‹ Les Quatre doctrines principales de la Nouvelle JérusalemChapitre 52 sur 90 · VIL · texte numérisé non relu

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"' Faites des fruits dignes de la repentance. » — Matth.,

III. 8. '^Faites l'arbre bon, et son fruit (aussi sera) bon. » —

Matth. XII. 33.

" Le Royaume sera donné à une nation qui en rendra

les fruits. » — Matth., XXI. 43.

" '^out arbre qui ne produit pas de fruit est coupé et jeté

au /"eu. » — Matth., VII. 19.

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DOCTRINE DE VIE

La Parole renferme mille autres passages qui confirment ces vérités.

Il résulte clairement de là que l'homme doit agir par lui-même, mais d'après la puissance du Seigneur qu'il doit implorer, et qu'agir ainsi c'est agir comme de soimême.

105. Comme cette action réciproque et alternative et l'échange qui en résulte existent chez l'homme par le Seigneur, c'est pour cela que Tliomme doit rendre compte de ses ceuvres, et qu'il sera traité en rais'on de ses œuvres ; car le Seigneur dit :

« Le Fils de l'homme doit venir, et il rendra à chacun selon ses œuvres. » — Matth., XVI. 27.

« Ceux qui auront fait de bonnes œuvres sortiront en résurrection de la vie; et ceux qui en auront fait de mauvaises en résurrection de jugement. » — Jean, V, 29.

« Leurs œuvres las suivent. » — Apoc, XIV. l;j.

(1 Tous furent jugés selon leurs œuvres. » Apec, XX. 13.

« Voici, je viens, et ma récompense (est) avec moi pour que je donrip n liinrii ,1 <i>lon son œUiVre. i) — xnnr... XXII. 12

Sil ny avait pas de réciprocité chez l'homme, il n'y aurait aucune imputation.

106. Comme il y a chez l'homme réception et réciprocité, c'est pour cela que l'Éghse enseigne que l'homme doit s'examiner, avouer ses péchés devant Dieu, s'en dési.'^ter ef mener une nouvelle vie. On peut voir ci-dessus, N°" 3 à 8, que c est là ce qu'enseignent toutes les Églis'^s chrétiennes.

107. S'il n'y avait pas de la part de l'homme réceptif'" et en même temps pensée comme si cela venait de lui, on n'aurait même pu rien dire sur la Foi, car la JFoi ne vient pas non plus de Thomme. Sans cette réception et cette pensée, l'homme serait comme une paille exposée au vent, et il resterait comme inanimé, attendant l'influx la houche ouverte et les mains pendantes, ne pensant rien et no faisant rien à l'égard de»choses qui concernent son salut ;

POUR LA NOUVELLE JERUSALEM

il est vrai qu'il n'agit en rien au sujet de ces choses, mais néanmoins il réagit comme par lui-même.

Ces vérités seront exposées sous un jour encore plus clair dans les Traités sur la Sagesse Angélique.

SI quelqu'un fuit les maux par tout autre motif que

PARCE qu'ils sont DES PECHES, IL NE LES FUIT PAS; IL FAIT SEULEMENT QU'iLS NE SE MONTRENT PAS DEVANT LE MONDE.

108. Il existe des hommes Moraux qui observent les préceptes de la Seconde Table du Décalogue ; ils ne trompent point, ne blasphèment point, ne se vengent point, ne commettent point adultère : ceux d'entre eux qui se confirment dans la pensée que le vol, le blasphème, la vengeance, l'adultère, sont des maux, parce qu'ils sont nuisibles à la Société, et par conséquent contraires aux lois de l'humanité, ceux-là exercent la charité, la sincérité, la justice, la chasteté. Mais s'ils pratiquent ces biens et fuient ces maux seulement parce que ce sont des maux, et non en même temps parce que ce sont des péchés, ils sont toujours purement naturels; et chez les hommes purement iiaturels la racine du mal reste entée et n'est point retirée. Aussi, les biens qu'ils font ne sont-ils pas des biens, parce qu'ils les font par eux-mêmes.

109. L'homme Moral naturel peut paraître devant les hommes, dans le monde, absolument semblable à l'homme ^oral spirituel; mais, devant les anges, dans le Ciel, ^ct homme apparaît, s'il est dans les biens, comme une statue de bois, et, s'il est dans les vérités, comme une statue de marbre, dans lesquelles il n'y a point de vie. Il ^n est tout autrement de l'homme Moral spirituel. En ^ffet, l'homme Moral naturel est moral extérieurement, et ^'honime Moral spirituel est moral intérieurement; or, ^'externe privé de l'interne ne vit point; il vit, il est vrai, "^ais non de la vie qui se nomme vie.

110. Los concupiscences du mal, qui constituent les '"^térieurs de l'homme dès sa naissance, no sont éloignées

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DOCTRINE DJi S'IE

que par le Seigneur Seul. En effet, le Seigneur influe par le spirituel dans le naturel; l'homme, au contraire, influe de lui-même pai- le naturel dans le spirituel ; cet influx est contre l'ordre ; il n'agit pas sur les concupiscences ; et ne les éloigne pas, mais il les renferme de plus en plus étroitement, selon qu'il se confirme lui-même; et, comme le mal héréditaire reste ainsi caché et renfermé, aussitôt que 1 homme, après sa mort, devient esprit, ce mal rompt I enveloppe dont il était couvert dans le monde, et il s élance au dehors comme une sanie à travers un ulcère qui n'était guéri qu'à l'extérieur.

m. 11 y a un grand nombre de causes différentes qm font que l'homme est Moral dans la forme externe; mais s'il ne devient pas de même Moral dans la forme interne, il n'est pas réellement Moral. Par exemple si quelqu'un s'abstient de l'adultère et des fornications par crainte de la loi civile et des peines qu'elle inflige; par crainte de perdre sa réputation et l'honneur qu'il en retire , par crainte des maladies qui en sont les suites; par crainte detre querellé chez lui par son épouse et de perdre su tranquilhté ; par crainte de la vengeance du mari ou des parents ; par indigence ou par avarice ; par débilité provenant de maladie, d'abus, de vieillesse ou d'impuissance; SI même il s'en abstient à cause de quelque loi naturelle ou morale, et non en même temps à cause de la loi spirituelle, il n'en est pas moins adultère et fornicateur intérieurement; car il croit que ces maux ne sont pas des pèches, et par suite il ne les regarde pas dans son esprit, comme des actions illicites devant Dieu : ainsi, il les commet en esprit, quoiqu'il ne les commette pas corporellement devant le monde : aussi, dès qu'après la mort il devient esprit, il parle ouvertement en leur faveur. H resuite évidemment de là qu'un impie peut fuir les maux comme des choses nuisibles, mais qu'il n'y a qu'un Chrétien qui puisse les fuir comme pécliés.

112. Il en est de même des vols et des fraudes de tout genre, des homicides et des vengeances de toutgenre, des faux témoignages et des mensonges de tout genre. Personne ne peut, par soi-même, s'en nettoyer ni s'en puri-

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fier ; car il y a, dans chaque Concupiscence, une infinité de maux qui paraissent à l'homme ne faire qu'un seul et simple mal ; mais le Seigneur les voit, dans toute leur série, jusque dans leurs plus petites ramifications. En un mot, l'homme ne peut se régénérer lui-même, c'est-à-dire former en lui un cœur et un esprit nouveaux ; c'est le Seigneur Seul qui le peut, Lui qui est le Réformateur même et le Régénérateur même. Si donc l'homme veut se faire nouveau par sa propre prudence et par sa propre intelligence, il ressemble à celui qui étend du fard sur un visage difforme, ou qui applique un Uniment sur une partie intérieurement infectée de corruption.

H3. Aussi le Seigneur dit :

« Pharisien aveugle, nettoie dCahord l'intérieur de la coupe et du plal, afin que l'extérieur devienne net aussi. » — Matth., XXIII. 26.

« Lavez-vous, purifiez-vous, et éloignez de devant mes YEUX la malice de vos œuvres ; cessez de faire le mal. Et, alors, quandvos péchés seraient comme l'écarlale, ils seront blanchis comme la neige; quand ils seraient rouges comme la pourpre, ils seront comme la laine. » — Ésaïe, I. 16, 18.

114. A tout ce qui vient d'être dit dans ce traité, j'ajouterai ces deux propositions :

I. La Charité Chrétienne consiste en ce que l'homme l'emplisse fidèlement sa fonction ; car, en agissant ainsi, ^'il fuit le mal comme péché, il fait journellement le bien; il est lui-même son usage dans le corps social, et il conti'ibue même ainsi au bien de tous en général et à celui de chacun en particulier.

Il- Toutes les autres actions ne sont point, à propre- "^•^nt parler, des œuvres de la Charité, elles sont seule- "^^nt ou des Signes, ou des Bienfaits, ou des Dettes de la Charité.

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TABLE DES MATIÈRES

"•oute religion consiste dans la vie, et la vie de la religion

consiste à faire le bien 1

» ersonne ne peut faire par soi-même le bien qui est réellement

Je bien 9

■autant l'homme fuit les maux comme péchés, autant il fait les

biens, non par lui-même, mais par le Seigneur .... 13

autant quelqu'un fuit les maux comme péchés, autant il aime

les vérités Cl

Autant quelqu'un fuit les maux comme péchés, autant il a la

foi et devient spirituel 25

J^-e Décalogue enseigne quels maux sont des péchés .... 30

■^^s homicides, les adultères, les vols et les faux témoignages de tout genre, ainsi que la concupiscence qui porte à les commettre, sont les maux qu'il faut fuir comme péchés. . 36

^"tant l'homme fuit les homicides de tout genre comme péchés, autant il possède l'amour envers le prochain ... 40 iitant l'homme fuit les adultères de tout genre comme péchés,

autant il aime la chasteté . 43

utant l'homme fuit les vols de tout genre comme péchés,

autant il aime la sincérité 47

Utant l'honime fuit les faux témoignages de tout genre comme

péchés, autant il aime la vérité 51

'"Sonne ne peut fuir les maux connue péchés, jusqu'au point de les avoir intérieurement en aversion, si ce n'est par des

combats contre eux 54

onime doit fuir les maux comme péchés, et combaliie con-

ire eux comme par lui-môme 57

quelqu un fuit les maux par tout autre motif que parce qu'ils sont des péchés, il ne les fuit pas; il fait seulement qu'ils ne *e montrent pas devant le monde Cl

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