‹ Les Quatre doctrines principales de la Nouvelle JérusalemChapitre 41 sur 90 · Il suit mainlonaiif de là qu'autant l'homme fuit · texte numérisé non relu

Il suit mainlonaiif de là qu'autant l'homme fuit

POUR I.A NOUVELLE .TERUSALEM.

niaux comme péchés, autant il a la foi parce qu'en agissant ainsi il est dans le bien, comme on l'a démontré cidessus. C'est ce qui est encore confirmé par la preuve tirée de l'opposé : ainsi, celui qui ne fuit pas les maux comme péchés n'a pas la foi, parce qu'il est dans le mal et que le mal déteste intérieurement le vrai : le mal peut néanmoins à l'extérieur traiter le vrai en ami, souffrir et même aimer qu'il soit dans l'entendement ; mais quand l'extérieur est enlevé — ce qui arrive après la mort — le mal rejette d'abord le vrai dont il s'était fait l'ami dans le nionde, puis il nie qu'il soit le vrai, et enfin il le prend en inversion.

46. La foi de l'homme méchant est une foi intellectuelle qui n'a rien du bien procédant de la volonté ; ainsi, c'est une foi morte, ressemblant à la respiration pulmonaire qui le serait pas animée par l'action du cœur ; aussi Tentendenient correspond-il au poumon et la volonté au cœur. Cette l^oi peut être aussi comparée à une belle prostituée, parée de pourpre et d'or, et intérieurement infectée de maladies honteuses : aussi la prostituée correspond-elle à la falsification du vrai, et la désigne-t-elle dans la Parole. Cette foi peut encore être comparée à l'arbre abondant en feuille^' *^t ne donnant point de fruits, que le jardinier arrache:^ aussi l'arbre signifie-t-il l'homme, ses feuilles et ses fleurs,) les vérités de la foi, et son fruit, le bien de l'amour. Mai^ dans un entendement où existe le bien procédant de la ■volonté, la foi est très différente : cette foi est vive ; elle ^st comme la respiration pulmonaire animée par l'action du cœur ; elle est comme une épouse remplie de grâces, dont la chasteté fait les délices de son mari ; elle est comme ^n arbre chargé de fruits.

47. Il y a plusieurs vérités qui semblent appartenir seulement à la foi ; par exemple : il y a un Dieu ; le Seigneur, qui est ce Dieu, est le Rédempteur etle Sauveur ; il y a un •^^ieletun Enfer; il oxistc; une Vie après la mort, etc. On dit de ces vérités qu'il feut les croire, et non qu'il faut les pratiquer. Ces vérités de la foi sont mortes chez l'homme Hui est dans le mal; mais, chez l'homme qui est dans le "'en, elles sont vivantes. S'il en est ainsi, c'est parce que

ça

DOCTHINK DK VI K

l'homme qui est dans le bien, non seulement agit bien par la volonté, mais pense bien' par l'entendement; et cela, non seulement devant le monde, mais aussi devant lui-même, quand il est seul. Il en est tout autrement de celui qui est dans le mal.

48. On a dit que ces vérités semblent appartenir seulement à la foi ; mais la pensée de l'entendement tire son exister de Tamour de la volonté, qui est l'être de la pensée dans l'entendement, comme on l'a dit N° 43. Car ce que l'homme veut par amour, il veut le faire, il veut y penser, il veut le comprendre, il veut en parler ; ou, ce qui est la inême cliose, ce que l'homme aime par volonté, il aime à le faire, il aime à y penser, il aime à le comprendre, il aime à en parler. De plus, quand l'homme fuit le mal comme péché, il est dans le Seigneur, ainsi qu'on l'a vu (u-dessus, et le Seigneur opère toutes choses en lui : c'est pourquoi le Seigneur dit à ceux qui lui demandaient

>^ i'.e qu'Usdevuieiit. faire pour opérer hs a-uvroA dp.Dimr, (( Uœuvre de Dieu, c'est que vous croyin: en Celui « qu'il a envoyé. — .lean, V/. 29.

(jroire au Seigneur, ce n'est pas seulement penser qu'il est le Seigneur, c'est aussi mettre ses paroles en pratique, comme il ren.seigne lui-même ailleurs.

49. II m'a été démontré, dans le monde .spirituel, — par expérience faite sur des méchants. — que ceux qui sont dans les maux n'ont pas la foi, quoiqu'ils pen.senf l'avoir. Ces méchants furent conduits dans une Société céleste, d'où le Spirituel de la foi des Anges entra dansle? intérieurs de leur foi, et ces Ange.s perçurent qu'ils avaient .seulement le naturel ou l'externe de la foi, et non pas .son spirituel ou son interne; aussi avduèrent-ils eux-mêmes qu'ils n'avaient absolument rien de la foi, et qu'ils s'étaient persuadés, dans le monde, que penser .sur une chose qu'elle est de telle manière, c'était croire ou avoir la foi. Mais la foi de ceux qui n'avaient pas étr il.ms le mal fut perçue d'une manière bien différente.

50. On peut voir par là ce que c'est que la foi spirituelle, et ce que c'est que la foi non spirituelle. On a mon-

PniJI! r,A NOUVKLLE .lEHUSALEM.

tré, N"' 18 à 21, que la foi spirituelle est chez ceux qui ne se livrent pas au péché ; car ceux qui fuient le péché font le bien, non par eux-mêmes, mais par le Seigneur ; ils •^leviennent spirituels par la foi : chez eux, la Foi est la Vérité. C'est ce que le Seigneur enseigne en ces termes:

« Voici la causs du jugement: c'est que la Lumière e-^^l venue dans le monde, mais que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs <i2uvres- étaient mauvaises. Quiconque fait de mav.oaises œuores hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises; au contraire, celui qui met la vérité en pratique vient à la lumière pour que ses œuvres soieî^t manifestées, parce qu'elles ont été faites en Dieu. » — Jean, III. 19,20,21.

51. Tout ce qui a été dit jusqu'ici est confirmé dans la iWole par ces passages :

" L'homme bon tire le bien du bon trésor de son cœur ; mais l'homrne méchant tire le maldumauvais trésor de son cœur, car la bouche parle de l'abondance du ai'ur. I) — Luc, VI. iS; Mallh., XII. ;i5.

iJans la Parole, par le cœur on entend la volonté de l'homme ; et comme l'homme pense et parle d'après sa ■^'olonté, il est dit que la bouche parle de l'abondance du •^œur.

* Ce n'eal pas ce qui entre dans hi bouche qui rend l'homme impur, mais ce qui sort du aRur c'est la ce qui rend l'homme impur. » — Mfittli., XV. 1 1.

IW le cœur on entend encore ici la volonté, •'ésus dit de la femme qui lui lava les pieds avec des par- 'ums :

"' Ses péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé. »

t^t ensuite il lui dit :

" ï'a foi l'a saucée. » — Luc, Vil. 46àoU.

11 est évident parla que la foi sauve lorsque les péchés '^unl remis, par conséquent lors([u'ils n'existent plus.

UOCTRINK 1)K VIE

Ceux qui ne sont pas dans le ])ropre de leur volonté, et qui par suite ne sont pas dans le propre de leur entendement, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas dans le mal et par lui dans le faux, sont appelés fils de Die\i et nés de Dieu; et ce sont ceux qui croient au Seigneur : c'est là ce qu'U enseig-ne lui-même. — Jean, I. 12, 13. — Ce passage a été expliqué à la fin du N" 17.

52. La conclusion de ce qui précède, c'est que, cjicz riiomme, il n'existe pas un grain de vrai en sus de ce qu'il y a de bien, ni par conséquent un grain de foi en sus de ce qu'il y a de vie. Il y a bien dans l'entendemeat la pensée que telle chose est, mais il n'y a pas la reconnaissance qui constitue la toi, à moins que le consentement ne soit dans la volonté : c'est ainsi que la foi et la vie mar- (•hent d'un pas égal. De là, il est évident que l'homme n a la foi et ne devient spirituel qu'autant qu'il fuit les maux comme péchés.

Page 1