‹ Les Quatre doctrines principales de la Nouvelle JérusalemChapitre 53 sur 90 · Par la Foi, aujourd'hui, on (întend seulemeul la · texte numérisé non relu

Par la Foi, aujourd'hui, on (întend seulemeul la

' ensée qu'une chose est ainsi parce que l'Église l'enseigne

parce qu'elle ne se présente pas clairement à l'enten-

^ORiont. On dit, en effet : « Crois et ne doute point » ; si

on répond : « Je ne comprends pas; .> on vous dit que

^6st pour cela même qu'il faut croire. La foi d'aujour-

"Ui est donc la foi à l'inconnu et peut être nommée foi

^veugle. Comme elle est le dire d'une personne à une

^^^^, c'est une foi historique. Que ce ne soit pas la foi

■ Pii^ituelle, on le verra dans ce qui suit.

«• La foi même n'est autre que la reconnaissance

i^ une chose est ainsi, parce qu'elle est vraie; en effet,

® ^^ qui est dans là foi même, pense et parle de cette

aniere : « Oetci est vrai, c'est pourquoi je le crois; »

i" la foi appartient au vrai et le vrai appartient à la

1 et, s'il ne comprend pas que la chose soit vraie, il

J '^te ; « Je jjg yajg gj ggjjj ggj yj,j^^ g'ggt pourquoi je

crois pas encore; comment croirais-je ce que je no

^prends pas? Il se pourrait que cela fût faux. »

• Cependant on dit généralement que personne ne

tiomprendre les choses spirituelles ou théologiques

5§535§^§^îiir-

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- DOCTRINE DE LA iNOUVELLE JÉRUSALEM

parce qu'elles sont surnaturelles; mais les vrais spirituels peuvent être compris aussi bien que les vrais naturels. S'ils ne sont pas compris clairement, néanmoins quand on les entend prononcer, ils tombent assez dans la perception pour que l'on puisse distinguer s'ils sont oui ou non des vrais ; ceci arrive surtout cheii les personnes qui sont affectées par les vrais. C'est ce qu'il m'a été donné de savoir par de nombreuses expéinences. Il m'a été donné de m'entretenir avec des ignorants, avec des gens du commun, avec des gens slupides et aussi avec ceux qui avaient été dans les faux ou dans les maux, lesquels étaient nés dans l'Eglise et avaient quelques notions du Seigneur, de la foi et de la cliarité. Il m'a été donné de leur parler des arcanes de la sagesse, et ils ont tout compris et tout accepté : mais ils étaient alors dans la lumière de l'entendement qui appartient à tout homme, et, en même temps, ils étaient glorieux d'être devenus intelligents. Ceci s'est passé dans mes rapports avec les esprits. Plusieurs de ceux qui étaient avec moi furent convaincus par là que les spirituels peuvent être aussi bien compris que les naturels quand on les entend ou qu'on les lit ; mais que l'homme les comprend difficilement lorsqu'il pense par lui-même. La raison pour laquelle les spirituels peuvent être compris, c'est q"^ l'homme peut, quanta son entendement, être élevé dans la lumière du Ciel; dans cette lumière il n 'apparaît que les spirituels qui sont les vrais de la foi ; en effet, la Lumière du Ciel est la lumière spirituelle.

4. De là il résulte que la reconnaissance interne du vi-ai est pour ceux qui sont dans l'affection spirituelle du vrai. Comme les anges sont dans cette affection, ils rejettent absolument ce dogme que l'entendement doit être sous l'obéis-sance de la foi ; car ils disent : « Qu'est-ce (l^^ croire et ne pas voir ,si ce que l'on croit est vrai? « et, s' quelqu'un leur dit que néanmoins il faut croire, ils répoO' dent : « Penses-tu être Dieu pour que je doive te croira • ou me prends-tu pour un insensé en me demandant d'»*^' ceptet une assertion dont la vérité ne m'apparaît pas ? 1^*'' donc en sorte que je la voie. » Sur ce, le professeur ^ dogme se retire. La sagesse angéliquc consiste uniq^*^

Suit l.A l'MII. .1

iiiunt en ceci que ce que l'on pense on le voie et le comprenne.

5. Il y a une idée spirituelle, dont peu de personnes savent quelque cliose, qui intlue chez ceux qui sont dans l'aClection du vrai et qui leur révèle intérieurement si ce qu'ils lisent ou entendent est vrai ou non. Dans cette idée spirituelle sont ceux qui lisent la Parole en étant dans l'illustration par le Seigneur. Être dans l'illusti-ation n'est pas autre chose qu'êtn; dans la perception et par suite dans la reconnaissance interne que telle ou telle chose est vraie. Ceux qui sont dans cette illustration sont appelés finseignés de Jéhovah, — Esaïe, LIV. 13. Jean VI. 4D ; — et il est dit à leur sujet dans Jéuémie :

Voici, les jours viennent oà je traiterai une nouvelle alliance. Voici quelle sera cette alliance. Je mettrai ma loi au dedans d'eux et je l'écrirai dans leur cœur. Et ils n'enseigneront plus chacun son compagnon ou chacun son frhre en disant : « Connaissez J^hovah; car tous Me connaîtront. » XXXI. :^1, 33, 34.

6. D'après ce qui précède, il est évident que la foi et l;i ■mérité ne font ([u'un ; c'est pourquoi les Anciens qui pensaient plus aux vrais par affection que les hommes de 'lotre temps, au lieu de dire la foi, disaient la vérité ; de * vient aussi que, dans la langue hébraïque, la vérité et '3. foi sont exprimées par un même mot qui est Amutia "« Amen.

7. Si le mot Foi est employé par le Seigneur dans les •^vangélisles et dans l'Apocalypse, c'est parce que les •Juifs ne croyaient pas qu'il fût vrai que le Seigneur fût '® Messie prédit par les Prophètes ; et, là où la vérité ■* «st pas crue, le mol foi est employé*' Mais, cependant "^^tre chosi-, est d'avoir foi au Seigneur et de croire eu ^^') ou d'avoir foi et de croire à quelqu'un d'autre. Il ^iera parlt^ plus lyiu de cette différence.

. ^- La foi séparée de la vérité entr* dans l'Église et y lit

'évasion avec la Domination papale, parce que le principal

•^tien de cette lïeligjon était l'ignorance du vr^i; et c'est

I DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM

aussi pourquoi la lecture de la Parole a été défendue ; autrement ses chefs n'auraient pu se faire adorer comme des Divinités, ni faire invoquer leurs Saints, ni introduire l'idolâtrie jusqu'au point de faire croire que leurs cadavres, leurs os et leurs sépulcres étaient des choses saintes et d'en tirer profit. On voit clairement par là quelles énormes faussetés la foi aveugle peut produire.

9. La foi aveugle demeura aussi plus tard chez beaucoup de Réformés parce qu'ils séparèrent la foi d'avec la charité, et que ceux qui les séparent ne peuvent pas ne pas être dans l'ignorance du vrai et ne pas appeler foi la pensée seule qu'une chose est ainsi sans qu'il y ait reconnaissance interne qu'elle l'est réellement. Pour ceux-ci l'ignorance est le soutien de leurs dogmes ; car, tant que règne l'ignorance et lapersuation que les questions théologiques sont au-dessus de l'entendement, ils peuvent parler sans être contredits et l'on peut croire que les choses qu'ils disent sont vraies et qu'eux les comprennent. 10. Le Seigneur a dit à Thomas :

« Parce que tu m'as vu, Thomas, lu as cru. Heureux ceux qui ne voient pas et qui croient ! » — Jean, XX.

II n'est pas entendu par là une foi séparée de la reconnaissance interne du vrai ; mais il est entendu que bienheureux sont ceux qui ne voient pas le Seigneur de leurs yeux, comme Thomas, et qui croient cependant qu'il est bien le Seigneur; car cela est dans la lumière de la vérit*' d'après la Parole.

11. Puisque la reconnaissance interne du vrai est la foi et que la foi et la vérité ne font qu'un, comme il a été dit ci-dessus, n"" 2, 4, 5, 6, il s'ensuit que la reconnaissance externe, sans la reconnaissance interne, n'est point la foi, et que la persualion du faux n'est pas non plus la foi. La reconnaissance externe, sans la reconnai.ssance interne, est la foi en l'inconnu, et cette foi est seulement une science, c'est-à-dire une chose de mémoire, qui, si elle est confirmée, devient une persuasion. Ceux qui sont dans cette foi et cette persuasion pen.sent qu'une chose est vraie

SUK LA FOI. 5

parce qu un autre le dit, ou ils pensent qu'elle est vraie parce qu'ils se sont confirmes dans cette idée, et, cependant, le faux peut être confirmé aussi bien que le vrai, et quelquefois plus fortement. Par penser qu'une chose est vraie par confirmation, on entend penser que ce qu'un autre dit est vrai et ne pas l'examiner d'abord, mais y chercher seulement des confirmations.

12. Si quelqu'un pense en lui-même, ou dit à un autre : " Qui peut arriver à la reconnaissance interne du vrai qui ^îonstitue la foi ? moi, je ne le puis ; » je lui dirai comment '1 le pourra : « Fuis les maux comme péchés, adresse-toi au Seigneur ; et tu auras la foi autant que tu le désires. » Que celui qui fuit les maux comme péchés soit dans le Seigneur, on le voit dans la doctrine de vie pour la nouvelle JÉRUSALEM, n"' 18 à 31 ; que celui-là aime le vrai et le voit, n»' 3? à 41 ; et qu'il a la foi, n»» 42 à 52.

'■A RECONNAISSANCE INTERNE DU VRAI, QUI EST LA FOI, n'eST DONNÉE qu'a ceux QUI SONT DANS LA CHARITÉ.

13. 1! a été dit ci-dessus ce que c'est que la Koi, il va ^tre dit maintenant ce que. c'est que la Charité. La Cha ■^•té, dans sa première origine, est l'affection du bien ; conirae le bien aime le vrai, l'affection du bien pro- ^^uit l'affection du vrai, et par l'affection du vrai, la reconnaissance du vrai qui est la foi ; par celles-ci dans

eur série l'affection du vrai existe et devient charité.

6|Ie est la progression de la charité depuis son origine, H*Ji est l'affection du bien, par la foi, qui est la reconnais- •^anco du vrai, ju.squ'à sa fin qui est la charité. Cette fin

^t 1 acte. D'après cela, on voit comment l'amour, qui est

'*''ection du bien, produit la foi, qui est la même chose

4Ue la rcconnais-sance du vrai, el, par celle-ci produit la Cûarit"

'a foi.

e, qui est la même chose qu'un acte de l'amour par

*• Pour parler plus clairement : le Bien n'est autre ose que l'Usage; c'est pourquoi la Charité, dans sa Minière origine, est l'affection de l'usage. Comn^e

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b DOCTHINE DE LA NOUVELLE .lEIlUSALEM

l'usage aime les moyens dont il a besoin , l'affection de l'usage produit l'affection des moyens, d'où vient la connaissance de ces moyens ; et, par suite, à son tour, l'affection de l'usage prend corps et devient Charité.

15. Il en est de cette progression comme de la progression de toutes les choses do la Volonté, qui, par l'Entendement, se manifestent en actes dans le corps. La Volonté ne produit rien d'elle-même sans l'Entendement, ni l'Entendement sans la Volonté; ils doivent agir conjointement pour que quelque chose puisse exister ou, ce qui revient au même, l'Affection qui appartient à la volonté ne produit rien d'elle-même sans la Pensée qui appartient à l'entendement, et réciproquement; elles doivent agir conjointement pour que quelque chose puisse exister. Examine si tu peux penser, lorsque tu retires de la pensée l'affection qui appartient à un amour quelconque, ou si tu peux être affecté par quelque chose lorsque tu retires la pensée de l'affection ; ou, ce qui revient au même, si tu peux parler lorsque tu retires la pensée ou l'entendement de l'affection. Il en est de même de la Charité et de la Foi.

16. Ceci peut être illustré par une comparaison avec l'arbre. Dans sa première origine, l'arbre est une semence dans laquelle se trouve l'effort de produire du fruit. Cet effort, excité par la chaleur, produit d'abord une racine, de là une tige avec des branches et des feuilles, et enfin les fruits ; ainsi se manifeste l'effort pour fructifier. D*^' là il est clair que l'effort pour produire du fruit est constant pendant toute la progression, jusqu'à ce qu'il se ma' nifeste ; car s'il venait à cesser, la faculté de végéter périrait aussitôt. Voici l'application: l'Arbre c'est l'Homme) l'Effort pour produire des moyens s'exerce chez VUomtn^ parla Volonté dans l'Entendement; le Rejeton ou laTiP'' avec ses branches et ses feuilles sont chez l'homme ^^^ moyens par lesquels il opère, et qui sont appelés vrais de la foi. Les Fruits, qui sont les derniers effets de l'efffi' pour fructifier dans l'arbre, sont, chez l'homme, '"'^ Usages; en eux la Volonté se manifeste. D'après ce qUi vient d'être dit. on peut voir que la Volonté do produit'

SUR I.A KOI.

des usages au moyen de l'entendement atrit constamihent pendant toute la progression jusqu'à ce qu'elle se manifeste. Sur la Volonté et l'Entendement etsur leur Conjonction, voir la doctrine de vie pour la nouvelle Jérusalem n°43.

17. Il e,st manifeste, d'après ce qui vient d'être dit, que la charité, en tant qu'elle est l'affection du bien ou de l'usasre, produit la foi comme le moyen par lequel elle se >""'-alise et, par conséquent, la foi et la charité agissent 'conjointement pour opérer des usages. U en résulte aussi ^lue la foi ne produit pas le bien ou l'usage par elle-même, ^ais par la oharité ; car la foi n'est que la charité médiate. > 'est donc une erreur de croire que la loi produit le bien domine l'arbre produit le fruit; l'arbre n'est pas la foi,

iiai.s l'arbre est l'homme.

18. Il faut qu'on saclie que la Charité et la Foi ne.font yu'un, comme la Volonté et l'Entendement, parce que 'a charité appartient à la volonté et la foi à l'entendement. 'Je même la Oharité et la Foi ne font qu'un, comme l'aftection et la pensée, parce que l'affection appartient à la ■olonté et lo pensée à l'entendement ; de même la Charité ^■t la Foi ne font qu'un, comme le Bien et le Vrai, parce l^e le bien appartient à l'affection qui procède de la vo-

•^•ité, et le vrai à la pensée qui procède de l'entende- '^it.Enun mot, la Charité et la Foi ne font qu'un, comme i'js.sence et la Forme,, parce que l'essence de la foi est la

' '"l'ilé et que la forme de la charité est la foi ; d'où il est Vident que la foi sans la Charité .est* comme une forma

'ftns essence, qui n'est rien; et que la charité sans la foi '^^ liomme une «ssence sans forme, qui n'est rien non

plus.

■*8- lien e.st de la Charité et de la Foi chez l'homme,

"s>oiument comme du Mouvement du cœur, qu'on nomme

■jstole et diastole, et du Mouvement du poumon qu'on

fnmo respiration. Il y a aussi une entière correspon-

ïice de ces mouvements avec la volonté et l'entendement

J^wmine, et ainsi avec la Charité et la \^o\. C'est même

'^"' cela que par le Cceur, dans la l'arolc, il est entendu

Volonté et l'affection de la volonté; dt par i'Amo et

mmm

DOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM

aussi par l'Esprit, l'entendement et la pensée de l'entendement. C'est pourquoi on dit rendre l'âme, quand l'âme n'anime plus le corps, et.rendre l'esprit lorsqu'on cesse de respirer. Il résulte de là qu'il ne peut y avoir de foi sans charité, ni de charité sans foi ; et que la foi sans la charité est comme la Respiration pulmonaire sans le cœur qui ne peut exister chez aucun être vivant, mais seulement dans un automate ; et que la charité sans la foi est comme le cœur sans le poumon d'où rien de vivant ne peut se l'aire sentir et que, en conséquence, la Charité produit des usages par le moyen de la Foi, comme le Cœur, avec l'aide du Poumon produit des actes. Entre le Cœur et la Charité et entre le Poumon et la Foi, il y a une si grande similitude que, dans le Monde spirituel, on connaît par la seule Respiration quelle est la qualité de la foi de chacun, et par les pulsations de son cœur quelle est la qualité de sa charité; car les anges et les esprits vivent, comme les hommes, parle cœur et la respiration; de là vient qu'ils sentent, agissent et parlent comme les hommes dans 1p monde.

20. Comme la Charité est l'amour envers le prochain, il sera dit aussi ce que c'est que le prochain. Le Prochain, au sens naturel, c'est l'homme pris collectivement et pris individuellement. L'homme pris collectivement c'est l'Eglise, la Patrie, la Société; l'homme pris individuellement, c'est le concitoyen, qui, dans la Parole, esl nommé frère et compagnon. Mais dans le sens spirituel, le Prochain c'est le bien, et, comme l'usage est le bien, c'est l'usage qui est le prochain dans le sens spirituel. Chacun peut reconnaître que l'usage est le prochain au sens spirituel; en effet, ce n'est pas la personne seule qu'on aime dans un homme, on l'aime à cause de ce quelque chose en lui qui le caractérise, en d'autres termes à cause de sa qualité ; car c'est elle qui constitue l'homme. Cette qualité qui est aimée c'est l'usage et elle est appelée bien ; de là vient que le bien est le Prochain- Comme la Parole est spirituelle intérieurement aimer le bien c'est aimer le prochain, dans le sens spirituel. 21 . Mais autre chose est aimer le prochain à cause du

SUR LA FOI

bien ou de l'usage qui est en lui pour nous-même ; et autre chose aimer le prochain pour le bien ou l'usage qui est en nous-même pour lui ; aimer le prochain d'après le bien ou l'usage qui est en lui pour nous-même, le méchant le peut faire aussi, mais aimer le prochain d'après le bien ou l'usage qui est en nous pour lui, il n'y a que le bon qui puisse le faire ; car celui-ci, d'après le bien, aime le bien, ot, d'après l'affection de l'usage, aime l'usage. La différence entre l'un et l'autre est décrite par le Seigneur dans Matthieu (ch. V. v. 43, 44 et suiv.). Plusieurs personnes disent : « J'aime celui qui m'aime et me fait du bien », mais, l'aimer pour cette raison seulement, ce n'est pas l'aimer intérieurement à moins que celui qui aime ne soit dans le bien et que, d'après ce bien, il aime le bien dans l'autre ; celui-ci est dans la charité, mais l'autre est dans l'amitié qui n'est pas lacharité. Celui qui, d'après la charité, aime le prochain, se conjoint avec le bien qui est dans le prochain 6t non pas avec sa personne, si ce n'est en tant et aussi longtemps qu'elle est dans le bien ; celui-là est spirituel et aime le prochain spirituellement ; mais celui qui en aime un autre par amitié seulement, se conjoint avec la personne et, en même temps, avec le mal qui est en elle. A^près la mort celui-ci ne peut que difficilement être séparé de la personne qui est dans le mal, tandis que le premier le peut. La Charité produit cela par la foi parce que la foi est la vérité, et que l'homme qui est dans la charité examine et voit par la vérité ce qui doit être aimé et a égard à la qualité de l'usage lorsqu'il aime et qu'il fait •lu bien.

22. L'amour envers le Seigneur est, à proprement parler, l'amour, et l'amour à l'égard du prochain est la charité. L'amour envers le Seigneur n'est donné à l'homme Rue dans la charité. C'est en elle que le Seigneur se con- .loint avec l'homme. Comme la foi dans son essence est ** charité, il s'en suit que personne ne peut avoir la foi «ans le Seigneur s'il n'est dans la charité. Par la charité, *u moyen de la foi, il y a conjonction, conjonction du ^^igneur avec l'homme par la charité, et conjonction de bomme avec le Seigneur par la foi. Que la conjonction

nOI^TRINE DE r.A NOUVELLE JÉRUSALEM

soit réciproque, on le voit dans la doctrine de vie pour la

NOUVELLE JÉRUSALEM, n"' 10? à 107.

23. En somme, autant quelqu'un fuit les maux comme péchés et se tourne vers le Seigneur, autant il est dans la charité, par conséquent autant il est dans la foi. Qu'autant quelqu'un fuit les maux comme pécliés et se tourne vers le Seigneur, autant il est dans la charité, on le voit dans

la DOCTRINE DE VIE POUR LA NOUVELLE JÉRUSALEM, H»' 67 à

73; et n" 74 à 91 ; et qu'autant il a la foi, on le voit n"' 42 à 52. Ce qu'est la charité dans le sens propre, on lo voit dans le môme traité, n° 114.

24. D'après tout ce qui a été dit jusqu'ici, il est évident que la foi qui sauve, qui est la reconnaissance interne du vrai, no peut être donnée à d'autres qu'à ceux qui sont dans la charité.

LES CONNAISSANCES DU VRAI ET DU Bn;N n'aPPAUTIENNENT PAS A LA FOI AVANT QUE l'hOMME SOIT DANS LA CHAr UITÉ ; MAIS ELLES CONSTITUENT ON FONDS D'APRÈS LEOUFit. LA FOI DE LA CHARITÉ PEUT ETRE TOHMÉE.

25. Dès sa plus tendre enfance l'homme a l'affection de savoir ; par elle il apprend plusieurs choses qui lui seront utiles et d autres qui lui seront inutiles. Quand il e.st dans l'adolescence, d'après son penchant pour telle ou telle occupation, il s'approprie les choses qui concernent cette occupation; elle devient pour lui 1 u.saj?e qu'il aime: ainsi commence en lui l'affection de l'usage qui produit l'affection des moyens par lesquels il devient apte à remplir l'occupation qui est son usage. Cette progression existe chez tout homme en ce monde, car chacun a quelque occupation vers laquelle il marche en raison de l'usage qui est la fin, par les moyens convenables, pour arriver à l'usage même qui est l'effet. Mais comme cet usage et les moyens employés se rapportent à la vie en ce monde, l'aflection de cet usage est naturelle.

26. Cependant, comme tout homme ne considère pa-^ seulement h-s usages pour la vie dans ce monde, mai«

rijàSaSSSSSP

SIJll LA KOI.

doil les considérer aussi pour la vie dans le (Jicl, car il y entrera en quittant ce monde ot y vivra éternellement, c'est pourquoi chacun, dès l'enfance, recueille par la Parole, parla doctrine de l'Église, ou par la prédication, les connaissances du vrai et du bien qui lui serviront pour la vie du ciel. Il les dépose dans sa mémoire naturelle, en plus ou moins grand nombre selon l'affection de savoir qui est innée en lui et que différentes incitations peuvent augmenter,

27. Mais toutes ces connaissances, quels que soient leur nombre et leur qualité, ne constituent qu'un fonds au moyen duquel la foi de la charité peut être formée. Cette foi n'est formée qu'autant que l'on fuit les maux comme péchés. Si l'iiomme fuit les maux comme péchés ces connaissances forment la foi qui a la vie spirituelle «n elle. Mais, s'il ne fuit pas les maux comme péchés, ces connaissances restent telles qu'elles sont, et ne forment pas une foi qui ait en elle quelque vie spirituelle.

28. Ce Fonds de connaissances est extrêmement nécessaire puisque sans lui la foi ne peut être formée ; car les connaissances du vrai et du bien entrent dans la foi et la constituent. Sans elles la foi n'existerait pas; on ne peut concevoir une foi entièrement vague et vide ; si ces connaissances sont en petit nombre, la foi est chétive et maigre, si elles sont en grand nombre, la foi devient riclie et pleine en proportion de leur abondance.

29. Mais il faut que l'on sache que ce sont les connaissances du vrai et du bien réels qui font la foi, ot non pas les connaissances du faux. En effet, la foi est la vérité, comme il a été dit ci-dessus n"» 5 à 11 , et le faux étant l'opposé de la vérité détruit la foi. La charité ne peut pas P^^ister non plus là où il n'y a que des faussetés ; car, ^^insi qu'il a déjà été dit, n° 18, la charité et la foi font un comme le bien et le vrai. Il suit de là aussi que l'absence 'les connaissances du vrai et du bien réels rend la foi nulle, 'lU'un petit noml)rc de ces connaissances produit une certaine foi et que leur grand nombre produit une foi éclairée '-'^ proportion de leur abondance. Telle est chez l'homme

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HOCTRINE DE LA NOUVELLE JÉRUSALEM

la foi qui vient de la charité, telle est chez lui l'intelligence.

30, Il y a encore beaucoup d'hommes qui n'ont pas une reconnaissance interne du vrai et qui, cependant, ont la foi de la charité ; ce sont ceux qui dans la vie ont tournr' leurs regards vers le Seigneur qui, par principes religieux, ont évité les maux; mais qui ont été détournés de penser aux vérités par les soins et les affaires de ce monde, el aussi parce que ceux qui les instruisaient ne connaissaient pas ces vérités ; cependant ceux-là sont intérieurement, c'est-à-dire en leur esprit, dans la reconnaissance du vrai parce qu'ils sont dans l'affection du vrai; c'est pourquoi, après la mort, lorsqu'ils deviennent esprits et sont instruits par les Anges, ils reconnaissent les vérité» et les reçoivent avec joie. Mais il en est autrement de ceux qui, dans la vie, n'ont pas tourné leurs regards vers le Seigneur ni évité les maux parprincipes religieux; ceux-ci ne sont intérieurement ou quant à leur esprit dans aucune affection du vrai et, par suite, dans aucune reconnaissance de ce vrai ; c'est pourquoi, lorsque après la mort ils deviennent esprits et sont instruits par les Anges, ils ne veulent pas reconnaître les vrais et, par conséquent, ne les reçoivent pas. En effet, le mal de la vie hait intérieurement les vrais ; mais le bien de la vie aime intérieurement les vrais.

31. Les connaissances du vrai et du bien, qui précèdent la foi, paraissent à quelques-uns appartenir à la foi, mais elles ne lui appartiennent pas. S'ils pensent et disent qu'ils croient, ils ne croient pas pour cela et leurs connaissances du vrai et du bien n'appartiennent pas à la foi elles appartiennent seulement à la pensée que telles choses sont ainsi; mais non pas à la reconnaissance interne qu'elles sont des vérités. Croire que telles choses sont des vérités, sans que l'on sache bien qu'elles sont vraies, est une sorte de persuasion bien éloignée de la reconnaissance mterne. Dès que la charité est implantée, ces connaissances deviennent choses de la foi ; mais seulement dans 1» proportion où il y a de la charité dans cette foi. D»"®

le Premier état, avant que la charité soit perçue,

SUK LA FOJ.

semble que la toi occupe le premier rang, et la charité le second ; mais, dans le second état, quand la charité est perçue, la foi est placée au second rang et la charité au premier. Le Premier état est appelé Réformation, et le Second état est appelé Régénération. Quand l'homme est dans le second état, la sagesse s'accroît chaque jour chez lui, chaque jour le bien multiplie les vrais et les fait fructifier ; l'homme alors est comme un Arbre qui porte du fruit et dans ce fruit dépose les semences d'où sortiron de nouveaux arbres et enfin un jardin. Alors il devient véritablement homme, et, après la mort, il devient un *nge dont la charité fait la vie et dont la foi fait la forme, la beauté de cette forme étant en rapport avec sa qualité ; la foi alors n'est plus appelée foi, elle est appelée intelligence. D'après cela on peut voir que tout ce qui appartient à la foi vient de la charité et que rien de ce qui appartient à la foi ne vient de la foi même ; puis aussi que la charité produit la foi, et que la foi ne produit pas la charité. Les connaissances du vrai qui précèdent sont •^ornme des gerbes dans une grange qui ne nourrissent pas l'homme à moins que, désirant manger, il n'en retire le grain.

32. Il faut dire aussi comment la charité forme la foi. 11 y a chez chaque homme un Mental naturel et un Mental spirituel, un mental naturel pour le monde et un mental spirifuel pour le ciel ; l'homme, quant à l'Entendement, ®^t dans l'un et dans l'autre ; mais il n'y est quant à la "olonté que lorsqu'il fuit les maux comme péchés et s'en détourne. Quand il fait cela, le mental spirituel s'ouvre ^^^fii à la volonté et de là il influe dans le mental naturel ^'le chaleur spirituelle qui vient du ciel. Cette chaleur, dans son essence, est la charité ; elle vivifie les connaissances du vrai et du bien qui sont dans le mental naturel, ^'' forme la foi d'après ces connaissances. 11 en est de cela ^otnme d'un arbre qui ne reçoit pas la vie végétative ^^ant que la chaleur influe du soleil et se conjoigne à la

Umière comme cela arrive dans la saison du printemps. y a même un parallélisme complet entre la vivification

^ ' homme et la végétation de l'arbre on ce que celle-ci

IJOCTHINK DK LA H(iVVi)ÏA.K JÉRUSALKM

est produite par la chaleur du monde, et celle-là pur la chaleur dû ciel ; c'est pour cela qne l'homme est tant de l'ois comparé à un arbre par lo Seigneur.

33. Par ces quelques considérations, on peu( voir que les connaissances du vrai et du bien n'appartiennent pas à la foi avant que l'homme ne soit dans la charité ; mais qu'elles constituent un fonds, au moyen duquel la foi de la charité peut être formée. Les connaissances du vrai deviennent des vrais chez le Régénéré. Il en est de iiéme pour les connaissances du bien, car la connais- -ance du bien est dans l'entendement, mais l'affection du bien est dans la volonté, et l'on appelle vrai ce qui c'^'' dans l'entendement et bien ce qui est dans la volonté';.

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