Il y a chez chaque homme deux Facultés delà vie
SUR L ECRITURE SAINTE
qui sont appelées Entendement et Volonté; l'Entendement est le réceptacle du vrai et par conséquent de la sagesse , et la Volonté est le réceptacle du bien et par conséquent de l'amour ; ces deux facultés doivent faire unpour que l'homme soit homme de l'Église ; et elles font un quand l'homme forme son entendement d'après des vrais réels, ce qui a lieu en apparence comme par lui, et quand sa Volonté est remplie •lu bien de l'amour, ce qui a lieu par le Seigneur; de là chez l'homme il y a la vie du vrai et la vie du bien, la vie du vrai dans l'entendement venant de la volonté, et la vie uu bien dans la volonté par l'entendement ; c'est là le mariage du bien et du vrai chez l'homme, et aussi le mariage du Seigneur et de l'Église chez lui. Mais, sur Cette conjonction réciproque qui est ici appelée mariage, Ou en verra davantage dans les Traités de la Sagesse Angé- "(lue sur la Divine Providence, sur le Divin Amour et la i^iviNE Sagesse, et dans la Doctrine de Vie.
84. Tout lecteur, lorsqu'il fait attention, peut voir qu'il y a dans la Parole deux Expressions qui semblent être •les Répétitions d'une même chose ; par exemple : Frère ^t (compagnon, ])auvre et) indigent, désert et solitude, vide et creux, adversaire et ennemi, péché et iniquité, colore ^t emportement, nation et peuple, joie et allégresse, deuil et larmes, justice et jugement, etc. ; ces expressions sem- •^lent être synonymes, et cependant elles ne le sont point : car frère, pauvre, désert, vide, adversaire, péché, colère, 'dation, joie, deuil, justice, se disent du bien, et dans le
eus opposé se disent du mal, tandis que compagnon, indigent, solitude, creux, ennemi, iniquité, emportement, peuple, allégresse, larmes, jugement, se disent du vrai,
''dans le sens opposé se disent du faux; et cependant il
^mble au lecteur, qui ne connait pas cet anane, (juc pauvre et indigent, désert et solitude, vide et creux, adver-
*ire et ennemi, sont une seule chose, et pareillement
péché et iniquité, colère et emportement, nation et peuple,
J le et allégresse, deuil et larmes, justice et jugement; et
^nmoins ils ne sont pas une seule chose, mais ils devien-
^nt une seule chose par la conjonction. Il y a aussi dans Parole plusieurs expressions qui sont accouplées.
te)
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
comme feu et flamme, or et argent, airain et fer, bois et pierre, pain et eau, pain et vin, pourpre et fin lin, etc. ; et cela, parce que le feu, l'or, l'airain, le bois, le pain, la pourpre, signifient le bien, et que la flamme, l'argent, le fer, la pierre, l'eau, le vin et le fin lin, signifient le vrai. C'est par la même raison qu'il est dit qu'on doit aimer Dieu de tout son cœur et de toute son âme, et que Dieu créera dans l'homme un nouveau cœur et un nouvel esprit ; car le cœur se dit du bien de l'amour, et l'âme et l'esprit se disent du vrai d'après ce bien. Il y a aussi des mots qui, parce qu'ils i^articipent de l'un et de l'autre, tant du bien que du vrai, sont employés isolément sans être joints à d'autres mots ; mais ces particularités et plusieurs autres ne se manifestent que devant les Anges, et devant ceux qui, lorsqu'ils sont dans le sens naturel, sont aussi dans le sens spirituel.
85. Il serait trop long de montrer, d'après la Parole, qu'elle renferme ces expressions doubles qui semblent être des répétitions d'une même chose, car pour cela il ftiudrait remplir des volumes ; mais pour lever le doute, je vais rapporter des passages où il est dit en même temps Jugement et Justice; puis des passages où il y a Nation ET Peuple, et d'autres où il y a Joie et Allégresse. Les Passages où Jugement et Justice sont nommés simultanément sont ceux-ci : « La ville qui était pleine de Jugement, où la Justice habitait. » — Ésaie, I. 21 . — « Sion sera rachetée dans la Justice et ceux qui y retourneront seront rachetés dans le Jugement. » — Ésaie, I. 27. — « Jéhovah Sébaoth sera exalté dans le Jugement, et le Dieu Saint sera Sanctifié dans la Justice. » — Ésaïe, V. 16. — « Use tiendra sur le trône de David et sur son royaume, pour l'affermir en Jugement et en Justice. » — Esaïe IX. 6. — Jéhovah sera exalté parce qu'il habite haut, et qu'il a rempli la terre de Jugement et de Justice, r, — Ésaïe, XXXIII. 5. — « Ainsi a dit Jéhovah : Gardez le Jugement et faites la Justice, parce que proche est mon Salut, pour que ma Justice soit révélée. » Ésaïe, LVI. 1. — « Comme une nation qui a fait la Justice, et n'a pas abandonné le Jugement de son Dieu ; qu'ils me
SUR LECRITUBE SAINTE.
demandent des Jugements de Justice. » Esaïe, LVIII. 2. •~ « Jure par Jéhovah qui est vivant en Jugement et en Justice. » — Jérém., IV. 2. — «Que celui qui se glorifie, se glorifie de ce que Jéhovah fait Jugement et Justice sur la terre. » Jérém., IX. 24. — « Faites Jugem.ent etJusiice. Malheur à celui qui bâtit sa maison sans Justice, et ses appartements sans Jugem.ent ! Ton père n'a-t-il pas fait Jugement et Justice? alors il a prospéré. » — Jérém., XXII. 3, 13. 15. — a Je susciterai à David un germe juste, qui rognera comme roi et il exercera le Jugement et la Justice sur terre. » — .lérem., XXIII. 5. XXXIIt. 15. — « S'il y a eu un homme juste, qui ait fait Jugom.ent et Justice: » — Éïéchiel, XVIII. 5. — Si l'impie s'est retourné et tiu'il ait fait#ii(/emeniet Justice, il ne sera pas fait mention contre lui ; Jugement et Justice il a fait, vivant il vivra. » ~~ Kzéchiel, XXXIII. 14, 16, 19. — « .Je me fiancerai à toi pour l'éternité en Justice, en Jugevnent, en Miséricorde 6ten Com.passions. » — Osée, II. l'J. — « Q,ue\eJugem.ent coule comme l'eau et la Ju.stice comme un torrent impétueux. » — Amos, V. 24. ■— « Voue avez changé en fiel 1© Jugement, et le fruit delà Justice en absinthe. » — Amos,
*ï- 12. — « Jusqu'à ce que Jéhovah plaide mon procès et qu il me fasse Jugement, et qu'il me conduise dans la lu- 'tt'ère, t)t que je voie sa Justice. » — Mich,, VII. 9. — Jéhovah ! ta Justice (est) comme de hautes montagnes, '*^s Jugements {sont) un grand .abîme. » Ps. XXXVI. 7, « Jéhovah fei-a sortir sa Justice comme la lumière et son Jugement comme le midi. » — Ps. XXXVII. 6. — ' Jéhovah jugera son peuple en Justic.r. et ceux qui sont affligés en Jugement. » — Ps. LXXII. 2. — « La Justice ^^ lo Jugement {sont) le soutien de ton trône. » Ps. LiXXXIX, 15. — « Quand j'aurai appris les Jugements de
* Justice. Sept fois dans le jour, je Te louesur les Juge- ^^nts de ta Justice. » — Ps. CXIX. 7, 164. — « Gad
*•* la Justice de Jéhovah, et Son Jugement avec Israël. » 7- Douter., XXXIII. 21. — « L'esprit de vérité répriman-
^ra le monde au sujet de la Justice et au sujet du Jugat- ^ent. y, __ j^3a,n, XVI. 8. 10: — et ailleurs. S'il est dit
Si es
«ouvent Jugement et Justice, c'est parce que le Juge-
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM
ment se dit des vrais, et que la Justice se dit du bien; c'est pourquoi, parfaire Jugement et Justice, il est même entendu agir d'après le vrai et d'après le bien. Que le Jugement se dise du vrai et la Justice du bien, c'est parce que le Gouvernement du Seigneur dans le Royaume spirituel est appelé Jugement, et que le Gouvernement du Seigneur dans le Royaume céleste est appelé Justice; voir, sur ce sujet, dans le Traité du Ciel et de l'Enfer, N»*214, 215. Comme le Jugement se ditdu vrai, c'est pour cela que dans quelques passages il est dit la Vérité et la Jush'ce; par exemple, dans — Ésaïe, XI. 5. Ps. LXXXV. 12, et ailleurs.
86. Que dans la Parole, à cause du mariage du bien et du vrai il y ait comme des Répétitions d'une même chose, on peut le voir plus clairement d'après les passages où il est dit Nations et Peuples; par exemple dans ceuxci : Malheur à la iVa^ion pécheresse, au Peuple chargé d'iniquité! » — Ésaïe, I. 4. — « Les Peuples qui marchaient dans les ténèbres ont vu une grande lumière; tu as multiplié la Na.tion. » — Ésaïe, IX. 1, 2. — « Assur, verge de ma colère, je l'enverrai contre la JVafion hypocrite, contre le Peuple de mon emportement je le dépêcherai. » Esaïe, X. 5, 6. — « Il arrivera, en ce jour-là, que les Nations rechercheront la racine d'Isaï dressée pour enseigne des Peuples. ., — Ésaïe, XI. 10. « Jéhovah qui frappe les Peuples d'une plaie incurable, qui domine avec colère sur les Nations. » Ésaïe, XIV. 6. — « En ce jourlà, on apportera en présent à Jéhovah Sébaoth un Peuple dispersé et pillé, et une Nation nivelée et foulée. » Esaïe, XVIII. 7. — Un PeujHe fort T'honorera, une ville de Nations puissantes Te craindra. » — Ésaïe, XXV. 3. — Jéhovah enlèvera l'enveloppe {qui est) sur tous'lcs Peuples et le voile étendu sur toutes les Nations. »— Ésaïe, XXV, 7. — « Approchez, Nations; et vous, Peuples, soyez attentifs. » - Esaïe, XXXIV. 1. — « Je t'ai appelé pour être l'alhance du Peuple et la lumière des Nations. » — Ésaïe, XLII. 6. — « Que toutes les Nations se réunissent ensemble, et que s'assemblent les Peuples. « — Ésaïe, XLIII. 9. — « Voici, je lèverai vers les Nations ma main,
SUR L ECRITURE SAINTE
6t vers les Peuples mon étendard. » — Ésaïe, XLIX. 22. '< Témoin auxPeuplesje l'ai donné. Prince et Législateur ^ux Nations. » — Ésaïe, LV. 4, — Voici, un Peuple vient de la terre du septentrion, et une grande iVaf ion des côtés de la terre. » — Jérém., VI. 22. — « Je ne te ferai plus entendre la calomnie des Nations et tu ne porteras plus l'opprobre des Peuples. » — Ézéch., XXXVI. 15. — « Tous les Peuples et toutes les Nations Le serviront. » — - Daniel, VII. 14. — « Pour que les Nations ne se raillant pas d'eux et qu'on ne dise pas parmi les Peuples : Où (esi) leur Dieu? » — Joël, II. 17. — « Les restes de Qion Peuple les pilleront et les restes de ma Nation les posséderont. » — Sophonie, Il 9. — « Et viendront plusieurs Peuples etdesNations nombreuses pour chercher Jéhovah Sébaoth dans Jérusalem. » — Zach., VIII. 22. — Mes yeux <^iit vu ton Salut, que tu as préparé devant la face de tous ^^s Peuples, pour être la lumière qui doit éclairer les Nsltions. » — Luc, II. 30, 31, 32. — Tu nous as rachetés par ton sang de tout Peuple et de toute Nation. » — Apoc, V. y- — « Il faut que de nouveau tu prophétises sur les Peuplas et les Nations. » — Apoc. , X. 1 1 . — Tu Me mettras à ^a tête des Nations, un Peuple, que je n'avais pas connu, ^e servira. » — Ps. XVIII. 44. — « Jéhovah rend inutile ie conseil des Nations ; il renverse la pensée des Peuples. » — Ps. XXXIII. 10. — « Tu nous mets en proverbe parmi les Nations (tu aa fait) que les Peuples ont hoché la tête (sur nous). » — Ps. XLIV. 1.5. — « Jéhovah rangera ^6s Peuples sous nous, et les Nations sous nos pieds ;
®hovah a régné sur les Nations; les Peuples se sont ^«semblés d'eux-mêmes. » — Ps. XLVII.4, 9, 10. —Les
^UplesTe confesseront; les Nations seront dans l'allé- Sresse et dans la jubilation de ce que tu jugeras les Peu- P'esavec droiture, et do ce que tu conduiras les Nations ^ans la terre. » — Ps. LXVII. 3, 4, 5. — « Souviens-toi de . "^i) Jéhovah ! dans le bon plaisir de ton Peuple, afin que
6 me réjouisse dans la ioie de tes Nations. » — Ps. CVI.
' '' ) — et en outre ailleurs. S'il est dit en même temps les
étions et les Peuples, c'est parce que par les Nations sont tendus ceux qui sont dans le bien, et dans le sens op-
DOCTRINE DE LA NOLIVELLE JÉRUSALEM
posé ceux qui sont dans le mal ; et par les Peuples, ceux qui sont dans les vrais, et dans le sens opposé Ceux qui sont dans les faux; c'est pourquoi ceux qui sont du Royaume Spirituel du Seigneur sont nommés Peuples, et ceux qui sont du Royaume Céleste du Seigneur sont nommés Nations : car dans le Royaume Spirituel tous sont dans les vrais et par suite dans la sagesse, et dans le Royaume Céleste tous sont dans le bien et par suite dans l'amour."
87. Il en est de même pour les autres expressions; ainsi, lorsqu'il est dit Joie, il est dit aussi Allégresse, comme dans ces passages : « Voici, Joie et Allégresse, on tue lo bœuf. » — Ésaïe, XXII. 13. — « Joie et Allégresse ils obtiendront ; et s'enfuiront tristesse et gémissement. » —Esaïe, XXXV. 10. LI. 11. — « De la maison de notre Dieu ont été retranchées V Allégresse et la Joie. »
— Joël, I. 16. — « Je les priverai de la voix de Joie et de lavoixd'/l/Ze«yresse. » — Jérémie, VIL 34. XXV. 10. — M Le jeûne du dixième sera pour la maison de Juda en Joie et en Allégresse. » — Zacharie, VIII. 19.— « Afin que nous soyons dans la .Joie pendant tous nos jours. Donne-nous de l'Allégresse. » — Ps. XC. 14, 15. -^
— « Soyez en Allégrnsse dans Jérusalem, ayez de la Joie en elle. » — Esaïe, LXVI. 10. -— « Sois dans la Joie et dans l'Allégresse, fille d'Edom. » — Lament., IV. 21. — .( Dans l'Allégresse seront les oieux, et dans la Joie sera la terre. » — Ps.XCVI. 11, — «. Tu me feras entendre Joie et Allégresse. » — Ps. LI. 10. — « La Joie et l'Allégresse se trouveront en Sion, la louange et la voix de cantique, a — Ésaïe, LI. 3. — « Il sera pour toi un sujet d'Allégresse, et plu.sieurs, à cause de sa naissance, auront de la Joie. » — Luc, I. 14. — « Je ferai cesser la voix de Joie et d'Allégresse, la voix du fiancé et la voix de 1» fiancée. » — Jérém., VII. 34. XVI. 9. XXV. 10.— « Dans ce lieu on entendra encore la voix de Joie et la voix d'Al' légresse, la voix du fiancé et la voix de la fiancée. » — Jérém., XXXIII. 10, 11 ; — et ailleurs. S'il est dit l'une et l'autre, tant la Joie que l'Allégresse, c'est parce que l^ joie appartient au bien, et l'allégresse au vrai, ou parce que la joie appartient à l'amour, et l'allégresse » 1*
SUR l'Écriture sainte.
sagesse ; car la joie appartient au cœur et l'allégresse à l'esprit, ou bien la joie appartient à la volonté et l'allégresse à l'entendement. Que le mariage du Seigneur et de l'Église soit aussi dans ces expressions, cela est évident en ce qu'il est dit : « La voix de joie et lu voix d'allégresse, h voix du Fiancé et la. voix de la Fiancée. ■» — Jérém., VII. 34. XVI. 9. XXV. 10. XXXIII. 11 ; — et le Seigneur est le Fiancé et l'Église la Fiancée; que le Seigneur soit le Fiancé, en le voit dans Matth. — IX: 15. Marc, II. 19, 20. Luc, V. 35 -, et que l'Église soit la fiancée, on le voit dans l'Apocalypse, XXI. 2, 9. XXll. 17; — c'est pourquoi Jean-Baptiste dit, en parlant de .Jésus : « Celui qui a la Fiancée est le Fiancé. » — Jean, III. 29.
88. C'est à cause du mariage du Soigneur avec l'Eglise, ou, ce qui revient au même, c'est à cause du mariage du Divin Bien et du Divin Vrai dans chaque chose de la Parole, que dans un grand nombre de passages il est dit Jéhovah et Dieu, et aussi Jéhovah et le Saint d'Israël, comme s'ils étaient deux, lorsque cependant ils sont un ; car par Jéhovah il est entendu le Seigneur quant au Divin Bien, et par Dieu le Seigneur quant au Divin Vrai. Que les expressions Jéhovah et Dieu, et Jéhovah et le Saint d'Israël, soient employées dans un grand nombre de passages de la Parole, et que cependant par elles il soit entendu Un Seul qui est le Seigneur, on le voit dans la Doctrine sur le Seigneur, N"" 34, 38, 46.
89. Puisque dans toute la Parole et dans chacune de ses parties il y a le mariage du Seigneur et de l'Eglise, il devient évident que, dans son ensemble et dans chacune de ses parties, la Parole traite du Seigneur, comme j'ai commencé à le démontrer dans la Doctrine sur le Seigneur, N°» 1 à 7. L'Église, do laquelle la Parole traite également, est aussi le Seigneur ; car le Seigneur enseigne que l'homme de l'Église est en Lui, et que Lui est en cet homme, — Jean, VI. 56. XIV. 20, 21. XV. 5, 7.
90. Comme il s'agit ici de la Divinité et de la Sainteté ^e la Parole, il m'e.st permis d'ajouter à ce qui a été dit jusqu'à présent quelque chose qui mérite d'être rappporté. ~- Un jour, il me fut envoyé du Ciel un petit papier cou-
DOCTRINE DE LA NOUTOLLE JÉRUSALEM
vert de lettres hébraïques, mais tracées comme chez les Anciens, chez lesquels ces lettres, qui aujourd'hui sont composées de lignes droites dans quelques-unes de leurs parties, étaient formées de lignes courbes avec des petits crochets tournés vers le haut ; et les Anges qui étaient alors auprès de moi me disaient que, d'après les lettres ellesmêmes, ils connaissaient des sens entiers, et qu'ils les connaissaient surtout d'après les courbures des lignes et des accents de la lettre ; et ils expliquaient ce qu'elles signifiaient prises séparément, et prises ensemble, disant que la lettre H, qui a étéajoutée aux noms d'Abram otde Saraï, signifiait l'Infini et l'Éternel ; ils expliquèrent même devant moi le sens de la Parole, — Ps. XXXII. 2, — par les lettres seules ou par les syllabes ; le sens sommaire de ces lettres était que le Seigneur est même miséricordieux pour ceux qui font le mal : ils m'informèrent que, dans le Troisième Ciel, l'Écriture consistait en lettres arquées et diversement courbées, dont chacune contenait un certain sens ; que là les Voyelles étaient pour le son qui correspond à l'affection, et que dans ce Ciel ils ne pouvaient pas prononcer les Voyelles i et é, mais qu'ils les remplaçaient par l'y et l'eu; qu'ils faisaient un grand usage des Voyelles a, oetu, parce qu'elles donnent un son plein; qu'ils ne pouvaient prononcer qu'avec douceur certaines Consonnes dont l'articulation est dure, et que c'est de là que quelques lettres liébraïques ont été ponctuées intérieurement, pour indiquer qu'elles doivent être prononcées avec douceur ; ils me disaient que la rudesse dans les lettres était en usage dans le Ciel Spirituel, par la raison que là on est dans les vrais, et que le vrai admet la rudesse, tandis que le bien dans lequel sont les Anges du Royaume Céleste ou du Troisième Ciel ne l'admet pas. Ils me dirent aussi qu'ils avaient chez eux la Parole écrite en lettres courbées avec des petits crochets et des accents significatifs; d'après cela je vis clairement ce que signifient ces paroles du Seigneur:
SUR L ECRITURE SAINTE
« Il n'y aura rien dans la Loi qui ne s'accomplisse, jusqu'à un seul Iota, et à un seul trait de lettres. » — Matth., V. 18.
Puii
« Il est plus facile que le Ciel et la Terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul Accent tombe de la Loi. — Luc, XVI.
I^ES HÉRÉSIES PEUVENT ÊTRE TIRÉES DU SENS DE LA. LETTRE DE LA. PAROLE, MAIS LES CONFIRMER EST DANGEREUX.
91. Il a été montré ci-dessus que la Parole ne peut être comprise sans la Doctrine, et que la Doctrine est comme un flambeau pour que les vrais réels soient vus ; et cela, parce que la Parole a été écrite par de pures Correspondances, d'où il résuite que plusieurs choses y sont •les Apparences du vrai, et non des vérités nues, et que plusieurs ont été écrites selon la conception de l'homme *iaturel et même de l'homme sensuel, mais cependant de telle manière que les simples peuvent comprendre la Parole avec simplicité, les intelligents avec intelligence, et les sages avec sagesse. Maintenant, puisque telle est la Parole, les apparences du vrai, qui sont des vérités vêtues, peuvent être prises pour des vérités nues, et lorsqu'elles sont confirmées, elles deviennent des faux; mais cela est i^it par ceux qui se croient supérieurs aux autres en ^^^■gesse, quand cependant ils ne sont pas sages ; car être ^'^ge, c'est voir si une chose est vraie avant de la confirmer, ^'' non confirmer tout ce qui plaît ; confirmer tout ce qui plaît, c'est ce que font ceux qui excellent dans la faculté e confirmer, et qui sont dans l'orgueil de la propre intelgence ; mais voir si une chose est vraie avant de la conl'ttier, c'est ce que font ceux qui aiment les vrais et en '^t affectés parce que ce sont des vrais, et qui les ettent en pratique ; car ceux-ci sont éclairés par le Sei-
DOCTfilNE DE LA NOUVELLE JERUSALEM
gneur, etils voient les vrais par la lumière des vrais, tandis que ceux-là sont éclairés par eux-mêmes et voient les faux aussi par la lumière des faux.
92. Que les Apparences du vrai, qui sont des vérités vêtues, puissent être saisies d'après la Parole pour des vérités nues, et que, lorsqu'elles sont confirmées, elles deviennent des faux, on peut le voir d'après tant d'hérésies qui ont été et sont encore dans le Christianisme. Les hérésies elles-mêmes ne damnent pas les hommes, mais ce qui damne, c'est quand, d'après la Parole et par les raisonnements qui procèdent de l'homme naturel, on confirme les faussetés qui sont dans Fl.érésie, et qu'on mène une vie mauvaise. En effet, chacun naît dan.s la religion de ses parents, y est initié dès son enfance, puis la retient et ne peut lui-même se dégager des faux de cette religion, entrainé qu'il est par les affaires du monde ; mais vivre mal et confirmer les faux jusqu'à détruire le vrai réel, voilà ce qui damne ; car celui qui reste dans sa Religion et croit en Dieu, et qui, — s'il est dans le sein du Christianisme, — croit au Seigneur, considère la Parole comme Sainte, et vit par religion selon les préceptes du Décalogue, colui-là n'est pas lié aux faux comme par serment [non jurât in /a/.sa); aussi, dès qu'il entend les vrais et les perçoit à sa manière, il peut les embrasser, et ainsi être retiré des faux; mais il n'en est pas de même de celui qui a confirmé les faux de sa religion, car le faux confirmé reste et ne peut être extirpé; en effet, après la confirmation, le faux est comme si l'homme s'était lié à lui par serment, surtout si ce faux est cohérent avec l'amour du propre et par suite avec l'orgueil de la sagesse.
93. Je me suis entretenu, dans le Monde Spirituel, avec quelques hommes, qui avaient vécu il y a plusieurs siècles, et s'étaient confirmés dans les faux de leur Religion; et j'ai reconnu qu'ils restaient encore constamment dans ces mêmes faux : je m'y suis aussi entretenu avec d'autres qui avaient été de la même Religion, et avaient pensé comme ceux-là, mais n'avaient pas confirmé che'i eux les faux de cette Religion; et j'ai reconnu que, ayant été instruits par les Anges, ils avaient rejeté les faux et
SUR L EGHITURE SAINTE.
■^cçu les vrais, et que ceux-ci avaient été sauvés, mais non •^eux-là. Chaque homme, après la mort, est instruit par les Anges ; et ceux qui voient les vrais, et d'après les vrais *6s faux, sont reçus; car, après la mort, il est donné à ^^hacun de voir spirituellement les vrais ; ceux qui ne se ^ont pas confirmés voient les vrais, mais ceux qui se sont confirmés ne veulent pas voir les vrais, et s'ils les voient, lis s'en détournent ; et alors, ou ils s'en moquent, ou ils les falsifient.
94. Mais cela va être éclairci par un Exemple : Dans plusieurs passages de la Parole, la colère, l'emportement, >a vengeance, sont attribués au Seigneur, et il est dit lu il punit, jette en enfer, tente, et qu'il fait plusieurs ^■utres choses semblables ; celui qui croit cela avec sim- Phcité, et qui, en raison de cette croyance, craint Dieu et ^6 garde de pécher contre Lui, celui-là n'est pas damné pour cette foi simple; mais celui qui confirme chez lui cette foi au point de croire que la colère, l'emportement, la vengeance, et ainsi des choses qui ont pour origine le ■^al, sont chez le Seigneur, et que par colère, emporte- Klent et vengeance il punit l'homme et le jette en enfer, celui-là est damné, parce qu'il a détruit le vrai réel, qui ^^^, que le Seigneur est l'Amour Même, la Miséricorde
^eme, et le Bien Même, et que Celui qui a ces qualités ne peut se livrer ni à la colère, ni à l'emportement, ni à la ^engeance. Si de telles passions sont attribuées au Sei- ^"eur, c'est d'après l'apparence. Il en est de même de
eaucoup d'autres choses qui lui sont attribuées. °5- Que plusieurs choses dans le sens de la lettre de
^ Parole soient des vrais en apparence dans lesquels sont
aches des vrais réels, et qu'il ne soit pas dangereux de
penser et de parler selon ces vrais apparents, mais qu'il
it dangereux de les confirmer au point de détruire le
^ ai réel qui est caché en dedans, c'est ce qui peut aussi
^ éclairci par un Exemple que je prendrai dans la
^^<', parce que l'enseignement lire du naturel est plus
11" et plus probant que celui qui est tiré du spirituel. Il
^t)le à la vue que le Soleil tourne tous les jours autour ^e la f
** terre, et qu'il fait en outre autour d'elle une révolu-
DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM
tion annuelle ; de là il est dit dans la Parole que le Soleil se lève et se couche, qu'il fait le matin, le midi, le soir et la nuit, et aussi les saisons du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver, et par conséquent les jours et les années, quoique cependant le Soleil reste immobile, car c'est un Océan de feu, et c'est la Terre qui tourne chaque jour sur elle-même, et chaque année autour du Soleil; l'homme qui, par simplicité et par ignorance, pense que le Soleil exécute ces mouvements, ne détruit pas la vérité naturelle, qui est, que la Terre tourne chaque jour sur son axe, et, suit chaque année la direction de l'écliptique : mais celui qui, par la Parole et par dos raisonnements de l'homme naturel, confirme le mouvement et le cours apparents du soleil, celui-là infirme la vérité et la détruit. Le vrai apparent, c'est que le Soleil exécute ces mouvements; le vrai réel, c'est qu'il ne les exécute pas ; chacun peut parler selon le vrai apparent, et c'est aussi de cette manière qu'on parle ; mais se confirmer dans cette opinion, cela paralyse et obscurcit l'entendement rationnel. Il en est de même pour les astres de la voûte céleste ; 1g vrai apparent, c'est qu'ils exécutent aussi une fois chaque jour, comme le soleil, leur révolution ; c'est pour cola qu'on dit aussi, en parlant des étoiles, qu'elles se lèvent et se couchent; mais le vrai réel, c'est que les étoiles sont fixes, et que la voûte céleste reste immobile; cependant icbacun peut parler selon l'apparence,
96. S'il est dangereux de confirmer le vrai apparent de la Parole au point de détruire le vrai réel qui est cache en dedans, c'est parce que, selon ce ([ui a été dit ci-dessuS^ N"* 62 à 69, toutes et chacune des choses du sens de la lettre de la Parole communiquent avec le Ciel et l'ouvrent. Quand donc l'homme applique ce sens pour confirmer des amours du monde, contraires aux amours du Ciel, alors l'interne de la Parole devient faux; c est pourquoi, quand son externe, qui est le sens de la lettre, dont l'interne est faux, communique avec le Ciel, le Ciel se ferme, car le^ Anges, qui sont dans l'interne de la Parole, le rejettent- D'après cela, il est évident que le faux interne ou le vrai falsifié enlève la communication avec le Ciel, et le ferme-
SUR L ECHITURE SAINTE.
Telle est la cause pour laquelle il est dangereux de confirmer un faux héritique quelconque.
96 (bis). La Parole est comme un Jardin, qu'on peut appeler Paradis céleste, renfermant en tout genre des choses savoureuses et délicieuses, savoureuses en raison des fruits, et délicieuses en raison des fleurs, ayant à son centre les arbres de vie près desquels sont des sources d'eau vive, et à sa circonférence des arbres forestiers. L'homme qui est, d'après la Doctrine, dans les Divins Vrais, est au milieu du jardin, où sont les arbres de vie, 6t il a en actualité la jouissance de ces choses savoureuses 6t déhcieu^es; l'homme qui est dans les vrais, non d'après la Doctrine, maits d'après le seul sens de la lettre, est à la circonférence, et voit seulement les arbres forestiers : mais celui qui est dans la Doctrine d'une religion fausse, ^t qui en a confirmé chez lui le faux, n'est pas même dans la forêt ; il réside au-delà dans des plaines sablonneuses, où il n'y a point de verdure. Que tel soit aussi l'état de ces hommes après la mort, c'est ce qui sera confirmé en son heu.
97. Il faut en outre qu'on sache que le sens de la lettre de la Parole est une garde pour les vrais réels qui sont cachés en dedans ; et cette garde consiste en ce que ce sons peut être tourné de toute manière, et être expliqué selon qu'il est saisi, sans que pour cela le sens interne soit altéré et violé ; car il n'est pas préjudiciable que le sens de la lettre de la Parole soit compris par l'un autre- '^ent que par l'autre; mais ce qui est préjudiciable, c'est ^{Uc les Divins Vrais qui sont intérieurement cachés soient pervertis, car par là il est fait violence à la Parole. Le Sens de la lettre est une garde pour empêcher que cela ïi arrive ; et il exerce cette garde cheic ceux qui sont dans des faux par religion et qui ne confirment pas ces faux, car ceux-ci ne font aucune violence à la Parole. Cette Sarde est signifiée par les Chérubins, elle est aussi décrite P^ oux dans la Parole. Elle est signifiée par les Chérubins, qui, après qu'Adam eut été chassé avec son épouse ^u jardin d'Éden, furent placés à l'entrée de ce jardin,
au sujet desquels on lit ces pafoles :
ÉuiuruuE s". 6
OZ DOCTRINE DE LA NOUVELLE JERUSALEM
« Lorsque Jéhooah Dieu eut cliassé l'homme, il fit liabiter du côté de VOrient, vers le jardin d'Éden, des Chéruhiyis arec une flamme d'épée qui se tournait çà et là, pour garder le diemin de V Arbre de vie. » — Gen..III. 23, 24.
Par les Chérubins est signifiée la gai-de, par le chemin de l'arbre de vie est signifiée l'entrée vers le Seigneur, laquelle a lieu pour les hommes par la Parole; par la flamme d'épée qui se tourne de côté et d'autre est signifié lo Divin Vrai dans les derniers, lequel est comme la Parole dans le sens littéral, sens qui peut être tourné ainsi, La même cliose est entendue par :
« Les Chérubins d'or placés sur les deux extrémités du Propitiatoire, qui était sur l'Arche dans le Tabernacle. )) — Exod., XXV. 18 à 21.
C'est en raison de cette signification que le Seigneur parlait entre ces Chérubins avec Moïse, — Exod., XXV. 22. XXXVII. 9. Nomb., VII. 89. — Que le Seigneur ne parle avec l'homme que dans la plénitude, et que la Parole dans le sens de la lettre soit le Divin Vrai dans la plénitude, on le voit ci-dessus, N" 37 à 49 ; c'est pourquoi le Seigneur parlait entre les Chérubins avec Moïse. Il n'es' pas non plus signifié autre chose par Les Chérubins sW' les Rideaux du Tabernacle et sur le Voile, — Exod-i XXVI, 1, 31 ; car les rideaux et les voiles du Tabernacle représentaient les derniers du Ciel et de l'Église, et pa^ conséquent aussi les derniers de la Parole ; voir ci-dessuS; N° 46. Il n'est pas non plus signifié autre chose par l<^^ Chérubins dans le milieu du Temple de Jérusalem, I Rois, VI. 23 à 28, — ni par les Chérubins sculptés sur les murailles et sur les portes du Temple, — I Rois, VA- 29, 32, 35, — ni par les Chérubins dans le nouveau Temple,— Ézéch., XLl. 18, 19, 20; — voir aussi cidessus, N° 47. — Comme les Chérubins signifiaient a garde afin que le Seigneur, le Ciel, et le Divin Vrai tel q^ est dans l'intérieur de la Parole, ne soient pas approch^ immédiatement, mais afin qu'ils le soient par l'interm
Stm LKCrUTURE SAINTE.
diaire des derniers, il est pour cela même parlé ainsi du roi de Tyr :
« Toi, qui scelles la mesure, pJetn de sagesse et parfait en beauté, tu as été en Eden le Jardin de Dieu, toute pierre précieuse (a été) ta courerture; toi. Chérubiri. expansion de ce qui protège. Je t'ai perdu. Chérubin protecteur, du milieu des pierres de feu. » — Ezéch,, XXVIII. 12, 13,14, 16.
Par Tyr, il est signifié l'Église quant aux connaissances ^lu vrai et du bien, et par suite par son Roi la Parole où ^ont ces connaissances et d'où elles viennent ; qu'ici la Parole dans son dernier, qui est le sens de la lettre, soit 'iiguifioe par ce roi, et la garde par le Chérubin, cela est évident, car il est dit : « Toi qui scelles la mesure, toute pierre précieuse a été ta couverture; » et aussi, « toi, Chérubin, expansion de ce qui protège ; » puis, « Chérubin protecteur : » par les pierres précieuses, qui sont aussi lïommées ici, sont entendus les vrais du sens de la lettre wla Parole; voir ci-dessus, N" 45. Puisque par les Chéi^iibins il est signifié le dernier du Divin Vrai comme 'arde, c'est pour cela qu'il est dit dans David :
"■ Jéhovah inclina les deux, et descendit, et il c/iei'auchait sur uv Chérubin.» — Ps. XVIII. 10. 11. — « Pasteur d'IsraiH, qui es assis sur les Chérubins, montre-loi anec éclat. » — Ps. LXXX. 2. — « Jéhocah assis entre des Chérubins. » — l's. XCIX. 1.
Chevaucher sur les Chérubins, être assis sur eux, et être
<»ssis cnfre eux, c'est s'appuyer sur le dernier sens de la
^^Pole. Le Divin Vrai dans la Parole et sa qualité sont
décrits par dcrt Chérubins dans Ézéchiel, Chapitre I, IX
"' '^r, personne ne pouvant savoir ce qui est .signifié
P^f chacune des choses do leur description, sinon celui
i our qui le jjgfjg spirituel a été ouvert, c'est pour cela
"^ d m'a été découvert ce qui est signifié sommairement
P^i" toutes les choses cfui sont dites des Chérubins dans le
ernier (Jhapitre d'Kzécliiol; voici ce sommaire : La
'^iHe sphère externe de la Parole est décrite, Vers. 4 :
a gwtyWi i Brt ^afea^^
DOCTRINE 1>E LA NOUVELLE JERUSALEM
cette sphère représentée comme un homme, Vers. 5 ; elle est conjointe aux spirituels et aux célestes, Vers. 6 : le naturel de la Parole; quel il est, Vers. 7 : le spirituel et le céleste de la Parole conjoints à son naturel; quels ils sont, Vers. 8, 9 : le Divin Amour du bien et du vrai célestes, spirituels et naturels, spécifiés ici, ensemble et séparément, Vers. 10, 11 : ils tendent àêtro un. Vers. 12 : la sphère de la Parole provenant du Divin Bien et du Divin Vrai du Seigneur, par lesquels la Parole est vivante, Vers. 13, 14 : la doctrine du bien et du vrai dans la Parole et d'après la Parole, Vers. 15 à 21 : le Divin du Seigneur au-dessus d'elle et en elle, Vers. 22, 23, et venant d'elle. Vers. 24, 25 : le Seigneur est au-dessus des Cieux, Vers. 26 : à Lui appartiennent le Divin Amour et la Divine Sagesse, Vers. 27, 28. Ce sommaire a même été conféré avec la Parole dans le Ciel, et il a été trouvé en conformité avec elle.
LE SEIGNEUR EST VENU DANS LE MONDE POUR ACCOMPLIR TOUT CE QUE RENFERME LA PAROLE ET POUR DEVENIR PAR LA LE DIVIN VRAI OU LA PAROLE, MÊME DANS LES DERNIERS.
98. Que le Seigneur soit venu dans le monde pour accomplir toutes les choses de la Parole, on le voit dans la Doctrine sur le Seigneur, N»» 8 à 11. Que par là il ait été fait le Divin Vrai, ou la Parole, même dans les derniers, c'est ce qui est entendu par ces paroles dans Jean :
« La Parole a été faite Chair et elle a habité parmi nous; et nous avons vu Sa gloire, une gloire telle que celle du Fils Unique venu du Père, plein de grâce et de vérité. » — I, 14.
Etre fait Chair, c'est être fait la Parole dans les derniers- Le Seigneur a montré à ses disciples ce qu'il était comm^ Parole dans les derniers, quand il s'est transfiguré, -"
SUR L ECRITURE SAINTK. Cl>
Matth., XVII. 2 et suiv., Marc, IX. 2 et suiv., Luc, [X, 28 et suiv. ; — et là, il est dit que Moïse et Klie apparurent dans la gloire ; par Moïse et Elie il est entendu la Parole ; voir oi-dcssus, N° 48. Le Seigneur comme Parole dans les derniers est aussi décrit par Jean dans l'Apocalypse, ^- 13 à 16 ; — Toutes les parties de cette description signifient les derniers du Divin Vrai ou de la Parole. Le Seigneur auparavant avait été il est vrai la Parole, mais uans les Premiers, car il est dit ;
« Au, commencement était la. Parole, et la Parole était chez Dieu, et cette Parole était Dieu. Elle était au commencement chez Dieu. » — Jean, L 1, 2, 3.
Mais, quand la Parole a été faite Chair, le Seigneur a •^te fait Parole même dans les derniers ; c'est de là qu'il est appelé le Premier et le Dernier, — Apoc, 1. 8, 11, 17, JI- 8. XXI. 6. XXII. 12, 13.
99. Par cela même que le Seigneur a été fait aussi F'arole dans les derniers, l'état de l'Église a été entière - '^ent changé; toutes les I']glises qui ont existé avant son Avènement ont été des Églises représentatives, qui n'ont pu voir la Vérité Divine que dans l'ombre ; mais après 1 Avènement du Seigneur dans le Monde, il a été institué P*r l^ui une F]glise qui a vu la Vérité Divine dans la lumière : il y a en cela la même différence qu'entre le soir ^''^ le matin; l'état de l'Église avant l'Avènement du Seigneur est aussi appelé le Soir, et l'étal de l'Église après ^on Avènement est appelé le Matin. Avant son Avènement *ns lo monde, le Seigneur était, à la vérité, présent chez *^s hommes de l'Église, mais médiatement par le Ciel, ^is depuis son Avènement dans le monde il est présent ez les Jiommes de l'Eglise immédiatement; car dans le *^iide il a revêtu aussi le Divin Naturel dans lequel il est I ^^ent chez les hommes : la Glorification du Seigneur est glorification de l'Humanité qu'il a prise dans le monde; Humanité du Seigneur glorifié est le Divin Naturel.
*^0. Peu de personnes comprennent comment le Sei- ®ur est la Parole, car on pense que le Seigneur par la
ex
Parole peut, il est vrai, éclairer et instruire l'homme, et que cependant ce n'est pas une raison pour qu'il puisse être appelé la Parole; mais qu'on sache que chaque homme est son propre amour, et par suite son propre bien et son propre vrai; l'homme n'est pas homme par un autre motif et rien autre chose chez lui n'est homme. Par cela même que l'homme est son bien et son vrai, les Anges et les Esprits sont aussi hommes ; car tout bien et tout vrai procédant du Seigneur est homme dans sa forme : or, le Seigneur est le Divin Bien Même et le Divin Vrai Même, ainsi il est l'Homme Même, par qui tout homme est homme. Que tout Divin Bien et tout Divin Vrai dans sa forme soit homme, on le voit dans le Traité du Ciel et de l'Enfer, N° 460, et on le verra plus clairement dans les Ouvrages suivants, qui traiteront de la SagesSe Angélique.
AVANT LA PAnOLK QUI EXISTE AUJOURD'HUI DANS LE MONDE, IL Y AVAIT UNE PAROLE QUI A ÉTÉ PERDUE.
101. On peut voir, par ce qui est rapporté dans le» livres de Moïse, qu'avant la Parole donnée à la nation Israélite par Moïse et par les Prophètes, le culte par les sacrifices avait été connu et qu'on avait prophétisé par Jéhovah. Que le culte par les sacrifices ait été connu, on le voit par ces passages : « Il fut ordonné aux fils d'Israël de renverser les autels des Nations, 'de briser leurs statues et de couper leurs bocages. » Exod., XXXIW 13. Douter., VU. 5. XII. 3. - « Israël commença dans Sittim à commettre fornication avec le^ filles de Moab ; elles appelèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux, et le peuple mangea et se prosterna devant leurs dieux, et il s'attacha surtout à Bahal-Péhor, et c'est pour cela que la colère de Jéhovah s'enflamma contre Israël. » - Nomb., XXV. 1, 2, 3. — « Balaam, qui était de Syrie, fit construire des Autels, et sacrifia des boeufs
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SUR L ECRITURE SAINTK.
et dubétail. « — Nomb., XXII. 40. XXIII. 1,2, 14, 29, 30.
— Qu'on ait prophétisé aussi par la bouche de Jéhovah, on le voit par les prophéties de Balaam, — Nonib., XXIII. 7 à 10, 18 à 24. XXIV. .i à 9, 16 à 24. — Il a aussi prophétisé sur le Seigneur, en disant « qu'il sortirait une étoile de Jacob, et un sceptre d'israol, » — Nomb., XXIV. 17; — et qu'il ait prophétisé par la bouche de Jéhovah, on le voit, — Nomb., XXII. 13, 18. XXllI. 3, 5, 8, 16, 26. XVlV. 1, 13. — D'après ces passages, il est évident qu'il y a eu chez les Nations un culte divin semblable au culte institué par Moïse chez la Nation Israélite. Que ce culte ^it existé même avant le temps d'Abram., cela semble résulter des paroles de Moïse, — Deutér., XXXII. 7, 8;
— mais cela deviruit encore plus évident du fait de Melchisédech, Itoi de Salem, en ce qu'il présenta du Pain et du Vin, et bénit Abram, et qu'Abram lui donna la dimo do tout, — Gen., XIV. 18 à 20, ~ et en <5e que Mclchisédcch représentait le Seigneur, car il est appelé Prêtre du Dieu Très-Haut, — Gon., XIV. 18, — et il est dit du Seigneur dans David : « Tu es Sacrificateui pour l'éternité selon l'ordre de Melchisédech. » — Ps. C'X. 4 j — (;'gg(. pQyj. g(jia qyg Mclcliisôdech avait présenté 1^ Pain et le Vin, comme choses saintes do l'EgUse, de 'lï^me qu'ils le sont dans le Sacrement de la Cène; et yu'il a pu bénir Abram, et qu'Abram lui a donné la dîme de tout.