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I DOCTRINE DE VIK
lumière, de peur que ses œuvres soient /j/,iimees; mais celui qui agil selon la oérité vient à la lumière, afin que ses œuvres noient manifestées, parce qu'elles ont été faites en Dieu. » — Jean, III. 19 à 21.
« Et ceux qui ont fait de bonnes œuvres sortiront dans la. résurrection de vie mais ceux qui en ont fait de mauvaises, dan.s la résurrection du jugement. — » Jean, V. 29.
« Nous saoons que Dieu n écoule point les pécheurs; mais si quelqu'un honore Dieu et fait sa volonté, il l'écoute. » — Jean, IX. 31.
« Si uous sacez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que
vous les pratiquiez. » — Jean, XIII. 17.
V Celui cfui a les commandements et qui les pratique, cest celui-là, (fui m'aime; et moi je l'aimerai, et j'' me manifesterai moi-même à lui: je viendrai à lui oÀ je forai (ma) demeure en lui. Celui (fui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles. » — Jean, XIV. 15, 21 à 24. « Jésus dit : Moi, je suis la Vigne^ et mon Père l'sl l^ Vigneron ; toute branche qui ne porte point de fruit en moi, il la retranche; mais toute branche qui porte du fruit, il l'émonde pour qu'elle porte plus de fruit. » — Jean, XV. 1, 2.
« Mon Père est glorifié en ceci que vous portie? beaucoup de fruit et que vous deveniez )nes di.viiples- » -" Jean, XV. 8.
'I Vous, vous êtes mes amis, si vous faites tout ce que je vous commande. Je vous ai choisis pour que vous portiez du fruit, et que votre fruit soit permanent. » — " Jean, XV. 14, 16.
« Le Seigneur dit à Jean : Écris à l'Ange de l'Église d'É' phèse : Je connais tes œuvres; mais j'ai contre loi que tu as abandonné ta charité première : repens-to'et fais tes premières œuvres, autrement, j'ùtcrai ton chandelier de sa place. » — Apoc, II. 1, 2, 4, 5. « Ecris à l'Ange de l'Église des Smyrnéens : Je connais
tes œuvres. » — Apec., II. 8, 9. <i Écris à l'Ange de l'Église de Pergame : Je connais
tes œuvres, repens-toi. » — Apoc, II. 13, 16. « Écris à l'Ange de l'Église de Thyatire : Je connais tés œuvres et ta charilé, et tes dernières œuvres p'"* nombreuses que les premières. » — Apoc. ,11. 18, 1^'
POUR LA NOUVELLE .lEHUSALEM. O
« Écris à l'Angp de VÉglise de Sardes : Je connais tes œuvres ; tu as le renom d'être vivant, mais tu es mort ; je n'ai pas trouvé tes oeuvres parfaites devant Dieu ; repens toi. » — Apoc, III. 1,2, 3.
« Écris à l'Ange de l'Église qui est dans Philadelphie : Je connais tes œuvres. » — Apoc, ITI. 7, 8.
« Écris îi r Ange de VÉglise des Laodicéeiis : Je connais tes œuvres ; repens-toi. » — Apoc, III. 14, 15, 19.
>' J'entendis une voix du Ciel qui disait : Écris : Heureux les morts qui dès maintenant meurent dans le Seigneur ! L'esprit dit : Afin qu'ils se reposent de leurs travaux ; leurs œuvres les suivent. » — Apoc, XIV. 13.
" 'hi ouvrit un Livre, qui est (le livre) de vie, et les morts furent jugés selon ce qui est écrit dans le Livre, tous selon leurs œuvres. » — Apoc, XX. 12, 13.
" Voici, je viens bientôt, et ma récompense (est) avec moi, pour que je donne à chacun selon son œuvre. » -^ Apoc, XXII. 12.
Un lit pareillement dans l'Ancien Testament :
" T^ends-lenr selon leur œuvre, et selon l'acte de leurs
mains. » — Jérém., XXV. l-'i.
" Jéhovah, dont les yeux sont ouverts sur toutes les voies
« des hommf'S, pour donner à chacun selon ses voies
« et selon le fruit de ses œuvres. » — Jérém., XXXII. 19. " Je le visiterai selon ses voies, et je lui rendrai le salaire
<^ de ses œuvres. » — Hosée, IV. 9.
'* Jéhovah a agi avec nous selon nos voies, selon nos
« œuvres. » — Zacl»., l. 6.
^ans plusieurs passages, il est prescrit d'exécuter les ^'fttutSj les ordonnances et les lois, comme dans les sui-
'vants :
" ^''ous observere: tous mes Statuts et mes jugements, si l'homme les exécute, il vivra par eux. » — Lévit.,
xvin.5.
" Vous observerez tous mes statuts et mes jugements,
afin de les exécuter. » — Lévit , XIX. 37 ; XX. 8 ;
XXii. 31.
" ^^éncr/îc/ion.s , s'ils exécutent mes commandements;
« malédictions, s'ils ne les exécutent point. » —
^^évit.,XXVI, 4 à46.
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JDOCTRINi; DE VIK
Il fut ordonné aux enfants d'Israël de se faire une frange aux pans de leurs vêtements, pour se ressouvenir de tous les commandements de Jéhovah, aftn de les exécuter. » — Nom., XV. 38, 39.
Il en est de même dans mille autres passages.
Le Seigneur enseigne aussi dans ses paraboles que ce sont les œuvres qui font l'homme de l'Église, et que c'est par elles qu'il est sauvé. Plusieurs de ces paraboles indiquent suffisamment que ceux qui font de bonnes œuvres sont acceptés, et que ceux qui en font de mauvaises sont rejettes. Telles sont :
La parabole des Vignerons. — Matth., XXI. 33 à 44 ;
Celle du Figuier qui ne donne pas de fruit. — Luc, XIII. 6 et suiv. ;
Celle des Talens et des Mines à faire valoir, — Matth» XXV. 14 à 31 ; Luc, XIX. 13 à 25 ;
Celle du Samaritain qui banda les plaies de l'homtne blessé par des voleurs. — Luc, .\. 30 à 37 ;
Celle du Riche et de Lazare. — Luc, XVI. 19 à 31 ;
Celle des dix Vierges. — Matth., XXV. 1 à 12.
3. Si tout homme qui a de la religion sait et reconnaît que celui qui vit bien est sauvé, et que celui qui vit mal est condamné, cela vient de la conjonction du ciel avec l'homme qui connaît, par la Parole, qu'il y a un Dieu, qu'il y a un ciel et un enfer, et qu'il y a une vie après 1* mort ; c'e.st là l'origine de cette commune perception. Aussi) dans la doctrine de la foi Athanasienne sur la Trinit*') doctrine universellement reçue dans le monde chrétien, cette proposition, que l'on trouve à la fin, est-elle de même universellement adoptée : « Jésus-Christ, qui * « soulTcrt pour notre salut, est monté au ciel et est assi« <( à la droite du Père tout-puissant, d'où il doit venir poU'" « juger les vivants et les morts ; et alors ceux qui o'fl-'- « fait de bonnes œuvres entreront dans la vie éternelle' « et ceux qui en ont fait de mauvaises iront dans lef^^ « éternel. »
4. Cependant il en est plusieurs, dans les Églises chrétiennes, qui enseignent que la foi seule sauve , et no»
POIIK LA NOUVELLE JERUSALEM. '
quelque bien de la vie ou quelque bonne œuvre ; ila ajoutent même que le mai de la vie, ou les œuvres mauvaises, ne condamnent pas ceux qui sont justifiées par la foi seule, parce qu'ils sont en Dieu et dans la grâce. Toutefois, on doit s'étonner que, bien qu'ils enseignent une semblable doctrine, ils avouent néanmoins — ce qui résulte de la «ommune perception venant du ciel — que ceux qui vivent bien sont sauvés, et que ceux qui vivent mal sont condamnés. La preuve de cet aveu est mise en évidence par l'ExHORTATiON qui est lue dans les temples, tant en Angleterre qu'en Allemagne, en Suède et en Danemark, devant le peuple qui assiste à la Sainte-Cène. On sait, du reste, que ceux qui enseignent cette doctrine de la loi seule S'Ont dans ces royaumes. Voici I'Exhortation qu'on lit en Angleterre devant le peuple qui assiste au Sacrement fie la Cène :
5. 6. « La voie et le moyen de participer dignement à la Sainte-Cène est que chacun examine d'abord les actions et les habitudes de s;t vie selon la règle des ' commandements de Dieu ; el si dans quelques-unes « d'elles il découvre qu'il a failli par volonté, par parole " ou par action, qu'il déplore sa nature vicieuse, et qu'il « en fasse l'aveu devant Dieu tout-puissant, avec la ferme ' résolution d'amender sa vie. S'il découvre que ses
* offenses soient, non seulement contre Dieu, mais aussi " contre le prochain, alors qu'il se réconcilie avec lui, et
* qu'il .soit prêt à lui faire restitution et satisfaction, selon
* tout son pouvoir, pour les injustices et les torts qu'il
* lui aura faits ; qu'il soit également prêt à pardonner à « ceux qui l'ont offensé, comme il veut que Dieu lui pardonne ses offenses : autrement la réception de la sainte Communion ne ferait qu'aggraver sa condamnation. En
' conséquence, si quelqu'un d'entre vous a blasphémé ' contre Dieu, porté obstatle àsa Parole ou mal parléd'elle, " ou s'il est adultère ou coupable de méchanceté, d'eu " vie, ou de quelque autre crime grave, qu'il se repente " tie ses péchés ; sinon, qu'il n'approche pas de la Sainle- " Cène, de peur qu'après avoir reçu ce sacrement, le " diable n'entre en lui, comme il entra dans Judas, et ne
DOCTRINE HE VIE
« le remplisse de toute iniquité, et ne détruise et son « corps et son âme. »
7. Il m'a été accordé de demander, dans le monde spirituel, à quelques prêtres d'Angleterre, qui avaient confessé et prêché la foi seule, si, quand ils lisaient dans les temples cette Exhortation, dans laquelle la foi n'est pas même nommée, ils croyaient réellement que s'ils faisaient de mauvaises œuvres, et ne s'en repentaient point, h' diable entrerait en eux comme dans Judas, et détruirait et leur corps et leur âme. Ils me répondirent que dans l'état où ils étaient lorsqu'ils lisaient cette Exhortation, ils savaient et pensaient uniquement que ces choses constituaient la religion elle-même ; mais qu'ils ne pensaient pas de même lorsqu'ils préparaient et poUssaient leurs sermons ou prédications ; qu'alors ils pensaient, au sujet de la foi, qu'elle était l'unique moyen de salut, et, au sujet du bien de la vie, que c'était un accessoire moral utile au bien public. Mais néanmoins ils furent forcés de reconnaître qu'ils avaient aussi cette commune perception que celui qui vit bien est sauvé, et que celui qui vit mal est condamné, et qu'ils avaient cette perception lorsqu'ils n'étaient pas dans leur propre.
8. Si toute religion consiste dans la vie, c'est parce que chacun, après la mort, est tel qu'esf sa vie ; car la vie reste telle qu'elle avait été dans le monde, et ne change pas. Une mauvaise vie ne peut être convertie en une bonne vie, ni une bonne en une mauvaise, parce que l'une est l'opposé de l'autre, et que changer quelque chose en son opposé, c'est l'anéantir : en conséquence, comme ces doux vies sont opposées, la bonne vie est appelée vie et la mauvaise vie est appelée mort. De là vient que la religion consiste dans la vie et que la vie consiste à faire le bien- On peut voir dans le traité m Ciee et de i/Enekh» n*" 470 à 484, que l'homme, après sa mort, est tel qu'avait été sa vie dans le monde.
iSààiti*^-.
POUR LA NOUVELLE JERUSALEM
PERSONNE NE PEUT F/VIRE PAR SOI-MEME T-E RIEN OUI EST RÉELLEMENT LE BIEN.
9. Si jusqu'à ce jour, il est à peine un homme qui •■^ache si le bien qu'il fait vient de lui-même ou de Dieu, c'est parce que l'Église a séparé la foi d'avec la charité, et que le bien consiste dans la charité. L'homme donne aux pauvres, secourt les indigents, dote des temples et des hôpitaux, sert l'Église, la Patrie et ses concitoyens, il ^équente assidûment le temple, alors il écoute et prie •ivcc dévotion : il lit la Parole et les livres de piété, il pense au salut, mais il ne sait pas s'il fait ces choses par luirt^êmo ou par Dieu. Il peut les faire par Dieu et il peut les 'aire par lui-même ; s'il les fait par Dieu elles sont bonnes : ■'*'il les fait par lui-môme elles ne sont pas bonnes. De plus, '1 y a des biens qui, quoique semblables à des biens véritables, sont par le fait des maux, comme sont les biens 'hypocrites qui sont des déceptions et des fraudes.
10. On peut comparer à l'or les biens que l'on fait par L>ieu et par soi-même. L'or qui dans son intime est or, et yu'on nomme or affiné, est le bon or : l'or allié à l'argent est aussi do l'or, mais sa bonté dépend de son titre : l'or *llié au cuivre est encore moins bon. Mais l'or fait par 1 art et qui imite l'or par la couleur, n'est pas bon, car la substance de l'or n'est point on lui. Il y a aussi la dorure, comme l'argent doré, le cuivre, le fer, l'étain, le plomb flores, le bois doré et la pierre dorée, matières qui, par ieur extérieur, peuvent même paraître comme de l'or ; "^ais comme elles ne sont pas de l'or, elles sont estimées, °u d'après l'art, ou selon le prix de la chose dorée, ou selon le prix de l'or qu'on peut retirer de la dorure. Ces ^'loses diffèrent en bonté d'avec l'or même, comme le vêlement diffère de l'homme. On peut même couvrir d'or ^'u bois pourri, des scories et jusqu'à du fumier ; c'est cet ^^ qu'on peut comparer au bien pharisaïque.
11. L'homme, par la science, connaît si l'or est bon ^ans sa substance, s'il a de l'alliage, s'il est falsifié, et s'il
l."'(. UuNK Ut. VIE
n'est qu'en dorure ; mais, par la science, il ne connail pas SI le bien qu'il fait est un bien en soi : il sait seulement que le bien qui vient de Dieu est un bien, et que le bien qui vient de l'homme n'est pas un bien. En conséquence, comme il est important au salut de savoir si le bien que l'iiomme fait vient de Dieu, ou s'il ne vient pas de Dieu, il faui révéler le moyen de faire cette distinction; mais avanl de le révéler, il est essentiel de dire quelque chose sur les diverses espèces de Biens.
12. II y a un Bien civil, un Bien moral et un Bien spirituel. Le Bien civil est celui que l'homme fait d'après la 1-01 civile ; c'est parce bien, et en raison de ce bien que Ihomme est citoyen dans le monde naturel. Le Bien moral est celui que l'homme fait d'après la Loi rationnelle ; c'est par ce bien, et en raison de ce bien qu'il est homme. Le Bien spirituel es! ce!ui que l'homme fait d'après la Loi spirituelle; c'est par ce bien, et en raison de ce bien, que l'homme est citoyen dans le Monde spirituel. Ces Biens se suivent dans cet ordre ; le Bien spirituel est le suprême, le Bien moral est le moyen, et le Bien civil est le dernier. 13. L'homme qui est dans le Bien spirituel est homme moral et en même temps homme civil ; mais l'homme qui n'est pas dans le Bien spirituel, quoiqu'il paraisse être un homme moral et civil, ne l'e.st cependant pas. Si l'homme qui est dans le Bien spirituel est homme moral et civil, c'est parce que le Bien spirituel contient en soi l'essence du bien, et que c'est de lui que dérivent le Bien moral et le Bien civil. L'essence du bien ne peut venir que de Celui qui est le Bien même : donnez à votre pensée le plus vaste champ, méditez de toutes vos forces et recherchez d'où le Bien est bien, et vous verrez qu'il l'est par son Ktre, et que ce qui est bien, c'est ce qui a en soi l'Etre du bien ; par conséquent, que ce qui est Bien, c'est ce qu' vient du bien lui-même, c'est-à-dire de Dieu ; qu'en conséquence le Bien qui ne procède pas de Dieu, mais qui vient de l'iiomme, n'est pas réellement le bien.
14. D'après ce qui a été dit dans la Docthinb sv» lEchituhe-Sainte, n'"' 27, 28, 38, on peut voir que le duprême, le Moyen et le Dernier font un, comme la F'"'
FOUK LA NOUVKIJ.K .1 biKUSALEM ..
la Cause et l'Effet ; et que, comme ils font un, la fin ellemême est nommée fin première, la cause fin moyenne, et l'effet fin dernière. Il est évident d'après cela que chez l'homme qui est dans le Bien spirituel, le moral est en lui le Spirituel moyen ; et le civil, le Spirituel dernier. On voit maintenant pourquoi il a été dit que l'homme qui est dans le Bien spirituel, est homme moral et homme civil, et que l'homme qui n'est pas dans le Bien spirituel n'est ni homme moral, ni homme civil, mais que seulenient il apparaît comme s'il l'était. Il parait ainsi à luimême et aux autres.
15. Si l'homme qui n'est point spirituel peut néanmoins penser rationnellement, et par suite parler comme l'homme spirituel, c'est parce que l'entendement de l'homme peut être élevé dans la lumière du ciel, qui est la vérité, et voir par cette lumière ; mais la volonté de l'homme ne peut pas être de même élevée dans la chaleur du ciel, qui est l'amour, ni agir par cette chaleur. De là vient que la Vérité et l'Amour ne font point un chez l'homme, à moins qu'il ne soit spirituel. De là vient aussi yue l'homme peut parler : c'est même ce qui établit la différence entre l'homme et la bête. De ce que l'Entendelïient peut être élevé dans le ciel, lorsque la Volonté n'y est pas encore élevée, il résulte que l'homme peut être réformé et devenir spirituel ; mais il ne se réforme et ne devient spirituel que du moment où sa volonté est élevée aussi. Il résulte de cet avantage de l'Entendement sur la volonté que l'homme, quel qu'il soit, même le méchant, peut, comme l'homme spirituel, penser et par suite parler rationnellement. Si, malgré cela, il n'est pas rationnel, ^ est parce que l'Entendement ne dirige pas la Volonté, et 4Ue la Volonté au contraire dirige l'Entendement : l'Entendement ne fait qu'enseigner et montrer le cliemin, ainsi •ïu'il a été dit dans la Doctrine sur l'Ecriture-Sainïe, ^° 115 ; et tant que la Volonté n'est pas en même temps 4ue l'Entendement dans le ciel, l'homme n'est point spi- ^ituelj ni par conséquent rationnel ; car, quand il est 'abandonné à sa Volonté ou à son Amour, il rejette de son ^entendement les vérités rationnelles au sujet de Dieu, du
DOCTRINE DE VIE
Ciel et de la Vie éternelle ; il admet à leur place des idées qui concordent avec l'amour de sa Volonté, et il les nomme vérités rationnelles. On pourra voir, sur ce sujet, los Traités sur la Sagesse Angélique.
16. Dans les articles suivants, ceux qui font le bien par oux-mêmes seront nommés hommes Naturels, parce que chez eux le Moral et le Civil sont Naturels quant à l'essence ; ceux, au contraire, qui font le bien parle Seigneur seront nommés hommes Spirituels, parce que chez eux le Moral et le Civil sont Spirituels, quant à l'essence.
17. Personne ne peut, par soi-même, faire quelque bien qui soit réellement le bien ; c ost ce que le Seigneur enseigne dans Jean :
« L'homme neppui rien receuoir, s'il ne lui a étA donné <Ju Ciel, r, III. 27. - « Celui qui demeure en Moi et en qui Je (demeure) porte beaucouj» de fruit; car sans Moi vous ne pouvez rien faire » — XV, 5.
(f Celui qui demeure en Moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit », signifie que tout bien vient du Seigneur: le fruit c'est le bien. « Sans Moi vous ne pouvez rien faire », signifie que personne ne peut faire le bien par soi-même.
Ceux qui croient au Seigneur et qui font le bien par le Seigneur sont nommés :
Fils de la lumière. — Jean, Xlf. m ; Luc, XVI. 8 ;
Fils des noces. — Marc, II. 19;
Fils de la résurrection. — Luc. XX. M] ;
Fils de Dieu. — Luc, XX. 30 ; Jean, I. 12 ;
iV^.<! de Dieu. — Jean, I. 13.
Il est dit en parlant d'eux :
// vt^rront Dieu. — Matth., V. 8 ;
Le Seigneur fera .sa demeure chez eu.x:. — Jean., XIV. 23 ;
Us ont la foi eu Dieu. — Marc, XI. 22 ;
Leurs œuvres sont faites selon Dieu. — .lean, III. ;'l.
C'est ce qui est compris sommairement dans ces paroles :
« A tous ceux qui ont reçu Jésus, H leur a donné le
pouvoir d'être fils de Dieu, à ceux qui croient en
POUR LA NOUVKLr-K JEIiUSALEM.
son nom, qui sont nés, non, du sang, td de la vobnilé de la chair, ni de la volonté de l'honirne, mais de Diea. » — Jean, I. 12, 13.
« Croire au nom du fils de Dieu », c'est croire à la Parole et vivre selon elle : « la volonté de la chair » , c'est le propre de la volonté de l'homme, qui en soi est le mal; la « volonté de l'homme », c'est le propre de son entendement, qui en soi est le faux venant du mal : « ceux qui sont nés de la volonté de la chair et de la volonté de l'homme », ce sont ceux ([ui veulent et agissent, pensent et parlent d'après leur propre; « ceux qui sont nés de Dieu », ce sont ceux ^lui veulent et agissent, pensent et parlent d'après le Sei- Snour. En un mot, ce qui vient de l'homme n'est pas le l^ien, mais ce qui vient du Seigneur est le bien.
'AUTANT l'hOMMK l'UlT LES MAUX COMME fÉClIÉS, AUTANT IL FArr LES lUENS, NON PAR LUI-MEME, MAIS l'AU LE SEIGNEUR.
18. Qui ne sait et ne peut savoir que les maux empê- •^hent que le Soigneur puisse entrer chez l'homme ? car le *Ial est l'Enfer, et le Seigneur est le (Jiel; or l'P^nfer et le Ciel sont opposés ; en conséquence, l'homme ne peut être dans l'un qu'autant qu'il n'est pas dans l'autre; car l'un ^git contre l'autre et le détruit.
19. Tant que l'homme est dans le monde il est entre 1 Enfer et le Ciel ; au-dessous est l'Enfer, au-dessus est le ^i^l, et il est tenu dans la liberté de se tourner ou vers ' Enfer ou vers le Ciel. S'il se tourne vers l'Enfer, il se détourne du Ciel ; s'il se tourne, au contraire, vers le Ciel, '1 se détourne de l'Enfer. Ou, ce qui est la même chose, Unt que l'homme est dans le monde, il est placé entre le '^^'gneur et le diable, et il est tenu dans la liberté de se tourner ou vers l'un ou vers l'autre. S'il se tourne vers le diable, il se détourne du Seigneur; si, au contraire, il se tourne vers le Seigneur, il se détourne du diable. Ou, ce î^i est encore la même chose, tant que l'homme est dans '^ monde, il est entre le mal et le bien, et il est tenu dans
DOCTIUNK DK VI!-;
la liberté de se tourner vers l'un ou vers l'autre. S'il se tourne vers le mal, il se détourne du bien ; s'il se tourne, au contraire, vers le bien, il se détourne du mal.
20. Ilvient d'être dit queTliomméest tenu dans la liberté de se tourner d'un côté ou d'un autre ; tout homme a cette liberté, non par lui-même, mais par le Seigneur, et c'est pourquoi il est dit qu'il y est tenu. On peut voir dans l'ouvrage Dt: Ciel ktdk l'Enfer, N<" 589 à 596et .597 à603, qu'il y a un équilibre entre le Ciel et l'Enfer, que l'homme est dans cet équilibre, et par suite dans la liberté. On verra, ci-après, que chaque homme est tenu dans la liberté, et qu'elle n'e.st enlevée à personne.
21. Il résulte évidemment de là qu'autant! homme fuit les maux, autant il est auprès du Seigneur et dans le Sei- ^•neur, et qu'autant il est dans le Seigneur autant il fait les biens, non par lui-même, mais par le Seigneur. De là cette loi générale : autant ouelotj'un vvat les maux autant n. FAIT LES BIENS.
22. Mais deux choses sont requises : en premier lieu, l'Iiomme doit fuir les maux, parce qu'ils sont de.s péchés^ c est-à-dire parce qu'ils sont infernaux et diaboliques, par cnn.séquent oppo.sés au Seigneur et aux Lois divines; en second lieu l'homme doit, comme par lui-même, fuir le!" maux, parce qu'ils sont des péchés, et néanmoins savoir dt croire que c'est par le Seigneur qu'il agit ainsi. Il sera traité dans les articles suivants de l'un et de l'autre de ces points.