‹ Les Quatre doctrines principales de la Nouvelle JérusalemChapitre 4 sur 90 · CN · texte numérisé non relu

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26 DOCTBINE liK LA NOUVELLE JÉRUSALEM

princes, sur les fils de roi, sur tous ceux qui sont revêtus de veloment d'éiran^or. CeJour-lh, jour d'angoisse,jour do trompellp 0/ dp, hrvitrplentissçint. » — i. 8, 9, 15, 16.

Dans Zacharie :

« Jéhovdh sortira, et combattra contre tes nations, comme lejourde son combs.l,au jour de la bataille. Ssspieds se tiendront, en ce Jour-lk, sur la montagne des Oliviers, qui (est) en face de Jérussilem. Alors vous fuirez par la v&llée de mes montagnes. En ce Jour-là, il n'y aura ni lumière ni splendeur. Mais Jéhovah sera Roi sur toute la Terre, en ce Jour-là, Jéhovah sera un, et son Nom un. » — XIV. 3, 4, 5, 6, 9.

Dans ces passages, il s'agit aussi dos Combats du Seigneur; par ce jour-là, il est entendu son Avènement. La montagne dos Oliviers, en face de Jérusalem, était le lieu où le Seigneur avait coutume de s'arrêter, comme on le voit dans Marc, XIII. 3, XIV. 26; Luc, XXI. 37; XXII. 39; Jean VIII. 1, et ailleurs. Dans David :

« Les cordeau.x de la mort et les cordeaux de l'Enfer M'avaient environné; les pièges de la mort M' avaient devancé ,c'esl pourquoi il lança des traits et des foudres en grand nombre, et il les dispersa. Je poursuivrai mes ennemis et je les saisirai ; et je ne retournerai pas jusqu'à ce que je les aie exterminés, que je les aie frappés au point quHls ne puissent se relever. Tu Me ceindras de force pour la guerre, et tu mettras mes ennemis en fuite ; je les briserai comme la poussière devant les faces du vent, je les foulerai comme la boue des rues. » — Ps. XVIII. 5, 6, 15, 38, 39, 40, 41,43.

Les cordeaux et les pièges de la mort, qui avaient environné et devancé, signifient les tentations, qui, parce quelles viennent de l'Enfer, sont aussi appelées cordeaux de l'Enfer : ces choses et les autres, dans tout oe Psaume, concernent les combats et les victoires du Seigneur ; c'est pourquoi il est dit aussi : " Tu Me mettras à la tête des nations; un peuple (quej je n'avais pas connu Me servira. » — Vers. 44. — Dans David :

SUR hK .SEIGNKIJK.

(i Ceins Vépée sur ta cuisse, ô Puissant! tes traits (sont) acérés, les peuples tomberont sous Toi, les ennemis de cœur du Roi. Ton trône (est) pour le siècle et pour l'éternité ; tu as aimé la Justice, c'est pourquoi il T'a oint, ton Dieu. » — Ps. XLV. 4, 5, 6, 7, 8.

( îes choses aussi concernent le combat contre les Enfers, et leur subjugation; car, dans tout ce Psaume, il s'agit du Seigneur, à savoir, de ses combats, de sa glorification et du salut des fidèles opéré par Lui. Dans David :

« Un feu devant Lui marchera, il enflammera de toute part ses ennemis; la terre verra et elle tremblera. Les montagnes se fondront comme de la cire devant le Seigneur de toute la terre. Les deux annonceront sa justice, et tous les peuples verront sa gloire. » — Ps. XCVII. 3, 4, 5, 6.

Pareillement, dans ce Psaume, il s'agit du Seigneur, et des mêmes choses. Dans David :

« Parolede Jéhovahà mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à, ce que j'aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds. Domine au milieu de tes ennemis. Le Seigneur (est) à ta droite, il a frappé les rois au jour de sa colère. Il a rempli de cadavres; il a frappé {celui qui étaiC)le chef sur beaucoup de terre. x — Ps. ex. 1 à 7.

Que cela ait été dit du Seigneur, on le voit par les paroles du Seigneur Lui-Même, dans Matthieu, XXII. 44; dans Marc, XII. 36, et dans Luc, XX. 42; par s'asseoir à la droite, il est signifié la toute-puissance; par les ennemis sont signifiés les enfers; par les rois, ceux qui y sont dans les faux du mal ; par les mettre pour marchepied des pieds, frapper au jour de la colère, remplir de cadavres, il est signifié détruire leur puissance, et par frapper celui qui est le chef sur beaucoup de terre, la détruire entièrement. Comme le Seigneur a vaincu seul les Enfers, sans le secours d'aucun Ange, c'est pour cela qu'il est appelé : Héros et Homme de guerres. — Ésaïe, XLII. 13. — Roi DE gloire, Jéhovah le fort, le Héros de guerrej Ps. XXIV. 8, 10. — Le Puissant de Jacob, Ps. CXXXII.

DOCTRINE DE LA NOUVELLE JKRUSALEM

2. — Et, dans plusieurs passages, Jéhovah Sébaoth, c'est-à-dire Jéhovah des armées. L'avènement du Seigneur est aussi nommé Jour dk Jéhovah, jour terrible, cruel, d'indignation, d'emportement, de colère, de vengeance, de destruction, de guerre, de trompette, de bruit retentissiuit- de tumulte, ainsi qu'on peut le voir par les passages rapportés ci-dessus, N» 4. Comme le Seigneur a fait le Jugement Dernier, lorsqu'il était dans le monde, en combattant contre les Enfers et en les subjugant, voilà pourquoi, dans beaucoup de passages, il est question du JufiEMENT qu'il doit faire; ainsi, dans David :

« Jéhovah vient pour juger la, terre ; il jugera le globe enjustice,etlespeuplesensanérité.v — Ps. XCVI. 13.

De même dans beaucoup de passages ailleurs. Tous ces passages sont tirés des Prophétiques de la Parole. Mais dans les Historiques de la Parole, des choses semblables ont été représentées par les guerres des fils d'Israël avec diverses nations; car tout ce qui a été écrit dans la Parole, tant Prophétique qu'Historique, a été écrit sur le Seigneur ; c'est de là que la Parole est Divine. Dans les Rites de l'Église Israélite, par exemple, dans ses Holocaustes et ses Sacrifices, dont ses Sabbats et ses Fêtes, et dans le Sacerdoce d'Aharon et des Lévites sont contenus beaucoup d'Arcanes de la glorification du Seigneur; pareillement dans les autres choses qui, dans Moïse, sont nommées Lois, Jugements et Statuts ; c'est aussi ce qui est entendu par les paroles du Seigneur aux disciples :

« Qu'il Lui fallait accomplir tout ce qui aidait été écrit de Lui duns la Loi de Moïse. » Luc, XXIV. 44,

Puis par ce qu'il dit aux Juifs :

<r Que Moïse avait écrit de Lui. » Jean V. 46.

Maintenant, d'après ces citations, il est évident que le Seigneur est venu dans le monde pour subjuguer les Enfers et glorifier son Humanité, et que la'Passion de la Croix a été le dernier combat, par lequel il a complètement vaincu les Enfers et complètement glorifié son Humanité.

SUR LE SKIGNEDR.

Mais on en verra davantage, sur ce sujet, dans le Traité sur l'EcRiTURE Sainte, où seront rassemblés tous les passages de la Parole prophétique qui traitent des Combats du Seigneur contre les Enfers et des Victoires qu'il remporta sur eux, ou, ce qui est la même chose, du Jugement Dernier qu'il fit Lui-Môme, lorsqu'il était dans le monde ; puis aussi, les passages qui traitent de sa Passion et de la Glorification de son Humanité, lesquels sont en si grand nombre que, s'ils étaient rapportés, ils rempliraient des volumes.

PAR LA PASSION UE LA CROIX, LE SEIGNEUR N A PAS ENLEVÉ LES PÉCHÉS, MAIS IL LES A PORTÉS.

15. Il y en a quelques-uns, au dedans de l'Eglise, qui croient que le Seigneur, par la Passion de la croix, a enlevé les péchés et satisfait le Père, et qu'il a ainsi racheté les hommes ; d'autres aussi croient qu'il a transporté sur Lui-Même les péchés de ceux qui ont foi en Lui, qu'il les a portés et les a jetés dans le fond de la mer, c'està-dire dans l'Enfer : ils se confirment dans cette croyance par ces paroles de Jean au sujet de Jésus :

« Voici l'Agneau de Dieu (luiôte les péchés du monde. » Jean, L 29.

Et par les Paroles du Seigneur, dans Esaïe :

<r II s'est cliargé lui-même de nos maladies et. Il a porté nos douleurs ; percé à cause do nos pi^évarications, meurtri à cause de nos iniquités, le châtiment pour notre paix (a été) sur Lui ; la santé nous a été donnée par Sa blessure. Jéhoviili a fait tomber sur Lui lesiniquités denous tous. Il a supporté la persécution et II a été affligé ; cependant il n'a pas ouvert la bouche; Il est mené a la tuerie comme un agneau. lia. été retranché de la terre des vivants à cause de la prévarication de mon peuple, leur plaie à eux, afin de livrer les impies en son sépulcre, et les riches en ses morts. Parle travail de son âme II verra, Il sera

30 DOCTRINE m [,A NOllVKLLR JÉRUSALEM

rassasié. Par sa connaissance Ileniustifiers,plusienr>i parce qu'il a porté Lui-M^me leurs iniquités. Il a épuisé Son âme jusqu'à, la. mort, ti il a, été compté parmi les prevuricateurs, et II a porté le péché de plusieurs et il a intercédé pour les prévaricateurs. » — LUI. 1 à 12!.

Toutes ces choses ont été dites des Tentations du Seigneur et de sa Passion ; par ôter les péchés et se charger des maladies, et par faire tomber sur Lui les iniquités de tous, il est entendu la même chose que par porter les douleurs et les iniquités. Il sera donc d'abord dit ce qui est entendu par porter les iniquités, et ensuite ce qui est entendu par les ôter ; Par porter les iniquités, il n'est pas entendu autre chose que de supporter de graves tentations, et de souffrir que les Juifs agissent envers Lui comme ils ont agi envers la Parole, et qu'ils le traitassent de la même manière, parce qu'il était Lui-Même la Parole : en effet, l'Église qui était alors chez les Juifs, avait été entièrement dévastée ; et elle avait été dévastée par cela qu'ils avaient perverti toutes les choses de la Parole, au point qu'il n'était pas re^té un seul vrai ; aussi ne reconnurent-ils point le Seigneur : c'est ce qui a été entendu et signifié par toutes les circonstances de la Passion du Seigneur. Il en était arrivé de même pour les Prophètes parce qu'ils représentaient le Seigneur quant à la Parole, et par suite quant à l'Église ; et k Seigneur était Lui- Même Prophète. Que le Seigneur ait été Lui-Même Prophète, on peut le voir par ces passages : « Jésus dit : « Un Prophète n'est sans honneur que dans sa patrie et dans sa maison. >> — Matth. XIII. 57. Marc, VI. 4. Luc, IV. 24. — « Jésus dit : Il n'est point convenable qu'un Prophètk meure hors de Jéru-salem. » — Luc. XIII. 33. — « Ils di.saient de Jésus : C'est le Phùphète de Nasarcth. » — Matai. X-XI. 1 1 . Jean, VII. 40, 41. — « La crainte les saiiiit tous, et ils louaient Dieu, disant « qu'an grand Prophète avait été suscité parmi eux. » — Luc, VU. 16. — « Un Prophète sera suscité du milieu de tes frères ; à ses paroles vous obéirez. » — Deutér. XVIU. 15 à 19. — Qu'il en soit arrivé de même pour les Prophètes, on le voit par

Sr:R LE SEIGNEUR.

les passages qui vont suivre : Il a été ordonné au Prophète Ésaïe, pour qu'il représentât l'état de l'Eglise, « de délier le sac de dessusses reins, d'ôter son soulier de son pied, et d'aller nu et déchaussé pendant trois ans en signe et en prodige. » — Esaïe, XX. 2, 3. — Il a été ordonné au Prophète Jérémie, pour qu'il représentât l'Etat de l'Eglise, « de s'acheter une ceinture, de la mettre sur ses reins, de ne la point passer par l'eau, et de la cacher dans un trou du rocher vers l'Euphrate : et au bout de plusieurs jours, il la trouva pourrie. » — Jérém, XIII. \ à 7. — Le même Prophète a encore représenté l'état de l'Eglise « en ce qu'il ne devait ni prendre de femme en ce lieu-là, ni entrer ' dans une maison de deuil, ni s'en aller pour s'affliger, ni entrer dans une mai.son de festin. » — Jérém. XVI. 2,5, 8. — Il a été ordonné au Prophète Ezéchiel,pour qu'il représentât l'état de l'Église, « de passer un rasoir des barbiers sur sa tête et sur sa barbe, et de diviser ensuite ce qui aura été rasé ; d'en brûler un tiers au milieu de la ville, d'en frapper un tiers par l'épée, de disperser au vent l'autre tiers, et d'en lier quelques Ijrins dans les pans de son manteau, et enfln d'en jeter au milieu du feu et de les brûler », Ézéch. V. 1. à 4. — Il a été ordonné au même Prophète, pour qu'il représentât l'état de l'Eglise, « de préparer son bagage pour déloger, et de s'en aller dans un autre lieu aux yeux des flls d'Israël ^ de mettre dehors son bagage pendant le jour, de sortir le soir par un trou fait à la muraille, de se couvrir le visage pour ne pas voir la terre, et d'être ainsi en prodige à la maison d'Israël ; puis de dire : Voici, je suis votre prodige, comme j'ai fait, de même il leur sera fait. » — Ezéch. XII. 3 à 7, 11. — Il a été ordonné au Prophète Osée, pour qu'il représentât l'état de l'Éghse, (f de prendre une prostituée pour épouse ; et il en prit une, et elle lui enfanta trois enfants dont il nomma l'un Jizréhel, l'autre Sans-miséricorde, et le troisième Vous-n'êtes-plus-mon-peuple. » — Osée, I, 2 à 9. — Il lui a été de nouveau ordonné «. de s'en aller, et d'aimer une femme aimée de son compagnon et adultère ; et il l'acheta même pour quinze pièces d'argent. » — 0.sée, III. 1.2. — lia été ordonné au Prophète Ézéchiel, pour qu'il

llOCTRINE DU LA NOUVELLE JERUSALEM

représentât l'état do l'Église, « de prendre une brique, de graver dessus Jérusalem, d'en faire le siège, de construire contre elle un retranchement et un rempart, de placer une plaque de fer entre lui et la ville, et de coucher trois cent quatre-vingt-dix jours sur le côté gauche, et ensuite sur le coté droit; puis, de prendre du froment, de l'orge, des lentilles, du millet et de l'épeautre, et de s'en aller faire du pain qu'il mangerait alors par mesure. » 11 lui a été ordonné aussi « de se faire un gâteau d'orge avec de la liente d'homme; mais, à sa prière, il lui a été permis de le faire avec de la fiente de bœufs. » — Ezéch. IV, 1 à 15. — En outre, les Prophètes représentaient encore d'autres choses ; par exemple, Tsidlvija, par les cornes de fer qu'il se fit, — I Rois, XXII. 1 i ; — puis un autre Prophète, en ce qu'il fut frappé et blessé, et mit de la cendre sur ses yeux, — I Rois, XX. 35, 37. — En général, les Prophètes représentaient la Parole dans son dernier sens, qui est le yens de la lettre, par une tunique de poil. — Zlach. XIII. 4. — C'est pour cela qu'Elie fut vêtu d'une semblable tunique et ceint autour des reins d'une ceinture de cuir, — II. Rois 1.8. — Il en fut de même de Jean-Baptiste, qui avait un halait de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins, et qui mangeait des sauterelles et du miel sauvage, — Matth. III. 4. — D'après cela, il est évident que les Prophètes ont représenté l'état de l'Église et la Parole ; en effet, qui représente l'un représente aussi l'autre, car l'Eglise existe par la Parole et selon la réception de la l 'arole par la vie et par la foi : c'est même pour cela que par les Prophètes, dans l'un et dans l'autre Testament, partout où ils sont nommés, il est signifié la doctrine de l'PSglise d'après la l'arole ; mais, par le Seigneur, comme le plus grand Prophète, il est signifié l'Église elle-même et la Parole elle-même.

16. L'état de l'Eglise d'après la Parole, représenté dans les Prophètes, était ce qui est entendu par porter les iniquités et les péchés du peuple ; qu'il en soit ainsi, cela est évident d'après ce qui est dit du Prophète Ésaïe.

« Qu'il irait nu et déchaussé, trois ans,' comme signe et prodige. » — Esaie, XX. 2, 3.

SUR LK SKIGNEUft.

Et du Prophète Ézéchiel :

ï Qu'il mettrsiit dehors son bagage; qu'il se couvrirait le visage pour ne pas voir la terre ; qu'il serait ainsi en prodige à la maison d'Israël, et qu'il dirait : Voici, je suis votre prodige. » Ezéch. XII. 6. 11.

Que cela ait été pour eux porter les iniquités, on le voit clairement dans Ézéchiel, lorsqu'il reçut ordre de coucher 390 jours sur le côté gauche, et 40 jours sur le côté droit contre Jérusalem, et de manger un gâteau d'orge fait avec de la fiente de bœuf ; voici ce qu'on y lit :

« Toi, couche-toi sur ton côté gauche, et place sur lui /'iniquité de la maison d'Israël -, le nombre des jours que tu coucheras sur ce (côté), tu porteras leur iniquité. Car, moi je te donnerai les années de leur iniquité, selon le nombre des jours, 390 jours, afin que tu portes l'iniquité de la maison d'Israël. Mais quand tu auras achevé ces (jours), tu Vétendras en second lieu sur ton côté droit, pour porter l'iniquité DE LA maison de juda, iO jouvs. » — Ezéch. IV. 4, 5, 6.

Que le Prophète, pour avoir ainsi porté les iniquités de la maison d'Israël et de la maison de Juda, ne les ait pas ôtées, ni par conséquent expiées, mais qu'il les ait seulement représentées et montrées, cela est évident par ce qui suit dans le même Chapitre :

« De même, dit Jéhovah, les fils dlsraël mangeront leur pain souillé parmi les nations vers lesquelles je vais les chasser. Voici, je vaisrompre le bâton dans Jérusalem, afin qu'ils manquent de pain et d'eau, et que l'homme et son fr'ere soient désolés, et qu'ils soient languissants à cause de leur iniquité. » — IV. 13, 16, 17.

Pareillement, lorsque le même Prophète reçut ordre de se montrer et de dire :

Voici je suis votive prodige, il est dit aussi : « Comme j'ai fait, de même il leur sera fait. » Ezéch. XII. 6, 11.

Il est donc entendu semblable chose du Seigneur, lorsqu'il est dit :

34 DOCTRINE DE LA. NOUVELLE JERUSALEM

« Il s'est chargé lui-même de nos ma.la.dies et II a porté nos douleurs : Jéhovah a fait tom.ber sur Lui les iniquités de nous tous. Par sa connaissance II en justifiera plusieurs, parce qu'il a porté lui-même leurs iniquités. » — Esaïe, LTII.

Là, dans tout le Chapitre, il s'agit de la Passion du Seigneur. Que le Seigneur, comme le plus grand Prophète, ait représenté Lui-Même l'état de l'Eglise quant à la Parole, cela résulte de chaque particularité de sa Passion ; par exemple :

« Il a été trahi par Judas. Il a été saisi et condamné par les princes des prêtres et par les anciens. On lui a donné des soufflets. On lui a frappé la tête avec un roseau. On lui a mis une couronne d^épines. On a partagé ses vêlements, et on a jeté le sort sur sa tunique. On Va crucifié. On lui a donné à boire du vinaigre. On lui a percé le côté. Il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour.

Sa trahison par Judas signifiait qu'il était trahi par la nation juive, chez laquelle était alors la Parole ; car Judas représentait cette nation : son arrestation et sa condamnation par les princes des prêtres et par les anciens signifiaient que toute l'Eglise juive agissait ainsi : le fouetter, lui cracher au visage, lui donner des soufflets et lui frapper la tête d'un roseau, signifiait que les Juifs avaient agi de même envers la Parole, quant à ses Divins Vrais, qui tous traitent du Seigneur : la couronne d'épines qu'on lui mit sur la tête signifiait qu'ils avaient falsifié et adultéré ces Vrais : le partage de ses vêtements et le sort jeté sur sa tunique signifiaient qu'ils avaient dispersé tous les vrais de la Parole, mais non son sens spirituel, la tunique du Seigneur signifiait ce sens de la Parole : sa crucification signifiait qu'ils avaient détruit et profané toute la Parole. Le vinaigre qu'on lui présenta à boire signifiait que tout était falsifiéet faux ; c'est pour cela qu'il ne le but point, et qu'alors il dit : « Tout est consommé. » La blessure qu'on lui fit au côté signifiait qu'ils avaient totalement éteint tout vrai et tout bien de la Parole : sa sépulture signifiait l'action de rejeter le reste de l'humanité qu'il tenait d'une

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mère : sa résurrection le troisième jour signifiait la Glorification. Partout où ces mêmes particularités sont prédites, dans les Prophètes et dans David, elles ont la même signification. C'est pourquoi, lorsqu'il eut été fouetté et qu'il sortit portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre que les soldats avaient mis sur lui, il dit : « Voici l'Homme. » — Jean, XIX. 1 à5 ; — ceci a été dit, parce que par l'homme est signifiée l'Eglise, car par le Fils de l'homme il est signifié le Vrai de l'EgUse, et par conséquent la Parole. De ces considérations, il résulte donc que par porter les iniquités, il est entendu représenter en soi les péchés contre les Divins Vrais de la Parole et en tracer une image. Que le Seigneur ait supporté et souffert de telles choses comme Fils de l'homme, et non comme Fils de Dieu, on le verra dans ce qui suit ; en effet, le Fils de l'homme signifie le Seigneur quant à la Parole.

17. Maintenant, il sera dit en peu de mots ce qui est entendu par ôter les péchés : par ôter les péchés, il est entendu la même chose que par racheter Thomme et le sauver ; en effet, le Seigneur est venu dans lo monde pour que l'homme pût être sauvé ; sans son Avènement, aucun mortel n'aurait pu être réformé ni régénéré, ni par conséquent sauvé ; mais cette impossibilité n'existe plus, depuis que le Seigneur a enlevé au Diable, c'est-à-dire à l'Enfer, toute sa puissance, et qu'il a glorifié son Humanité, c'est-à-dire uni son Humain au Divin de son Père. Si ces deux actes n'eussent pas été accomplis, nul d'entre les hommes n'aurait pu recevoir aucun Divin Vrai qui demeurât chez lui, ni à plus forte raison aucun Divin Bien ; car le Diable qui, auparavant, avait une puissance supérieure, les aurait arrachés de son cœur. D'après ces considérations, il est évident que le Seigneur par la Passion de la croix n'a pas enlevé les péchés, mais qu'il les écarte, c'est-à-dire les éloigne chez ceux qui croient en Lui, en vivant selon ses commandements. C'est aussi ce que le Seigneur enseigne dans Matthieu :

iVe pensez pas que je sois venu abolir la. Loi et les Prophètes. Quiconque aura enfreint le plus petit de

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36 DOCTRINE DK LA NOUVELLE JÉRUSALEM

ces commandements et aura ainsi enseigné les hommes, sera appelé le plus petit dans le Royaume des deux ; mais celui qui (les) fait et enseigne, celui-là sera appelé grand dans le voyaume des deux ! » V. 17, 19.

Chacun peut voir d'après la raison seule, pourvu qu'elle soit quelque peu éclairée, que les péchés ne peuvent être enlevés de chez l'homme que par une repentance actuelle, qui consiste en ce que l'homme voie ses péchés, implore le secours du Seigneur, et cesse de les commettre : voir, croire et enseigner autre chose, ce n'est pas se laisser guider parla Parole, ni par la saine raison, c'est se laisser diriger par une cupidité et par une volonté dépravée qui constituent le propre de l'homme, d'où résulte lé désordre de l'intelligence.

l'imputation du mérite du seigneur n'est autre ghosk

QUE la rémission DES PÉCHÉS APRÈS LA REPENTANCE.

18. Dans l'Église, on croit que le Seigneur a été envoyé par le Père, afin de faire expiation pour le Genre humain ; que cette expiation a été faite par l'accomplissement de la Loi et par la Passion de la croix ; que c'est ainsi qu'il a enlevé la damnation et donné satisfaction ; et que, sans cette Expiation, cette Satisfaction et cette Propitiation, le Genre humain aurait péri de mort éternelle ; cela, d'après la Justice, que quelques-uns nomment même Justice vengeresse. 11 est vrai que, sans l'Avènement du Seigneur dans le monde, tous les hommes eussent péri ; mais on a vu plus haut comment il doit être entendu que le Seigneur a accompli toutes les choses de la Loi ; et, aussi plus haut, pourquoi il a souffert le supplice de la croix ; on peut donc voir par là que ce n'a été aucunement d'après une Justice vengeresse, parce qu'une telle justice n'est pas un Attribut Divin ; les Attributs Divins sont la Justice, l'Amour, la Miséricorde et le Bien; et Dieu est la Justice même, l'Amour même, la Miséricorde même, et le Bien même ; et où se trouvent ces attributs, il n'y a rien de la vengeance,

si;:r i.k seignei:r.

par conséquent point de Justice vengeresse. Comme beaucoup de personnes n'ont jusqu'à présent compris l'Accomplissement de la Loi et la Passion de la croix que dans ce sens que le Seigneur aurait, par ces deux actes, satisfait pour le Genre Humain, et l'aurait soustrait à une damnation prévue ou résolue ; par enchaînement et d'après ce principe que l'homme est sauvé d'après la seule loi que la chose est ainsi, il est résulté le dogme de l'Imputation du mérite du Seigneur, en prenant pour satisfaction ces deux actes qui ont constitué le Mérite du Seigneur. Mais d'après ce qui a été dit sur l'Accomplissement de la Loi par le Seigneur, et sur la Passion de la Croix, ce dogme tombe de lui-même ; et en même temps on peut voir que l'imputation du mérite est une expression de nulle valeur, à moins que par elle il ne soit entendu la Rémission des péchés après la repentance ; car rien de ce qui appartient au Seigneur ne peut être imputé à l'homme ; mais le salut peut être accordé par le Seigneur après que l'homme s'est repenti, c'est-à-dire après qu'il a vu et reconnu ses péchés, et qu'ensuite il s'en désiste, et cela par le Seigneur; alors le salut lui est accordé, de manière que l'homme est sauvé, non par son propre mérite, ni par sa propre justice, iTiais par le Seigneur qui seul a combattu et vaincu les enfers, et qui ensuite combat aussi seul pour l'homme, et surmonte pour lui les enfers. Tels sont le Mérite et la Justice du Seigneur; et ils no peuvent jamais être imputés * l'homme, car s'ils lui étaient imputés, ce seraient le ^lérite et la Justice du Seigneur appropriés à l'homme Comme lui appartenant, et cela n'arrive jamais et ne peut limais arriver. Si l'Imputation était possible, l'homme impéïiitent et impie pourrait s'imputer le Mérite du Seigneur, *t se croire justifié parce mérite, ce qui cependant serait fouiller ce qui est saint par les choses profanes, et profaner '® Nom du Seigneur; car ce serait tenir sa pensée dans 'e Seigneur, et sa volonté dans l'Enfer ; et cependant la Volonté est le tout de l'homme. Il y a la foi de Dieu, et il y * la foi de l'homme ; ceux qui se repentent ont la foi de •^ïEu ; mais ceux qui ne se repentent pas, et qui toutefois P^ïisent à l'imputation, ont la foi de l'homme ; or, ia foi

DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM

de Dieu est une foi vivante, mais la foi de l'homme est une foi morte. Que le Seigneur Lui-Même et ses disciples aient prêché la Repentance et la Rémission des pochés, on le voit par les passages suivants :

" Jésus commença, à prêcher et à dire: Repentez-vous, car le Royaume des deux s'est approché. » — Matth. IV. 17. — «Jean dit : Faites des fruits dignes de la Repentance : déjà, la cognée est mise h la racine des arbres. Tout arbre donc qui ne produit pas du bon fruit est coupé et jeté au feu. » — Luc III. 8, 9. — « Jésus dit : Si vous ne vous repentez, vous périrez tous. » — Luc, XIII- 3, 5. — « Jésus vint, prêchant la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, et disant ; Le temps est accompli et le Royaume de Dieu s'esf approché. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » — Marc, 1. 14, 15. — « Jésus envoya ses Disciples, qui, étant partis, prêchèrent la Repentance. » — Marc, "b^ 12. — Jésus dit à ses Apôtres qu'il fallait « qu'on prêchât en son nom la Repentance, et la Rémission des péchés parmi toutes les nations en commençant par Jérusalem. » — Luc, XXIV. 47. -- « Jean prêcha le Baptême de Repentance pour la Kémission des péchés. » — Luc. III. 3. iWarc, I. 4.

Par Baptême, il est entendu la purification spirituelle, qui est celle des péchés et est appelée Régénération. La Repentance et la Rémi.ssion des péchés sont ainsi décrites par le Seigneur dans Jean :

« Il est venu chez les siens, et les siens ne Vont point reçu: m.aisktous ceux qui Vont reçu, il leur a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom : qui ne sont pas nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de Vhomme, mais de Dieu.» — 1, 11, 12, 13.

Par les siens sont entendus ceux qui étaient alors àe l'Église, où était la Parole : par les enfants de Dieu, et par ceux qui croient en son Nom, sont entendus ceux qu' croient au Seigneur et ceux qui croient à la Parole : pal" la sang sont entendues les falsilications de la Parole et les

SUR LK SEIGNEUR

confirmations du faux par la Parole : la volonté de la chair est le propre volontaire de l'homme, qui en soi est le mal : la volontédo l'homme est le propre intellectuel de l'homme, qui en soi est le faux : ceux qui sont nén de Dieu sont ceux qui ont été régénérés par le Seigneur. D'après cela, il est évident que ceux qui sont par le Seigneur dans le bien de l'amour et dans les vrais de la foi sont sauvés, et non pas ceux qui sont dans leur propre.

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