans l'affection du vrai et dans sa perception, ainsi dans l'amour et dans la foi du Divin Vrai chez lui.
63. Si par le sens de la lettre il y a a.ssociation avec les anges du ciel, c'est parce que dans ce sens il y a le sens spirituel et le .sens céleste, et que les Anges sont dans ces deux sens, les Anges du Royaume spirituel dans le sens spirituel de la Parole, et les Anges du Royaume céleste dans son sens céleste ; ces deux sens se dégagent du sens naturel de la Parole, qui est le sens de la lettre, quand un homme sincère est dans ce sens les deux autres se dégagent instantanément ; par conséquent aussi l'association est instantanée.